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LIV. II, CHAP. I, MÉTAUX ET ALLIAGES

travailler, quoique plus dur que le cuivre. Le laiton a néanmoins l’inconvénient de se déchirer sous l’outil quand on veut le tourner; on le rend, au contraire, très-propre à cet usage en y ajoutant une petite quantité de plomb.

Ces exemples suffisent pour montrer qu’un alliage est véritablement un métal industriel d’une importance souvent plus grande que celle des métaux qui le constituent.

556. Les alliages sont des composés définis. — Les alliages SOllt également intéressants au point de vue scientifique. Ce ne sont pas seulement des mélanges de métaux doués de telle ou telle qualité particulière, ce sont en réalité de véritables combinaisons, ordinairement dissoutes dans un excès de l’im des métaux qui les constituent.

Nous retrouverons, en effet, dans les circonstances qui accompagnent l’union des métaux et dans les propriétés des produits qui en résultent, tout ce qui caractérise la combinaison, c’est-à-dire le dégagement de chaleur et de lumière, la composition définie des produits, jointe à une forme cristalline déterminée et à un ensemble de propriétés différentes de celles des corps constituants.

On introduit successivement dans un verre bien sec, contenant du mercure, de petits morceaux de sodium bien dépouillés d’huile de naphte ; on les enfonce dans le mercure avec une baguette de verre, avec laquelle on les comprime contre le fond du verre ; le frottement mettant à nu une surface métallique bien polie que peut mouiller le mercure, le sodium se dissoudra en produisant un bruit strident analogue à celui que produit un fer rouge plongé dans l’eau. Ce phénomène est dû au dégagement considérable de chaleur qui accompagne la combinaison ; aussi le mercure s’échauffe-t-il considérablemennt à mesure que l’on ajoute le sodium. En le laissant refroidir, il se dépose au milieu du liquide de longues aiguilles d’un alliage blanc et brillant, de composition bien définie, qu’on sépare de l’excès de mercure par décantation.

Le platine, l’iridium, l’or et l’argent s’unissent à l’étain avec dégagement de chaleur ; si l’étain est en excès , on obtient par refroidissement un culot métallique, assez semblable à l’étain au premier aspect ; mais, si on le traite par l’acide chlorhydrique concentré pour dissoudre l’excès d’étain, il reste des cristaux, souvent volumineux (surtout pour le ruthénium), d’un alliage, à proportions définies, d’étain et du métal précieux. Ces alliages sont inattaquables par l’acide chlorhydrique concentré, qui dissout si facilement l’étain; ils sont, au contraire, solubles

dans l’eau régale, lors même que le métal précieux qui les forme (iridium) y est absolument insoluble à l’état de liberté.

Il ne faut pas croire néanmoins que les alliages industriels soient toujours le résultat de la dissolution d’une seule combinaison bien définie dans un excès de l’un des métaux; plusieurs combinaisons peuvent coexister dans le même alliage. On peut le démontrer au moyen de U un de ces alliages ternaires fusibles au-dessous de 100°, que l’on obtient en combinant à proportions convenables (560) de l’étain, du plomb et du bismuth. On chauffe un de ces alliages vers 250°, on y plonge un thermomètre à mercure, et on laisse refroidir ; le thermomètre baisse d’abord régulièrement jusqu’à un certain degré, où il reste stationnaire pendant un certain temps, au bout duquel il redescend encore pour s’arrêter de nouveau. On ne peut expliquer cet arrêt dans le refroidissement qu’en admettant dans la masse fondue (la production d’un alliage moins fusible que le reste, qui se solidifie d’abord; le changement d’état est alors accompagné d’un dégagement de chaleur qui rend le thermomètre stationnaire. Chaque arrêt correspond donc à la formation de combinaisons de plus en plus fusibles.

En résumé: 1° les métaux peuvent contracter entre eux de véritables combinaisons chimiques; 2° les alliages sont, le plus souvent, formés par la réunion d’une ou de plusieurs de ces combinaisons, avec excès de l’un des métaux constituants.

caractères des alliages

557. Propriétés physiques. Densité. — Si l’on calcule la densité d’un alliage par la règle ordinaire des mélanges, en supposant, par conséquent, le volume du composé égal à la somme des volumes des composants1, on arrive rarement à trouver la densité véritable; le nombre calculé est tantôt supérieur, tantôt inférieur au nombre réel. Ainsi les alliages monétaires d’or et d’argent sont plus légers que ne l’indique la densité moyenne calculée ; c’est le contraire pour le laiton et l’alliage des caractères d’imprimerie (plomb et antimoine). La combinaison a donc été suivie d’une dilatation pour les premiers, d’une contraction de la matière pour les derniers.

558. Couleur. — Elle est généralement grisâtre ; toutefois, quand il

La formule qui donne la densité des alliages binaires est A s=

(p +pW

dans la-

Vtl+pÜ

quelle P et p sont le poids des métaux constituants, D et d leurs densités ; A représente alors la densité moyenne, en admettant qü’il n’y ait pas de variation de volume.

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