LIV. II, CHAP. IV, CHLORURES MÉTALLIQUES
tal est mis en liberté; sont exceptés: les chlorures de la première section, le chlorure de magnésium, le chlorure d’aluminium et ses analogues. L’expérience se fait très-facilement sur le chlorure d’argent. On opère dans l’appareil qui sert à démontrer la réduction des oxydes par l’hydrogène ( 587 ) ; le dégagement d’acide chlorhydrique est' constaté soit au moyen d’un papier de tournesol, qui rougit, soit par l’ammoniaque, qui donne avec ce gaz d’épaisses fumées blanches de chlorhydrate d’ammoniaque .
621. Action des antres métalloïdes. — Elle est pCll Connue; toutefois on peut affirmer que l’azote et le charbon sont sans, action sur les chlorures ; le phosphore, le bore et le silicium peuvent, au contraire, agir sur plusieurs chlorures métalliques et donner des chlorures de phosphore, de bore' ou de silicium, en même temps que des phosphures, borures ou siliciures métalliques.
622. Action des métaux. — En général, les métaux d’une section réduisent les chlorures des métaux suivants; mais les chlorures d’aluminium et de magnésium ne sont réduits que par les métaux alcalins. On se sert depuis très-longtemps de ces réactions pour chlorurer des métaux, tels que l’antimoine et l’étain, au moyen du bichlorure de mercure. C’est même en chauffant les- alliages d’étain et d’or avec le bichlorure de mercure que l’on sépare encore quelquefois ces deux métaux, souvent réunis, dans les matières d’or qui proviennent des déchets de fabrication. L’étain passe à l’état de chlorure métallique, qui se volatilise avec le mercure; l’or reste. Enfin, M. Wôhler a isolé, pour la première fois, l’aluminium, le glucinium et le zirconium de leurs chlorures, en traitant ceux-ci par le potassium, qui s’empare du chlore.
Le bichlorure de mercure cède la moitié de son chlore aux métaux voisins, tels que l’argent ; mais il est sans action sur l’or,' le platine et ses congénères.
625. Action de l’eau. — L’eau dissout presque tous les chlorures; il n’y a d’ exceptés que les chlorures d’argent et de sous-oxyde de mercure, le sesquichlorure de chrome et les sous-chlorures peu importants de platine et de rhodium. Le chlorure de plomb y est peu soluble; enfin, elle en décompose quelques-uns à la température ordinaire; ce sont les chlorures d’antimoine, de titane, de bismuth, etc.
1° Avec le chlorure de titane, il se produit de l’acide chlorhydrique et de l’acide titanique :
TiGl2-(-2HO = TiQ2H-2HCL
2° I^e chlorure d’antimoine Sb'2CP donne en présence de l’eau un précipité blanc, connu des anciens chimistes sous le nom de poudre d' Alga roth , formé par la combinaison de l’oxyde d’antimoine résultant de la décomposition d’une partie du chlorure par l’eau, avec une portion du chlorure non décomposé. Ce composé est désigné sous le nom d'oxychlorure d'antimoine :
5SbBCÏ3+6H0^2Sba03,Sb2Cl5-t-6HC],
Le chlorure de bismuth Bi2Cl3 produit le même effet ; on peut même obtenir l’oxychlorure de bismuth, 2Bi203,Bi2Cl3, sous forme de petites paillettes cristallisées, d’aspect nacré.
5° Les chlorures des métaux terreux, chlorures de magnésium, aluminium, et les chlorures de fer se dissolvent dans l’eau à la température ordinaire, sans présenter de phénomènes particuliers; mais, si l’on vient à évaporer leurs dissolutions, il se dégage de l’acide chlorhydrique en même temps qu’il se produit un oxyde métallique.
4° Tous les autres chlorures peuvent être évaporés de leur dissolution sans aucune altération, mais presque tous sont décomposés par la vapeur d’eau à une température suffisamment élevée.
624. Hypothèses sur la constitution des chlorures dissous. — La décomposition éprouvée par le chlorure de magnésium et ses congénères, quand on évapore leurs dissolutions, a fait penser à plusieurs chimistes que ces dissolutions ne contenaient plus les chlorures, mais bien une combinaison d’acide chlorhydrique et d’oxyde. Le premier effet de l’eau serait donc de décomposer le chlorure anhydre, ainsi que l’indique la formule MgCl+HO = MgO, HCl.
L’effet de l’évaporation serait seulement de séparer l’acide de l’oxyde; mais cette hypothèse n’est pas suffisamment appuyée par les faits, et on se rend tout aussi bien compte des phénomènes en supposant que le chlorure est simplement dissous. Il faut seulement remarquer qu’il n’est presque aucun chlorure que l’eau ne puisse décomposer à une température convenable. Les uns sont décomposés à froid, d’autres à la température peu élevée de l’ébullition de leurs dissolutions; il en est enfin qui nécessitent Uinlluence d’une température plus haute. On peut même élever la température de décomposition d’un chlorure en le combinant à un autre chlorure, ce qui lui donne plus de stabilité; c’est ce qui arrive quand on évapore le chlorure de magnésium avec une dissolution de sel marin ; on peut alors produire la dessiccation du chlorure double, sans décomposer le chlorure de magnésium; mais si Bon fait passer