L1Y. III, CHAP. XXVII, SEL VERT DE MAGNUS
Le bromure et Yiodure sont anhydres; ils cristallisent en cubes. On les obtient en précipitant le sulfate par le bromure et l’iodure de barium.
Le sulfate et Y azotate sont neutres au papier de tournesol, ils cristallisent facilement ; on les obtient en traitant le chlorure par le sulfate et l’azotate d’argent.
On connaît aussi des carbonates analogues aux carbonates alcalins, carbonate neutre, sesqui et bicarbonate, et un bichromate (PtO,2AzlI3), 2Cr03 cristallisé en cubes, que l’on obtient directement en faisant agir l’acide sur la dissolution de l’oxyde.
1699. 2e Base de Reiset. — Protoxyde de platine ammoniacal (PtO,AzIl5). — C’est une matière grisâtre complètement insoluble dans l’eau et l'ammoniaque. Chauffée à 200° à l’abri de l’air, elle se décompose en platine, eau et ammoniaque. Au contact de l’air, elle brûle avec vivacité, à cette température, en laissant un résidu de platine. On l’obtient, comme il a été dit, en chauffant à 100° la première base de Reiset.
1700. Chlorure PtCl,ÂzII3. — Nous avons vu que la calcination ménagée du protochlorure de platine biammoniacal donnait naissance à ce chlorure, mais à raison de son insolubilité, on peut l'obtenir aussi en versant de l’acide chlorhydrique ou un chlorure dans la dissolution du sulfate ou de l’azotate de protoxyde de platine ammoniacal. On obtient ainsi une poudre cristalline ou des lamelles rhomboèdriques d’un beau jaune dont la solubilité à 0° est inférieure à 1/4000, mais qui se dissolvent dans 150 parties d’eau bouillante, il est donc facile à purifier.
1701. Sel vert tic Magnais. — C’est le premier composé ammoniacoplatinique qui ait été découvert. Il est isomère du chlorure jaune de Reiset. Magnus l’obtenait en versant peu à peu de l’ammoniaque caustique dans une dissolution acide de protochlorure de platine, ou en neutralisant par l’ammoniaque une dissolution bouillante de bichlorure de platine dans laquelle on a préalablement fait passer un courant d’acide sulfureux jusqu’au moment où elle cesse de précipiter par le chlorhydrate d’ammoniaque. Le sel vert se déposait en aiguilles vertes, insolubles dans l’eau, l’alcool, l’éther et l’acide chlorhydrique. Les acides et les bases concentrés ne l’altèrent, en lui prenant ou en chassant l’ammoniaque, que par une longue ébullition.
ü se dissout à la longue dans les solutions de sulfate et d’azotate d’ammoniaque et se transforme en chlorure jaune de Reiset.
Le sel vert de Magnus est, en réalité, un composé analogue aux sels
de Buckton, résultant de l’union de deux chlorures, prolochlorure de platine et protochlorure biammoniacal.
PtCl,2ÀzH3 -f PtCl = 2(PtCl,AzH3) .
Peyrone l’a obtenu, en effet, en versant une dissolution de protochlorure de platine dans une solution du chlorure de platine biammoniacal l.
1702. lodure PtI,AzH3. — C’est une poudre jaune que l’on obtient en faisant bouillir la dissolution d’iodure biammoniacal. Si on fait chauffer cette poudre jaune avec du sulfate ou de l’azotate d’argent, on obtient le sulfate et l’azotate correspondant. Ces sels sont cristallisables, leur réaction est fortement acide.
Bioxyde de platine ammoniacal PiO-,AzH3
(PLATINAMINE DE GERHARD!).
1703. Lorsqu’on fait passer un courant de chlore dans de l’eau bouillante tenant en suspension le protochlorure de platine ammoniacal (modification jaune), il se forme du chlorure de platinamine PtCl2,AzII3 très-peu soluble. Ce sel, bouilli pendant plusieurs heures avec une dissolution étendue d’azotate d’argent, donne un azotate soluble d’où I on extrait facilement la platinamine, qui est très-peu soluble dans l’eau, en ajoutant de l’ammoniaque à la solution bouillante d’azotate.
Il se précipite une poudre cristalline pesante de couleur jaunâtre, composée de petites prismes rhomboïdaux très-éclatants. Soumis à l’action de la chaleur, il se décompose en eau, ammoniaque et azote ; il reste un résidu de platine. La potasse bouillante ne l’altère pas ; il se combine facilement aux acides en donnant des sels jaunes peu solubles dans l’eau.
1704. Chlorure de piatiuamine. — On l’obtient, comme nous venons de le dire, par l’action du chlore sur le chlorure jaune (PtCl,AzH5) de Reiset. C’est un composé insoluble dans l’eau froide et très-peu soluble dans l’eau bouillante. L’ammoniaque le transforme en chlorure de platine biammoniacal soluble (chlorure de Gros, PtCI2,2AzH3).
On connaît un isomère soluble du chlorure de platinamine (PtCl2,AzIl3).
! L’action de l’ammoniaque sur la dissolution chlorhydrique de prolochlorure de platine fournit encore d’après Peyrone, plusieurs isomères des sels de Magnus et de Reiset.