LIV. III, CHAP. XXV, ARGENTURE
1650. Essai d'sBBï alliage d’argent coroteaiasit dis soufre. — Lorsque l’alliage contient du soufre, la dissolution dans l’acide azotique n’est pas complète, par suite de l’inaltérabilité à peu près complète du sulfure d’argent dans l’acide étendu, il reste un précipité brun ou noir, qui se dépose mal. On ajoute alors à la liqueur 5 centimètres cubes d’acide sulfurique concentré ; il se dégage immédiatement d’abondantes vapeurs nitreuses par suite de l’oxydation du sulfure ; on continue à chauffer au bain-marie un quart d’heure environ jusqu’à disparition des vapeurs nitreuses. Tout le sulfure est attaqué et l’essai se fait à la manière ordinaire.
ARGENTURE
1631. Dans l’argenture, on se propose d’appliquer une couche mince d’argent à la surface de certains corps, et plus particulièrement des métaux auxquels on communique ainsi la couleur, l’éclat et l’inaltérabilité de ce métal précieux, si la couche d’argent déposée est suffisamment épaisse. Avant la découverte de l’argenture galvanique, on employait et on emploie encore certains procédés que nous allons faire connaître sommairement, et qui s’appliquent surtout au cuivre et à ses alliages.
1632. 1° Par l’amalgame «l’argent. — Oll décape l’objet que l’on veut argenter d’abord avec des acides et ensuite on l’humecte avec un pinceau d’une dissolution de nitrate de mercure. On le recouvre ensuite d’amalgame d’argent que l’on étend sur l’objet avec une brosse en ayant soin de chauffer l’objet afin de bien ramollir l’amalgame; on porte ensuite’ l’objet au rouge pour volatiliser le mercure. Ce procédé ne donne pas toujours de bons résultats ; il est moins employé que le suivant.
1633. Argenture à la feuille. — On applique avec le brunissoir une feuille d’argent battue sur la surface métallique à recouvrir, bien décapée1, et l’on donne de l’adhérence à la lame en chauffant l’objet
rait beaucoup plus considérable que je ne l’ai indiqué, ce qui tient sans doute à la différence de concentration des liqueurs employées et à l’état du chlorure, mais dans tous les cas, comme dans la pratique, on ne rencontre jamais que des lingots contenant au plus 8 à 10 milligrammes de mercure, cette solubilité plus ou moins grande, n’a que peu d’importance sur le résultat trouvé.
1 On emploie pour le décapage de l’acide sulfurique additionné d’une petite quantité d’acide azotique et chlorhydrique, dans lequel on plonge l’objet chaud; il y prend un mat particulier, constitué par des petites aspérités favorables à l’adhérence du métal.
presqu’au rouge, ce qui détermine la production d’un alliage superficiel.
Les grands ornements d’église, chandeliers, croix, bénitiers, s’argentent encore par ce procédé.
1654. Argentaare à îa pâte. — On triture aussi finement que possible, puis on broie à la molette le mélange suivant, jusqu’à ce qu’il ne présente plus de grain au toucher.
Chlorure d’argent 100 gr.
Bitartrate de potasse 200
Sel marin 300
On conserve cette pâte dans un flacon noir, et lorsqu’on en veut faire usage on la délaye dans de l’eau ordinaire jusqu’à consistance de bouillie et on l’applique au pinceau (au bouchon ou au pouce), sur des objets de cuivre décapés, ou même sur des objets assez légèrement dorés, pour que le cuivre puisse encore agir sur le chlorure d’argent à travers l’or. On obtient alors des teintes variées (mélange d’or et d’argent) très-recherchées. Cette méthode s’applique avantageusement à la réparation des objets argentés par diverses méthodes.
1655. Bouillitoire ou blanchiment d’argent. — On fait une pâte
avec
Chlorure d’argent 40 gr.
Crème de tartre en poudre ‘2 kil. 500
SjI marin .. . 2 kil. 500
On jette plusieurs cuillerées de cette pâte dans une bouilloire en cuivre pleine d’eau bouillante, où se trouve un panier portant les objets que l’on veut blanchir, on les remue avec une spatule de bois ; après quelques minutes d’ébullition les objets sont blanchis. On blanchit ainsi les agrafes, boutons, épingles, boucles de bretelles, œillets de chaussures et de corsets et autres menus objets, avec une quantité insignifiante d’argent1.
On obtient un blanchiment plus solide et plus éclatant en immergeant, pendant quelques secondes, les objets blanchis ou non dans une solution bouillante de
Eau 10 litres.
Azotate d’argent 100 gr.
Cyanure de potassium 600 gr.
1 D’après M. Roseleur, 1 kil. d’œillets métalliques se blanchit à l’argent, au prix de 50 centimes, tous frais et bénéfice compris ( Guide pratique du doreur et de l’argentcur).