LIY. III, CHAP. XXXII, MÉTALLURGIE
scories, et lorsqu’il est plein de produits métalliques, on établit la communication entre le réservoir B et le creuset ; la matière se rend dans le creuset et s’y divise en deux couches ; l’inférieure est du plomb fondu, la supérieure est composée de sous-sulfure de plomb, Pb2S, et de divers sulfures métalliques, et notamment de sulfure de fer. Ces matières, qui se solidifient les premières, sont retirées à part, et le plomb fondu est puisé avec une cuiller en fer et coulé en lingots. Les mattes sont grillées, puis fondues avec un peu de grenaille de fer et des scories plombeuses, dans un fourneau à peu près droit (fourneau à manche) ; dans la première opération, on élimine la majeure partie du soufre et l’on transforme le fer en oxyde; dans la fusion, cet oxyde se combine à la silice des scories et donne un silicate de protoxyde de fer, fusible et irréductible par le charbon. Le plomb oxydé est réduit par le charbon et le sulfure par le fer. On obtient ainsi une nouvelle quantité de plomb, une nouvelle matte et une scorie ferrugineuse. La nouvelle matte est soumise au même traitement. De cette manière, on enlève peu à peu presque tout le plomb et le fer qu’elle contient, tandis que le cuivre contenu dans le minerai se concentre dans une dernière matte (matte cuivreuse), que l’on traite comme minerai de cuivre.