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COLORATION DES POTERIES

1854. Les poteries de choix reçoivent une décoration qui consiste en peintures ou ornements colorés, déposés avec le pinceau. Cette peinture diffère de la peinture ordinaire, en ce que celle-ci n’est nullement modifiée par la toile sur laquelle on la dépose, tandis que les couleurs employées à décorer la porcelaine, par exemple, doivent satisfaire à des conditions particulières faciles à prévoir.

Elles doivent être inaltérables par la chaleur, ou du moins fondre à une température inférieure à celle de leur altération, en donnant une matière vitreuse très-adhérente. De plus, ce verre doit être inaltérable par les agents atmosphériques et doit posséder une dilatabilité sensiblement égale à celle de la pâte et de la couverte.

On appelle couleurs de grand feu celles qui ne s’altèrent pas dans le four à porcelaine, et couleurs de moufle celles qui ne supporteraient pas cette température et que l’on 'fixe en chauffant les pièces dans un moufle à une température convenable.

Les couleurs de grand feu sont peu nombreuses (oxydes de cobalt, de chrome, sesquioxyde de fer et de manganèse, oxyde de titane [jaune] oxyde d’uranium et d’iridium [noir]; celles de moufle sont plus nombreuses ; on les obtient en fondant dans un creuset les oxydes métalliques avec des verres incolores appelés fondants , et dont la fusibilité varie avec la température de décomposition de la couleur.

Pour l’or, on le prépare en précipitant un sel d’or par le sulfate de fer ; on le mélange avec un peu d’oxyde de bismuth et de borax, et on délaye dans l’essence. La matière s’applique au pinceau ; par la cuisson elle donne de l’or mat, qu’on peut polir avec le brunissoir.

La cuisson des couleurs s’opère dans des moufles chauffés entièrement à la Ranime du bois; l’ouvrier règle la température en examinant des morceaux de porcelaine (montres) placés dans le mouRe à côté des vases; sur ces montres on a déposé des couleurs susceptibles de s’altérer, et c’est par leur teinte qu’on juge de la manière dont marche l’opération.

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