DES OXYDES DE SIOEYBDÉXE
Protoxyde, MoO. — Il est le produit de l’art; il est d’un brun cuivreux, difficile à fondre, et susceptible d’absorber le gaz oxygène à une température élevée, et de se ti-ansformer en partie en bioxyde et en partie en acide molybdiqüe : il se dissout dans les acides lorsqu’il est hydraté. On l’obtient sous ce dernier état en dissolvant un molybdate alcalin dans de l’acide chlorhydrique, l’acide molybdiqüe précipité ne tarde pas à être redîssôüs ; ô'n plonge alors dans la liqueur une lame de zinc, qui la transforme en chlorure de zinc et en protochlorure de molybdène ; il suffit de traiter cette liqueur avec précaution par i’ammo-
DO TUNGSTÈNE. 535
DÎaque , jusqu’à ce qu’elle soit décolorée, pour obteuii’ un précipité de protoxyde.
Bioxyde, Mo 02. — Anhydre, il est cristallin , d’un brun rougeâtre , et devient vert à l’air en passant à l’état de molybdate de protoxyde de molybdène. Il est un peu soluble dans l’eau et il rougit faiblement le tournesol. On l’obtient en décomposant par la chaleur, en vases clos, le molybdate d’ammoniaque.
Acide molybdique, MoO^.— Il est en aiguilles soyeuses, blanches, brillantes, fusibles, jaunissant par la calcination, se volatilisant lorsqu’on les chauffe à l’air, peu solubles dans l’eau froide. Sa dissolution rougit le tournesol et est ramenée à l’état d’oxyde bleu intermédiaire par les métaux, les acides elles sels avides d’oxygène. Il forme avec les bases deux séries de sels , RO, MoO^ et RO, 2 Mo 03. Il se combine aussi avec le bioxyde de molybdène, et donne des oxydes intermédiaires qui présentent de belles teintes bleues ou vertes; l’acide connu autrefois sous le nom d’acide molybdeux n’est qu’un de ces oxydes. On obtient l’acide molybdique en traitant à chaud le sulfure de molybdène par l’eau régale.
DES SEXS DE PRO'SOXLTDE DE «OETBDÈME.
Ces sels sont fort peu connus. Ils sont noirs ou pourpres, d’une saveur astringente, sans arrière-goût métallique ; leurs dissolutions précipitent en brun par la potasse, la soude, l’ammoniaque, et par le sesquicarbonate d’ammoniaque (ce dernier redissout le précipité), en brun par le cyanure de potassium et de fer, et en noir par l’acide siilfhydrique,
DËIS fSEElS DE BIOXYDE DE SIOEYBDÊXE.
Ils sont rouges quand ils sont hydratés, et presque' noirs s’ils Sont anhydres, d’une saveur astringente métallique; leurs dissolutions précipitent, par les alcalis, du bioxyde couleur dérouillé; les carbonates et les bicarbonates y forment un précipité qu’ils peuvent redissoudre s’ils sont employés en excès ; le cyanure jaune de potassium et de fer les précipite en brun foncé ; l’acide sulfhydrique y forme lentement un précipité brun; une lame de zinc en sépare du protoxyde noir mêlé d’un peu d’oxyde de zinc.
DE TEXeSTÈSTE ( SCHEEUOM , SCHEEUîr , WOITHAM ). W. ÉqnlV. = 1188,4
On trouve le tungstène à l’état de tungstate de chaux et de tungstate double de manganèse et de fer : ce dernier est plus commun que les au-
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1res, et conslitne le wolfram. Le tungstène est solide, d’un blanc grisâtre comme le fer, très-brillant, très-dur, inattaquable par la lime, et fragile ; son poids spécifique est, suivant MM. d’Elhuyart, de 17,6.
Il ne paraît pas avoir été fondu , même à la température de 170“ du pyromètre de Wedgwood ; on peut pourtant, lorsqu’il a été ainsi chauffé, l’obtenir par le refroidissement en petits cristaux d’une forme indéterminée (Vauquelin). Il n’agit sur le gaz oxygène et sur Vair qu’à une température élevée : alors il brunit, s’oxyde avec flamme, et passe à l’état d’acide tungstique. Il décompose Veau à la chaleur rouge, et donne aussi de l’acide tungstique. L’acide sulfurique concentré à chaud et Pacide azotique le transforment également en acide tungstique. L’acide chlorhydrique n’agit pas sensiblement sur lui.
Préparation. On obtient le tungstène en traitant l’acide tungstique par l’hydrogène sec à une ffempérature très-élevée. Pour préparer cet acide, on fait chauffer, pendant deux heures , 1 partie de wolfram pulvérisé et séparé de sa gangue (mine composée principalement d’acide tungstique , d’oxyde de fer et d’oxyde de manganèse ) avec cinq ou six fois son poids d’acide chlorhydrique liquide, qui dissout les oxydes de fer et de manganèse, et laisse l’acide tungstique sous forme' d’une poudre jaune; mais il est mêlé avec un peu de gangue et avec du wolfram non décomposé ; on le lave , et on le fait dissoudre à froid dans l’ammoniaque; on filtre et on évapore le tungstatequi a été produit; lorsqu’il est sec, on le chauffe dans un creuset pour eu volatiliser l’ammoniaque, et l’acide reste pur.