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LIV. III, CIIAP. XXV, PROCÉDÉ DE M. PETITJEAN

1635. Argenture galvanique. — Nous renvoyons le lecteur aux Traités de physique pour le détail et la théorie des opérations d’argenture, nous indiquons ici seulement la composition de quelques bains employés à cet usage.

Eau

Cyanure de potassium

Cyanure d’argent provenant de.

.... 250 gr. d’argent.

Eau.

Chlorure d’argent

Cyanure de potassium. . . .

Carbonate de soude

Sel marin

. . . . 15 gr.

1636. Argenture «les glaces. — L’étamage des glaces au moyen de l’amalgame d’étain est aujourd’hui presque exclusivement remplacé par l’argenture. Ce procédé, beaucoup plus rapide et plus économique, a d’ailleurs l’avantage inestimable de supprimer l’une des industries les plus insalubres que l’on connaisse.

Le premier dépôt continu- d’argent à la surface du verre a été obtenu vers 1830 par Liebig, au moyen d’une solution d’argent qu’il réduisait par l’aldéhyde. C’est seulement en 1843 que Drayton essaya, le premier, l’application industrielle de réactions analogues à l’argenture des miroirs. L’aldéhyde, dans ses expériences, était remplacée par des corps de même nature, mais plus abondants, tels que les essences de girofle et de thym. Mais les glaces obtenues par Drayton, d’abord nettes et bri lantes se recouvraient de taches d’un brun rougeâtre, provenant de ce que l’argent en se précipitant à la surface du verre entraîne avec lui un peu d’essence qui se résinifie à la longue au contact de l’air. Beaucoup d’autres procédés ont été proposés et appliqués depuis, mais l’un drs plus pratiques est celui de M. Petitjean, qui est encore exploité en grand, à Paris.

1137. Procédé de M. Petitjean. — « On prépare deux dissolutions argentiques ; pour faire la première, on prend 100 grammes de nitrate d’argent, qui sont traités par 62 grammes d’ammoniaque liquide, de 870° à 880 ' de densité et 500 grammes d’eau distillée, le tout est filtré.

« Cette solution est étendue de 16 fois son volume d’eau distillée, à laquelle on ajoute goutte à goutte en agitant fortement, 7^r,5 d’acide tartrique dissous préalablement dans 30 grammes d’eau distillée. C’est la liqueur n° 1 .

« La seconde liqueur est préparée de la même manière, sauf que la quantité d’acide tartrique doit être doublée.

a Après avoir décapé la glace avec de la potée d’étain blanche, délayée dans de l’eau, que l’on étend sur toute la superficie avec un tampon en peau de chamois, on laisse sécher. Quelques minutes après, on essuie avec une autre peau de chamois ou un linge doux ; la glace ainsi nettoyée est déposée sur un râtelier à claire-voie, et avec un rouleau ou cylindre en caoutchouc, baigné dans Veau distillée , que l’on passe et repasse trois ou quatre fois sur la glace, on enlève tous les atomes de poussière qui pourraient rester attachés au verre, lequel doit être trèspur et très-propre, puis on place la glace sur une toile métallique chauffée de 40° à 50° centigrades, recouverte d’une toile cirée ou vernie. La glace placée horizontalement, on verse sur toute sa surface la liqueur n° 1 (environ 5 millimètres d’épaisseur, et autant que la capillarité peut en retenir sur le verre sans qu’il y ait coulure) ; au bout de 7 à 10 minutes, on voit le dépôt qui commence à se former, et 10 à 15 minutes après, le travail est fait, la couche d’argent est parfaitement formée et déjà l’opacité serait suffisante pour satisfaire les apparences d’une belle glace. On lève d’un côté la glace en lui laissant une pente, on lave avec une peau de chamois et on jette de l’eau ordinaire un peu plus que tiède, mais pas trop chaude, pour enlever la poudre non adhérente au verre.

« Immédiatement on remet la glace dans sa position horizontale, on verse dessus la liqueur n° 2 ; en 12 ou 15 minutes, le dépôt est complet, on lave de la même façon, on fait sécher la couche d’argent que l’on peint d’une peinture composée de minium, d’huile siccative et d’essence ; 4 à 5 heures après, la peinture étant sèche, on pourrait livrer la glace au commerce l. »

11 est bon de donner une seconde couche de peinture pour mieux préserver l’argenture ; il vaut mieux aussi employer de l’acide tartrique dissous depuis longtemps, et moisi, que de l’acide récemment dissous.

1638. Perfectionnement de M. I.cnoir. — Les glaces argentées à l’acide tartrique ont une teinte jaunâtre qui modifie d’une manière fâcheuse la couleur des objets ; l’adhérence de l’argent au verre n’est, pas très-considérable, aussi voit-on souvent dans des glaces qui reçoivent la lumière directe du soleil la couche d’argent se détacher du verre, sur une étendue plus ou moins considérable, par suite des dilatations dues à réchauffement de la lame d’argent. On donne à cette lame une adhérence beaucoup plus considérable et la teinte des an-

1 Répertoire de Chimie appliquée, t. I, p. 521.

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