LIV. III, CHAP. XXYI, OXYDES D’OR
en décomposant le sons-chlorure d’or, Au2Cl, parla potasse ; c’est une poudre d’un violet foncé, peu stable, que l’acide chlorhydrique décompose en donnant du sesquichlorure d’or et de l’or métallique.
Le sesquioxyde d’or, ou acide aurique, Au205, est une poudre brune, décomposable, à 240°, en or et oxygène, qui se combine facilement aux bases et produit des combinaisons salines bien définies (aurates).
1645. Préparation de l’acide aurique. — On verse dans une solution de chlorure d’or assez de potasse pour redissoudre complètement le précipité, et l’on porte le liquide à l’ébullition pendant un quart d’heure environ. La solution, qui d’abord était brun foncée, se décolore peu à peu et prend une teinte d’un jaune clair due à la production d’aurate de potasse soluble.
On verse alors dans la liqueur un léger excès d’acide sulfurique qui précipite l’acide aurique, et on lave jusqu’à ce que les eaux de lavage ne précipitent plus par les sels de baryte. Ainsi obtenu , l’acide aurique retient des traces de potasse, qu’on lui enlève au moyen de l’acide azotique concentré, qui le dissout facilement. En étendant la liqueur d’une quantité d’eau suffisante, on précipite l’acide aurique absolument dépouillé de potasse ; il ne reste plus qu’à le laver pour enlever l’acide azotique.
L’acide aurique se dissout facilement dans la potasse et dans la soude, dans l’acide chlorhydrique et bromhydrique, qui le transforment en chlorure et en bromure. Il est insoluble dans les oxacides étendus; seul, l’acide azotique concentré le dissout.
L’acide fluorhydrique n’agit pas sur l’acide aurique et se comporte donc, dans cette circonstance, comme un oxacide (Frémy).
Aurate de potasse, K0,Au203+6H0.
1644. M. Frémy a obtenu F aurate de potasse cristallisé en évaporant d'abord à feu nu, et ensuite dans le vide, une dissolution d’acide aurique dans un petit excès de potasse bien pure. L’aurate dépotasse crisfallise en petites aiguilles d’un jaune pâle ; on dessèche ces cristaux dans le vide, sur de la porcelaine dégourdie. Dans la concentration de i’aurate de potasse, il se précipite toujours un peu d’or métallique réduit parles matières organiques contenues dans la potasse.
La dissolution d’aurate de potasse donne des précipités avec la plupart des sels métalliques, mais ces composés ont été peu étudiés.
1645. Aurosuifite de potasse. — Le sulfite de potasse, qui réduit
si facilement le perchlorure d’or, agit d’une manière toute spéciale sur l’aurate de potasse. Lorsqu’on verse goutte à goutte du sulfite de potasse dans une dissolution alcaline d’aurate de potasse, la liqueur se colore d’abord en brun, et laisse déposer presque aussitôt un sel qui cristallise en belles aiguilles jaunes; c’est l’aurosulfite de potasse de M. Frémy.
Ce sel est presque insoluble dans une liqueur alcaline; il se dissout dans l’eau pure en se décomposant, surtout à chaud; il donne alors un dépôt d’or métallique. Les acides le décomposent en dégageant de l’acide sulfureux et en donnant un dépôt d’or métallique. 11 se décompose spontanément à la longue, immédiatement sous l’influence de la chaleur en donnant de l’or et du sulfate dépotasse.
On peut représenter sa composition par la formule
(K0,Au20s)-f-4(K0,II0,S204).
Chlorures d’or.
1646- Sous-chlorure Au’Cl. — Les chlorures d’or correspondent aux oxydes ; le sous-chlorure s’obtient en chauffant vers 200° le sesquic dorure, c/est un corps d’un blanc jaunâtre insoluble dans l’eau froide, cl décomposable par l’eau bouillante en or métallique et sesquichiorure.
1647. Sesquichiorure Au*Cl5. — C’est le principal composé de l’or. Lu dissolvant l’or dans l’eau régale, on obtient une combinaison de chlorure d’or avec l’acide chlorhydrique ou le chlorure d’azotyle Az02Cl, suivant que l’eau régale contient un excès d’acide chlorhydrique ou azotique. Ces deux composés sont cristallisés.
Pour obtenir le chlorure pur, on dissout ordinairement le métal dans une eau régale contenant un excès d’acide chlorhydrique ; on évapore au bain-marie. 11 se dépose dans la liqueur acide de longs cristaux jaunes Au*Cl3,HCl, qui se décomposent quand on chauffe davantage. On élève peu à peu la température jusqu’au moment où il commence à se dégager un peu de chlore; la dissolution se prend alors en une masse rouge foncé, cristalline et déliquescente de sesquichiorure Au2Cl5, dont la dissolution est orangée. On obtient aussi ce composé anhydre en faisant agir le chlore sur de l’or chauffé vers 200° ; il se volatilise dans le courant de chlore, en longues aiguilles, brun rougeâtre, déliquescentes.
L’hydrogène, l’oxyde de carbone, le phosphore, le bioxyde d’azote, L'S acides sulfureux, phosphoreux, les sels de sous-oxyde de mercure,