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DES MÉTAUX DE LA SIXIÈME CLASSE

Ces métaux, au nombre de deux, le mercure et l’argent, absorbent l’oxygène à une température déterminée ; leurs oxydes, chauffés plus fortement, se réduisent en oxygène et en métal. Ils ne décomposent l’eau ni à chaud ni à froid.

DC HERCVRi: (vif-aecent). Hg. Équivalent = 1250.

On trouve le mercure: 1° à l’état natif, pur ou amalgamé avec de l’argent , dans presque toutes les mines de mercure , mais principalement dans celles de sulfure ; 2'’ combiné avec des corps simples, tels que le soufre, l’argent, le chlore, le sélénium, etc.

Le mercure est un métal liquide, brillant, d’un blanc tirant légèrement sur le bleu, inodore, insipide; son poids spécifique est de 13,596 à O".

Si , après l’avoir introduit dans une cornue de grès ou de fonte dont le col est entouré d’un nouet de linge qui plonge dans l’eau, on le chauffe graduellement, il entre en ébullition à la température de 350° du thermomètre à air, se volatilise, et vient se condenser dans le récipient. Il se vaporise même à la température de 15°,5 à 26°,7 centigrades comme l’a prouvé M. Faraday : en laissant pendant plusieurs semaines une feuille d’or‘ battu à quelques décimètres au-dessus de la surface du mercure, l’or blanchit d’une manière évidente; rien de semblable n’a eu lieu au-dessous de 0°. Le plomb, l’étain, et tous les métaux oxydables, retardent beaucoup la distillation du mercure, parce qu’ils forment une couche d’oxyde , sorte de pellicule qui s’oppose à la distillation ; le platine parait au contraire l’accélérer. Il est très-dilatable; de 0° à 100°, il se dilate à peu près uniformément de V^soe de son volume pour chaque degré centigrade. Si, au lieu de chauffer le mercure, on l’entoure d’un mélange frigorifique fait avec 2 parties de chlorure de calcium et une partie de neige, il se congèle, et crislallise en octaèdres, si la température est à 39°,50 — 0 : cette congélation peut être opérée instantanément, et à toutes les températures, à l’aide de l’acide sulfureux anhydre et surtout de l’acide carbonique solide. Ainsi solidifié, il est d’un blanc d’argent, malléable, et ne saurait être appliqué sur la peau sans y déterminer une sensation pénible, analogue à celle de la brûlure ; sa densité, d’après Schuize , est de 14,391 à une température un peu inférieure

à celle de sa congélation. Le gaz oxygène et Vair atmosphérique le transforment en oxyde rouge à un degré de chaleur voisin de celui auquel il entre en ébullition ; à froid , le mercure absorbe à la longue l’oxygène de l’air, surtout pendant l’été; l’oxyde produites! sous forme d’une pellicule grise qui ternit la surface du métal, et qui, étant chauffée dans un courant de gaz azote, donne un léger résidu cristallin de bioxyde rouge de mercure. V hydrogène, le bore et le carbone, n’agissent point sur le mercure.

Il existe nnphosphufe rouge de mercure j inaltérable à l’air froid, ainsi qu’à la température de 360°.

En tritui’ant ou en chauffant avec précaution 150 parties de soufre et 950 parties de mercure, on obtient un corps noir (œthiops minéral)^ mélange, d’après Guibourt, de bisulfure de mercure, HgS, et de mercure, Hg. Vogler conseille, pour obtenir l’œthiops, d’agiter dans un vase en verre épais et bouché pendant deux heures 120 grammes de mercure avec 30 gr. de soufre sublimé , lavé et tamisé, d’ajouter ensuite autant de soufre, et d’agiter jusqu’à ce que l’on n’aperçoive plus de mercure à l’œil nu ; alors on introduit encore 60 grammes de soufre , et l’on agite jusqu’à ce que le mercure ne soit plus visible à la loupe. Ce procédé doit être préféré à celui de la trituration, parce qu’on ne perd pas de matière.

On prépare le protosulfure de mercure = Hg^S, en faisant passer un .courant de gaz acide sulfhydrique à travers un sel de protoxyde de mercure dissous. Il est noir, insoluble dans l’eau , et solifble dans^ les sulfures alcalins ; il joue Te rôle de sulfobase ; chauffé même au milieu de l’eau , il se décompose en bisulfure , HgS , et en mercure. On l’emploie rarement- en médecine comme vermifuge, et à l’extérieur pour combattre la gale.

Le bisulfure rouge de 'mercure (cinabre), HgS", naturel ou préparé dans les laboratoires, paraît violet lorsqu’il est en fragments; il est au contraire d’un beau rouge quand il est pulvérisé, et porte le nom de vermillon. Il peut être subjimé en aiguilles cristallines lorsqu’on le chauffe jusqu’au rou0e brun ; il ^rait décomposé si on le chauffait avec le contact de l’air, et .donnerait du mercure et du gaz acide sulfureux. Il est insoluble dans l’eau. Le fer et plusieurs autres métaux lui enlèvent le soufre à l’aide 'de la chaleur, et le mercure se volatilise. L’hydrogène et le charbon le décomposant. Il n’éprouve aucune altération de la part de l’air ni du gaz oxygène à froid. Il est attaquable par l’acide azotique concentré ; son meillem- dissolvant est l’eau régale. On le trouve en France, à Idria en Carniole, à Almaden en Espagne, près

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