ALLIAGES DE PLATINE
Le platine s’allie facilement avec la plupart des métaux communs mais il en est peu qui soient susceptibles d’applications utiles.
1712. Platine et cuivre. — Le platine dur du commerce, employé par les dentistes et dans la bijouterie, est un alliage de quatre-vingt-
LIY. III, CHAP. XXVII, PLATINAGE.
quinze parties de platine et de cinq parties de cuivre, beaucoup plus élastique que le métal pur. On le prépare soit en comprimant fortement et en forgeant ensuite, un mélange de cuivre et de platine très-divisés, soit en fondant le mélange au chalumeau, ce qui volatilise un peu de cuivre.
1715. Platine et mercure. — On obtient un amalgame de platine en décomposant par la pile, avec le mercure pour électrode négative, une solution de chlorure de platine. On obtient ainsi un amalgame pâteux, utilisé en physique (dans le commutateur de la machine de Rumkorff). Cet amalgame, soumis à une forte compression, laisse un corps gris foncé, contenant A3 p. 100 de platine.
On obtient encore l’amalgame de platine en traitant le chlorure neutre de platine, par l’amalgame de sodium.
1714. Platine et argent. — On a employé autrefois en horlogerie, pour remplacer les rubis, des alliages de platine et d’argent, (avec un peu de cuivre) plus durs que ces deux métaux, possédant une grande blancheur, et susceptibles d’un beau poli. Mais ils sont difficiles à préparer à cause de la facilité avec laquelle ils se liquatent. Nous avons dit l’action de l’acide azotique sur ces alliages.
Le platine donne avec le zinc et l’étain des alliages cristallisés Pt2Sn3 et Pt-Zn5 que l’on obtient en fondant le platine avec six à dix fois le poids des deux autres métaux, et traitant l’alliage par l’acide chlorhydrique.
Le platine fondu avec un excès de plomb et traité par l’acide azotique, laisse un alliage en lamelles cristallines qui retient 11 p. 100 de plomb. Un peu de platine se dissout alors dans l’acide azotique.
PLATINAGE.
1715. On peut recouvrir facilement le cuivre et ses alliages d’un dépôt de platine cohérent ; les autres métaux se prêtent moins facilement à cette opération.
On plonge le cuivre bien décapé dans une solution alcaline composée de
Eau distillée 1000 grammes.
Soude caustique 120 —
Platine en chlorure.. . . 10 —
On obtient ainsi un platinage brillant, assez résistant, mais d’une
couleur noire qui se rapproche de celle de l’argent sulfuré (argent oxydé).
On peut aussi déposer le platine à toute épaisseur en se servant d’une dissolution chaude, alcaline ou même acide de platine. Voici, d’après M. Roseleur quelques formules de bains propres au platinage électrique :
On opère à 70° ou 80°.
Eau distillée 1000 grammes.
Carbonate de soude. . . 400 —
Platine en chlorure. . . . 10 —
Deuxième bain. — On fait dissoudre dix grammes de platine en chlorure dans cinq cents grammes d’eau et cent grammes de phosphate d’ammoniaque dans la même quantité d’eau, on mélange les deux dissolutions, ce qui donne un précipité de phosphate de platine, dans une liqueur orange. On ajoute peu à peu, en agitant constamment, cinq cents grammes de phosphate de soude dissous dans un litre d’eau et on fait bouillir le mélange, en ajoutant de l’eau pour remplacer celle qui s’évapore jusqu’à ce que l’ammoniaque ait cessé de se dégager. Le précipité se dissout complètement et la liqueur devient incolore.