CHAPITRE XXVI
OR
Au = 98,5.
1640. Préparation de l’or pur. — On arrive rapidement à préparer l’or dans un état de pureté absolue, en se servant des cornets qui proviennent des essais d’or. Ces cornetsne renferment que des traces de métaux étrangers (argent et cuivre), et ils sont complètement exempts de platine ; on les dissout dans l’eau régale, on évapore à siccité au bain-marie et on reprend par l’eau distillée, qui ne dissout pas le chlorure d’argent. La liqueur filtrée, mélangée à un corps réducteur, laisse déposer de l’or pur, que l’on fond avec un peu de nitre et de borax, après l’avoir bien lavé.
Les réducteurs que l’on peut employer sont nombreux; ceux qui ont été utilisés par divers chimistes pour cette préparation sont le phosphore, l’acide sulfureux, la solution chlorhydrique de protochlorure d’antimoine ou d’acide arsénieux. On recommande aussi l’acide oxalique, mais, dans le cas où l’on emploie ce corps, il convient d’alcaliniser préalablement la liqueur d’or en y ajoutant un excès de bicarbonate de soude.
Le procédé le plus sûr et le plus rapide de purification de l’or des cornets consiste à les fondre dans une petite nacelle de porcelaine placée dans un tube de meme substance que l’on chauffe au rouge vif. Le métal étant fondu, on fait passer dans le tube un courant de chlore qui transforme l’argent et les métaux communs en chlorures volatils à cette haute température. L’affinage dure peu de temps; on chasse ênsuite le chlore par un courant d’air, afin que l’or ne se refroidisse pas au contact de ce métalloïde, et ne forme pas avec lui, à une température peu élevée, du sesquichlorure d'or volatil.
Cette dernière méthode permet de retirer l’or pur des alliages de ce métal exempts de platine, mais ceux que l’on fabrique actuellement en
renferment toujours quelques millièmes, provenant de l’or d’affinage qui sert à les préparer, et le chlore n’agit pas non plus sur le platine à une haute température.
L’or des essais ne contient jamais de platine, parce que ce métal allié à l’argent se dissout intégralement dans l’acide azotique, quand l’alliage contient en outre une proportion d’or égale au moins à 10 fois celle du platine (Yauquelin). Il faudrait donc, si l’on n’avait à sa disposition que dé l’or d’affinage, l’allier avec trois fois son poids d’argent, et traiter l’alliage réduit en feuilles minces par l’acide azotique, comme s’il s’agissait de faire un essai d’or.
Si l’on se contente de dissoudre l’or d’affinage dans l’eau régale et de traiter le chlorure d’or par les réducteurs indiqués plus haut, l’or entraînera toujours des traces de platine.
1641. Propriétés. — On connaît la belle couleur jaune de l’or et l’éclat remarquable qu’il prend par le polissage. C’est le plus ductile et le plus malléable de tous les métaux ; on le réduit en lames de de millimètre, qui laissent passer une lumière verte complémentaire de la lumière réfléchie par le métal. C’est le plus lourd des métaux usuels après le platine; sa densité est égale à 19,5. Il est un peu moins fusible, que le cuivre et l’argent; il fond à 1200° environ, et donne un liquide vert bleuâtre qui n’émet pas de vapeurs sensibles à cette température. Cependant, on le volatilise facilement dans la flamme du chalumeau à hydrogène et à oxygène en une belle vapeur violette. Par refroidissement lent, l’or cristallise en octaèdres réguliers.
C’est avec le platine le plus inaltérable! des métaux usuels ; il ne se ternit à l’air dans aucune circonstance. Le chlore et le brome sont les seuls métalloïdes capables de l’attaquer à froid. Chauffé dans le chlore à 200°, il donne un sesquichlorure d’or volatil. Il se combine avec l’arsenic et le phosphore à chaud; l’action des autres métalloïdes est nulle. Il s’allie avec presque tous les métaux, et notamment avec le mercure qui le dissout très-facilement. Le plomb, le zinc, l’étain, l’antimoine el le bismuth le rendent extrêmement cassant.
Aucun acide ne l’attaque, l’acide sélénique excepté; Veau régale seule le dissout ; les alcalis et les azotates alcalins ne l’altèrent point ; mais il se dissout dans les polysulfures alcalins, par suite de la tendance du sulfure acide d’or à se combiner avec les sulfures alcalins.
oxydes d’or.
1642. L’or forme deux oxydes : le sous-oxyde, Au20, que l’on obtient