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LIV. III, CHAP. XXVIII, HVDRURE DE PALLADIUM

Sulfure de palladium PdS.

1724. Le palladium s’unit au soufre avec dégagement de lumière, lorsqu’on fait passer de la vapeur de soufre sur le métal chauffé. On obtient ainsi une masse fusible d’un blanc gris, bouillante et aigre. Ce sulfure est décomposé à une température plus élevée et laisse le métal à l’état cohérent et même fondu si on le chauffe suffisamment.

L’acide sulfhydrique précipite les dissolutions de palladium en brun foncé.

Carbure de palladium.

1 725. Il existe un phosphure de palladium fusible et on a admis quelquefois l’existence d’un carbure de palladium. Cette opinion très-discutable est fondé sur les faits suivants, constatés par M. Wôhler. Si l’on tient verticalement une feuille de palladium dans la flamme d’une lampe à alcool, le métal se recouvre de suie, quoique l’alcool n’en dépose point sur un autre corps. Si le palladium reste longtemps dans la flamme, le charbon s’accumule en masses mamelonnées sur les deux faces, comme sur la mèche d’une chandelle. La lame de palladium devient alors cassante; quant au charbon, si on le brûle, il laisse un léger squelette de palladium.

Le platine et l’iridium présentent un phénomène du même genre. Mais il n’en résulte pas que le carbone ait réellement la faculté de donner avec ces métaux de véritables combinaisons.

Hydrure de palladium Pd4H.

1726. L’absorption de l’hydrogène par le palladium a été dans ces dernières années l’objet de travaux importants. Graliam a montré que l’on peut faire absorber à un fil jusqu’à neuf cent trente-six fois son volume d’hydrogène, soit 4.68 p. 100 de son poids sans modifier son aspect et ses propriétés métalliques. La densité du métal diminue alors de 12.58 1.79. Pour arriver à ce résultat, Graham se servait du pal-

ladium comme électrode négative dans l’électrolyse de l’eau acidulée.

Le palladium augmente alors de dimension et reprend son volume quand on chasse l’hydrogène qu’il contient, par la chaleur ou par toul

autre moyen. On met en évidence ce phénomène de dilatation par l’expérience suivante.

On fixe par une de ses extrémités à un axe vertical une lame de palladium de dix à quinze centimètres de longueur, vernie ou platinée sur Tune de ses faces, et l’on plonge cette lame dans un bain d’acide sulfurique étendu en la faisant communiquer avec le pôle négatif d’une pile, le pôle positif étant formé par une lame de platine. Dès que le courant est fermé, des bulles d’oxygène se dégagent sur la lame de platine et l’on voit la lame de palladium s’infléchir et s’enrouler en spirale autour de son axe, parce que le palladium se dilate par la seule de ses faces qui fixe de l’hydrogène.

En renversant le courant, le palladium se déroule, par suite de la combinaison de l’hydrogène absorbé avec de l’oxygène qui se dégage sur la lame, et il y a même enroulement en sens inverse par suite de la contraction qui accompagne l’expulsion de l’hydrogène.

Le palladium qui est diamagnétique (comme le bismuth) devienl magnétique lorsqu’il est chargé d'hydrogène, comme s’il était combiné à un métal magnétique; il conserve encore une ténacité remarquable; sa condutibilité devient environ les trois quarts de ce qu’elle était pour le métal pur.

Le palladium hydrogéné agit sur le chlore et l’iode, même dans l’obscurité, en donnant des acides chlorhydrique et iodhydrique; il réduit le bichlorure de mercure à l’état de calomel, les sels ferriques à l’étal de sels ferreux, transforme le cyanure rouge à l’état de cyanure jaune.

Tous ces faits s’expliquent plus facilement dans l'hypothèse d’nne combinaison de l’hydrogène et du palladium que dans celle d'une absorption simple du gaz hydrogène par un métal. Aussi comprend-on que Graham, après avoir rapproché ce phénomène de la dissolution, sous le nom particulier d 'occlusion, ait admis ensuite une combinaison du palladium et de l’hydrogène. Mais la formule qu’il attribuait à cette combinaison (Pd2II) supposait une quantité d’hydrogène bien plus forte (pie celle réellement absorbée.

MM. Troost et Hautefeuille ont fait voir récemment que le palladium formait bien réellement une combinaison avec l’hydrogène (Pd4ïl), correspondant seulement à six cents volumes de gaz hydrogène environ.

Cet alliage, que l’on obtient en chauffant le métal dans l’hydrogène ou par le voltamètre, chauffé à une température constante, donne une tension de dissociation également constante, même quand on lui enlève les deux tiers de son hydrogène. Pour 100°, cette tension est deux cent

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