SULFURES DE MERCURE
1555. Le sous-sulfure Hg2S se forme quand on fait passer un courant d’hydrogène sulfuré dans une dissolution de sous-oxyde ; mais comme le sous-oxyde, il est peu stable, il se décompose facilement en sulfure de mercure, HgS, et en mercure métallique; le sulfure de mercure HgS est beaucoup plus important.
Sulfure de mercure (cinabre) HgS.
1556. Préparation. — On l’obtient par voie humide, en faisant passer un courant d’hydrogène sulfuré dans un sel d’oxyde de mer-
cure ; mais on le prépare ordinairement par voie sèche, en chauffant doucement 1 partie de soufre avec 6 parties de mercure dans un petit creuset de terre, il se forme une matière noirâtre ( éthiops minéral), qu’on distille ensuite. Le produit de cette distillation est d’un rouge violacé quand il est en masse, mais sa poussière est d’un rouge clair très-vif. C’est le cinabre artificiel, identique au cinabre naturel.
1557. Propriétés. — Le bisulfure de mercure est donc noir s’il est amorphe, ou rouge et cristallin quand il a été distillé ; sa densité à ce dernier état est très-considérable, 8 environ. Chauffé au contact de l’air, il brûle avec la flamme du soufre, en donnant de l’acide sulfureux et du mercure métallique qui distille. L’acide azotique agit à peine sur lui, il en est de même de l’acide chlorhydrique, mais l’eau régale l’attaque facilement. L’acide iodhydrique le décompose même à froid s’il est concentré en donnant de l’acide sulfhydrique et de l’iodure de mercure, Il est décomposé à chaud par le fer, l’étain et l’antimoine. Dans la nature on trouve le cinabre en cristaux rouges transparents, semblables à ceux du quartz et doués des mêmes propriétés optiques.
1558. Vermillon. — C’est une variété de cinabre, d’une couleur rouge très-vive et très-résistante à l’action de la lumière, que l’on prépare en faisant chauffer à 50 ou 55°. dans un vase en fer, 300 parties de mercure, 114 de soufre et 75 de potasse dissoute dans 450 parties d’eau. La masse, d’abord noire, prend peu à peu une belle teinte rouge ; on recueille le vermillon sur un filtre, et on le lave. On fabrique à Paris de grandes quantités de vermillon par ce procédé.
1559. Combinaisons du sulfure de mercure. — Le Sulfure de mercure s’unit à presque tous les composés binaires du mercure et à plusieurs sels. Aussi, lorsqu’on traite par un courant d’acide sulfhydrique un sel mercurique, on n’obtient pas immédiatement un précipité noir de sulfure de mercure (sauf le cas du cyanure); il se forme d’abord des précipités blancs ou jaunes qui sont des composés doubles, qu’un excès d’acide sulfhydrique décompose complètement avec production de sulfure noir de mercure. Ce fait a une grande importance au point de vue de l’analyse.
Dans la préparation du vermillon, il se forme un sulfure soluble de potassium et de mercure HgS-|-KS-l-6HO qu’on ne peut reproduire par la combinaison directe des deux sulfures, car le sulfure de mercure est insoluble dans les sulfures alcalins. En remplaçant la potasse par la soude, on obtient le composé IlgS —H NaS —H 8110.