LIY. III, GHAP. XXVI, ESSAIS DE DORÉ
les cas les plus défavorables, cette différence en plus ou en moins ne dépasse jamais 1 demi-millième.
Les essais d’or fin donnent un bouton de retour aigre et qui se brise souvent sous le marteau et le laminoir; on évite cet inconvénient en ajoutant à la prise d’essai 25 millièmes de cuivre et en coupellant avec 1 gramme de plomb. On doit recuire avec le plus grand soin le bouton, après l’avoir applati sur le tas d’acier, et après chaque passe du laminoir; on l’enroule alors en cornet, que l’on recuit de nouveau. Si l’on ne prend pas ces précautions, l’essai de l’or absolument pur donne un cornet d’essai qui pèse 1001 et meme 1002, au lieu de peser exactement 1000.
1662. Essais d’or tenant argent. — Les lingots d’or1 contiennent souvent de l’argent. L’essayeur a alors à déterminer le titre du lingot en or et en argent. On y arrive en faisant deux essais simultanés ; dans l’un, on coupelle l’alliage avec une quantité convenable de plomb pauvre ; le poids du bouton donne la quantité de fin , c’est-à-dire la teneur du lingot en or et en argent; dans un second essai, on coupelle l’alliage (0,500) avec un poids d’argent convenable pour obtenir un bouton inquarté qu’on traite par l’acide azotique, comme il a été dit plus haut ; ce second essai donnant l’or, on a le titre de l’argent par différence.
1665. Essais de «lové. — On désigne ainsi des alliages qui ne contiennent qu’une faible proportion d’or et une plus grande quantité d’argent qu’il n’est nécessaire pour l’inquartation. On en coupelle 1 gramme pour déterminer l’argent et l’or, et de 2 à 5 grammes pour obtenir un bouton qu’on lamine et que l’on traite par l’acide azotique, en prenant les précautions indiquées plus haut. On obtient l’or sous forme de poussière dense, facile à laver par décantation ; on la fait tomber dans les petits creusets servant à chauffer les cornets d’or, en y renversant le matras rempli d’eau. Cet or, séché et porté au rouge, s’agglomère en une masse unique qui peut être facilement pesée.
1664. Remarques. — L’ébullition de l’acide azotique, dans le cas des dorés, est accompagnée de soubresauts parfois très-violents dans les-
1 La difficulté de détermination du titre des lingots d’or, d’argent ou des deux métaux, consiste surtout dans leur manque d’homogénéité. Par suite de phénomènes de liquation, il arrive parfois que le litre d’un essai, prélevé à la partie supérieure d’un lingot, diffère de l’essai prélevé à la partie inférieure de 50 millièmes, or et argent. Dans les lingots les mieux fondus, on constate souvent des différences de plusieur millièmes, on prend alors des moyennes toujours un peu incertaines. Dans ces conditions, la détermination absolue du titre n’a pas d’intérêt pratique.
quels le rnatras ou la matière qui est contenue est projetée à distance. On diminue la violence de ces soubresauts en mettant peu d’acide dans les rnatras, et en le chauffant sur le côté avec un bec de gaz annulaire.
La coupellation des dorés donne un bouton d’argent qui peut éprouver le phénomène du rocliage, s’il n’est pas refroidi avec soin.
Ordinairement, on détermine le titre en argent des dorés par la voie humide ; cette opération ne devient impossible que si le titre de l’or atteint ou dépasse 250 millièmes. Enfin comme on connaît rarement le titre des lingots à essayer, on fait un essai préliminaire sur 100 milligrammes de matière avec 1 gramme de plomb, en ajoutant au besoin 2 à 5 décigrammes d’argent.
1665. Essai à la pierre «le touche. — L’essai des bijoux et des objets qu’on ne veut pas détériorer se fait à la pierre de touche, avec une approximation de 8 à 9 millièmes environ, quand on a une grande habitude de ce genre d’essai.
La pierre de touche est une pierre siliceuse, noire, très-dure, inattaquable par les acides, qui doit être assez rugueuse pour qu’en y frottant un alliage d'or à sa surface, celle-ci y laisse une trace ; mais il faut encore que cette trace soit bien fournie, et qu’après le passage des acides le frottement d’un linge ne l’enlève pas.
Pour essayer un bijou à la pierre de touche, on le frotte sur la pierre en un de ses points, de manière à y laisser une trace de 1 centimètre de longueur et de 2 à 5 millimètres de largeur. A côté de celle-ci, on en fait une semblable avec un touchau de même couleur, et l’on mouille les deux traces avec une baguette trempée dans une eau régale faible. Si le bijou est sensiblement inférieur à 750 millièmes, l’éclat de sa trace s’affaiblit plus rapidement que celui du touchau. En essuyant ensuite les deux traces, on constate encore mieux leur différence d’éclat. L’eau du touchau est formée de 98 parties d’acide azotique à 57° de Beaumé et 2 parties d’acide chlorhydrique du commerce ; on ajoute d’ailleurs chaque fois une goutte ou deux d’acide chlorhydrique, pour donner à l’acide une force suffisante, que l’on apprécie en l’essayant sur deux traces d’alliages de même couleur, l’un à 750, et l’autre à 750 millièmes.
Le touchau est une lame de 2 millimètres d’épaisseur sur 4 à 5 de largeur, qui est soudée à l’extrémité d’une lame de laiton. Le toucheur doit avoir une gamme de touchaux allant par gradations peu sensibles de l’or vert (750 d’or et 250 d’argent) à l’or rouge, qui ne