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LIV. III, CHAP. XXIII, BRONZES

dinairement étamées, afin de préserver le laiton de l’oxydation et pour éviter l’odeur désagréable que l’alliage communique aux mains. A cet effet, on superpose dans une bassine à fond plat une couche d’épingles, une couche de grenaille d’étain et une couche de crème de tartre (bilartrate de potasse) ; on remplit la bassine en continuant cette superposition. On verse ensuite de l’eau et l’on fait bouillir pendant une heure.

La crème de tartre agit par son excès d’acide et dissout l’étain, qui décompose l’eau sous son influence ; il se forme un tartrate de potasse et de protoxyde d’étain, le zinc contenu dans le laiton précipite du sel d’étain formé de l’étain qui se dépose en couche adhérente à la surface

du laiton.

Maillcchort.

1526. Le maillechorl ou argentan est un alliage de cuivre, de zinc et de nickel1 (567), possédant la couleur et la sonorité de l’argent, et qui est. peu altérable à l’air; on l’emploie à la fabrication des couverts argentés par voie galvanique, dans la confection d’une multitude de petits objets, de garnitures de couteaux, de porte-plumes, boîtes de montres communes, objets de sellerie, etc.

Bronzes -

1527. Ce sont des alliages de cuivre et d’étain; plus fusibles et bien plus durs que le cuivre, ils sont ordinairement sonores. Nous avons dit qu’ils possèdent la singulière propriété de devenir malléables par un refroidissement brusque (565). Le bronze fondu se sépare, en se refroidissant, en plusieurs alliages de composition^ différentes ; de plus, comme l’étain s’oxyde alors de préférence au cuivre, on comprend la difficulté que l’on éprouve à obtenir un alliage de composition bien définie, quand il s’agit de pièces d’un volume considérable (canons et cloches). On est obligé, lorsqu’on coule les canons, de laisser au-dessus de la bouche un prolongement très-considérable (masselotte), qui fournit au retrait que produit le métal en se solidifiant, et qui rend plus régulier le refroidissement des parties inférieures comprenant tout le canon. La composition de cette partie devient alors plus homogène. Nous avons

1 Dans ces dernières années on a essayé de substituer le manganèse au nickel dans le maillechort ; on obtient avec ce métal des alliages doués des mêmes propriétés que ceux de nickel, mais leur fabrication présente des difficultés pratiques qui n’ont pas encore été entièrement surmontées.

indiqué la composition de ces divers alliages (567). On fond l’alliage des cloches et des canons dans des fours à réverbère.

1528. Bronze d'aistminiaim. — L’aluminium forme avec le cuivre des alliages remarquables, qui peuvent prendre la dureté du bronze. De là leur nom. Ils contiennent pour 100 de 5 à 10 d’aluminium et 95 à 90 de cuivre. Ces alliages ont une belle couleur jaune et sont susceptibles d’un beau poli; leur ténacité est exceptionnelle et supérieure à celle du fer; on peu! les forger à chaud comme le fer doux ; ce sont les seuls alliages que l’on puisse aussi facilement marteler à chaud. Tous les autres se iiquatent et deviennent cassants dans ces circonstances ou, comme le bronze des tamtams, ne se laissent marteler à chaud, que dans des limites étroites de température. Ils sont peu altérables à l’air et se polissent d’ailleurs avec facilité. On en fait aujourd’hui des couverts, des bougeoirs, etc., et des objets d’art très-estimés.

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