PLATINE
Pt = 99,50.
1609. État ssaïareï. — Ou le trouve en grains ou en pépites disséminées dans les terrains de transport anciens qui contiennent l’or et le diamant (Serpentines et Diorites). 11 fut découvert en 1755 dans les sables aurifères de la Colombie, on le rencontra ensuite au Brésil avec l’or et le diamant, à Saint-Domingue, à Bornéo, dans la Birmanie, toujours associé à l’or. En 1825, on en découvrit sur les pentes orientales des monts 0*urals, puis sur le versant occidental, à Nisclmé-Tagilsk. Ce gisement a donné les plus grosses pépites de platine connues; l’une d’elles., trouvée en 1831, pèse plus de neuf kilog. et demi. L’Australie, la Californie et tous les gisements aurifères récemment découverts en fournissent de petites quantités.
Le platine natif n’est généralement pas pur 1 ; il est associé à diverses substances isomorphes, et forme plusieurs variétés, dont les principales sont :
1° Le platine ferrifère des monts Ourals, dont la densité est 17, et qui contient parfois de 12 à 15 0/0 de fer. 11 devient alors fortement magnétique ;
2° Le platine polyxène, véritable alliage contenant du palladium, de l’iridium, du rhodium, du ruthénium et même de l’osmium avec du fer et du cuivre. (Oural et Colombie).
Ces minerais de platine contiennent en outre diverses variétés d’osmiure d’iridium en petites tables hexagonales ou en grains arrondis d’une grande dureté. Ces diverses matières étant très pesantes, on les sépare assez facilement des sables qu’elles contiennent; néanmoins
1 Wollaston a découvert dans le minerai du Brésil du platine allié seulement à une trace d’or.
elles restent toujours mélangées avec une certaine quantité de quartz, de zircon, de fer chromé, et même de fer titané dans les minerais russes.
1670. Extraction du platine, — On a commencé à le travailler seulement à la fin du siècle dernier. L’un des premiers procédés employés pour traiter le platine, est dû à l’orfévre Jannetty.
1° Procédé de Jannetiy. — 11 chauffait trois parties de minerai de platine du Brésil, bien trié, avec six parties d’acide arsénieux et deux parties de potasse raffinée (carbonate de potasse). Le fer et le cuivre s’oxydaient aux dépens de l’acide arsénieux et passaient dans la scorie, l’arsenic provenant de cette réduction et de la réaction de la potasse sur l’acide arsénieux (qui fournit de l’acide arsenique et de l’arsenic) se combinait au platine et donnait un arséniure fusible , contenant tous les autres métaux précieux, qui se réunissait en un culot au fond du creuset. On refondait une seconde fois ce culot avec de l’acide arsénieux et de la potasse pour le dépouiller complètement du fer (ce dont on s’assurait avec un barreau aimanté) ; on le moulait alors en un gâteau mince, et par un grillage bien conduit on éliminait l’arsenic et l’osmium; le platine pouvait alors se forger et être amené à l’état compacte.
2° Procédé de Wollaston. — On attaque le minerai de platine par l’eau régale qui le dissout; l’osmiure d’iridium et les matières minérales mélangées, quartz, zircon, etc., restent comme résidu. On foit digérer à chaud la mine de platine avec un mélange d’acide chlorhydrique en excès et d’acide azotique (six parties d’acide chlorhydrique pour une d’acide azotique) ; on ajoute même un peu d’eau à cette eau régale. Quand elle est saturée de platine, on la remplace par une nouvelle, jusqu’au moment où elle cesse de se colorer en jaune.
La dissolution de platine est ordinairement d’un rouge foncé; on la décante et on l’évapore presque jusqu’à siccité pour chasser l’excès d’acide, et les vapeurs d’acide osmique. Si le chlorure repris par l’eau exhale une odeur de chlore, c’est que la liqueur contient du chlorure palladique (LdCl2) qu’il huit décomposer en faisant bouillir la liqueur. 11 se dégage alors du chlore cl le chlorure palladeux reste avec les autres chlorures. On précipite alors par le chlorhydrate d’ammoniaque qui donne un précipité plus ou moins rougeâtre, suivant que la liqueur renferme plus ou moins d’iridium. Le chlorure palladeux et le chlorure de rhodium restent en dissolution avec une notable proportion de fer et un peu de cuivre.
La précipitation du platine et de l’iridium n’est complète qu’à