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ALLIAGES D’OR

1659. On allie l’or au cuivre, afin de lui donner un peu de dureté; ces alliages sont d’ailleurs très-peu altérables. Leur fabrication est soumise au même contrôle que ceux d’argent, et leur titre est réglé par une loi. On connaît plusieurs titres pour l’or :

Titre. Tolérance.

Monnaies

Médailles.

Bijoux et orfèvrerie d’or. .

îooo

îooii

Les bijoux sont toujours au titre de 750, leur couleur varie avec la proportion d’argent et de cuivre qu’ils contiennent. Allié avec du cuivre seulement, l’or est rouge, il est vert s’il ne contient que de l’argent. On obtient les couleurs intermédiaires en alliant les trois métaux en proportions convenables.

ESSAI DES MATIÈRES d’0R.

1660. L’essai des matières d’or se fait par une méthode très-exacte, qui est pratiquée depuis des siècles. L’or se coupelle comme l’argent, Tmais il est impossible d’employer cette méthode pour les.alliages ordinaires, parce qu’elle est nécessairement en défaut quand l’alliage contient de l’argent, et que, dans tous les cas, elle est peu précise, un peu d’or pouvant passer dans la cpupelle et un peu de cuivre et de plomb restant dans le bouton d’or. On évite ces inconvénients en procédant de la manière suivante: 'on ajoute à la matière à essayer une certaine quantité d’argent et de plomb, et l’on coupelle ; on obtient ainsi un bouton, alliage d’or et d’argent, qui contient tout l’or. En le traitant par l’acide azotique de concentration convenable, on dissout tout l’argent, si la proportion de ce métal est convenable, et l’or reste avec la forme primitive de l’alliage, sans donner trace de poussière. L’expérience a démontré que l’alliage le plus convenable pour ces essais contenait 1 partie d’or pour 5 d’argent.

Gela posé, voici comment on procède à l’essai d’une pièce de monnaie : on fond 500 milligrammes de l’alliage *, supposé contenir

1 On se sert d’une boîte de poids, dont le poids principal égal à 0*,500, est divisé en 1000 parties comme un gramme ordinaire, 100 de ces parties valent donc 50 millièmes. Cette division a l’avantage de donner immédiatement le litre en millièmes.

600 C11IMIE INORGANIQUE.

450 milligrammes d’or pur, on y ajoute lgr,350 d’argent; les deux métaux, enveloppés de papier, sont introduits dans une coupelle contenant 5 grammes de plomb fondu. La coupellation se fait comme à l’ordinaire, seulement on n’a pas à craindre le rochage. Le bouton est aplati sur un mortier, puis passé sous un laminoir réglé de manière à donner une lame d’épaisseur convenable. On recuit cette lame et l’on en fait un cornet que l’on introduit dans un matras d’essayeur, contenant 50 grammes d’acide azotique à 22° de Baumé. On fait bouillir pendant quelques minutes, puis on décante et l’on ajoute de nouvel acide à 52°. Après avoir fait bouillir dix minutes environ, on décante de nouveau, on remet une troisième fois de l’acide à 32°, on fait bouillir 10 minutes, et on lave à l’eau distillée. On emplit ensuite le matras d’eau et on le renverse de manière à faire tomber le cornet d’or dans un petit creuset; après avoir séparé la majeure partie de l’eau, on chauffe le creuset dans le moufle. Cette dernière opération a pour but de donner de la cohérence au cornet ; sous l’influence de la chaleur, on rapproche ses molécules, ses dimensions diminuent et il devient assez solide pour qu’on puisse le manier sans le briser. Il ne reste plus qu’à le peser.

La quantité de plomb à employer dépend du titre de l’alliage, ou, plus exactement, de la quantité de cuivre qu’il contient; voici le dosage adopté au laboratoire de l’administration des monnaies:

Plomb nécessaire pour enlever le cuivre d’une partie de l’alliage par

Titre de l’or allié au cuivre. la coupellation.

1000 millièmes 1

400 millièmes et au-dessous 34

Ainsi, pour l’alliage des monnaies, on prendra 5 grammes de plomb et Cgr,5 d’alliage; pour celui des bijoux, 10 grammes de plomb environ pour la même quantité d’alliage.

1661. Remarques. L’or obtenu dans cette opération n’est pas absolument pur, il contient des traces d’argent. Dans la coupellation, un peu d’or pénètre dans la coupelle, et si la coupellation a exigé peu de plomb, la quantité d’argent alliée à l’or dépasse la perte due à la pénétration de l’or dans la coupelle, il y a donc une légère surcharge. Au contraire, pour les alliages à bas titre, que l’on coupelle avec une grande quantité de plomb, la perle d’or l’emporte sur le gain dû à l’argent. Dans

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