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LIV. III, CHAP. XXIV, CHROMATES DE MERCURE

Phosphates de mercure.

1573. Phosphate mer eu veux. — Le phosphate de sous-oxyde de mercure est une poudre blanche, cristalline, insoluble dans l’eau ; il se décompose par la chaleur et laisse un résidu d’acide phosphorique. Cette propriété permet de séparer facilement l’acide phosphorique des alcalis et des bases de protoxyde ; on traite à chaud le phosphate dissous dans l’acide azotique, par le mercure maintenu en léger excès ; il se forme du phosphate mercureux et de l’azotate alcalin ou métallique, que l’on sépare par des lavages à l’eau. 11 est facile de séparer par l’acide chlorhydrique le sous-oxyde de mercure dissous, et d’obtenir l’azotate alcalin ou métallique exempt de mercure. Avec l’acide chlorhydrique on peut également séparer l’acide phosphorique soluble du chlorure mercureux insoluble.

1574. Phosphate mercuriquc. — Le phosphate mercurique est un sel insoluble comme le précédent ; il est sans intérêt.

Tungstale mercureux.

1575. Le tungstate mercureux Hg*0,Tu05, est un précipité jaune, tellement insoluble dans l’eau, qu’on l’emploie souvent pour le dosage des tungstates solubles. On l’obtient par double décomposition; il suffit de le calciner pour obtenir l’acide tungstique dans un grand état de pureté.

Les autres tungstates de mercure n’ont point d’intérêt.

Chromâtes de mercure.

1576. Chromâtes mercureux. — En mélangeant des dissolutions de chromate de potasse et d’azotate mercureux, on obtient un précipité rouge sombre de chromate mercureux basique , 4Hg*0,3Cr0s, qui, chauffé avec un peu d’acide azotique, se transforme en une poudre cristalline, d’un rouge magnifique de sel neutre, Hg20,CrÛ3. La calcination de ce sel donne un oxyde de chrome d’une belle nuance.

1577. Chromâtes mercuriques. — Lorsqu’on sature de l’acide chromique par de l’oxyde jaune de mercure, on obtient un chromate neutre, Hg0,Cr03, qui cristallise en prismes grenat foncé.

Lorsqu’on verse une dissolution de bi-chromate de potasse dans de l’azotate mercurique, on obtient un précipité brun foncé de chromate tribasique (Hg0)3,Cr03. Il existe même un chromate quadribasique

(Hg0)\Cr03 ; tous ces sels sont décomposés par l’action de la chaleur en mercure, oxygène et sesquioxyde de chrome.

COMPOSÉS AMMONIO-MERCURIQUES.

L’action de l’ammoniaque sur les composés du mercure, donne naissance à des composés blancs ou jaunes, plus ou moins complexes, mais que l’on peut toujours envisager comme résultant de l’union des composés binaires ou salins de ce métal, soit avec l’ammoniaque, soit avec des produits dérivés de ce corps par la substitution du mercure à un ou plusieurs équivalents d’hydrogène (amidures, azotures).

1578. Produits contenant de l'ammoniaque. — Comme exemple de corps où entre l’ammoniaque, nous citerons le bromure

(HgBr)1 2,AzH3,

obtenu par l’absorption directe de l’ammoniaque par le bromure ; les iodures

HgI,AzH5 et 2(HgI),AzH3

obtenus de la même manière ; les sulfates

(Hg0,S03,AzH3), (2Hg0,S03,AzH3) et (3Hg0,S03,AzH3),

sels cristallisés et décomposables par l’eau, que Millon a obtenus par l'action ménagée de l’ammoniaque sur le sulfate de mercure.

1579. Produits contenant l’amidure AzHMIg. — Lorsqu’on verse du chlorure de mercure HgCl dans un excès d’ammoniaque, il se forme un précipité insoluble, connu des anciens chimistes sous le nom de précipité blanc , et dont la composition peut se représenter par la formule HgCl,AzH2Hg b L’ammoniaque mercurée AzHMIg s’appelle amidure de mercure.

Lorsque le bichlorure est en grand excès par rapport à l’ammoniaque, il se forme un autre composé représenté par la formule ollgCl, AzHMIg.

Mais le composé le plus important est formé par l’union de l’amidure avec 5 équivalents d’oxyde de mercure (HgO)3AzlI2IIg ; ce composé constitue une base véritable, l’oxyde ammonio-mercurique de Millon, dont nous parlerons tout à l’heure.

1 On peut faire dériver ce composé du chlorure d’ammonium, il est moins facile

de formuler ceux du paragraphe suivant dans la même hypothèse.

L1V. III, CHAP. XXIV, SELS AMMONIO-MERCUllIQUES.

1580. Composés contenant de l’a/oture «le mercure Azllg3. — Le

précipité blanc , chauffé à 560°, se décompose en donnant de P ammoniaque, du sous-chlorure de mercure ammoniacal (Hg*Cl)fAzHs qui se sublime, et un résidu rouge cristallin Ilg2Cl,AzHg3 (Mitscherlich). Il en existe d’aulres que nous ne pouvons mentionner ici.

Oxyde ammonio-mercurique.

1581. Préparation et propriétés. — L’oxyde ammonio-mercurique r>HgO,AzIl2Iig-f-Aq, découvert par Thénard et Fourcroy, n’est bien connu (pie depuis les travaux de Millon. 11 prend naissance dans Faction de F ammoniaque caustique sur l’oxyde de mercure ; avec la variété rouge l’action est lente; elle est très-rapide avec l’oxvde précipité, il en résulte un corps jaunâtre, légèrement explosif par le choc, insoluble dans l’eau et l’alcool, qui jouit de propriétés basiques très-marquées. Humide, il absorbe l’acide carbonique avec lequel il forme un carbonate blanc ; il s’unit à tous les acides et peut meme chasser l’ammoniaque de ses combinaisons, comme le font la chaux et la baryte. La potasse le déplace à raison de son insolubilité, sans le décomposer; elle ne le détruit en en dégageant de l’ammoniaque que par une ébullition prolongée.

L’oxyde ammonio-mercurique résulte de l’union de 4 équivalents d’oxyde de mercure avec 1 équivalent d’ammoniaque et 2 équivalents d’eau, mais si on le dessèche à 150°, il devient brun en perdant 5 équivalents d’eau, dont un résulte évidemment de l’union de l’oxygène de l’oxyde de mercure avec de l’hydrogène de l’ammoniaque, de sorte que la base anhydre peut être considérée comme résultant de l’union d’un équivalent d’amidure de mercure avec 5 d’oxyde. La base anhydre, comparable à la chaux et à la baryte, est donc 5IIgO,AzIPIlg, son hydrate doit s’écrire dans cette hypothèse

3Hg-0,AzH2Hg-K>fl0.

La composition générale de ses sels est exprimée par la formule (3HgO,AzII2Hg),A,

A, représentant un équivalent d’un acide quelconque.

Sels ammonio-mercuriques.

On les obtient par l’union directe de la base et de l’acide, mais ils se forment aussi dans Faction de l’ammoniaque sur la plupart des sels mercuriques. Nous indiquerons ici les plus intéressants.

1582. Azotate aiumonio-mercurique (Sel de Soubeirail). — Cel azotate s’obtient en traitant l’azotate mercurique par l’ammoniaque concentrée ; c’est un sel blanc insoluble qui a pour formule

(3 H gO, AzlI2H g) AzO5 -f- H 0 .

(D’après Kane, il serait anhydre).

Le sel de Soubeiran, bouilli avec de l’azotate d’ammoniaque en solution concentrée, se dissout et laisse déposer des cristaux d’un jaune pâle d’un sel double

Azll40, AzO3 -f- .(3tIgO,AzII2Hg) AzO3 (Mitscherlich), ou des aiguilles brillantes d’un autre sel double découvert par Kane :

2(ÀzII10, AzO3) -f- (3Hg0,AzH-IIg)Az03.

1585. Sulfate ammonio-mcrcur îqu e (Turbith ammoniacal). — C’est une poudre blanche, légère, que l’on obtient en traitant le sulfate neutre de bioxyde par un excès d’ammoniaque caustique. Sa formule est

(5IIg0,AzH2Hg)S03.

1584. l arbomaie et phosphate. — On connaît encore un carbonate de la même base, qui se forme quand on fait agir sur l’oxyde de mercure, du carbonate d’ammoniaque au lieu d’ammoniaque caustique, et un phosphate tribasique contenant un équivalent de la base de Millon,

2 IIg0(3Hg0,AzlI2Hg)Ph03 4-2110,

résultant de l’action du phosphate d’ammoniaque ordinaire sur l’oxyde de mercure.

1585. Chlorure et ioilurc ammonio-merciiriquc. — ■ La réaction de l'ammoniaque sur le bichlorure de mercure en excès, donne un précipité blanc, qui, lavé à l’eau bouillante, se transforme en chlorure jaune de la base de Millon.

211g0,HgCl,AzH2lIg.

Cette formule ne diffère en effet de celle de l’oxyde, que par le remplacement d’un équivalent d’oxygène par un équivalent de chlore.

De même, l’iodure de mercure, par une ébullition prolongée avec l’ammoniaque concentrée, donne un résidu brun pourpré de l’iodure correspondant

2II”().Hgî.Az’î‘2Ilg.

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