LIV. III, CJIAP. XXVII, PROPRIÉTÉS PHYSIQUES. CM
alcaline, on filtre la liqueur dans l’obscurité, et si on l’expose ensuite aux rayons dn soleil, il se précipite peu à peu de l’oxyde de platine. Mais il est plus simple de saturer la liqueur filtrée par l’acide chlorhydrique et de précipiter par le chlorhydrate d’ammoniaque. M. Stas qui s’est servi de cette méthode pour purifier le platine a constaté que le chlorure double de platine et d’ammoniaque obtenu comme il vient d’être dit, fondu avec du carbonate de potasse et repris ensuite par l’eau, l’acide chlorhydrique et l’eau régale étendus, laissait seulement un résidu extrêmement faible de platine iridié. Le platine dissous, précipité une seconde fois et soumis au même traitement, ne contenait plus d’iridium.
1675. 5° Méthode de MM. H. Sainte-Claire Deville et Debray. — On fond au rouge le platine du commerce en lames minces, avec six à dix fois son poids de plomb pur dans un creuset de charbon de cornue; et l’on attaque le culot par l’acide azotique pur et étendu. La majeure partie du plomb se dissout, avec le cuivre et le palladium de l’alliage ainsi qu’une très-petite quantité de rhodium, de platine et de fer; il reste comme résidu un alliage cristallisé de plomb, de platine et de rhodium, soluble dans l’eau régale faible, et de l’iridium en poudre cristalline, absolument inattaquable par l’eau régale, même concentrée. Cet iridium retient tout le ruthénium et la majeure partie du fer de l’alliage.
La dissolution de platine est absolument exempte d’iridium, mais elle contient un peu de rhodium et du plomb ; on en précipite celui-ci par une quantité convenable d’acide sulfurique ; et l’on traite ensuite i par le chlorhydrate d’ammoniaque qui précipite le platine. L’eau mère retient le rhodium, mais cependant, si elle était fortement colorée en rouge, le précipité jaune entraînerait un peu de rhodium, difficile à enlever complètement par des lavages au chlorhydrate d’ammoniaque. 11 faut alors calciner le sel jaune et reprendre le métal par l’eau régale étendue qui laisserait un petit dépôt contenant tout le rhodium; la dissolution précipitée par le chlorhydrate concentré donne alors un liquide parfaitement incolore.
1674. Propriétés piaysicjaies. — Le platine du commerce est un métal ductile et malléable d’un gris blanc intermédiaire entre la couleur de l’argent et celle de l’étain; le métal qui se rapproche beaucoup plus de l’argent par sa couleur et est presque aussi mou que lui. Il est très-tenace et peut être étiré en fils très-fins. Wollaston, en étirant des fils de platine placés dans l’axe d’un gros cylindre d’argent, obtint, en dissolvant l’argent dans l’acide azotique, des fils de platine de moins
de i/ 1200 de millimètre de diamètre, invisibles à l’œil nu et capables cependant de supporter un poids de plusieurs centigrammes.
La ténacité du platine est la même que celle du fer, elle lui est supérieure quand il contient une proportion notable d’iridium.
Le platine est, après l’iridium, le plus lourd des métaux connus. La densité du métal fondu varie entre 21.48 et 21.50. Il peut être considéré comme infusible dans les fourneaux ordinaires; mais on le fond facilement à l’aide du chalumeau à oxygène dans des creusets de chaux ; il est même sensiblement volatil à cette haute température.
1675. Fusion «lu platine. Cette opération peut s’effectuer facilement
aujourd’hui , même sur de grandes quantités, dans l’appareil suivant, imaginé par MM. H. Sainte-Claire Deville et Debray.
Il se compose d’un chalumeau à gaz, destiné à produire la chaleur, et du creuset où le métal à fondre est contenu.
Le chalumeau est composé d’un cylindre EEE'E' (fig. 155), de ^millimètres de diamètre, en cuivre, terminé à sa partie inférieure par un ajutage en platine légèrement conique. Un tube de cuivre CC, de 3 à 4 millimètres de diamètre intérieur et terminé par un bout de platine qui s’y ajuste à vis, pénètre dans le premier cylindre par sa partie supérieure et y est maintenu par une vis de pression P, qui permet, lorsqu’elle est desserrée, de donner au bout de platine la hauteur que l’on veut, par rapport à l’extrémité inférieure du cylindre EEE'E'.
Ce cylindre porte latéralement une tubulure assez large, à laquelle est adapté un robinet II de grande section. Un robinet O termine également l’extrémité coudée du tube C. C’est par le robinet H que l’on fait arriver,* au moyen d’un tube de caoutchouc, le gaz de l’éclairage servant de combustible ; c’est par le robinet O qu’est introduit l’oxygène destiné à le brûler. L’extrémité inférieure du tube qui amène l’oxygène est percée d’un trou dont le diamètre varie de 2 à 5 millimètres, suivant les dimensions du four que l’on veut employer.
Fig. 167.