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DORURE

1066. La couleur de l’or et son inaltérabilité le font souvent employer pour recouvrir d’autres métaux, et notamment le cuivre, le bronze, le laiton et même l’argent; on se sert aujourd’hui de deux procédés bien distincts pour arriver à ce résultat.

1° Dorure au mercure. — On recouvre la surface bien décapée du métal que l’on veut dorer d’un amalgame d’or1, et l’on chauffe ensuite vers le rouge, de manière à volatiliser le mercure ; l’or reste, s’allie superficiellement au métal, et forme une couche extrêmement solide d’or mat, que l’on polit ensuite, s’il est nécessaire. La volatilisation doit s’effectuer sous des cheminées douées d’un fort tirage, afin de préserver les ouvriers de l’action si dangereuse des vapeurs mercurielles. Ce procédé ne peut s’appliquer qu’aux métaux peu fusibles, et capables de s’amalgamer ; l’argent, le cuivre, le laiton, le bronze; on peut même dorer le fer, mais à la condition de le recouvrir préalablement. d’une couche de cuivre.

2° Dorure galvanique. — Cette dorure s’applique à beaucoup de mélaux, et elle permet de recouvrir les objets d’une couche d’or aussi épaisse qu’on le veut. C’est là son principal avantage. On introduit les objets que l’on veut dorer dans une dissolution alcaline et chaude, obtenue en dissolvant du cyanure d’or dans du cyanure de potassium (ou dans du cyanure jaune [1112], et on les met en communication avec le pôle négatif d’une pile; on termine l’électrode positive par une lame d’or, qui se dissout dans le bain à mesure que le métal se dépose sur les objets ; on peut donc avoir, à un moment donné, la quantité d’or déposée par la perte de poids éprouvée par l’électrode positive (électrode soluble). Nous nous bornons à ces indications, renvoyant le lecteur aux ouvrages de physique, où la question du dépôt des métaux par la pile est traitée dans tous ses détails.

5° Dorure au trempé. — Pour les objets de peu de valeur et qui ne

1 L’amalgame d’or se prépare en chauffant de l'or en lames minces dans un creuset jusqu’au rouge sombre; on projette alors 8 parties de mercure pour 1 partie d’or en brassant avec une tige de fer jusqu’à dissolution complète de l’or. On passe ensuite le mercure à travers une peau de chamois, il reste alors un amalgame blanc, mais qui contient 2 parties d’or, pour une de mercure.

supportent pas de frottements (bijoux faux), on se contente de les immerger après les avoir bien décapés, d’abord dans une dissolution d’azotate de mercure, où ils se blanchissent, puis dans un bain d’or contenant 100 grammes d’or dissous dans l’eau régale pour 7k,500 grammes de bicarbonate de potasse et 20 litres d’eau. Après une immersion d’une demiminute, les objets ont pris tout l’or qu’ils peuvent prendre. Leur surface s’est recouverte d’une mince couche d’or qui les protège contre toute action ultérieure. On les lave à grande eau et on les sèche avec de la sciure de bois chaude.

L’opération se fait dans une grande marmite de fonte préalablement dorée. On remplace avanlageusement le bicarbonate de potasse par le pyrophosphate de soude (Roseleur et banaux). On peut également employer d’autres corps doués d’une réaction alcaline, comme les cyanures borates ou phosphates alcalins. C’est en 1 836 qu’Elkington substitua avec succès les dissolutions alcalines aux dissolutions acides d’or employées jusqu’alors, pour obtenir une dorure souvent imparfaite.

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