LIV. III, CIIAP. XXXII, MÉTALLURGIE
table. Les parties légères entraînées vont tomber dans des bassins où elles se déposent; la partie inférieure de ces dépôts peut seule contenir assez de minerai pour qu’il y ait intérêt à le reporter sur la table à secousses; quant au sable qui y reste, il est soumis au traitement chimique. On le désigne dans les usines sous le nom de schlich.
2° Traitement chimique. — On ne peut rien dire de bien général à ce sujet. S’il s’agit de minerai contenant des matières précieuses, on pourra employer des procédés variés et des réactifs relativement coûteux ; tel est l’emploi du mercure dans la métallurgie de l’or et de l’argent; mais dans la plupart des cas, le charbon, l’air, les calcaires ou l’argile, sont les seules matières mises en œuvre parles métallurgistes. Le procédé le plus fréquent consiste à fondre dans des fourneaux le minerai mélangé de charbon avec des matières calcaires ou siliceuses, destinées à donner de la fusibilité à la gangue (fondant) et à transformer le produit en un verre (scorie) contenant peu ou point de métal, et en une substance (matte, fonte) bien plus riche en métal que le minerai primitivement employé. Ce produit d’art peut être considéré comme un nouveau minerai, d’où l’on extraira le métal par une ou deux opérations plus simples que la primitive. On n’opère généralement pas la fusion du minerai tel que le fournissent les opérations mécaniques ; on lui fait d’ordinaire subir un grillage qui a pour effet d’enlever les matières volatiles, eau, acide carbonique, etc., ou celles que donnent en s’oxydant des produits volatils, comme le soufre, l’antimoine, l’arsenic. Dans ce dernier cas, c’est à peu près le seul moyen pratique que l’on ait de séparer les métaux de ces métalloïdes.
EXTRACTION DE l’ûR.
1837. État naturel. — L’or est très-répandu dans la nature, on en trouve dans tous les pays, mais toujours en petite quantité. Ordinairement il est à l’état natif, mais contient un peu d’argent ou même de rhodium et d’iridium (Californie) ; on le trouve dans la Hongrie à l’état de tellure d’or. L’or natif est toujours en paillettes, le plus souvent extrêmement petites; on l’a trouvé cependant quelquefois en masses ou pépites d’un poids considérable. Ainsi une pépite trouvée en Australie pesait 48 kilogrammes environ.
L’or se trouve ordinairement disséminé dans des sables d’alluvions anciennes ; les dépôts arénacés aurifères les plus importants sont ceux de l’Oural, de la Californie et de l’Australie; dans ce dernier pays on
Ta trouvé dans les roches, dont la dissociation a produit les sables aurifères, et l'on exploite même ces roches pour en extraire l’or1.
1858. Traitement des sables ou des roches aurifères. — Lé procédé d’extraction de l’or des sables consiste dans un lavage méthodique, que l’on exécute sur des tables inclinées garnies de drap ou dans des augettes ou planchettes de bois, et lorsque les paillettes d’or ne sont plus mélangées qu’avec un peu de sable, on les amalgame avec du mercure. On comprime l’amalgame dans une peau de chamois pour en extraire la majeure partie du liquide; il reste une matière solide que l’on chauffe dans des appareils distillatoires pour en extraire le mercure; l’or reste.
En Australie, on extrait l’or des roches quartzeuses au moyen de machines qui broient, lavent et amalgament le minerai d’un seul coup. Ce sont des bassins en fonte, dans lesquels on introduit du mercure, les fragments déroché et deux boulets en fonte d’un poids considérable; on imprime à ces bassins un mouvement rapide de rotation; les roches sont réduites en poudre impalpable par le choc des billes, et comme on fait arriver un filet d’eau continu à la surface du mercure, les parties légères tenues en suspension sont entraînées, tandis que les parcelles d’or vont au fond et s’amalgament avec le mercure, d’où on le retire comme il est dit ci-dessus.
L’or se trouve dans quelques localités, associé à des sulfures de plomb, de cuivre et d’argent ; on l’exploite alors comme minerai de cuivre ou de plomb et l’on retire de ces métaux l’argent en même temps que l’or, par des procédés qui seront décrits plus loin ; mais on peut aussi, comme en Piémont, retirer l’or par amalgamation de ces minerais, en faisant tourner des tonneaux fermés contenant du mercure, du minerai, de l’eau et des disques de fer, qui réduisent les sulfures en poudre impalpable; l’or, dégagé de sa gangue, s’unit au mercure.
L’or extrait de l’amalgame ou des cuivres et plombs aurifères n’est point pur; on l’affine comme on l’a indiqué à l’affinage des métaux précieux.
1859. Production de l’or. — La production totale de l’or en 1869 est
1 Le Rhin charrie des sables aurifères, exploités entre Bâle et Manheim avec trèspeu de profit. Il faut, en effet, laver 4000 mètres cubes de sable (7 millions de kilogrammes) pour extraire un kilogramme d’or valant environ 5000 francs. Les paillettes d’or sont tellement petites, qu’il en faut de 17 à 22 millions pour en former un kilogramme. Les sables de l’Oural sont 1500 fois plus riches que ceux du Rhin, et ceux des placers de la Californie et de l’Australie en contiennent encore davantage; aussi sont-ils très-avantageusement exploités.