‹ Eléments de chimieChapitre 336 sur 462 · LIY. III, CHAP. XXVI, AFFINAGE DES MÉTAUX PRÉCIEUX · texte numérisé non relu

LIY. III, CHAP. XXVI, AFFINAGE DES MÉTAUX PRÉCIEUX

le grillant pour oxyder le cuivre, et le traitant par l’a ide sulfurique étendu qui ne dissout que de l’oxyde de cuivre.

On attaque l’alliage grenaille (ou même en lingots de 50 à 55 kilogrammes) par 2 parties i / 2 d’acide sulfurique à 66° dans des vases de fonte; il se dégage de l’acide sulfureux. On fait bouillir jusqu’à dissolution complète de l’argent et du cuivre. On décante dans des chaudrons de plomb et, par l’addition d’eau, on amène la dissolution à20°Beaumé.

Cette dissolution, maintenue à 100° au moyen d’un jet de vapeur d’eau que l’on amène par un tube de plomb dans la chaudière est mise en contact avec des lames de cuivre, jusqu’au moment où la liqueur ne précipite plus le sel marin. On détache l’argent des lames de cuivre, on le lave et on le comprime avec une presse hydraulique. On peut alors fondre le métal après l’avoir bien séché et le couler en lingots.

L’or déposé est bouilli à deux reprises avec de l’acide sulfurique concentré pour lui enlever les dernières traces de métaux étrangers, on le fond ensuite avec un peu de salpêtre.

Quant à la dissolution acide de sulfate de cuivre, elle est évaporée dans des chaudières de plomb jusqu’à ce qu’elle marque 40° B; par refroidissement, elle laisse alors déposer des cristaux confus de sulfate de cuivre en partie anhydre qu’on redissout dans l’eau et qu’on fait cristalliser de nouveau pour obtenir le sel du commerce. Les eaux mères subissent une nouvelle concentration.

L’argent d’affinage ne contient pas plus de 5 à 4 millièmes de cuivre, il ne renferme pas de platine, ce métal étant aussi insoluble que l’or dans l’acide sulfurique. L’or d’affinage est souvent à 998 ou 999 millièmes; mais si l’on affine des alliages contenant du platine, comme il arrive actuellement pour les déchets de la bijouterie qui emploie d’assez grandes quantités de ce métal, le’platine se trouve nécessairement dans l’or. Depuis quelques années, les lingots d’or du commerce parisien contiennent pour cette raison au moins 4 à 5 millièmes de platine.

Si l’on voulait de l’or, bien exempt de ce métal, il faudrait revenir à l’ancien procédé, beaucoup plus coûteux, d’affinage des métaux précieux, qui consistait à traiter les alliages suffisamment riches en argent par de l’acide azotique qui dissolvait le platine et laissait l’or métallique.

L’affinage de 1 kilogramme d’argent par l’acide sulfurique coûte au plus 1 franc.

1668. Affinage par le eiiiore. — Des lingots d’or fin d’Australie, contenant des traces de plomb et d’arsenic, ayant été employés, il y a quelques années, à la fabrication des monnaies, à Londres et à Paris,

ont présenté une particularité remarquable. Leur alliage se travaillait sans difficulté, mais devenait extrêmement cassant quand il avait subi l’énorme compression du balancier qui donne, à la pièce de monnaie, son empreinte ; il était donc absolument impropre à la fabrication des monnaies, sans que rien dans les opérations préliminaires eut pu faire prévoir cette fâcheuse propriété. On aurait bien pu, par un nouvel affinage, éliminer les matières nuisibles, mais il est beaucoup plus économique de faire passer un courant de chlore dans le métal fondu, au moyen d’un tube de porcelaine qui plonge de 1 à 2 cent, dans le liquide. L’argent, le plomb, donnent des chlorures peu volatils, qui viennent à la surface du bain d’or, recouvert préalablement d’une couche de borax ; l’arsenic, l’étain, l’antimoine (s’il y en a) se transforment en chlorures volatils. On affine ainsi en quelques minutes 100 ou 200 kilog. d’or à haut titre, avec une très-petite quantité de chlore.

Page 1