L I Y. 111, CHAP. I, POTASSIUM
mais la réduction n’est pas complète, parce que l’action de ce potassium détermine à la surface de l’oxyde de fer la production d’une couche de potasse qui forme un vernis à sa surface. De là le mélange si intime de potasse et de protoxyde de fer, et la nécessité de faire marcher vite l’opération, afin de ne pas laisser à l’action réductrice le temps de se compléter.
751. Propriétés physiques. — Métal d’un blanc d’argent lorsqu'il est récemment fondu, brillant et plus mou que la cire. On peut donc le pétrir dans les doigts, mais cette expérience n’est pas sans danger, à cause de l’inflammabilité du métal ; aussi ne faut-il la tenter que sous l’huile de naphte bien privée d’humidité. C’est après le mercure le plus fusible de tous les métaux; il fond à 62,5, d’après M. Bunsen, s’il est bien exempt de sodium. Gay-Lussac et Thénard ont admis pour ce point de fusion 55°, mais on sait que le mélange des deux métaux est beaucoup plus fusible que chacun d’eux, à ce point qu’un alliage à par* ties équivalentes reste liquide à la température ordinaire; il suffit donc d’une petite quantité de soude dans la potasse pour donner naissance à un métal plus fusible que le métal pur, et il faut remarquer que jusqu’à la découverte de l’analyse spectrale, il était impossible d’affirmer qu’une potasse était absolument exempte de soude.
Le potassium se volatilise au-dessous du rouge, en donnant une vapeur d’une belle couleur verte qui attaque le verre. Sa densité est 0,865 à 15 degrés.
On prépare actuellement le potassium en décomposant le carbonate de potasse par le charbon. Ce procédé sera décrit en détail à propos du sodium, plus facile à obtenir et à manier que le potassium et dont l’emploi est d’ailleurs plus économique, puisque 55 parties de sodium* produisent le même effet que 59,25 de potassium dans toutes les réactions chimiques. Aussi emploie-t-on peu aujourd’hui le potassium.
752. Propriétés chimiques. — Le potassium ne s’altère pas dans l’oxygène ou dans l’air absolument sec, aux températures ordinaires; mais si l’air contient de l’acide carbonique et de l’humidité, l’oxydation se fait immédiatement. Le métal prend d’abord une teinte violette particulière, et se transforme peu à peu en hydrate de potasse et carbonate de potasse. Lorsqu’on chauffe le potassium, il prend feu et brûle vivement en donnant du peroxyde de potassium KO3. Jusque dans ces derniers temps on a pu dire que le potassium était le corps le plus avide d’oxygène ; il occupe aujourd’hui le second rang après le rubidium dans la série électropositive des corps. Aussi peut-il décomposer l’eau à
la température ordinaire, et la plupart des composés oxygénés à une température plus ou moins élevée (protoxyde et bioxyde d’azote). !1 peut également brûler dans les gaz sulfhydriqüe et chlorhydrique, dans le phosphure d’hydrogène. O11 ne peut le conserver que sous l’huile de naphte ou de pétrole, matière qui n’est formée que de carbone et d’hydrogène.
Pour faire l’expérience de la décomposition de l’eau par le potassium, on projette un petit globule de métal dans de l’eau contenue dans le fond d’une cloche profonde. Dès que [le potassium a le contact du liquide, on le voit se ramasser en un globule brillant entouré d’une flamme purpurine et se mouvoir rapidement à la surface de l’eau. Le volume du métal diminue rapidement, la flamme s’éteint tout à coup et à ce moment le globule restant éclate.
Voici l’explication de ces divers phénomènes : Le métal décompose l’eau, et, en s’unissant à son oxygène, il dégage assez de chaleur pour enflammer l’hydrogène; le potassium fond et se volatilise en partie. C’est cette vapeur qui, en brûlant à l’air, donne à la flamme de l’hydrogène la couleur purpurine qu’elle possède. — La potasse formée se dissout dans l’eau; mais, dès que le métal fondu a le contact du liquide, l’hydrogène qui se dégage déplace le globule et le fait mouvoir à la surface de l’eau. A la fin de l’expérience, c’est de la potasse incandescente qui tombe dans le liquide; aussi la masse subitement refroidie peut-elle se briser en fragments, de plus, la combinaison de cette potasse chaude avec l’eau détermine un dégagement de chaleur considérable, et par conséquent de la vapeur, dont une portion condensée par le liquide environnant fait entendre le bruit strident que l’on perçoit; une autre portion lance de tous côtés des gouttelettes de lessive caustique. C’est pour éviter de recevoir ces gouttelettes ou même quelque fragment de potasse projeté lors de la rupture du globule qu’on opère dans une cloche à bords élevés. Si la potasse louchait les yeux, elle y produirait les accL dents les plus graves.
On démontre la production de la potasse dans cette circonstance, au moyen de la teinture rouge de tournesol, qu’on ramène au bleu avec l’eau de la cloche.
D’après Gay-Lussac et Thénard, le potassium chauffé dans l’hydrogène absorbe ce gaz au-dessous du rouge, en donnant naissance à une substance pulvérulente grise, spontanément inflammable dans le gaz oxygène et dans l’air. M. Jacquelain qui a employé celte propriété pour réparer de petites quantités d’hydrogène de l’azote, a constaté qu’une
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trop grande élévation de température détruisait la combinaison qui se reforme quand la température s’abaisse. La composition de cet hydrure serait représentée par la formule K'H2.