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LIV. III, CHAP. XXV, VOIE HUMIDE

d’une partie du mêlai, il y a toujours un défaut de titre qui varie de 1 à 5 millièmes, d’après la durée de l’opération, la température du moufle et la nature de la coupelle. En faisant un essai sur un alliage d’argent de composition voisine1 placé dans les mêmes circonstanceson détermine approximativement la perte due à ces influences. Le procédé suivant dû à Gay-Lussac, est, au contraire, d’une exactitude et d’une facilité d’exécution remarquables; aussi l’a-t-on substitué dans tous les hôtels de monnaies et dans les laboratoires des essayeurs au procédé de la coupellation.

1624. Voie humide. — Si l’on verse dans la liqueur obtenue en dissolvant un alliage d’argent et de cuivre dans l’acide azotique, une dissolution de chlorure de sodium, on précipite du chlorure d’argent, qui se rassemble facilement, par l’agitation, au fond du vase; la liqueur limpide retient tout le cuivre. On a constaté qu’il fallait 0gr,541 de chlorure de sodium pur, pour précipiter 1 gramme d’argent de ses dissolutions; on fait alors une liqueur contenant cette quantité de chlorure par décilitre (liqueur normale), puis une dissolution décime contenant la même quantité de sel marin dans 1 litre d’eau; il est clair que 1 centimètre cube de la liqueur décime précipite 1 milligramme d’argent.

Supposons qu’il s’agisse de déterminer le titre d’une pièce de 5 francs : on dissout lsr,1148 de l’alliage dans un flacon de 1/4 de litre chauffé au bain-marie, contenant 5 à 6 centimètres cubes d’acide azotique ; ce poids, l^r,l 1 48, correspond à 1 gramme d’argent, si le titre de l’alliage est de 897/1000. Après avoir chassé les vapeurs nitreuses qui colorent l’atmosphère du flacon, en y insufflant de l’air, on y laisse tomber, avec une pipette jaugée , 1 décilitre de la liqueur normale de sel marin, qui produit un abondant précipité. Si le titre de l’alliage est supérieur à 897, il restera nécessairement de l’argent dans la liqueur; pour le doser, on ajoutera à la liqueur éclaircie 1 centimètre cube de la liqueur décime, on précipitera ainsi 1 milligramme d’argent; en répétant cette opération jusqu’au moment où l’addition d’un nouveau centimètre cube de liqueur décime ne trouble plus la liqueur, on connaîtra, par le nombre de centimèlres cubes employés à compléter la précipitation de l’argent, le nombre de milligrammes qu’il faut ajouter à 1 gramme pour obtenir la quantité d’argent contenue dans le poids d’alliage essayé. Toutefois, comme rien ne prouve que le dernier centimètre cube qui a produit un précipité ait été totalement employé,

1 C’est-à-dire qu’on passe à la coupelle un mélange d’argent pur et de cuivre dans les proportions données approximativement par un essai préliminaire.

on admet que la moitié seulement a servi. Si donc le cinquième centimètre cube n’a plus produit de précipité, le titre de l’alliage sera ex-*

primé par la fraction — 900/1 •

il peut arriver que le premier centimètre cube de liqueur décime de sel marin ne produise pas de précipité dans la liqueur; dans ce cas, le titre de l’alliage est égal à ou il lui est inférieur. Pour connaître son titre, on procède de la manière suivante : on prend une liqueur décime d’argent, contenant 1 gramme d’argent par litre, et l’on en verse l centimètre cube dans le flacon, pour précipiter complètement le chlore du centimètre cube de liqueur décime de sel marin ajouté. Si l’on introduit ensuite la liqueur décime d’argent, centimètre cube par centimètre cube, et que l’on trouve que le quatrième ne produise plus de trouble, il faudra reprendre alors la liqueur par le sel marin, comme dans le cas d’un essai ordinaire et l’on retranchera 4 milligrammes de la quantité totale de sel marin employé1. Ainsi supposons, par exemple que le 3e centimètre cube de sel marin ne produise plus de précipité, la quantité d’argent contenue dans l’alliage serait 1001,5’ si l’on n’avait pas ajouté d’argent, mais puisqu’on en a ajouté 4 milligrammes, elle n’est évidem-

ment que 997.5 et le titre de l’alliage j g — 0,8947.

1625. Remarque. — Dans les hôtels des monnaies, on fait à la fois 100 litres environ de liqueur normale salée, et on la renferme dans des vases métalliques étamés ; comme la température change son titre en faisant varier son volume, Gay-Lussac avait établi des tables qui permettaient de connaître la quantité de sel contenue dans la liqueur à l°> en supposant qu’elle en contienne réellement 0^r,54 1 par litre à 15°.

Mais il est bien plus simple de faire chaque jour l’essai de la liqueur avec 1 gramme d’argent fin, dissous dans la meme quantité d’acide que

1 Le chlorure d’argent n’est pas absolument insoluble dans les acides et dans la solution étendue de sel marin, et il arrive toujours un moment où la dissolution préci-* pitée par le sel marin, après l’éclaircie, est troublée par l’addition du sel marin ou la liqueur d’argent ; cette addition ayant pour résultat de modifier la solubilité du chlorure dans la dissolution. 11 faut donc pour obtenir des résultats comparables, opérer toujours de la même manière, c’est-à-dire en précipitant toujours par le sel, jusqu’à cessation de trouble ; il faut de plus, comme il est dit au paragraphe suivant, opérer en même temps sur un gramme d’argent pur. Dans ces conditions, les imperfections de la méthode disparaissent, puisqu’elles affectent de la même manière, l’essai de la pièce de monnaie et celui du gramme d’ai gent pur. D’après M. Stas, cette compensation n'est que partielle et il vaut mieux opérer avec une solution de bromure de potassium, qui précipite exactement tout l’argent, le bromure étant absolument insoluble dans l’eau acidulée, du moins à une température qui ne dépasse pas 35°.

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