SÉLÉNIUM ET TELLURE
suite il est dibasiqae, cl ses sels contiennent soit deux poids de combinaison d'un métal monovalent, soit un poids de combinaison d'un métal divalcnt, etc. On peut obtenir l'acide sélénhydrique en faisant agir des acides forts sur des séléniures. Ordinairement on le prépare en chauflant d'abord du sélénium avec de la limaille de fer, ce qui donne du séléniure de fer FeSe, et en traitant ce composé par l'acide chlorhydrique. La réaction est tout à fait analogue à la préparation de l'acide sulfliydrique : il se forme du chlorure de fer et de l'acide sélénhydrique suivant l'équation
Fe Se -4- A H Cl = II, Se -h Fe CU.
Avec les solutions des différents métaux lourds le sélénium donne des précipités rouges ou de couleur sombre, formés des séléniures de ces métaux. Au contraire, les composés que forme le sélénium avec le sodium et les métaux analogues sont solubles dans l'eau. En présence de l'air ces composés se décomposent comme l'acide sélénhydrique, de sorte que dans leurs solutions il se forme au bout d'un certain temps un précipité rouge de sélénium libre. On se sert de cette réaction pour préparer ou purifier le sélénium : on fait fondre le sélénium brut avec de l'hydrate de soude (ou du carbonate de soude, qui a la même action), on dissout le produit de la fusion, et Ton expose à Tair, dans des récipients plats, la solution filtrée.
L'action toxique de l'hydrogène sélénié, que nous avons signalée, résulte principalement de la facilité avec laquelle l'oxygène le décompose. Le sélénium mis en liberté se dépose dans les tissus à l'état de fine division, et y produit des phénomènes d'irritation tant chimique que mécanique.
Isomorphisme. — Le sélénium qu'on met en liberté en faisant agir l'oxygène de l'air sur des séléniures solides est à l'état cristallin. En Tétudiant de près on constate qu'il présente les mêmes formes cristalhnes que le soufre prismatique qui se sépare d'une masse de soufre fondue. De plus, certains dépôts naturels de soufre contiennent du sélénium dans ce même état, uniformément mélangé ou combiné au soufre, et lui communiquant une teinte sombre et rougeâtre. Enfin un grand nombre de composés analogues de ces deux éléments présentent les mêmes formes cristallines et sont aptes à former, par mélange homogène, des « cristaux mixtes », c'est-à-dire des cristaux dont la composition n'est pas déterminée par des lois stœchiométriques, et qui, comme les solutions, peuvent contenir leurs éléments mélangés suivant tous les rapports compris entre certaines limites.,
{TIliPTTIIIÙ MU.
Cps phénojTiènes sont t onUiurcs a rc f|ul so [lasse onlinairemetit, car en f^énéral des malières di fie renies (?rislal lisent Si'|)rireiTicnl, el il se forme, u eu lé de crislaiix purs d*une espèee, des eristaux purs de Pau Ire espèce* Ce cpie nous constatons dans le ras présent relevé de vc cpie Trin a[>[ïelle Visomorpfusm/' (ideiiUk* de fornic). On flil c(ui* deux snl>,^tanees sont isonior|dies quand elles ont la nié nie forme rri^'^taliine el qu'elles sont aptes à former des cristaux mixtes. En ce sens le soufre et le sélénium su ni isomoqvlies en ce quf concerne leur forme prismatique, eur non seulement ils cristallisent séparément sous des formes identii|ues; muis, quand ils se solididenl cnsembleir ils forment des cristaux mixtes, dont la compositiort variable dépend pi'încipalement du rupport enlre les quiiulihs des deux élémcnlîi eon tenues dans la solution mère.
Quand de deux snbsUnces it»omorphes Tuue a la pnipriété de cristalliser sous des foi'ines diverses, il arrive souvent que Faulre préseule la nn^rae jïropriété et (jue les diverses formes de Tune soient respectivement ideutiqucs à celles de Taulre. On pourrait donc s'dtleudrea cequ'il exislàt une forme rbombiquc du sélénium, eorre*»poinlant à la forme rliombique du soufre, puisque^ tians un grami nombre de cas, on constate une corres[>ondance aiudogue. lin fait, on ne cannait pas de sélénium sous la forme rlionibiqne^ mais il existe dans la nature des cristaux de soufre rbombitpie tpû contieuuent plus ou moins de sélénium. Le sélénium est donc apte a fiJFUier *les cristaux mixtes a ver le soufre rbombitpie, d'où Ton pcul conclure avec vraisemblance qiill existe une forme rliombique citi sélénium, trop pru slabli' peul-élre dans les condi lions où Ton a cher^ |L elle a la [îroiluirr |)oui' qu'où ait pu Tolï-serviT.
Les éléments is<miorpbes à Tétat libre ont de plus la propriété qor les composés analoj^ues qu'ils forment avec d'autres étéments sont lu'dinairement iSonior[)fies. Ainsi, presque Imis les sels de raeiiïf sulfurique ont la même forme cristallintr (jue les sels correspondant^ ile l'acide sëlénique, en entendant par sels eoirespondanis ceux qui contiennent les mêmes métaux et répondent a de?i formules senifilaldes. Ce parallélisme se rencontre fréquemment, jiarfois raénic dan?j des cas où Ton ne constate pas d'isomorphisme entre les élé~ uients. De ces faits dérive une notion plus généralede Pîsomorphisme: on appelle isomorphes au sens large des élé meurs tpd ne sont pas jsomorpbes entre eux, mais dont les conijyosés de formules semblables sont isomorphes* Nous trouverons dans la suite beaucoup d'exemples de celte espèce d'isomorphisuie.
Comme Tisomorphisnie va de pair avec Fanalogie de composition,