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LIV. III, CIIAP. XXY, VOIE HUMIDE

l’alliage. On verse dans le flacon qui contient la dissolution d’argent pur (étalon), et dans ceux qui contiennent les alliages à essayer (on opère ordinairement par série de dix essais), une même mesure de la liqueur salée, on ajoute ensuite la liqueur décime. Si l’addition de 1 centimètre cube de liqueur décime produit un précipité faible et d’égale intensité dans l’argent pur et dans l’un des alliages ; celui-ci contient évidemment 1 gramme d’argent seulement; ordinairement, le précipité obtenu dans l’alliage étant plus fort, on éclaircit le liquide par l’agitation et on y verse

de nouveau 1 centimètre de liqueur décime salée, qui pourra déterminer un nouveau précipité. Admettons que ce précipité soit de même intensité que celui de l’étalon, l’alliage contiendra exactement 1001 d’argent.

Ordinairement, la liqueur salée est assez bien approximée, pour qu’une seule addition de la liqueur décime ne donne dans l’étalon saturé par le sel, qu’un précipité extrêmement faible, mais s’il fallait ajouter 2 centimètres cubes de liqueur décime dans l’étalon et 4 dans l’alliage, pour arriver à la précipitation complète dans les deux cas, l’alliage contiendrait 4-2 millièmes d’argent de plus que l’étalon.

1626. pipette de M. Stas. — Il est de la plus grande importance de verser rigoureusement dans les essais que l’on veut comparer, le même volume de liqueur salée, on y arrive facilement au moyen de la pipette de M. Stas (fig. 154). On remplit cette pipette par la partie inférieure, avec un caoutchouc qui la met ep communication, par un robinet, avec le réservoir d’eau salée, placé à une certaine hauteur au-dessus d’elle, l’eau salée remplit la pipette par sa propre pression, et lorsqu’elle sort de la partie supérieure effilée, on ferme celle-ci avec le doigt, on peut alors fermer le robinet du réservoir et retirer le caoutchouc, la pipette reste remplie. On n’a plus qu’à soulever le doigt pour faire écouler le contenu de la pipette.

1627. Remarque. — La méthode par voie humide, si exacte quand il s’agit de déterminer une quantité un peu considérable d’argent, est tout à fait insuffisante pour constater la présence de traces d’argent dans une matière ; la coupellation devient alors bien préférable. C’est avec cette méthode que MY1. Malaguti, Durocher et Sarzeaud ont pù constater des millionièmes d’argent dans fes produits d’évaporation de l’eau de la mer.

1628. Essais des allia ges d’argent contenant du mercure. — L argent provenant de l’amalgamation, peut retenir du mercure, s’il n’a pas été porté à une température suffisamment élevée. Dans ce cas, l’essai par voie humide donne une surcharge , qui est à peu près égale à la quantité de mercure contenue dans l’alliage quand celle-ci est trèsfaible. Ainsi, un alliage contenant 995 d’argent et 2 millièmes de mercure, paraîtra sensiblement à 997. Ce fait constaté pour la première fois par Gay-Lussac, est d’autant plus singulier que le mercure est à l’état de sel mercurique dans la dissolution d’argent fortement chargée d’acide azotique, et que les sels de bioxyde de mercure isolés ne précipitent pas par le chlorure de sodium.

On reconnaît facilement que l’on opère sur un essai mercurié, à la difficulté que l’on éprouve à éclaircir l’essai après la précipitation du chlorure, et en outre à ce caractère également signalé par Gay-Lussac, que le chlorure d’argent devient beaucoup moins altérable à la lumière. Il suffit meme de 5 millièmes de mercure pour rendre le chlorure d’argent absolument inaltérable, et l’on reconnaît facilement la présence de 1 millième de ce métal à la lenteur avec laquelle le chlorure d’argent mercurié noircit, pourvu que l’on opère par comparaison avec un essai ordinaire.

Un habile essayeur de la Monnaie, Levol, a montré que l’on pouvait néanmoins déterminer le titre exact d’un essai mercurié, en saturant la

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