L1V. III, CHAP. XXI1J, ALLIAGES DE CUIVRE
cool, on réduit ainsi les oxydes de cuivre, de fer et de plomb, sans altérer l’oxyde de zinc. On fait tomber alors la nacelle dans une fiole, contenant de l’acide sulfurique très-dilué et que l’on a préalablement fait bouillir pour en chasser l’oxygène. L’oxyde de zinc et le fer se dissolvent, en laissant le cuivre et le plomb. On évitera même mieux l’oxydation et la dissolution du cuivre , en faisant passer un courant d’hydrogène dans la fiole pendant toute la durée de la digestion de l’oxyde de zinc et des métaux. On décante ensuite et on lave les métaux avec de l’eau bouillie 1.
La solution des sulfates est évaporée et calcinée fortement dans un moufle, pour les ramener à l’état d’oxydes que l’on pèse. On a ainsi le poids des oxydes de fer et de zinc. O11 humecte ces oxydes avec de l’acide azotique qui les redissout; on évapore doucement jusqu’au moment où les vapeurs nitreuses disparaissent, l’azotate de fer est décomposé ; on reprend par une solution d’azotate d’ammoniaque et d’ammoniaque qui ne dissolvent que le zinc. Le fer reste insoluble à l’état de sesquioxyde, on le pèse et l’on déduit le poids de l’oxyde de zinc par différence.
Le mélange de cuivre et de plomb est traité par de l’acide sulfurique additionné d’acide azotique, et la dissolution plus ou moins troublée par le dépôt de sulfate de plomb est évaporée à sec au bain de sable vers 400°. On pèse les sulfates desséchés et on reprend par l’eau qui dissout le sulfate de cuivre et laisse le sulfate de plomb, dont le poids défalqué de celui des sulfates, donne celui du sulfate de cuivre.
Ces nombres permettent de calculer les poids des divers métaux contenus dans 2 grammes d’oxydes, et partant dans le poids total provenant de l’oxydation des 5 grammes d’alliage.
1550. Essais techniques des alliages de cuivre. — Ce mode d’analyse est d’une exactitude parfaite, mais il est trop long pour les analyses industrielles auxquelles donnent lieu les nombreux alliages du cuivre. Nous indiquerons ici quelques - uns des procédés rapides , employés dans l’essai technique de ces alljages importants du cuivre.
1° Détermination de V étain. — Cette détermination se fait toujours comme il a été dit tout à l’heure. L'alliage est dissous dans l’acide azotique, et la liqueur après une ébullition prolongée, laisse un dépôt de
1 On s’assure qu’il n’y a ni cuivre, ni plomb dissous, en versant dans la liqueur un peu d’acide sulfhydrique, qui ne doit pas donner de précipité noir de sulfure de plomb ou de cuivre.
bioxyde d’étain (avec ou sans silice) que l’on recueille sur un fdtre et qu’on pèse.
2° Détermination du plomb. — La liqueur filtrée est additionnée d’acide sulfurique pur, on évapore jusqu’à siccité et l’on reprend par l’eau ; le sulfate de plomb reste.
5° Détermination du zinc. — Le dosage du zinc qui s’opère par voie sèche, porte le nom impropre de cémentation.
On pèse 1 gramme d’alliage et on le chauffe au moufle dans un creuset de charbon de cornue, avec 0gr,500 d’étain. On obtient ainsi un alliage très-fusible, d’où le zinc se volatilise beaucoup plus vite (Péligot). Il paraît en outre, que l’étain retient le plomb qui pourrait être entraîné par le zinc.
Le creuset de graphite de cornues est placé dans un petit creuset de terre bien luté; on l'entoure môme de poussier de charbon, pour empêcher l’accès de l'oxygène. On laisse chauffer pendant deux ou trois heures et l’on pèse le bouton refroidi. On recommence l’opération pour bien s’assurer qu’il n’y a pas eu nouvelle perte de poids. Le cuivre pur dans ces circonstances augmente bien de poids de 1 à 2 millièmes, mais cette cause d’erreur est compensée par l’entraînement du plomb ; dans tous les cas, elle est négligeable dans les opérations industrielles.
Cette méthode s’applique à l’essai des bronzes monétaires, des laitons et des maillechorts. Dans ce dernier cas, il est préférable de chauffer l’alliage, qui est peu fusible, dans un bon fourneau.
1551. Dosage galvanique du cuivre et du nickel. — Oil fait disSOU-
dre 1 gramme de l’alliage dans l'acide azotique, on évapore jusqu’à sec et l’on reprend par de l’eau additionnée de 4 à 5 centimètres cubes d’acide sulfurique. La liqueur étendue, de façon à occuper de 60 à 70 centimètres cubes (filtrée au besoin), est versée dans une capsule de platine où on la soumet à l’électrolyse, le cuivre se dépose sur la capsule, y forme un dépôt adhérent facile à laver; on décante le liquide, on lave et on sèche : l’augmentation de poids de la capsule donne le cuivre avec une grande exactitude.
Les liquides contenant le nickel sont soumis à l’ébullition; on sature, l’excès d’acide en commençant par du carbonate de soude et en terminant par de l’ammoniaque, jusqu’à ce que la liqueur soit devenue bleue. On la verse dans la capsule de platine et on électrolvse de nouveau jusqu’à décoloration complète; le nickel forme à la surface du platine un dépôt métallique très-adhérent, que l'on pèse comme celui du cuivre.