LIV. III, CHAP. XXII, PLOMB
azotique le dissout facilement à chaud, en donnant de l’azotate de plomb et du bioxyde d’azote qui se dégage.
1441. Usages. — Le plomb est employé à la confection de feuilles servant à recouvrir les toits ou l’intérieur des réservoirs, à cause de la facilité avec laquelle il se plie, même à angle vif, sans se rompre ; ce qui permet de l’appliquer commodément sur toutes les surfaces de forme quelconque. On en fait également des tuyaux de conduite pour l’eau et le gaz. Ces tuyaux présentent l’avantage de pouvoir être pliés à la main sans effort ; on peut donc leur faire suivre, comme aux lames, tous les contours possibles. On emploie des fds de plomb dans les travaux du jardinage; ils sont en effet bien moins altérables à l’air que les fils de fer; leur résistance est suffisante pour les faibles efforts qu’ils ont ordinairement à vaincre ; on peut néanmoins les rompre facilement avec les doigts, ce qui dispense d’employer un outil tranchant pour les couper et abrège singulièrement le travail.
Les tuyaux continus en plomb s’obtiennent par compression, en utilisant la mollesse de ce métal. Une presse hydraulique puissante peut faire mouvoir un piston P muni d’une tige verticale suivant son axe , dans l’intérieur d’un réservoir B, où l’on peut introduire du plomb fondu au moyen d’un entonnoir latéral E (fig. 162). On l’v maintient à l’état de fusion, en chauffant extérieurement le contour du réservoir. A sa partie supérieure, ce réservoir porte un trou circulaire de filière en acier, dans lequel s’engage l’extrémité de la tige du piston P. Si l’on fait mouvoir la presse hydraulique, le trou de l’entonnoir étant fermé par une tige de fer, le piston P chassera le métal entre les parois de la fdière et dé la tige qui en occupe le centre, où il se solidifiera en produisant un tube creux que l’on fait enrouler sur un tambour T. En ré-
pétant cette opération un nombre convenable de fois, on obtient un tube de longueur quelconque. On étire ces tubes dans des fdières comme des fils pleins, ce qui permet d’arriver à de très-petits diamètres.
Nous rappellerons encore l’usage que l’on fait du plomb dans la fabrication de l’acide sulfurique ou pour conserver l’acide fluorhydrique.
OXXDES DE PLOMB.
11 existe trois oxydes bien définis du plomb, qui sont le sous-oxyde, Pb20, le protoxyde, PbO, l’acide plombique ou oxyde puce de plomb, PbO2. Ces deux derniers oxydes donnent naissance, en se combinant, à un oxyde salin, 2Pb0,Pb02, connu sous le nom de minium.
Sous-oxyde de plomb, Pb-0.
1442. Préparation et propriétés. — Il a peu d’importance; il se forme dans l’oxydation du plomb à l’air, à la température ordinaire ; on le prépare en chauffant de l’oxalate de plomb à 300°, à l’abri du contact de l’air : 2(Pb0,C205) = Pb20 -bC0-b3C02. Les acides le décomposent en protoxyde et plomb métallique, mais on démontre que ce n’est point un mélange de ces deux corps, en le mettant au contact du mercure, qui ne lui* enlève point de plomb, ou au contact de l’eau sucrée. Cette dissolution, qui dissout facilement le protoxyde de plomb lorsqu’il est libre, est sans action sur le sous-oxyde.
Protoxyde de plomb, PbO.
1443. Préparation. — On prépare l’oxyde de plomb, dons les laboratoires, en calcinant de l’azotate de plomb ou du carbonate de plomb; on obtient l’hvdrate en précipitant un sel de plomb par un alcali en léger excès.
1444. Propriétés. — L’oxyde de plomb anhydre est une poudre jaune très-loùrde, fusible au rouge qui donne par refroidissement une masse très-pesante, composée d’écailles cristallines de couleur jaune ou rouge (litharge). Cet oxyde se combine facilement avec la silice, en donnant un verre pesant très-fusible ; aussi perce-t-il facilement les creusets de terre dans lesquels on opère sa fusion. L’oxyde de plomb