CAS PARTICULIER
674. Équivalent du fer. — Le fer forme avec l’oxygène deux bases : l’une contient 28 de fer pour 8 d’oxygène; dans l’autre, la même quantité d’oxygène est unie à 18 2/5 de fer. Quel est l’équivalent du fer? Les sels de la première base sont isomorphes avec les sels de zinc et de magnésie, avec certains sels de chaux; comme on a supposé, pour plus de simplicité, ces divers oxydes formés de 1 équivalent de métal uni à 8 d’oxygène ; on doit également admettre dans le premier oxyde de fer la présence de 1 équivalent de ce métal. L’équivalent du fer est donc 28, et dorénavant, dans la formule FeO, le symbole Fe signifiera 28, O étant supposé représenté par 8.
Le second oxyde du fer contient donc pour 1 équivalent d’oxvgène 2/5
d’équivalent de fer (18 2/5= — - — ; sa formule symbolique est donc
FefO, ou, pour .éviter les nombres fractionnaires, Fe20\ La formule du sulfate neutre de sesquioxyde de fer se représentera alors par la formule
Fe*Os,3SO\
675. Équivalent de l’aluminium. — L’aluminium ne donne qu’un oxyde, contenant 9 1/5 d’aluminium pour 8 d’oxygène; on ne peut cependant pas admettre 9 1/5 pour équivalent de l’aluminium, c’est-à-dire
donner à l’alumine la formule A10. L’alumine est isomorphe avec le sesquioxyde de fer, il convient donc de rappeler ce fait, qui est l’expression de l’analogie la plus étroite qui puisse exister entre deux corps, en donnant à l’alumine la 'formule du sesquioxyde de fer. L’alumine devient donc APO3, et 2A1 représentant alors les 28 d’aluminium qui sont combinés à 24 d’oxygène dans 52 parties d’alumine. Par conséquent, l’équivalent Al de l’ aluminium est égal à 14.
676. Équivalent du mercure. — Le mercure forme avec l’oxygène deux composés; l’un contient, pour 8 d’oxygène, 200 .de mercure; l’autre en contient seulement 100. Les sels formés par les deux oxydes de mercure ne sont isomorphes avec aucun des autres sels connus ; on ne sait donc de quel oxyde il convient de les rapprocher. On a alors recours à la loi des chaleurs spécifiques, que nous avons déjà énoncée. Nous la rappellerons ici. On sait que le produit obtenu en multipliant les équivalents du fer, du zinc (541) déterminés par les considérations chimiques, par les chaleurs spécifiques de ces métaux, est sensiblement constant et sensiblement égal à 5,2. On étend cette loi générale au mercure, et l’on cherche la valeur du produit obtenu en multipliant 100 par 0,555, qui est la chaleur spécifique du mercure. On trouve ainsi un nombre qui se rapproche de beaucoup du produit indiqué. On admet donc 100 pour équivalent du mercure Ilg ; la formule du premier oxyde devient Hg20 ; celle du second HgO. Nous devons ajouter que les considérations tirées des chaleurs spécifiques, d’accord d’ailleurs avec celles que l’on déduit de l’isomorphisme, nous conduiraient à admettre pour formule des oxydes d’argent, de la potasse et de la soude, le symbole général R20. Nous exposerons ces raisons dans l’histoire particulière des métaux.
677. Remarque — Nous pouvons étendre aux métaux la remarque déjà faite à propos des métalloïdes. On ne peut dire, en réalité, que 100 parties de mercure équivalent à 28 parties de fer, quoique nous donnions à leurs oxydes la même formule RO. Il n’y a, en effet, que det ressemblances secondaires entre Ges deux oxydes, mais on peut affirmer que 28 de fer équivalent à 55 de zinc, à 12 de magnésium, parce qu’en s’unissant à une même quantité 8 d’oxygène, ils donnent ’ naissance à des oxydes isomorphes , c’est-à-dire jouant le même rôle chimique.