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LIV. 111. CH AP. XXV, PROCÉDÉ DE M. MARTIN

eiens miroirs, en versant sur elle, aussitôt après l’argenture de la glace, une dissolution étendue de. cyanure de mercure dans le cyanure de potassium. Une portion de l’argent déplace du mercure qui amalgame immédiatement le reste. On recouvre ensuite la glace d’une couche de vernis.

1659. Argenture «les miroirs «le télescopes. — Oll Se propose d’obtenir une surface extrêmement mince et très-brillante d’argent, dont le verre convenablement taillé n’est que le support. L’argenture à l’acide tartrique ne présente pas cette dernière qualité, il faut alors avoir recours au procédé de M. A. Martin1 que nous reproduisons ici textuellement.

« On prépare quatre solutions qui, conservées isolément, ne subissent, aucune altération :

1° Une solution de 40 grammes de nitrate d’argent cristallisé dans un litre d’eau distillée.

2° Une solution de 6 grammes de nitrate d’ammoniaque pur dans 100 grammes d’eau.

5° Une solution de 10 grammes de potasse caustique (bien exemple de carbonate et de chlorure) dans 100 grammes d’eau.

4° On fait dissoudre 25 grammes de sucre dans 250 grammes d’eau ; on ajoute 5 grammes d’acide tartrique ; on porte à l’ébullition, que l’on maintient pendant 10 minutes environ pour produire l’inversion du sucre, et on laisse refroidir. On ajoute alors 50 centimètres cubes d’alcool, pour empêcher la fermentation de se produire plus tard, et on étend avec de l’eau pour former le volume de 1/2 litre, si l’argenture doit être faite en hiver, ou plus si l’opération doit être faite en été.

« Nous prendrons pour exemple d’argenture celle d’un miroir de 10 centimètres de diamètre. On verse à la surface du verre, que l’on a épousseté à l’aide d’un pinceau en blaireau, quelques gouttes d’acide nitrique concentré , et , à l’aide d’un tampon de beau coton cardé, exempt de corps étrangers, on nettoie le verre avec soin, on le rince à l’eau et on l’essuie avec un linge fin bien propre. On fait ensuite sur la même surface un mélange de volumes à peu près égaux de la solution de potasse (n° 5) et d’alcool, et l’on s'en sert pour nettoyer le verre avec une touffe de coton. Ce liquide, de consistance un peu sirupeuse, a la propriété de mouiller le verre sans se retirer sur les bords, comme le ferait un autre liquide. On plonge la face ainsi couverte du miroir

1 Les Mondes , 17 juin 1875.

dans un vase contenant de l’eau de pureté moyenne : on la frotte bien avec un blaireau pour faire dissoudre la couche alcaline, et on renverse la surface nettoyée sur une assiette dans laquelle on a mis de l'eau pure, en ayant soin qu’entre la surface et le fond de l’assiette il y ait au moins 1/2 centimètre d’épaisseur d’eau, ce que l’on obtient en soutenant le miroir avec trois petites cales de bois ou de baleine, et, par un léger balancement, on entraîne le liquide du lavage précédent.

« Dans un premier verre à pied de grandeur convenable on verse :

15 centimètres cubes de la solution de nitrate d’argent n° 1 :

15 centimètres cubes de la solution de nitrate d’ammoniaque n° 2.

Dans un second verre :

15 centimètres cubes de la solution de potasse n° 3 ;

15 centimètres cubes de la liqueur de sucre interverti n° 4, et on verse dans le premier verre.

« Ce mélange est introduit dans une petite assiette, et l’on y porte rapidement le miroir resté sur l’eau ; on maintient ce dernier à 1/2 cenlimèlre du fond, comme on l’avait fait pour l’eau, et l’on agite doucement d’une manière continue. Si les liquides ont été bien préparés, la transparence du premier mélange n’est pas altérée lorsqu’on y verse le mélange de potasse et de sucre. Ce liquide définitif doit, au bout d’une demi-minute environ, se colorer en jaune rosé, jaune brun, puis noir d’encre. À ce moment l’argent commence à se déposer sur les bords de l’assiette avec une couleur de platine ; le verre s’argente ensuite, suivant une couche bien régulière, sans marbrures prononcées : on continue à agiter de temps à autre, et lorsque le liquide, qui est devenu trouble et grisâtre, se couvre de plaques d’argent brillant, l’opération est terminée. On retire le miroir, on le lave avec soin sous un filet d’eau suffisamment abondant, et, après avoir passé rapidement de l’eau distillée à la surface, on le laisse bien sécher sur la tranche en l’appuyant sur des doubles de papier buvard. La surface apparaît alors brillante cl recouverte seulement d’un léger voile, que l’on enlève très-facilement à l’aide d’un tampon de peau de chamois portant un peu de rouge tin d’Angleterre. Mais si la potasse est bien décarbonatée et le nettoyage de ta surface bien fait, l'argenture est parfaitement brillante et polie sous ce voile, et il n'y a pas lieu d'insister sur le frottement au tampon. »

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