‹ Eléments de chimie inorganiqueChapitre 34 sur 56 · SQQ^C · texte numérisé non relu

SQQ^C

un endroit où la lenipératiire est plus élevée, si Ton a dann le premier du pho^pboj-e i)lanc et dans Taytre du phospluu-e rou^e* Les fatls vérifient cette conséquence <pn en apparence ei^t impossible. Si les conditions de la distillation peuvent être iônsi renversées, c'est qu'leî le produit de la distillation consiste en une matière dillérente du liquide que Ton distille. Une distillation quelconque ne petit avoir lieu rfu'avec diminution d^énergie libre, et pour une matière bien déterminée, Féner^^de libre s'accroît quand la lemjiérature s'élève.

Mais ici, la perte d'énergie libre qui résulte de la transformation en phosphore rouge est très grande, et fait plus que compenser l'accroissement d'énergie libre produit par une élévation moyennement importante de la température.

Usages du phosphore. — Comme le phosphore s'enflamme à basse température, on l'a employé industriellement à la fabrication des allumettes. On se sert de petits bouts de bois qu'on a recouverts de soufre fondu, imprégnés de paraffine ou légèrement grillés, de façon à les rendre très inflammables, et on les revêt d'une mixture composée de phosphore, d'une matière riche en oxygène (bioxyde de manganèse, chlorate de potassium, etc.) et d'un agglutinant (gomme ou dextrine). L'agglutinant enveloppe le phosphore et le protège contre l'oxydation par l'oxygène de l'air; la matière oxygénée accélère la combustion. En frottant ce mélange contre une surface dure, on élève la température, qui arrive à dépasser en un point quelconque la température d'inflammation du phosphore; le mélange s'enflamme, et la combustion se communique au bois par la substance intermédiaire.

Comme le phosphore blanc est toxique et peut provoquer chez les ouvriers des maladies graves, on s'est elTorcé d'en éviter l'emploi. Dans les allumettes dites suédoises, l'extrémité inflammable ne contient pas de phosphore, mais seulement des mélanges de matières combustibles et oxygénées dont la température d'inflammation est si élevée qu'il serait impossible ou difficile de les enflammer par frottement. On arrive à les enflammer au moyen d'une surface de frottement composée de phosphore rouge et de quelques produits accessoires; le frottement a ainsi le double eflet de mettre en contact un peu de celte matière inflammable avec le revêtement de l'allumette, et de produire l'élévation de température nécessaire; ainsi se produit l'inflammation.

On peut aussi fabriquer des allumettes avec les combinaisons sulfurées du phosphore.

Composés hydrogénés du phosphore. — Quand on c h au (Te du phosphore blanc avec une solution de soude, il se dégage un gaz qui a la propriété remarquable de s'enflammer spontanément au contact de Tair. Ce gaz est un composé du phosphore et de l'hydrogène; sa densité est 34 ; il est formé d'un poids de combinaison de phosphore pour trois d'hydrogène, et répond par conséquent à la formule PH3. Nous expliquerons dans un instant la réaction qui lui donne naissance.

4*^8 CHAPITRE \y.

Si l'on reriieîlle celle substance à Falïrî de raîr, on trouve que c'est un ^z incolore, peu soluble dans Feau, 1res toxique el présentanl mie forte odeur de poisson pourri. Il se décompose 1res facik*rtienl : quand on le chaude légèrement, ou sous Taeiion delà lumière, il se tlédouhle en hvdrogi'ne el phosphore; quand la décomposition ii lieu à lit lumière, le pfiosphore mis en liberté csl u l'état de ]ïhr*riphorr rouge. Le gaz en question se décompose aussi sous rialluenee de rétine elle éleetrîque.

On peut mélanger l'Iivdrogèiie pliospluiré a de rnxygène pur sant* qu'il s'enilamme sp<uitanément. Mais si ron diminue la pression du lïiélapge, sous une pression bien déterminée, dont la valeur déjiend de la température et du rapport des deux gaz, il se produit une explosion et r hydrogène pbospboré est consumé. Ce phénomène rappelle tout à fait ce qui se passe pour le phnspfiore lui-«n)me, qui ne se combine avec l'oitygène que si la pression de ce gaz ne dépasse pas une certaine valeur. 11 est fort possible qu'il s'ag^isse dans le^ deux cas du métue pliénouïène, car riiydrogène pliosphoréj se décomposant très facilement j contient toujours des traces de vapeur de phosphore.

Nous avons vu que ce gaz était spoulauément inllammable; mais, si on le conserve pendant un certain temps, il ])erd la pro|mété de s^enllammer spontanément, sans que pourtant on puisse déceler par Tanalyse un changement dans sa eouif^osition. Aussi avait-on d'abord admis l'existence de deux espèces dilTcrenles d'hvtlrogène phosphore ayant une composition identique; mais on a découvert que la propriété de s*enlliimmer sptuilanément n a[>parheut pas à llijdrogèue phos{>horé PH^ quan<l il est [uir, qu'elle revient à un autre hydrogène phospiioré de formule PaH^, dont il se forme de petites quantités en même temps que le composé l'Hg, et dont la présence est la contlilion de rinilammatiou spont^uée.

On peut démontrer ces faits en faisant traverser a l'hydrogène phosplioré spontanément inllammable un mélange réfrigérant. Alors riiydrogène phosphore S|>onlatiémenl iidlammable, qui est moins volatil, se dépose et le gaz (pii sort de l'appareil n'a plus la proprié ti? de sVnlIammer spontanément.

La com[»osition deThydrogène phosphore rappelle celle de Taunnoniaque et, étant données les nombreuses anakigies qui existent entre \r phosphore et Tazote, on peut présumer que rhydrogène pltosphoré ii des propriétés basiques. Il présente, en effet j des pi*opriétés de ce genre, mais à un degré extrêmement faible.

C est avec les hydracides des halogènes, et surtout avec l'acide

iodhydrique, que l'hydrogène phosphore se combine le plus facilement. Les deux gaz mis en présence se combinent immédiatement en une masse cristalline qui appartient au même système cristallin que le chlorure d'ammonium. Elle répond à la formule PH4I, qui correspond exactement à celle du chlorure d'ammonium NH4CI. On lui a donné le nom dUodure de phosphonium, le mot phosphonium représentant le radical PH4. Mais si l'on cherche à dissoudre ce composé dans l'eau, l'hydrogène phosphore se dégage, et l'on obtient seulement une solution d'acide iodhydrique.

Pour obtenir de l'iodure de phosphonium, il n'est pas nécessaire de préparer d'abord séparément les deux gaz; on peut l'obtenir par une seule opération, en faisant agir le phosphore et l'eau sur de l'iode. Dans ce but, on place dans une même cornue du phosphore bJanc (4 parties) et de l'iode (10 parties), et on les chauffe prudemment avec de l'eau (3 parties). Il se produit une double réaction : une partie du phosphore enlève à l'eau son oxygène, et l'hydrogène ainsi mis en liberté peut former avec l'iode de l'acide iodhydrique. D'autre part, une partie de cet hydrogène forme avec le phosphore de l'hydrogène phosphore. La réaction totale est résumée par l'équation suivante :

5I-^9P-M'2H,0 = 4HP03-+-5PH4l.

L'hydrogène phosphore qui s'enflamme spontanément à l'air, et dont nous avons parlé plus haut, répond à la formule P2H4 ; c'est un liquide incolore, qui bout à 5^°. C'est un composé instable; sous l'action de la lumière ou au contact de diverses matières catalytiques, il se décompose en donnant d'une part une matière jaune, solide, ayant pour formule PjiHa (c'est l'hydrogène phosphore solide), et d'autre part de l'hydrogène phosphore gazeux.

Composés halogènes du phosphore. — Le phosphore se combine avec tous les halogènes suivant plusieurs proportions, il forme ainsi un grand nombre de composés distincts. La plupart de ces composés entrent très aisément en réaction avec d'autres matières; aussi leur fait-on jouer un rôle important dans un grand nombre de préparations chimiques.

Si l'on place du phosphore dans une cornue où l'on a remplacé l'air par de l'anhydride carbonique, afin d'éviter que le phosphore ne s'enflamme spontanément, et que l'on fasse passer sur le phosphore un courant de chlore sec, ces deux éléments se combinent immédiatement. La chaleur dégagée par la réaction est assez considérable pour

Qoo^Q:

volaUitâer In plus gnirnie |K4rlie du composé prorluil. Ce composé se ctépose dans l'appareil a Télal de liquide incolore.

Pour que les rhoses se passent ainsi, il faut cpie le phosphore soil en quanlîlé suffisante; si ie chlore est en excès, il se forme une autre su l>i^ tance dont nous parlerons un pcîu plus lard.

On purifie le liquide oLleau en le disli liant après avoir ajouté un peu de phosphore, pour retenir le chlore enes^cès qui peut se trouver présent. On obtient ainsi un lirjuide incolore qui houl à ^0" et dont la densité est i,G. Le poids molaire de la vapeur est |38- Cette substance repond a la formule PClu ; c'est ce que confirme sou analyse quantitative. Ou l'appelle Uichloriire de phosphore, ou chlorure phosphoreux, parce qu'il existe un antre chlorure |)his riche en chlore*

Le chlorure phos|dïoreux entre facilement en réaction avec Teau et les substances qui contiennent de riiydrof^ène et de Toi^ygène* Le sens du pfiénomènc est toujours le suivant : le chlore s'unît en totalité ou en partie à Thydrogène de façon a former du gaz chlorhjdrique; IVjxygéne se combine avec le phosphore en formant de l'acide jdiosphoreux, composé que nous décrirons prochainement. Le chlorure phosphoreux agit donc comme déshydratant; mais Teau ttont il est censé s'emi>arer nVst pas nécessairejueni à Fétat d'eau véritable, elle peut être représentée par ses éléments, engagés dans des combinaisons plus eoniplexeïî. Il n'y a aucun rapport entre celle réaction et tt l'affinité prédisposante h (p. 4'M)î l^hydrogène et roxygenc ont des rôles absolument indépendants et il n'est aucunement nécessaire qu'ils se soient trouvés d'abord en relation directe,

La vapeur d'eau contenue dans Pair provoque également cette décomposition. C'est pour cela que la vapeur du irichlorure de phosphore fume en présence de Tair humide,

La formation du trichloi-ure de phosphore a lieu avec un dégage* ment de Siij^K

Si Ton fait agir sur le phospliore ou sur le trichlorure du chlore en cxcèsj ce chlore est absorbé, et l'on obtient une substance solide, d\ine faible coloration jaune verdâtre, qui contient pour un poids de combinaison de phosphore cinq poids de combinaison de chlore. On l'appelle penlachloêure de phosphore ou chlorure posphorique.

Sous la pression ordinaire le pentachlorure de phosphore n'est pas fusible, car son jïoint de fusion est plus élevé que son point d'ébullilion. Mais, comme le point d'ébuUition d'une uialièrc quelconque s'élève très vite quand on augmente la pression (à Finverse du point de fusion qui varie avec la pression d'une manière i\ peine sensible), on [>eutj Cil augmentant la pressiouj rendre la température d'ébuUitioa

PHOSPHORE. 43l

de plus en plus voisine du point de fusion, et finalement la lui faire rejoindre. Pour le penlachlorure de phosphore, les deux points se confondent à i48" et sous une pression de plusieurs atmosphères. Dans ces conditions le pentachlorure de phosphore peut exisler à la fois aux trois états de solide, de liquide et de vapeur, comme Teau à ©"(exactement à -f-o", 0073, voiV p. iS^). Sous des pressions encore plus élevées, le pentachlorure se comporte comme la plupart des autres substances : si l'on élève la température, il fond d'abord et bout ensuite.

Le pentachlorure de phosphore ayant pour formule PQ5, le poids molaire de sa vapeur devrait être 208. Les mesures ont montré que cette valeur n'est pas atteinte : la densité réelle de la vapeur est plus petite. La différence entre la valeur théorique et la valeur réelle est variable, et d'autant plus grande que la température est plus élevée et que la pression est plus faible. A cet égard la vapeur du pentachlorure se comporte tout à fait comme celle du peroxyde d'azote (p. 388).

Ici encore, il y a lieu d'admettre que la vapeur considérée n'est pas homogène : le pentachlorure à l'état de vapeur doit se scinder partiellement en trichlorure et chlore, suivant l'équation

PGls=PGI,-+-Cl,.

La densité du mélange des vapeurs de trichlorure et de chlore doit être la moitié de la densité du pentachlorure, car on voit immédiatement sur l'équation qu'un volume de vapeur de pentachlorure donne en se décomposant deux volumes de vapeur. Les poids que l'on a mesurés sont intermédiaires entre les deux valeurs limites 208 et 104. La densité ayant été mesurée dans des conditions déterminées, on peut calculer les quantités de vapeur de trichlorure et de vapeur de chlore dont le mélange aurait cette densité (p. 389).

Cette interprétation se confirme encore par la raison suivante : la vapeur de pentachlorure a la couleur jaune vcrdâtre du chlore, mais à un degré moins intense que le chlore lui-même. On peut déterminer suivant quel rapport il faut mélanger le chlore à un gaz incolore quelconque pour obtenir un gaz qui ait la même couleur que la vapeur de pentachlorure de phosphore. Or on trouve des résultats suffisamment concordants lorsqu'on évalue la proportion de chlore libre dans la vapeur de pentachlorure d'une part par ce procédé, d'autre part en la déduisant de la densité de la vapeur supposée décomposée partiellement en chlore et en trichlorure.

Le pentachlorure de phosphore fume fortement à l'air et irrite vivement les muqueuses, aussi est-il nécessaire de prendre des pré-

CHAPITAK ?tVH

cautions pour rétudier. Kn prt'senee de 1 caii, il se décompose très vile et donne de l'acide pliospliorique et de l'acide rhlorliydrique (voir [>lus loin). Le penUtddorure, de nième que le trichlontrej agit encore sur beaucoup d^autres compoiiés, 11 a^h principalement parla ^MMude quanlité de chlore qu'il contient; aussi peul-on remployer pour fournir du chlore à d'autres composés elii iniques. Cesl ainsi que aon action sur les composés qui contiennent le groupe hjdroxylc consiste à remplacer ce groupe par du chlore; en même temps le penla chlorure se transforme en un composé dont nous parlerons proiilmlnement, l'oxydilorure de phospliore. On utilise souvent celle réaction, surtout en Chimie organique.

La chaleur de roruiatiiui du pcnlachlorure de phosphore est .ijo'*^ ; la transformation du Iriclilorure en |)eii tac [dorure par iixalîon de chlore libre dégage une quantité considérable de chaleur, ia4^*

Autres composés hâlogfénés du phosphore. — Le phosphore forme avec le hrouie deu3t c oui posés tout à fait analogues a ses couiposéi chlorés par leurs formules et leurs réactions. Le trihrouiure de plro^phure PBrj esl un liquide incolore qui bout à 17.J", et le pentabromure de phosphore est une substance solide jaune brun* dont la vapeur contient du brome libre.

Les compojiés du phosphore et ih l'iode n'ont [kis la mémeanahigie avec les coui[)Osés du pliosphore et du cidore. Le triiodure de [diosphore Pia est une matière rouge, cristalline; elle se forme à partir de ses éléments en dégageant une quantité de chaleur peu considérable. On ne connaît pas de pentaitïdure de phosphore. Par contre, il existe un sous-iodure de (diosphore très caractérisé, qui, par sa composition et sa densité de vapeur, répond u la formule P^li ; c'est aussi une nialit^-rc rouge et crisLalIlne; on roblienl également en mettant eu présence ses deuî. éléments; la combinaison a lieu avec un faible dégagement de chaleur. Il vaut mieux dissoudre les deux éléments dans un dissolvant commun, comme par exemple le sulfure de carbone; la combinaisnn a lieu immédiatement, et en évaporant le dissolvant a Tabri de rinjmidité on obtient le composé pur en beaux cristaux rouges.

Sous Taction de Peauj ces deux composés se décompoîient en donnant des acides oxygénés du pliosphorcet de Pacide iodhjdrique; aussi servent-ils à préparer cette substance (p. '^'jG), A haute température et si Peau est en faible quantité, une partie du phosphore se combine avec l'hydrogène de Peauj et il se forme de Tiodure de jihosphonium (p. 4^9)-

On ne connaît qu'une seule combinaison du fluor avec le phosphore; elle répond à la formule PFI5. C'est un gaz qui se décompose rapidement sous Faction de Teau ; à température peu élevée il faut une pression considérable pour le liquéfier.

La chaleur de formation du tribromure de phosphore est iS^^-'; celle du pentabromure est n^'J^^'i celle du sous-iodure de phosphore l\h est 82^1.

Composés oxygénés du phosphore. — Comme la plupart des éléments que nous avons étudiés, le phosphore forme avec l'oxj^gène et rhjdrogi'jie un certain nombre d'acides; ces acides diflerent les uns des autres par la quantité d'oxjgène qu'ils contiennent. Les acides du phosphore diffèrent de ceux des autres éléments en ce qu'ils sont généralement polybasiques : ils contiennent plusieurs poids de combinaison d'hydrogène pouvant être remplacés par des métaux.

Le plus important de ces composés est l'acide phosphorique. On comprend sous ce nom plusieurs acides que l'on peut considérer comme étant tous les hydrates du même anhydride PjOs, dit anhydride phosphorique, et qui diffèrent entre eux par le rapport de la quantité d'eau à la quantité d'anhydride. Déjà, à propos de l'acide sulfurique et de l'acide sulfureux, nous avons envisagé des différences du même genre, mais elles ne se révélaient que par les sels de ces acides et disparaissaient dans les solutions de ces acides eux-mêmes. Ici, au contraire, les différences restent appréciables pendant un certain temps en solution aqueuse. Nous trouvons ainsi confirmée la justesse du mode d'interprétation adopté dans les cas antérieurs.

Anhydride phosphorique. — Le peuloxyde de phosphore, ou anhydride phosj)horique, que nous connaissons déjà, prend naissance lors de la combustion vive du phosphore dans l'air ou dans l'oxygène. On peut le préparer en quantités aussi grandes qu'on le désire au moyen de l'appareil représenté par la figure 96. Il consiste en un cylindre en lôle, que l'on fait traverser par un courant d'air préalablement desséché par l'acide sulfurique; cet air entre par le tube a et sort par le tube b. A l'intérieur du cylindre est disposée une capsule où l'on place au début de l'expérience un 0. 28

Qoo^Q:

n^ c:HAl»ITftE XV.

peu de phosphore enilammé. Quan.1 ce phosphore est consumé, ..« a'a qu'à jcKîr par rorilice c de petits morceaux de phosphore; ils s'enfla mine m spotilanémeiU dans lu capsule chaude. L'anliydridiphosphorJque ainsi formé est une masse sans consistance, si-uiblaldr à de la iîeif,'e; on peut la faire tomber dans un récipient se.- en «m,vranl l'orifire inférieur d.

L'anhydride phr>s|>horique répond par sa composition à la formule P3O,; c'est le plus riche en osvgène des oxj^des de phosphore connus. U forme une niasse blanche, qui se volatilise à la tempénilure du rouge sombre. Par la combustion du phosphore on ne l'obtient pas à l'étal parfaitement pur: outre les traces d'eau qu'il fixe généraiemenl, il contient encore d'ordinaire une certaine quantité de irioxydcde phosphore, résultant d'une combustion incomplète. On le purifie en le sublimant dans un couranl d'oxjgèue sec.

La propriété la plus frappante de l'anhjdride phosphoriquc est sa len.lanre très marquée â se combiner avec l'eau. En présence de l'air il devieuL bientôt liquide. Jet.:- dans l'eau, il se combine avec elle; on entend alors un sifilemenlqui estdÛ à l'élévation considérable de la température du liquide. La pression de la vapeur d'eau qui se degage du composé ainsi obtenu est extrêmement faible; aussi I anhydrrde phosphorique est-il le desséchant le plus actif que l'on connaisse. On utilise celle propriété dans toutes les rirronstanccs ou l'on veut faire <lisparaître autant que possible les deruit-res traces de vapeur d'eau. t,>uand on veut s'en servir pour la dessiccation des ga/>. il est bon d'enlever la plus grande partie de la vapeurd'cau au nioyi-n d'un des desséchants ordinaires, par exemple de l'acide sullurique, et de ne se servir de l'anhjdride phosplioiiquc que pour achever la

dessiccation. 1 r

L'anhydride phosphoriquc ne serl pas seulement a absorber 1 eau déjà existante, mais aussi à provoquer des réactions dans lesquelles il y a fixation d'eau. Nous avons .lonné un exemple de ces laits u propos de l'anhydride azotique (p. 385). On altribuail autrefo.s les phénomènes de ce f!enre à une espf-ce particulière daf h n. te dunnque, qu'on appelait VaJ/i>ulé prédisposante; on admettait qu une substance qui a beaucoup d'affinité pour un composé donne esl capable de provoquer la formation de ce composé à partir de ses éltmcls. Mais celle interprétation implique lidée ,1'u ne substance u'eKlsLanl pas encore et provoquant néanmoins la réaction qui Im donne naissance; elle suppose qu'une certaine chose a une action alors qu'elle n'existe pas.

L'interprétation véritable Je ce phénomène et des phénomènes

analogues nous est fournie par la loi de Taction de masse. Une partie extrêmement petite de l'acide azotique est décomposée en eau et en anhydride azotique (*); si Ton ajoute de Tanhydride phosphorique, l'eau est entraînée dans une combinaison nouvelle, et, pour que l'équilibre se rétablisse, il faut qu'une nouvelle quantité d'acide se décompose en eau et en anhydride azotique. Ce phénomène se répète jusqu'à l'épuisement d'une des substances qui y prennent part ou jusqu'à ce qu'il se soit établi un équilibre chimique entre les substances nouvellement formées.

Nous venons d'admettre que quand certaines matières peuvent, par des réactions connues, se former aux dépens de matières données, elles existent en réalité en même temps que ces matières données, mais en quantité généralement trop faible pour être mesurable. Cette hypothèse n'est pas arbitraire et destinée à « expliquer » des phénomènes qui, autrement, seraient inintelligibles : elle résulte de l'énergétique ou thermodynamique, c'est-à-dire d'un des postulats généraux les mieux établis. Mais nous n'en pouvons donner ici la démonstration.

Acides phosphoriques. — L'anhydride phosphorique forme avec l'eau trois acides distincts, suivant les équations ci-dessous :

Pj05-+-2H,0= H*P,07, Pj05H-3HjO = 2H3P O4.

Le premier de ces acides est monobasique; on l'appelle acide metaphosphorique. Le second est tétrabasique, c'est l'acide pyrophosphorique. Le troisième est tribasique, c'est Vacide orthophosphorique^ ou acide phosphorique ordinaire. Quand on parle de l'acide phosphorique sans rien spécifier, c'est toujours de l'acide orthophosphorique qu'il s'agit.

De ces trois acides, le dernier est de beaucoup le plus important. C'est le seul dont les composés existent dans la nature. En solution aqueuse, les autres acides phosphoriques se transforment spontanément en acide orthophosphorique, de la même façon qu'à la tempé-

(') Cette décomposition n'a pas encore été vérifiée expérimentalement, car il n'y a pas de réactif qui permette de reconnaître l'anhydride azotique en présence de l'acide azotique. Il est facile d'observer une décomposition analogue dans le cas de l'acide sulfurique (p. 343), car alors l'anhydride obtenu est volatil et fume à l'air, ce qui décèle son existence.

Qoo^Q:

CIJAIMTIU: w.

rature ordinaire les diverses formes de soufre finissenl par se Iransfonner e.i soufre rhombique, qui esl h forme la plus slabic.

On «btient de l'aride orthophospl.mi.p.e en dissolvant dans 1 eau d.- l'anliydride phospKoriqne. el en laissanl reposer la ''O^T 7 certain temps, chaud de préférence. H se forme d aliord Jae.de .,u'-lanhosphoriquc, qui esl le pins instable; peu à peu ect ae.de se Uansformc en acide urlbophospl.orique. Mais il esl pins commode d'obtenir l'acide orthopliosphorique en oxydant du plu.spliore Idane au moyen de l'acide azotique dilué. Ce phosphore se dissout et I on observe un àéi^-^&^n^eiM de l.iox>de d'a^ole; pour séparer 1 ac.de phosl.horique ainsi obtenu de l'acide azotique et des produits de la réduction de l'acide azotique, on évapore en cl.aunant fortriuenl.

L'acide orLboplmsphoriciue ainsi obtenu esl un bqu.de v.squcu^, Mul cristallise knl-menlet diffiL-iiement. Le poinlde fusion de 1 aeuJe pur est voisin de /i^"; la présence de l'eau l'abaisse, el la présence des Icides meta et pYropbosphoiiqoes a le .n.^n.e résultat. Cela Lent a ce nue d'une mani;:re s^'énéralc, le point de fusion d'une substance quelconque s'abai.se quand elle est en présence d'une antre substance

La cendre d'os fournit de l'acide pl.ospbovique à Tétai .mpnr. Les os des ma..nuifr'..s sont constitués en partie par le sel de calcium de l'ucide orlbopbosplH.rique, en pa.iie par une matière azotée organique qui se transforme en gélatine par la cuisson. Quand on chauffe des os en présrnce tle l'air, ils eomm.ncenl par devenir no.rs parsu.ie de la carbonisation dos luatièrcs organiques; si l'onconl.nue ù chauffer le carbone brrtle et il reste le phosphate de calcium en masses blanches qui ont conservé la forme des os. Ce résidu est ce «p. on appelle la cendre d'os. .

Si Ton mélange d. la cendre d'os pulvérisée à de l acide sulfu.iquc dilué, il se produit un phénomène analogue à celui qui se trouve décrit page 34.J. Le sulfate de calcium esl un sel peu soluUe; e esl pourquoi il s'en forme aux dépens de l'acide sulfuriquc el du phosphate de calcium ; en même temps on ohtienlde l'acide phosphorique. On sépare par filtration la solution aqueuse d'acide phosphorique du

sulfate de calcium.

Mais, comme ce sel a une certaine solubUilé, il en reste une ccruinc quantité en solution. En outre, la cendre d'os n'est pas du phosphate de calcium pur, et quelques-unes des autres matières quelle contient forment également des composés solubles sous 1 action de l'acide sulfurlque. 11 en résulle que l'acide phosphorique ainsi obtenu est impur, quoique d'ailleurs suffisamment pu.- pour beaucoup d'usages induslrleb.

Comme l'indique l'histoire de sa préparation, l'acide phosphorique est soluble dans l'eau. Il l'est même à un si haut point qu'on n'a pas encore mesuré son degré de solubilité. 11 suffit d'ajouter très peu d'eau à l'acide phosphorique pour abaisser son point de fusion au-dessous de la température ordinaire; il se transforme ainsi en une solution qui contient très peu du dissolvant qui est l'eau.

Cette solution aqueuse agit sur le tournesol comme un acide. Elle a une saveur acide pure et agréable. Sa conductibilité électrique est relativement faible : 1 moléule d'acide phosphorique, dissoute dans 10 litres d'eau, contient quatre fois moins d'ion hydrogène qu'une solution d'acide chlorhydrique également diluée.

L'acide phosphorique est tribasique et peut former par conséquent trois séries de sels : un, deux ou trois de ses hydrogènes peuvent être remplacés par des métaux. On distingue les uns des autres les deux sels acides et le sel normal en indiquant, au moyen des noms de nombres grecs, combien de poids de combinaison d'hydrogène sont remplacés par des métaux. Ainsi le monophosphate de potassium est le sel KHj PO4 ; le diphosphate de sodium est le sel Na2HP04 ; le triphosphate d'argent est le sel AgaPOi- Dans la nature on ne rencontre que les sels de cette dernière série, qu'on appelle aussi phosphates normaux.

Quand on cherche à neutraliser par la soude, en présence du tournesol, de l'acide phosphorique en solution aqueuse, on n'observe pas de transition brusque. D'après l'équation

H, PO4 -h 3 Na OH = Na, PO* -+- 3 H, 0,

il faut employer trois poids de combinaison de soude pour obtenir le sel normal ; néanmoins il suffit de moins de deux poids de soude pour provoquer la réaction basique; le tournesol bleuit peu à peu, et l'on ne peut assigner un moment où le liquide présente une réaction neutre.

De plus, la quantité de soude nécessaire varie avec la dilution : le tournesol bleuit d'autant plus tôt que la solution est plus diluée.

Ces phénomènes résultent de ce que la dissociation électrolytique de l'acide phosphorique n'a pas lieu de la même manière pour ses trois hydrogènes. La première dissociation

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