L1V. III, CHAP. XXXII, MÉTALLURGIE
axes sont dans un même plan horizontal. L’un des cylindres est mis en mouvement par un puissant moteur (fig. 178); son mouvement entraîne celui de l’autre cylindre. Ce dernier est monté sur une pièce mobile, qui glisse dans une coulisse, de manière à déplacer l’axe du cylindre dans un plan horizontal. Un système de leviers, sollicité par un poids,
ramène le cylindre mobile le plus près possible du cylindre fixe. On règle le poids de manière à exercer avec les cylindres une pression plus ou moins forte sur le minerai qui passe entre leurs cannelures, suivant la grosseur que l’on veut obtenir, et s’il arrive que la résistance du minerai dépasse la pression, le cylindre mobile s’écartera de manière à laisser passer le minerai sans que les cannelures courent le danger de se rompre.
Le bocard se compose d’un mortier et d’un pilon, comme les appareils avec lesquels on broie les substances dans les laboratoires. Le pilon est une poutre garnie d’un disque de fer à sa partie inférieure, qui, soulevé à des intervalles réguliers par le mouvement d’une roue garnie de quatre dents, retombe par son poids. Des guides, placées vers les deux extrémités de la poutre, ne lui permettent que de se mouvoir verticalement (fig. .179). Le mortier est une caisse en bois dont le fond est formé par une plaque de fer résistante; on fait arriver un courant d'eau dans cette caisse, qui enlève le sable fin résultant du broyage, à mesure qu’il se produit, à travers des ouvertures pratiquées dans une des
parois de la caisse. On dispose ordinairement une série de bocards à côté les uns des autres. Un même axe fait mouvoir tous les pilons.
On sépare ensuite le minerai pulvérisé des matières terreuses par un lavage. Ce lavage a lieu sur des tables inclinées ou dans de grandes auges, où l’on fait circuler un courant d’eau pour entraîner le sable ou
Fig. 180,
les matières terreuses plus légères que le minerai. Pour le minerai d’étain, qui est un sable contenant de l’acide stannique, c’est quelquefois la seule opération mécanique qu’on lui fasse subir. On se sert principalement de tables à secousses pour opérer ces lavages. Voici en quoi elles consistent : une longue table en bois, rectangulaire, est suspendue à ses extrémités par un système de doubles chaînes, dont on
règle la longueur de manière à produire une inclinaison déterminée ( fig. 180).
L’extrémité supérieure de cette table s’appuie contre l’extrémité d’une poutre mobile autour d’un de ses points, et dont la partie supérieure est animée d’un mouvement oscillatoire périodique par l’action d’une roue à cames. Toutes les fois que la came rencontre la poutre, sa partie inférieure pousse la table, la partie inférieure de celleci s’élève, pour s’abaisser ensuite par son poids, qui tend à ramener le système à sa position primitive, quand l’écliappement de la came a lieu. La partie supérieure de la table (fig. 181) porte un chevet très-incliné et une caisse, où arrive le minérai entraîné par un courant d’eau ; celui-ci s’échappe de la caisse par une ouverture inférieure et se répand sur le chevet. Là, de petites arêtes triangulaires qui divisent l’eau et le minerai et les font tomber régulièrement sur toute la largeur de la