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L 1 V. 111, CH AP. I, POTASSIUM ET SODIUM

sir peu à peu, il s’y produit des cristaux métalliques d’apparence cubique, constitués par un amalgame de potassium bien moins altérable que le métal pur1. L’eau et l’oxyde de potassium sont décomposés simultanément, l’hydrogène et l’oxygène se dégagent à l’état gazeux, le potassium s’unit au mercure. On introduit l’amalgame dans une petite cornue ou dans un petit tube rempli d’azote, et l’on chauffe avec une lampe à alcool; le mercure se volatilise, il reste un globule de potassium fondu.

749. Expériences de Gay-Eiissae et Thénard. — Ce procédé s’applique également au sodium, mais malheureusement il ne permet d’ob-

Fig. 155.

tenir que des quantités insignifiantes de métal; aussi ne connaît-on bien ces deux corps que depuis les recherches de Gay-Lussac et Thénard qui parvinrent, peu de temps après la découverte de Davv, à les préparer en décomposant l’hydrate de potasse ou de soude par le fer, à une température très-élevée. La figure 155 représente la disposition de leur

1 L’idée de se servie du mercure comme conducteur électro -négatif, est due à Berzeüus et à de Pontin (180b). L’emploi du mercure facilite singulièrement la réduction des oxydes et permet de protéger le métal contre Toxydation, si rapide au contact de l’air. Aussi ces chimistes purent-ils obtenir de cette façon des amalgames avec la chaux, la baryte et la strontiane, que l’on n’avait pu réduire avant eux. Ces expériences furent étendues par Davy, et plus tard Seebeck et de Trommsdorif, ignorant le travail de Berzelius et de Pontin, employèrent également le mercure dans la réduction des oxydes alcalins.

appareil. 11 se compose d’un canon de fusil recourbé; la partie engagée dans un fourneau à réverbère est entourée d’un lut réfractaire destiné à protéger le fer contre l’oxydation; l’une des extrémités du canon de fusil s’engage dans une allonge en cuivre à laquelle s’adapte un récipient muni d’un tube abducteur. L’autre extrémité du canon de fusil est entourée d’une grille qui permet de la chauffer au rouge ; de plus, elle porte un autre tube abducteur plongeant dans le mercure. O11 remplit la partie du tube engagée dans le fourneau de tournure de fer bien décapée, la partie entourée de la grille de morceaux d’hydrate de potasse ou de soude fondus ; et on met dans le récipient en cuivre de l’huile de naplite. On chauffe fortement le tube, en activant le tirage du fourneau avec un tuyau, puis on met du feu dans la grille destinée à chauffer la potasse; cet hydrate fond et coule sur le fer, forme de l’oxyde magnétique et met le métal et l’hydrogène en liberté :

5Fe -h 2(K0,II0) — Fe304 -f- 2K.

Le potassium se condense dans l’huile de naphte, et l’hydrogène se dégage par le tube inférieur. Presque toujours le tube de fer se bouche dans la partie voisine de l’allonge, l’hydrogène mis en liberté se dégage alors à travers le mercure où l’on fait plonger le tube abducteur de l’autre extrémité de l’appareil.

750. 'ffiaéorie de in réaction. — Dans ces expériences, le fer contenu dans la partie la plus chaude du tube, ne s’oxyde pas, la portion de ce métal qui retient de l’oxygène, est située vers la sortie du métal, et l’oxyde de fer ainsi formé (principalement du protoxyde) est entouré de potasse, et forme avec elle un magma consistant, tellement imperméable que l’eau ne l’attaque qu’avec difficulté. Cependant il est indispensable pour la réussite de l’opération de chauffer le tube bien au-dessus de la température des portions du tube où se fait l’oxydation du fer. Il importe également que le courant de vapeur dépotasse soit aussi rapide que possible. Ces faits ont été expliqués d’une manière très-simple par U. IL Sainte-Claire Deville comme conséquence des lois de la dissociation.

La potasse hydratée traverse d’abord la partie du tube de Ici1 remplie de copeaux de fer, où la température pst le plus élevée. A cette haute température elle s’y décompose partiellement en potassium, oxygène et hydrogène, mais ces trois corps, arrivant dans les parties moins chaudes, se recombineraient intégralement si le fer ne s’emparait pas d’une portion de l’oxygène. Le potassium peut bien réduire cet oxyde de fer,

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