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LIV. III, CHAP. XXV, ESSAIS D’ARGENT

l’influence oxydante de l’air, il se produit de la litharge, qui dissout l’oxyde de cuivre ; comme cette litharge mouille la coupelle, elle s’insinue peu à peu dans ses pores, tandis que l’argent se rassemble en un bouton métallique et reste à la surface.

L’expérience a montré que la quantité de plomb nécessaire à la dissolution facile de l’oxyde de cuivre variait avec le titre de l’alliage ; on a trouvé que pour 1 gramme d’alliage il fallait :

Titre de l’alliage.

Plomb nécessaire à l’altinage.

Au-dessous 1 . .

Les essais d’argent à la coupelle se font sur 1 gramme d’alliage, pour

Fig. 165.

les titres supérieurs à 800mm et sur un demi-gramme seulement pour les titres inférieurs, afin d’abréger la durée de l’opération ; on emploie

1 Pour les titres intermédiaires on déduit la quantité de plomb des nombres précédents par un calcul de proportion arithmétique. Ainsi, par exemple, l'argent à 850

millièmes exigerait — ^ — , soit 8^,5 de plomb.

alors la moitié du plomb que nécessiterait \ gramme. Enfin, si l’on ignore le titre approximatif de l’alliage à essayer, on en fait un essai préliminaire en passant à la coupelle Osr,l d’alliage avec 1 gramme de plomb.

L’opération s’effectue de la manière suivante. On chauffe d’abord les coupelles dans, un moufle, c’est-à-dire dans un demi-cylindre en terre réfractaire, entouré de charbon incandescent. Ce moufle, fermé à l’une de ses extrémités, porte quelques ouvertures étroites qui ne laissent pas le combustible pénétrer dans son intérieur, mais qui permettent à l’air intérieur de s’échapper dans le fourneau ; elles servent donc à produire un tirage dans l’intérieur du moufle. Le fourneau où se fait cette opération a reçu le nom de fourneau de coupelle (fig. 153).

Quand la coupelle est suffisamment chaude, on y introduit la quantité de plomb nécessaire, le métal fond et se recouvre d’une pellicule d’oxyde; ^avec une pince, on dépose à sa surface l’alliage enveloppé dans un petit morceau de papier, qui fournit en brûlant assez de gaz réducteurs pour réduire tout l’oxvde de plomb formé ; l’alliage d’argent, au contact du plomb métallique chaud, fond rapidement et se transforme en alliage ternaire. Dans l’atmosphère oxydante du moufle, le plomb se transforme bientôt en litharge, qui recouvre le bouton d’une pellicule à la surface de laquelle se meuvent rapidement des globules d’oxyde, dont le nombre et la grosseur augmentent quand l’opération s’approche de sa fin ; la litharge s’infiltre peu à peu, et lorsque l’opération est près d’être terminée, la couche d’oxyde recouvrant le métal devient assez mince pour produire le phénomène de coloration des lames minces : c’est ce que l’on appelle Y iris; un instant après, la surface métallique, couverte jusque-là par l’oxyde, se découvre et projette une lueur passagère. Ce phénomène est dû à ce que l’oxydation du plomb dégageant beaucoup de chaleur, le bouton d’argent se trouve dans la coupelle à une température supérieure à celle du moufle; il est donc très-brillant au moment où il se découvre, mais, en descendant rapidement à la température du moufle, il perd beaucoup de son éclat. On désigne ces changements rapides sous le nom d 'éclair. L’opération terminée, on rapproche la coupelle de l’ouverture du moufle, afin de refroidir lentement l’argent, pour qu’il puisse se solidifier sans rocher (1595); la solidification effectuée, on détache le bouton de la coupelle en y faisant tomber un peu d’eau froide.

Ces essais ne donnent jamais le titre exact, mais une valeur approchée. Par suite de la volatilisation et de la pénétration dans la coupelle

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