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LIY. III, G II AP. XXV, ESSAIS MERCURIÉS

dissolution d’argent mercurié par l’acétate d’ammoniaque et opérant alors la précipitation par le sel. Il est même possible de rétablir un essai reconnu mercurié après la précipitation par le sel, en dissolvant le chlorure d’argent dans l’ammoniaque pure et précipitant ensuite par l’acide acétique; le mercure reste alors en dissolution et il devient facile de déterminer la quantité de chlore excédante, primitivement entraînée par le mercure, au moyen de la liqueur décime d’argent.

L’acétate de soude peut aussi remplacer l’acétate d’ammoniaque dans cette opération comme l’a montré Gay-Lussac.

1629. Explication des phénomènes produits dans l’essai mercurié. — Les expériences suivantes que j’ai publiées en 1870, feront comprendre la théorie des phénomènes :

« 1° Le chlorure d’argent bien lavé, mis au contact d’une solution très-étendue de bichlorure de mercure, change d’aspect. 11 blanchit, s’il avait déjà commencé à noircir à la lumière, se divise beaucoup par l’agitation et ne se dépose plus qu’avec lenteur. Le chlorure d’argent a fixé du chlorure de mercure, mais il en reste toujours dans la liqueur, même lorsqu’elle n’en contenait que les 7 ou 8 millièmes du poids de l’argent renfermé dans le chlorure : de plus, le chlorure d’argent mercurié ne peut être lavé, même à l’eau froide, sans perdre son bichlorure et reprendre alors la propriété de noircir à la lumière. Ces faits montrent bien qu’il ne se forme pas de combinaison définie des deux chlorures, mais que l’absorption du sel de mercure par le chlorure d’argent est plutôt un phénomène analogue à ceux qui se produisent dans la teinture en mauvais teint, où l’on voit une étoffe fixer, suivant la concentration du bain de teinture, une quantité variable de matière colorante, qu’un lavage prolongé peut lui enlever en totalité.

(y Quant au blanchiment du chlorure d’argent dans le bichlorure de mercure, il s’explique par une réduction partielle du sublimé corrosif qui cède au chlorure d’argent altéré le chlore qu’il avait perdu.

« 2° Une solution de nitrate mercurique, ajoutée au chlorure d’argent en suspension dans l’eau, produit le même changement dans ce chlorure ; de plus, une certaine quantité d’argent est entrée en dissolution : si l’on a ajouté 4 à 5 milligrammes de mercure, la liqueur décime de sel marin accusera à peu près le même nombre de milligrammes d’argent dans cette dissolution ; au reste, la présence de l’azotate de soude ne change rien au phénomène, c’est-à-dire que si l’on ajoute du nitrate de bioxyde de mercure à un essai terminé, on aura encore à précipiter une certaine quantité d’argent, et le titre définitif de l’essai ainsi

mercurié sera le même que si Ton avait ajouté le nitrate de mercure avant de précipiter par le chlorure de sodium. Ce phénomène est dû à la solubilité du chlorure d'argent dans l'azotate mercurique; dans une telle dissolution, il peut évidemment se former du bichlorure de mercure que le chlorure d’argent non dissous absorbe, en prenant les propriétés que l’on constate dans l’essai mercurié, en même temps que de l’azotate d’argent, dont la présence peut être accusée par le sel marin.

« Pour mettre en évidence la solubilité du chlorure d’argent dans l’azotate mercurique, il suffit de chauffera 100 degrés le chlorure d’argent obtenu en précipitant 1 gramme de métal, avee 10 à 12 grammes de bioxyde de mercure, 50 centimètres cubes d’eau distillée, et assez d’acide azotique, pour dissoudre l’oxyde de mercure. Le chlorure d’argent disparaît peu à peu, et, par refroidissement, il se dépose en cristaux octaédriques inaltérables à la lumière, parce qu’ils retiennent un peu de sel de mercure.

« 3° L’acétate de bioxyde de mercure dissout bien plus difficilement le chlorure d’argent. A 100 degrés, une dissolution concentrée d’acétate mercurique, contenant 23 grammes environ de bioxyde, dissout à peine le chlorure de 0gl,l d’argent. La dissolution est encore moindre à froid. On comprend alors que quelques millièmes de mercure dans un essai, en présence des acétates alcalins, ne puissent apporter de perturbation appréciable, si l’on admet que l’acétate alcalin n’a d’autre effet que de transformer les nitrates d’argent et de mercure en nitrate alcalin et acétates métalliques. La nature de 1 alcali est naturellement indifférente, ce que l’on produit avec l’acétate l’ammoniaque doit se produire également avec l’acétate de soude, et cela est tellement vrai, qu’il est possible, comme je l’ai constaté, de rétablir un essai mercurié, en lui ajoutant, après qu’il est terminé, de l’acétate de soude, tout comme le faisait Levol avec l’ammoniaque et l’acide acétique ; ce qui montre que les acétates alcalins agissent sur le sel mercurique, fixé par le chlorure d’argent, comme ils le feraient sur sa dissolution.

« 11 est bien entendu que l’action de l’acétate mercurique dans les essais n’est négligeable que si le mercure est en petite quantité; lorsqu’on met le chlorure d’argent en contact avec une solution un peu concentrée de cet acétate, il prend immédiatement les propriétés de l’essai mercurié1.

1 M. Stas est arrivé aux mômes conclusions dans ses belles recherches de statique chimique ( Annales de physique et de chimie, 5a série, t. III, p. 183, 1874), à cette différence près, que la solubilité du chlorure d’argent dans l’acétate mercurique se-

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