‹ Éléments de chimie (volume 2)Chapitre 119 sur 149 · DES SELS DE PROTOXYDE DE TANTALE · texte numérisé non relu

DES SELS DE PROTOXYDE DE TANTALE

en esl de ces taches corame de celles que l’on obtient avec l’orsenîe; et puisque, dans le rapport sur l’affaire Lacoste, M. Pelouze a dit, après avoir examiné ces taches à l’aide de divers réactifs, qu’ü était impossible de ne pas reconnaître V arsenic aux caractères qu’elles avaient présentés, on ne voit pas pourquoi il sent le besoin d’extraire l’antimoine ou l’arsenic sous forme d’anneau.

DU TAKTvIXC: {COÜOMBIÜM). Ta. Équivalent = 1531,15.

Le tantale, découvert en 1801 par Hatchelt, est excessivement rare ; on le trouve, dans la tantalite et Vyttrotantalite, à l’état d’oxyde ou d’acide , combiné tantôt avec les oxydes de fer et de manganèse, tantôt avec l’yttria.

Il est sous forme de poudre noire qui , sous le brunissoir, prend de l’éclat métallique et une teinte gris de fer ; il est infusible au feu de forge et brûle au contact de l’air, en passant à l’état d’acide tantalique. Il se combine avec l’oxygène en deux proportions, et par des moyens indirects avec le soufre et le chlore pour former Ta^S^ et Ta^Gls,

Extraction. On décompose le chlorui’e de tantale sec par le potassium au rouge naissant; on traite la masse par l’eau qui dissout le chlorure de potassium formé, et le tantale se précipite.

DEiS OXXTDEiS DE XANTAEE.

Protoxyde, TaO. — Il est gris foncé et insoluble dans les acides. On l’obtient en décomposant l’acide tantalique dans un creuset brasqué.

Acide tantalique, Ta^O^. — Il est blanc, infusible, indécomposable par la chaleur, rougissant le tournesol quand il est hydraté, soluble dans les acides fluorhydrique et chlorhydrique; la potasse caustique et le bioxalate de potasse dissolvent l’acide hydraté , Ta203,3H0. On l’obtient en traitant le tantale par l’azotate de potasse dans un creuset, et eu décomposant le tantalate qui en résulte par l’acide chlorhydrique.

DES SEES DE PDOXOS.XDE DE XAIKXAEE.

Ges sels sont à peine connus. Ils ne sont qu’incomplétement précipités par l’acide chlorhydrique. L’eau bouillante les décompose en sels acides incolores qui se précipitent et en sels basiques solubles. Le zinc en sépare, au bout d’un certain temps, de l’acide tantalique, pourvu qu’ils soient unis à de l’acide chlorhydrique.

DC XIOBirSE ET BB PÉEOPIBH.

Le niobium, découvert par H. Rose en 1846, dans des tantalites provenant de l’Amérique septentrionale, est obtenu en chauffant dans un courant de gaz ammoniac du chlorure de niobium satiu'é de gaz ammoniac. Il est soluble dans un mélange d’acides azotique et fluorhydrique, et insoluble dans l’eau régale. Il forme avec l’oxygène de l’acide moMque blanc, jaunissant lorsqu’on le chauffe, et redevenant blanc parle refroidissement, décomposable par le cAIorè et le charbon, qui le convertissent, à une température rouge , en chlorure que l’eau transforme en acides niobique et chlorhydrique. L’acide niobique donne une liqueur bleue, lorsqu’on fait agir le zinc sur sa dissolution dans l’acide chlorhydrique. Le niobate de potasse, traité par un acide, puis par la teinture de noix de galle, dorme un précipité brun foncé.

Lepélopium, obtenu pour la première fois en 1846 par H. Rose, forme avec l’oxygène de l’acide pélopique, lequel, traité par le chlore et le charbon, donne un chlorure Jaune, fusible à 212“, décomposable par l’eau comme celui de niobium , et volatil. Le pélopate de potasse , traité par un acide, puis par la teinture de noix de galle, donne un précipité orange.

DE E’IEHÉIVIBH. 11. Équivalent = 750.

LMlménium , découvert en 1847 par Hermann , dans l’yttrotantalite de Sibérie , présente la plus grande analogie avec le tantale, le niobium et le pélopium ; son existence est douteuse pour quelques chimistes. D’après Hermann , il forme avec l’oxygène de l’acide ilménique d’un jaune foncé quand il a été calciné , insoluble dans l’acide chlorhydrique, alors même qu’il est hydi’até , formant avec l’acide sulfurique un composé qu’une grande quantité d’eau décompose en laissant précipiter de l’acide ilménique hydraté, h'ilrnénate de soude, mêlé à de l’acide chlorhydrique, donne, avec la noix de galle ou avec le cyanure jaune de potassium et de fer, des précipités bruns beaucoup plus foncés que ceux que l’on obtient dans les mêmes conditions avec le tantalate ou le niobate de soude.

DU BISHUrn. BL Équivalent = 1330.

Le bismuth se trouve, 1° à l’état natif, en France, eu Saxe, en Bohême, en Souabe,en Suède; mais il contient toujours un peu d’arsenic et d’ar-

bü ÊisMütH. o6i

gent ; 2“ combîné avec l’osygéne; 3° uni avec le soufre, le tellure, le plomb et l’arsenic.

Il est solide, d’une couleur blanche rougeâtre, très-fragile, à moins qu’il ne soit très-pur, car alors il est un peu ductile ; il est formé de grandes lames brillantes; son poids spécifique varie de 9,83 à 9,88.

II entre en fusion à la température de 264°; si on le laisse refroidir très-lentement, il cristallise en cubes tellement disposés les uns par rapport aux autres , qu’ils forment une pyramide quadrangulaire renversée; on n’observe ce phénomène qu’autant que le métal est pur ; comme l’eau il se dilate au moment de sa solidification. Les cristaux de bismuth sont ordinairement recouverts d’une couche très-mince d’oxyde qui leur donne de belles teintes rouges , bleues et vertes. Il est complètement volatil sous le charbon, à une température d’environ 30° du pyromètre deWedgwood (Ghaudet).

II n’agit ni sur l’air ni sur le gaz oxygène secs, à la température ordinaire ; mais il se ternit dans ces gaz humides. Il s’oxyde à l’aide de la chaleur, et l’absorption de l’oxygène est accompagnée d’un dégagement de calorique et de lumière, comme on peut s’en convaincre en projetant sur le sol du bismuth chauffé au rouge blanc. Le phosphore ne se combine pas directement avec le bismuth; il existe cependant un composé de phosphore et de ce métal , facilement décomposable à une température peu élevée , et que l’on obtient en traitant une dissolution saline de bismuth par le phosphure d’hydrogène gazeux. Le soufre s’unit avec lui à l’aide de la chaleur ; en fondant parties égales de bismuth et de soufre, et en abandonnant la masse à un l'efroidissement lent, on obtient un monosulfure, Bi S, qui cristallise dans l’excès du bismuth; on décante celui-ci pendant qu’il est encore liquide. Il existe encore un sesquisulfure,Bi2 S^, noir, floconneux, et insoluble dans l’eau, que l’on prépare en précipitant un sel de bismuth par l’acide sulfhydrique ; on le trouve en Suède, en Saxe et en Bohème , mais il n’est pas pur.

L’iode peut s’unir au bismuth ; l’iodure qui en résulte, Bisp, est brunmaiTon et insoluble dans l’eau.

Le chlore gazeux se combine avec ce métal réduit en poudre fine , et il y a dégagement de calorique et de lumière d’un bleu pâle. Le chlorure, Bi2 CP, connu autrefois sous le nom de beurre de bismuth, est blanc, déliquescent, fusible , volatil , et se transforme dans l’eau en oxychlorure blanc insoluble, BP G13,2Bi2 03, 3HO, et en chlorure qui reste dissous dans l’acide chlorhydrique formé aux dépens de l’hydrogène ce l’eau. Le chlorure de bismuth est soluble dans l’acide chlorhydrique faible, et il se produit un chlorhydrate de chlorure. On l’obtient en 1. 36

chauffant 1 partie de bismuth avec 2 de sublimé corrosif. Ce chlorure peut former des combinaisons doubles avec les chlorures alcalins.

Le bismuth n’exerce aucune action sur Vazote. Si on le laisse dans Veau au contact de l’air, on obtient des paillettes blanches de carbonate de bismuth; il ne décompose l’eau lentement et difficilement qu’à une température très-élevée. Il n’agit pas sur les acides borique, carbonique et phosphorique. L’acide sulfurique concentré et bouillant se combine avec lui après l’avoir oxydé; d’où il suit qu’une portion d’acide est décomposée, et qu’il y a dégagement de gaz acide sulfureux. L’acide sulfureux n’agit point sur lui. L’acide azotique l’attaque, et se décompose avec d’autant plus d’énergie qu’il est plus concentré; le métal s’oxyde et se dissout dans la portion d’acide non décomposé , il se dégage du gaz bioxyde d’azote. L’acide chlorhydrique liquide n’agit que très-lentement sur le bismuth. L’acide arsénique peut aussi se combiner avec lui après l’avoir oxydé.

Le bismuth s’allie à plusieurs métaux et donne des alliages très-fusibles, mais il ne forme avec ceux qui ont été précédemment étudiés que des composés peu importants.

Caractères distinctifs. 1“ Ses propriétés physiques ; 2° sa dissolution dans l’acide azotique, avec lequel il forme un azotate facilement reconnaissable (voy. Sels).

Extraction. Si le bismuth que l’on trouve à l’état natif ne contient pas du cobalt, on se borne à le fondre ; il ne tarde pas à se rassembler au fond des creusets et â se séparer de la gangue ; dans le cas où celle-ci serait très-abondante, il faudrait mêler la mine avec un fondant terreux et alcalin. Si le bismuth natif contient du cobalt, on le chauffe dans des tuyaux de fer que l’on incline légèrement dans un fourneau ; le bismuth fond et vient se condenser dans un récipient de fer,' mais il contient presque toujours de l’arsenic, du plomb, de l’argent et un peu de soufre; on le chauffe jusqu’au rouge avec un dixième de son poids d’azotate de potasse qui acidifie le soufre et l’arsenic , et oxyde en partie le bismuth et le plomb ; on traite par l’eau, qui dissout le sulfate et l’arséniate de potasse, et laisse du bismuth, de l’oxyde de bismuth , du plomb et de l’argent; on dissout ce mélange dans l’acide azotique, et on en sépai’e l’argent par l’acide chlorhydrique, et le plomb par l’acide sulfurique; enfin on décompose l’azotate de bismuth par la potasse, et on réduit l’oxyde précipité, au moyen du charbon.

On peut obtenir du bismuth pur en fondant dans un creuset un mélange de sous-azotate de bismuth et de flux noir (charbon et carbonate de potasse).

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