‹ Éléments de chimie (volume 2)Chapitre 144 sur 149 · DAGUERRÉOTYPE · texte numérisé non relu

DAGUERRÉOTYPE

DACÜTERRÉOTTPE.

C’est sur la propriété que possèdent les composés d’argent d’être modifiés sous l’influence de la lumière, qu’est fondé le daguerréotype; en effet , le procédé consiste à pi'endre une feuille d’argent plaqué dont le poids ne doit pas dépasser celui d’une forte carte ; on la polit au moyen de tripoli très-pur et de rouge d’Angleterre que l’on étend simultanément, à l’aide d’un tampon de coton imprégné d’acide azotique dissous dans seize fois son volume d’eau. Lorsque la plaque est parfaitement brunie, on l’expose à l’action de la vapeur d’iode à froid, jusqu’à ce qu’elle ait acquis une teinté jaune d’or et qu’il se soit formé de l’iodure d’argent; si on la laissait plus longtemps , elle deviendrait vio- Jette et ne serait plus aussi sensible à l’action de la lumière; on la place alors pendant quelques instants au-dessus de la vapeur du brome, obtenue à l’aide d’une dissolution très-étendue de brome dans l’eau ; le brome est une substance accélératrice qui va se condenser sur la couche d’iodure d’argent, en donnant naissance à une petite quantité de bromure d’argent , et en exaltant ainsi la sensibilité de la couche à la lumière ; on sait qu’une plaque ainsi préparée acquiert une sensibilité telle, que la durée de l’exposition dans la chambre obscure est réduite à Veo ce qu’elle serait si l’on n’avait pas fait usage de brome. On introduit alors la plaque ainsi préparée dans la chambre noire, de telle sorte qu’elle se trouve exactement dans le même plan que la glace dépolie qui y avait été glissée quelques minutes auparavant. Il n’y a pas de guide certain qui puisse déterminer le temps pendant lequel la plaque doit rester ainsi exposée aux rayons lumineux; ce temps varie suivant la teinte plus ou moins foncée de la couche d’iodure et de bromure d’argent, la clarté de l’objet à daguerréotyper, etc. ; lorsqu’on pense que l’épreuve doit être terminée, on la retire de la chambre noire, en évitant avec soin de la laisser en contact avec la lumière ; à cette époque, l’épreuve est dessinée sur la plaque, mais elle n’est pas encore visible; pour qu’elle le devienne, il faut l’exposer à la vapeur mercurielle dans un appareil particulier. Chaque portion de l’iodure et du bromure d’argent qui a été en contact avec la lumière a été altérée, et permet au mercure de se déposer à la surface de l’argent sous forme de globules microscopiques (c’est de celte manière que sont constitués les blancs) ; chaque portion d’iodure et de bromure d’argent, au contraire, qui est restée dans l’ombre est demeurée intacte; le mercure ne peut donc s’y déposer, et lorsque, par un lavage convenable , on aura dissous l’iodure et le bromure d’argent, il

restera de l’argent parfaitement bruni (c’est ainsi que sont produites les parties noires de l’épreuve). Une dernière phase de l’opération consiste donc à débarrasser la plaque de l’iodure et du bromure d’argent restant, ce qui se fait très-facilement à l’aide d’une dissolution d’hyposulfite de soude, laquelle forme, avec l’iodure elle bromure d’argent, de l’hyposulfite double d’argent et de soude soluble.

Depuis quelques années, M. Fizeau a eu l’heureuse idée de plonger les épreuves daguerriennes dans une solution bouillante de chlorure d’or. On emploie aujourd’hui l’hyposulfite de soude et d’or ; de cette façon , les images sont rendues inaltérables et peuvent résister à un frottement même assez énergique ; le sel double de soude et d’or laisse déposer de l’or sur toute la surface de l’image préalablement lavée; l’argent qui forme le fond du tableau est comme bruni par le vernis d’or qui le recouvre, tandis que les globules de mercure, qui forment les clairs, s’unissent à l’or et augmentent de volume, de solidité et Ù! éclat; les noirs deviennent aussi plus obscurs.

On peut également , dans la photographie , se servir, au lieu de plaques métalliques , de papiers photogéniques.

ou PI.AT11VEI. Pt. Équivalent = 1232.

On trouve le platine dans plusieurs parties des Indes occidentales, principalement à Choco, à Barbacoas, à Saint-Domingue, au Brésil, etc.; il en existe une très-petite quantité dans quelques minerais d’Alloüé et de Melle, en France. 11 est sous forme de petits grains aplatis, contenant, outre le platine, un très-grand nombre de métaux , du soufre, de l’acide silicique, etc.; quelquefois cependant il existe sous forme de masses du poids de 500 pu 750 grammes ; on a même trouvé dans l’Oural un morceau de platine du poids de 4 kil. 320. Vaüquelin en a retiré de la mine d’argent de Guadalcanal, en Espagne.

11 est solide, très-brillant, d’une couleur presque aussi belle que celle . de l’argent (1) , très-ductile et très-malléable ; il occcupe le troisième

(1) Le plaiine réduit du protochlorure de platine par une dissolution concentrée de potasse et par l’alcool à chaud est sous forme d’une poudre noire j qui se comporte avec le gaz hydrogène comme l’éponge de platine (voy. p. 56); toute- Û)îs il agit encore sur ce gaz avec plus d’intensité. M. Liebig explique l’incandescence par la grande condensation qu’ont éprouvée le gaz hydrogène et l’air ^Annales de chimie, novembre 1829),

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