‹ Éléments de chimie (volume 2)Chapitre 136 sur 149 · DU MERCURE · texte numérisé non relu

DU MERCURE

de Schemnitz en Hongrie, en Chine, au Pérou, et dans quelques autres parties de l’Amérique. Il est employé en peinture, et pour obtenir le mercure. On a’en sert en médecine, surtout sous forme de fumigations, dans le traitement des dartres vénériennes, des douleurs ostéocopes, de la roséole , de la syphîlide pustuleuse , des rhagades invétérées, et du prurigo pédiculaire. Si , par fraude , on avait mêlé au cinabre du minium , du colcothar ou de la brique pilée , il suffirait, pour s’en assurer, de chauffer le mélange au rouge ; le cinabre seul se volatiliserait.

Préparation. On fait chauffer de Vœthiops minéral (voy. p. 598) dans un matras de verre à long col , luté extérieurement ; le cinabre se sublime sous forme de belles aiguilles violettes, tandis que l’excès de mercure se dégage. Un autre procédé, plus particulièrement employé pour la préparation du vermillon , consiste à triturer d’abord un mélange de 300 parties de mercure et de 114 parties de soufre sublimé, humecté, auquel on ajoute 75 parties de potasse caustique dissoute dans 400 parties d’eau; on chauffe à 50“ centig., en agitant continuellement; au bout de deux heures , la masse devient rouge , et lorsqu’elle est sous forme de gelée, on la i*elire du feu et on lave le sulfure par décantation ; il offre alors une fort belle couleur, et est employé en peinture (Brunner) ; si^l’on prolongeait plus longtemps l’action du sulfure alcalin , la matière brunirait.

L’iode peut être combiné avec le mercure en trois proportions. Le protiodure, Hg^I, est vert, insoluble dans l’eau et dans l’alcool; il se volatilise lorsqu’on Te met sur un charbon ardent , et donne des vapeurs jaunes mêlées de vapeurs violettes d’iode ; s’il est chauffé plus lentement, il se convertit en mercure et en biiodure. Le sesquiiodure , Hg2I,2HgI, est jaune; sous l’influence de la lumière, il devient d’un vert olive foncé; il contient souvent du bioxyde de mercure, dont on le débarrasse pai' des lavages à l’alcool. Le biiodure, Hgl, est d’un très-beau rouge; il jaunit lorsqu’on le chauffe; il est fusible et susceptible de se sublimer en lames rhomboïdales jaunes, dont la forme primitive est le, prisme droit rhomboïdal ; il change peu à peu de couleur et redevient rouge en reprenant la forme primitive d’un octaèdre à base carrée ; c’est donc un corps dimorphe ; mis sur des charbons ardents, il donne des vapeurs jaunâtres au milieu desquelles on peut apercevoir une coloration violette ; il se dissout dans 150 parties d’eau froide ; il est soluble dans l’iodui'e de potassium, les sels mercuriels, les acides et l’alcool.

Préparation. On obtient le en triturant du mercure avec de l’iode et quelques gouttes d’alcool; celui-ci s’évapore, et il reste de l’iodure vert , qu’il faut porter sur un poi-phyre et broyer par petites

portions en le tenant humecté, pour l’obtenir dans un état de combinaison complète et homogène. On prépare le se^quiiodure en précipitant Tazotate de protoxyde de mercure par l’iodure de potassium iodiiré. Enfin on forme le biiodure en décomposant un équivalent de sublimé corrosif dissous par un équivalent d’iodure de potassium , ou en triturant équivalents égaux de mercure et d’iode avec une petite quantité d’alcool (100 grammes de mercure, 124 d’iode, et 1 kilog. d’alcool). Ces iodures sont employés avec succès dans le traitement des maladies vénériennes et scrofuleuses; la dose est de 1 à 2 centigrammes par jour en commençant , et si on fait usage de pommade, de 30 grammes d’axonge et de 1 à 2 grammes d’iodure. Le biiodure est le plus énergique. On est parvenu à fixer la belle couleur de cet iodure sur les tissus.

On peut combiner le brome avec le mercure en deux proportions. Le protqbromure, Hg2Br, est blanc, insoluble dans l’eau , volatil au-dessous du rouge sombre; il a la plus grande analogie avec le protochlorure. On Tobtient en décomposant un sel de protoxyde de mercure par un bromure alcalin. Le bibromure, HgBr, est en aiguilles blanches, solubles dans l’eau, l’alcool et l’éther, et volatiles. On le prépare en dissolvant le protobromure dans un mélange d’eau et de brome. Les bromures de mercure agissent sur l’économie animale comme les iodures et les chlorures, qu’ils peuvent remplacer en médecine.

Le chlore gazeux se combine avec le mercure, même à la température ordinaire; si on chauffe le mélange, il se produit une flamme d’un rouge pâle, et le mercure passe à l’état de chlorure. On connaît deux composés de ce genre.

DU PROTOCBl^ORVRE DR WIRRCIJRR (CAIiOHÉtAS).

ht protochlorure de mercure, Hg2Gl, appelé aussi mercure doux, panacée mercurielle, précipité blanc, existe dans la naturé en petite quantité. Il est blanc, insipide, inodore, insoluble dans l’eau; exposé à l’action du calorique, il fond, se sublime, à la vérité moins facilement que le bichlorure, et fournit des cristaux qui sont des prismes tétraèdres terminés par des pyramides à quatre faces; il jaunit, finit même par noircir lorsqu’il est exposé pendant longtemps à la lumière , et se trouve alors changé en bichlorure et en mercure métallique. Il n’éprouve aucune altération à l’air. Le phosphore lui enlève le chlore à l’aide de la chaleur, passe à l’état de protochlorure de phosphore trèsvolatil (voy. p. 79), et le mercure est mis à nu. L'iode exerce sur ce corps uue action curieuse : que l’on place de l’iode solide à une certaine

Dü PROTOCllLORüRE DE MERCURE. 601

distance du calomélas cristallisé , au bout de plusieurs heures, on verra apparaître sur le cristal un point rouge, puis deux, puis trois, etc., qui vont toujours grandissant et recouvrent bientôt toute la.. surface du cristal; Fiode pénètre ensuite dans son intérieur, et après plusieurs mois, tout le calomélas est transformé en un cristal d’un très-beau rouge ; du reste la chaleur et la lumière e.xercent une grande influence sur le plus ou moins de rapidité de la réaction ; le cristal augmente de poids, mais sa foi-me cristalline n’est nullement modifiée. M. Boutigny, à qui l’on doit ces détails , sans se prononcer sur la nature de ce nouveau corps, dit que, suivant les proportions d’iode absorbées, il peut être considéré comme un protochlorure de mercure ioduré, ou comme un mélange de protiodure de mercure, de protochlorure et de bichlorure, ou bien encore comme un biiodure combiné à un bichlorure {Journ. de chim.méd.j mars 1847). Dès l’année 1826, Planche et Soubeiran avaient dit que l’iode décompose le protochlorure de mercure, s’empare d’une portion de mercure et le transforrtie en sublimé corrosif (bichlorure) ; il se forme du biiodure de mercure, à moins qu’on n’ait employé peu d’iode, car alors on obtient du protiodure de ce métal mêlé d’un peu de biiodure. Le chlore dissout le protochlorure de mercure lorsqu’il est récemment fait, et le change en bichlorure (sublimé corrosif). Mêlé avec du charbon et la quantité d’eau nécessaire pour faire une pâte, il est décomposé si on le chauffe, et l’on obtient du mercure métallique, du gaz acide chlorhydrique, du gaz acide carbonique, et un peu de gaz oxygène : dans cette expérience , l’eau est également décomposée , l’hydrogène s’unit au chlore, tandis que l’oxygène se combine en partie avec le charbon. Chauffé avec de la potasse solide, il fournit du mercure et (Tu gaz oxygène qui se volatilisent, et du chlorure de potassium fixe : d’où il suit qu’il est décomposé, ainsi que la potasse; le chlore s’unit au potassium de celle-ci , tandis que le mercure mis à nu et le gaz oxygène provenant de la potasse décomposée se dégagent. A froid , les alcalis le colorent en noir. L’acide azotique le transforme, à chaud, en bichlorure et en azotate de bioxyde , et il se dégage du gaz bioxyde d’azote.

Depuis longtemps on savait que les chlorures alcalins avaient la propriété de décomposer le protochlorure de mercure et d’en changer une partie en bichlorm'e. M. Mialhe a étendu cette observation de manière à la transformer en généralité. Quoique l’importance des conclusions de ce travail exige la confirmation et le contrôle d’une expérience plus longue, puisqu’elles soulèvent des objections de la part des chimistes et des médecins, j’exposerai le résumé de toutes les observations de M. Mialhe , telles qu’il les a publiées dans ses mémoires ; seulement je

ferai observer que M. Mialhe pose comme base de ces expériences l’action qu’exerce sur les sels de mercure un mélange de chlorure de sodium et de chlorhydrate d’ammoniaqne, quoique l’existence d’un produit ammoniacal paraisse impossible pendant la vie dans la circulation, et que la plupart des chimistes s’accordent à n’en pas trouver dans le sang parfaitement frais. Voici ces conclusions : 1° toutes les préparations mercurielles usitées en médecine, en réagissant sur les dissolutions des chlorures alcalins, seules ou avec le concours de l’air, produisent une certaine quantité de sublimé corrosif, ou pour mieux dire un chlorure hydrargyro-alcalin ; 2° la quantité de sublimé produit avec les divers sels de mercure est loin d’être la même pour chacun d’eux ; 3° on pourrait dire , médicalement parlant , que les sels de protoxyde n’agissent jamais que par les faibles proportions du sublimé auquel leur décomposition donne naissance. En outré, M. Mialhe assure que la quantité de bichlorure produite est toujours en raison directe de la concentration de la liqueur chlorurée.

Le protochlorure de mercure est employé en médecine, 1° comme un excellent fondant , dans le carreau , les diverses maladies scrofuleuses , les engorgements du foie , de la rate, etc. ; 2° comme purgatif ; 3° comme antivermineux; on s’en est souvent servi pour prévenir ou pour combattre la diathèse vermineuse dans les petites véroles épidémiques; 4® comme antisyphilitique. Glare a conseillé, pour guérir la vérole, de frictionner légèrement, matin et soir, l’intérieur des joues, les lèvres et les gencives avec ce médicament. On l’administre aux adultes depuis 10 jusqu’à 40 et 60 centigrammes, suivant l’indication que l’on veut remplir ; on le donne aux enfants depuis 1 jusqu’à 5 ou 10 centigrammes, suivant l’âge ou l’affection ; on l’associe ordinairement à des extraits.

Préparation. On l’obtient,. 1° en versant dans une dissolution d’azotate de protoxyde de mercure du chlorure de sodium dissous, et en lavant le dépôt dans une très-grande quantité d’eau : ce dépôt, qui est le protochlorure, portait autrefois le nom dQ précipité blanc retient toujours un peu de chlorure de sodium , qui le rend légèrement soluble et plus actif. La théorie de sa formation est la même que celle qui a été exposée à la page 290, en parlant de l’action de l’azotate d’argent sur les chlorures. 2° En triturant 17 parties de sublimé corrosif légèrement humecté, et 13 de mercure métallique , et en sublimant le mélange dans un matras à fond plat : le chlore , dans cette circonstance , se partage entre le mercure du sublimé et le métal ajouté. 3° En faisant chauffer du sel Commun avec du sulfate de protoxyde de mercure dans le même appareil que celui qui sert à préparer le sublimé corrosif; le protochlonire su-

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blimé doit être lavé à grande eau pour le débarrasser du sublimé corrosif qu’il contient presque toujours. Comme il est difficile d’obtenir du sulfate de protoxyde de mercure exempt de sulfate de bioxyde , on préfère employer un mélange de sulfate de bioxyde et de mercure métallique : pour cela on pi’end.l6 parties de mercure et on les divise en deux portions égales ; on transforme la première en sulfate de bioxyde , et on y mêle intimement les 8 parties de mercure restantes ; on broie ce mélange avec 3 pai'ties de chlorure de sodium , et on le soumet à la sublimation.

Ce procédé, qui est sans contredit le plus économique, peut être avantageusement modifié lorsqu’on veut obtenir du protochlorure d’une très* grande ténuité (protochlorure dit à la vapeur). Voici la description de l’appareil et du procédé tels qu’ils ont été indiqués par M. Soubeiran en 1842. Il s’agit tout simplement de faire arriver du calomélas en vapeur dans une fontaine de grès, au milieu de l’air ; celui-ci, interposé mécaniquement entre les particules de la vapeur minérale , oppose un obstacle mécanique à la réunion de ces particules au moment où la solidification a , et la poudre de calomélas, cédant à son propre poids, se dépose lentement dans un état de division extrême et d’une grande beauté. «Les vases dans lesquels je ramasse le calomélas, dit M. Soubeiran (voy. pl. 8 ) , sont des tubes en terre allongés, de 10 centimètres de diamètre sur 50 à 60 centimètres de longueur. Ils sont fermés à un bout , et ouverts à l’autre ; chacun d’eux peut contenir 4 à .5 kilogrammes de mercure doux. Ces tubes sont enduits d’une couche de terre argileuse. Le tube est placé dans un fourneau allongé; il sort par l’un des côtés sur une longueur de 4 centimètres, et il pénètre à fleur de la paroi d’un récipient. Ce récipient est une grande fontaine en grès qui est percée, aux deux tiers de sa hauteur, d’un trou rond dans lequel l’extrémité ouverte du tube entre à frottement. On achève de boucher la jointure avec un peu de lut; on pose le couvercle sur la fontaine, et on l’ajuste avec une bande de papier collé ; on laisse en haut une ouverture qui permet à l’air dilaté de sortir librement ; il suffit de la recouvrir avec une plaque de verre. Le récipient doit être aussi rapproché que possible du fourneau, pour éviter que le mercure doux ne se condense dans le bout du tube ; pour la même raison , le tube doit arriver à fleur de la paroi du récipient, et ne pas s’enfoncer dans l’intérieur; d’un autre côté , il faut que le récipient soit soustrait à la chaleur qu’il recevrait directement du foui*neau; à cet effet, l’ouvertui’e par laquelle le tube sort du fourneau est bouchée avec de la terre et deux diaphragmes métalliques qui embrassent le tube en dehors du fourneau , s’interposant entre lui et le réci-

pient, et mettant ce dernier à l’abri du rayonnement. Ainsi se trouvent réunies ces deux conditions essentielles de succès : le tube est chauffé très-près du point où il pénètre dans le récipient, c’est pour éviter que le calomel ne s’y condense ; le récipient est abrité de la chaleur du fourneau, c’est afin d’empêcher qu’il ne s’échauffe; car si la température s’élevait trop, le calomel d’abord déposé en poudre se réunirait en agglomérations cristallines. On chauffe d’abord le tube au rouge sombre dans la partie la plus voisine du récipient, puis on porte peu à peu le feu dans toute la longueur du tube. Une heure et demie à deux heures suffisent à la complète volatilisation de 4 à 5 kilogrammes de mercure <loux.

Ce procédé est d’une exécution beaucoup plus facile que celui de M. Henry, qui consistait à mettre la vapeur de calomélas en contact avec la vapeur d’eau.

La panacée mercurielle est le protochlorure de mercure sublimé cinq ou six fois.

DIT BlCHIiORlTRin DE IHERCCRE ( SUBLIUÉ CORROSIF ).

Le hichlorure, HgCl, est un produit de l’art : il est le plus ordinairement sous forme de masses blanches , compactes , demi-transparentes sur leurs bords , hémisphériques et concaves ; la paroi externe de ces masses est polie et luisante ; l’interne est inégale, hérissée de petits cristaux brillants tellement comprimés , qu’on ne peut en distinguer les faces ; on peut également l’obtenir après l’avoir dissous dans l’eau et avoir évaporé la liqueur, sous formes de faisceaux aiguillés , de cubes ou de prismes quadrangulaires ; il a une saveur extrêmement âcre et caustique ; son poids spécifique est de 6,5. Il se volatilise plus facilement que le précédent, et répand une fumée blanche, épaisse, d’une odeur piquante , nullement alliacée, susceptible de ternir une lame de cuivre parfaitement décapée ; si l’on frotte la partie de cette lame où la couche de bichlorure est appliquée, elle acquiert là couleur blanche , brillante, argentine, qui caractérise le mercure; d’où il suit que le cuivre s’empare du chlore et met le métal à nu. Exposé à Vair, le bichlorure perd un peu de sa transparence, et devient opaque et pulvérulent à sa sui'face. La lumière ne le colore pas. Le phosphore , le charbon et la potasse, agissent sur lui comme sur le protochlorure.

Chauffé avec de l’antimoine, de l’étain , etc. , le bichlorure de mercure est décomposé facilement ; il se forme des chlorures de ces métaux et du mercure métallique, qui peut à son tour s’amalgamer avec eux.

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Cent p. d’eau à 0° dissolvent 5,73 p. de ce sel , et à 100°, 53,96 p. ; les cristaux qu’on peut obtenir de cette dissolution sont anhydres. Deux parties 14 d’alcool absolu froid, et 1 d’alcool bouillant, en dissolvent une partie. 11 est encore plus soluble dans l’éther.

Le solutum aqueux de sublimé corrosif est liquide, transparent, incolore , doué d’une saveur styptique , métallique . désagréable. Le cyanure jaune de potassium et de fer, les sulfures et les alcalis, se comportent avec lui comme avec les dissolutions de bioxyde (voy. p. 617). L’eau de chaux le décompose eu se décomposant ; son oxygène se porte sur le mercure, tandis que le calcium s’unit au chlore; le mélange de chlorure de calcium et de bioxyde de mercure qui en résulte porte le nom d’eau pkagédénique (1).

Si l’on verse un excès d’ammoniaque dans du bichlorure de mercure, on obtient le précipité blanc (chloramide de mercure) = Hg^CI, HgH^Az ; d’où il suit qu’un équivalent d’hydrogène de l’ammoniaque a pris au bichlorure de mercure un équivalent de chlore pour former de l’acide chlorhydrique.

2HgGl 2H3AZ H3Az, HCl Hg^Çl H2Az

Bichlor. de merc. Ammoniaque. Chiorhyd. d’ammoniaque. Protochlor. de merc, Amidogène.

Si , au contraire , le bichlorure de mercure est maintenu en grand excès , le précipité blanc a pour formule 3 HgCl, HgH2Az ; d’où il suit que le précipité blanc n’a pas toujours la même composition.

Veau distillée ne trouble point la dissolution aqueuse du bichlorure de mercure. L’azotate d’argent agit sur lui comme sur tous les chlorures, le décompose, et en précipite du chlorure d’argent blanc, caillebotté, insoluble dans l’eau et dans l’acide azotique ; il reste alors dans la dissolution de l’azotate de bioxyde de mercure (voy. p. 290). Le protochlorure d’étain , dissous dans l’eau, en précipite sur-le-champ du protochlorure de mercure (calomélas), et bientôt après du mercure métallique noir; la dissolution se trouve contenir alors du bichlorure d’étain : d’où il suit que le bichlorure de mercure a cédé son chlore au protochlorure d’étain.

(1) Quand l’eau phagédénique a été préparée, comme cela paraît convenable, avec un excès d’eau de chaux , elle est jaune et contient en dissolution, outre le chlorure de calcium et l’excès de chaux, un peu de bioxyde de mercure ; la majeure partie de cet oxyde, au contrairè, n’est que suspendue.

Le mercure métallique, mis en contact ayec la dissolution de bichlorure de mercure , se ternit, et le liquide se trouble ; le sel est entièrement décomposé, et l’on n’obtient que du protochlorure de mercure : il est évident que la moitié du chlore du bichlorure s’est portée sur le mercure métallique.

Une lame de cuivre, plongée dans la dissolution de bichlorure, la décompose , et l’on obtient du bichlorure de cuivre soluble , et un précipité grisâtre formé, 1° par du protochlorure de mercure (calomélas), 2° par un amalgame de cuivi’e et de mercure , 3“ par un peu de mercure (voy. ma Toxicologie, t. 4® édition). Il suffit , pour expliquer la formation de ces divers produits, d’admettre , ce qui est réel , que le cuivre a plus d’affinité pour le chlore que le mercure : une partie de ce métal doit donc être mise à nu dès que l’action commence; ce mélange se trouve à peu près dans les mêmes conditions que celui dont j’ai parlé dans l’alinéa précédent; il doit donc se précipiter du protochlorure de mercure. Mais la lame de cuivre se trouve quelquefois noircie par de l’oxyde dé cuivre , qu’il faut faire disparaître en la traitant soit par l’acide chlorhydrique , soit par un chlorure alcalin ; alors elle offre une tache blanche métallique dont l’intensité augmente par le frottement. Si on substitue à la lame de cuivre une lame de zinc, on transforme le bichlorure de mercure en chlorure de zinc, et il se forme un précipité, composé : 1® de mercure métallique, 2® de protochlorure de mercure , 3® d’un amalgame de zinc et de mercure; 4° de fer et de charbon , substances qui se trouvent dans le zinc du commerce.

Lorsqu’on plonge dans une dissolution, même très-étendue, de sublimé corrosif, une lame ou un anneau d’or, que l’on a préalablement recouvert en spirale d’une petite feuille d’étain roulée, si l’on ajoute une ou deux gouttes d’acide chlorhydrique , on voit, au bout de quelques minutes, le mercure du sublimé se porter sur l’or et le blanchir : la lame ainsi blanchie n’est pas attaquée et reste blanche , lorsqu’on la traite par l’acide chlorhydrique concentré eipur ; il suffit de la chauffer pour volatiliser le mercure et faire reprendre la couleur jaune à la portion blanche. Il est évident que , dans cette expérience, l’étain s’empare du chlore du bichlorure de mercure , tandis que ce métal est attiré par l’or. Ge caractère n’offre de valeur en médecine légale qu’autanl qu’il a été constaté tel que je viens de l’exposer : en effeVla lame d’or peut être blanchie dans un liquide non mercuriel qui contient de l’acide chlorhydrique ou du chlorure de sodium ; la couche blanche est alors formée par de l’étain qui s’est appliqué sur l’or; mais celte couche disparaît assez promptement par l’action de l’acide chlorhydrique pur, et la lame

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ainsi blanchie, chauffée dans des vaisseaux clos, ne fournit point de mer~ cure, quoiqu’elle perde sa couleur blanche (voyez mon mémoire dans le Journal de chimie médicale, juin 1829).

U éther sulfurique , mêlé avec la dissolution aqueuse de bichlorure de mercure , s’empare d’une grande quantité de ce sel , de sorte que la couche éthérée qui est à la surface du liquide s’en trouve fortement chargée, tandis que l’eau qui forme la couche inférieure en est presque entièrement privée (Wenzel et Henry). .

La dissolution aqueuse du sublimé corrosif joue le rôle d’acide vis-àvis des chlorures électro-positifs , tels que ceux de potassium , de lithium , de baryum , de strontium , de calcium , de magnésium , etc. ; elle les dissout, se combine avec eux , et forme des composés cristallins que l’on peut considérer comme des sels. Ainsi le chlorure de potassium donne trois composés qui ont pour formule :

KCl, HsCl,HO

KCl,2HsCl,2HO

KCl,4HsCl,4HO

Préparation. On introduit dans des matras de verre vert , à fond plat, d’environ trois litres de capacité, un mélange pulvérulent de 4 parties de sel commun fondu, et de tout le sulfate de bioxyde de mercure obtenu , en faisant bouillir 5 parties d’acide sulfurique concentré avec 4 parties de mercure (1). On met ces matras dans un bain de sable, de manière qu’ils soient entourés jusqu’à la naissance de leur col ; on place sur leurs extrémités ouvertes un petit pot renversé , et on les chauffe graduellement ; quinze ou dix-huit heures après , l’opération est terminée. Le sublimé cori’osif se trouve attaché aux parois des malras , et il reste au fond du. sulfate de soude; on fait rougir légèrement le fond du bain de sable pour donner au sublimé plus de densité , et pour lui faire éprouver un commencement de fusion ; on casse les matras et on retire les produits. Comme le sulfate de bioxyde contient souvent un peu de sulfate de protoxyde, qui donnerait du protochlorure par son action sur le chlorure de sodium, on ajoute ordinairement au mélange un peu de bioxyde de manganèse.

Il se passe dans cette opération quelque chose d’analogue à ce qui a lieu dans la préparation du protochlorure; seulement, comme on em-

(1) Ordinairement on cesse l’ébullition lorsque les 9 parties d’acide et de métal sont réduites à 5.

ploie ici le sulfate de bioxyde de mercure, et que ce bioxyde renferme moitié moins de mercure que le protoxyde, il en résulte que l’équivalent de chlore contenu dans le chlorure de sodium doit transformer le mercure en bichlorure, puisqu’il se produit toujours une quantité équivalente de sulfate de soude. On obtient aussi presque toujours une petite quantité de protochlorure de mercure (calomélas); mais il est moins volatil que le bichlorure, au-dessous 'duquel il se trouve formant une zone distincte et facile à séparer.

• M. A. -T. Thomson a annoncé qu’en chauffant du mercure à-j-204‘’ c. dans le renflement d’un tube de verre, et en faisant passer sur lui un courant de chlore sec, le métal brûlait avec une flamme d’un bleu pâle, et produisait des aiguilles blanches de bichlorure en avant de la boule de verre chauffée par une lampe; suivant lui , ce composé peut être livré au commerce à un prix inférieur à celui qui est sublimé en pains {Journ. de chim. méd., mars 1843J.

Le sublimé corrosif est employé pour empêcher les bois d’êire attaqués par les insectes, pour conserver les matières animales, pour détruire les punaises (voy. t. II, article Putréfaction). W est souvent administré comme antivénérien ; on le donne dissous dans l’eau distillée, dans l’alcool, ou dans quelque sirop sudorifique combiné avec du lait, des tisanes ou des extraits ; en général , la dose pour les adultes est de 2 à 3 centigrammes par jour en deux prises, matin et soir; on peut augmenter graduellement la quantité jusqu’à ce que le malade en prenne 5 centigrammes , si toutefois l’on n’observe aucun symptôme fâcheux qui en commande la suspension; ces doses doivent être étendues dans un verre de véhicule ; le plus ordinairement, 80 centigrammes ou 1 gramme suffisent pour faire dissiper tous les accidents et compléter le traitement : il est cependant des cas où, pour obtenir du succès, il faut en administrer beaucoup plus. Girillo a proposé d’incorporer le sublimé corrosif dans de l’axonge pour en faire une espèce d’onguent que l’on applique à la plante des pieds; ce moyen a été quelquefois employé avec avantage. On se sert aussi du sublimé sous forme de bain à la dose de 1 à 30 grammes pour 100 kilogrammes d’eau , lorsqu’on redoute l’action du sublimé sur l’estomac. On fait usage de Veau phayédénique pour toucher les chancres et les ulcères vénériens. Quelques médecins ont employé le sublimé ceorrosif dans les maladies scrofuleuses, .cutanées, etc.; mais on s’en sert rarement dans ces sortes d’affections.

Cyanure de mercure , HgCy. — Lorsqu’il est neutre, il cristallise en longs prismes quadrangulaires, coupés obliquement. Si on le fait bouillir avec du bioxyde de mercure, il devient très-hasique et cristallise en très-;

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petites houppes ( Proust) ; il a alors une saveur styptique très-désagréable ; il excite fortement la salivation ; il est inodore et beaucoup plus pesant que l’eau. 6ay-Lussac le regarde dans cet état comme un composé de cyanure et d’oxyde de mercure. Le cyanure de mercure neutre et parfattement sec, soumis à l’action d’une chaleur modérée, noircit, fond comme une matière animale , et se décompose en grande partie (voyez p. 91). Si, au lieu d’agir sur le cyanure neutre, on distille le cyanure basique et humide, on obtient les mêmes produits, et en outre de l’azote et un liquide brun , regardé par Proust ( qui fit le premier cette expérience) comme une huile particulière, mais qui paraît être du ^jaracyanogène (voy. p. 91).

Le soufre décompose le cyanure de mercure à une température trèsinférieure à celle où ce cyanure est décomposé quand il est seul. Vauquelin pensait qu’il est possible, en dosant convenablement le soufre, d’obtenir le cyanogène pur, sans qu’aucune partie de ce corps soit décomposée : il y a formation de sulfure de mercure.

Lorqu’on chauffe graduellement dans une fiole, dont le col est un peu large, deux parties de cyanure de mercure et une partie d’iode mêlés et parfaitement desséchés, il se produit une grande quantité de vapeurs blanches qui , étant condensées sous une cloche de verre , forment des flocons cotonneux, composés d’iodure de cyanogène, mêlé d’une certaine quantité d’iodure de mercure ; si l’on chauffe ces flocons au bain-marie, dans un tube de verre un peu large , l’iodure de cyanogène se volatilise, et l’iodure de mercure reste au fond (Sérullas, Annales de chimie et de physique f t. XXVII).

Lorsqu’on met un excès d’acide chlorhydrique en contact avec du cya~ nure de mercure , on n’obtient que très-peu d’acide cyanhydrique, et il se forme un chlorure double d’ammoniaque et de mercure, et de l’acide formique. Si l’on emploie moins d’acide chlorhydrique, il se dégage de l’acide cyanhydrique, formé parla combinaison de l’hydrogène de l’acide chlorhydrique avec une partie du cyanogène du cyanure ; mais il se produit également du sel alembroth , ce qui prouve qu’une partie du cyanogène est décomposée (Vauquelin ).

Les acides azotique et sulfurique faibles n’agissent sur Je cyanure de mercure qu’en le dissolvant; l’acide sulfurique concentré est décomposé par lui ; il cède une portion de son oxygène au mercure, détruit le cyanogène, et l’on obtient , entre auti-es produits, du gaz acide sulfureux et du sulfate de mercure. L’acide sulfkydrique le décompose en se décomposant; son hydrogène ti’ansforme le cyanogène en acide cyanhydrique, tandis que le soufre s’unit au mercure.

L’eau dissout facilement ce cyanure , surtout lorsqu’il renferme de l’oxyde. Cette dissolution n’est troublée ni par la potasse , ni par l’ammoniaque, ni par le sulfate de sesquioxyde de fer (!)• L’acide sulfhydrique en précipite du sulfure noir. La plupart des sels sont sans action sur lui. MM. Caillot etPodevin ont obtenu, en 1825, un composé cristallin de cyanure de mercure et de chromate de potasse en concentrant convenablement par l’évaporation une dissolution faite avec parties égales en poids de ces deux corps { Journ. de pharm., t. XI). Si l’on mêle une dissolution de cyanure de mercure avec de la limaille de fer décapée et de l’acide sulfurique faible , on remarque des phénomènes curieux : le fer s’oxyde, aux dépens de l’oxygène de l’eau, et se dissout dans l’acide sulfurique ; l’hydrogène provenant de la décomposition de l’eau s’unit au cyanogène du cyanure pour former de l’acide cyanhydrique, et le mercure se précipite ; en sorte que la liqueur renferme de l’acide cyanhydrique et du sulfate de protoxyde de fer en dissolution. G’est en distillant cette liqueur que Scheele obtint pour la première fois l’acide cyanhydrique liquide peu concentré.

Lorsqu’on verse de l’iodure de potassium dans une dissolution de cyanure de mercüïe, on obtient des lames minces et brillantes formées d’iodure de potassium et de cyanure de mercure (Caillot).

Le cyanure de mercure est employé à la préparation du cyanogène et de l’acide cyanhydrique j on s’en sert aussi dans les maladies syphilitiques, mais il est très-vénéneux. Scheele, Proust, Porrett, Gay- Lussac, Vauquelin et Sérullas, ont fait connaître tout ce que l’on sait sur lui.

Préparation. On le prépare en faisant bouillir dans une fiole 8 parties d’eau , une partie de bioxyde de mercure, et 2 parties de bleu de Prusse, réduits en poudre fine (composé de protocyanure et de sesquicyanure de fer) ; l’oxyde de mercure et le bleu de Prusse sont décomposés ; ce dernier cède le cyanogène au mercure, tandis que le fer du bleu de Prusse s’unit à l’oxygène du bioxyde de mercure ; le mélange ne tarde pas à perdre sa couleur bleue, et la liqueur devient jaune : alors on la filtre et on obtient le cyanure cristallisé; on pourrait, par des évaporations et des cristallisations successives, le débarrasser de l’oxyde dç fer qu’il contient; mais il est préférable de le faire bouillir avec du bioxyde de

(1) Le sulfate de sesquioxyde de fer ne bleuit la dissolution du cyanure de mercure qu* autant qu’elle contient du cyanure jaune de potassium et de fer, sel qui existait dans le bleu de Prusse avec lequel le cyanure a été préparé.

Dü CYANURE DE MERCURE.

mercure, qui précipite cet oxyde; on filtre, et on traite de nouveau la liqueur par le bioxyde de inei'cure, jusqu’à ce qu’il ne se dépose plus d’oxyde de fer (Proust); alors on sature l’excès d’oxyde mercuriel par de l’acide cyanhydrique ou par de l’acide chlorhydrique, et l’on obtient le cyanure pur. MM. Chevallier et Deleschamps ont proposé un autre procédé plus économique et préférable sous tous les rapports au précédent ; il consiste à décomposer le cyanure jaune de potassium et de fer par l’acide sulfurique , à l’aide de la chaleur, et à faire arriver l’acide cyanhydrique qui se dégage sur du bioxyde rouge de mercure pulvérisé et délayé dans l’eau (voy. le Journ. de chim. médic., janvier 1830). M. Desfosses conseille de décomposer le cyanure jaune de potassium et de fer par le sulfate de mercure iibid , avril 1830).

Vazote est sans action directe sur le mercure ; on peut cependant obtenir un azoture de mercure puce foncé, Hg3 Az, susceptible de détoner par la chaleur, en faisant agir l’oxyde de mercure sec sur le gaz ammoniac.

Lorsqu’on agile pendant longtemps ce métal avec de Veau distillée privée d’air, ses molécules s’atténuent prodigieusement et finissent par devenir noires; l’eau n’est pas décomposée et le mercure ne se trouve pas oxydé; ce liquide n’exerce non plus aucune action sur le mercure à la température de 100°, il n’acquiert point de saveur , et les réactifs capables de découvrir des atomes de mercure n’en décèlent aucune trace; aussi est-ce à tort que l’on a considéré cette eau comme vermifuge (Girardin). Cependant, si l’eau n’était pas pure et qu’elle contint des chlorures, il se produirait du sublimé corrosif, d’après M. Mialhe, surtout avec le contact de l’air.

Les acides borique, carbonique et phosphorique , n’agissent pas sur le mercure. L’acide sulfurique concentré , qui n’exerce aucune action sur lui à froid , l’attaque à l’aide de la chaleur, lui cède une portion de son oxygène , passe à l’état de gaz acide sulfureux , et , s’il est employé en assez grande quantité , le transforme en bioxyde qui se combine avec l’acide non décomposé, en sorte que la masse blanche que l’on obtient est composée d’une plus ou moins grande quantité d’acide sulfurique et de bioxyde de mercure. Si l’acide sulfurique est étendu de son poids d’eau , il se dégage peu d’acide sulfureux , et il se forme du sulfate de protoxyde; s’il était très-étendu, il serait sans action. L’acide azotique concentré agit rapidement à froid sur ce métal, se décompose en partie, et le transforme en bioxyde qui se dissout dans l’acide non décomposé; le gaz bioxyde d’azote provenant de la portion d’acide décomposé reste pendant quelque temps en dissolution dans la liqueur et la colore en vert; mais bientôt-après, la température s’élève, le gaz se dégage, répand

des vapeurs orangées , et la dissolution se décolore. Si l’acide a2otique est étendu de 4 ou 5 parties d’eau , et que le mercure soit en excès, celui-ci ne passe qu’à l’état de protoxyde, et il ne se forme que de Tazotate de protoxyde , si l’on fait bouillir la liqueur pendant une demi-heure. L’acide hypoazotique attaque aussi ce métal, l’oxyde, et le transforme en azotate et en azotite. Les acides chlorhydrique et fluorhydrique n’ont point d’action sur le mercure ; toutefois , avec le gaz acide chlorhydrique, si l’air intervient, il se forme de l’eau et du chlorure de mercure (Régnault).

Plusieurs des précédemment étudiés, ceux surtout qui ne sont

pas difficiles à fondre, peuvent se combiner avec lui et donner des alliages que l’on connaît sous le nom à' amalgames.

Amalgames de potassium et de sodium. Le sodium s’unit au mercure avec chaleur et lumière , et le potassium avec chaleur seulement (Sérullas); du reste les amalgames qui en résultent sont solides ou liquides, suivant la quantité de mercure qui entre dans leur composition. J’ai déjà examiné l’action curieuse qu’exerce ce composé sur l’ammoniaque et la théorie à laquelle elle a conduit (voy. art. Ammoniaque).

Amalgame de ^parties de mercure et de \ partie d’étain. Il est mou et cristallisé; il est liquide s’il est formé par 10 parties de mercure. On l’emploie pour étamer les glaces : cette opération consiste à verser du mercure sur une lame d’étain étendue horizontalement, à appliquer la glace dessus, et à la charger de poids afin de la faire adhérer à l’amalgame, qui se forme aussitôt que le contact des deux métaux a lieu.

Amalgame de 4: parties, de mercure et de 1 partie de bismuth. On s’en sert pour étamer la surface interne des globes de verre ; après avoir chauffé ces globes pour les sécher, on y verse l’amalgame fondu, et on l’agite pour le disséminer sur toute la .surface, à laquelle il ne tarde pas à adhérer fortement.

Amalgame de 100 parties de mercure, de 497 de bismuth, de 310 de plomb, et de. 177 d’étain. Il est solide et d’un- blanc d’argent; il fond à 77°,5 c. Il est très-propre à l’injection des pièces anatomiques.

Caractères distinctifs du mercure. Il est liquide à la température ordinaire.

On emploie le mercure pour construire des thermomètres, des baromètres , des cuves hydrargyro-pneumatiques, à l’aide desquelles on recueille les gaz solubles dans l’eau , pour faire les diverses préparations mercurielles , les amalgames , etc. , et pour exploiter les mines d’or et d’argent. On s’est quelquefois servi avec succès du mercure, dans la constipation l’ebelle et le volvulus qui n’est pas accompagné d’inflamma-

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