DE L'ÉBULLITION DES LIQUIDES
eombine avec lui et devient latent. D'après les expériences le M. Gay-Lussac^ la vapeur de l'eau, comme nousravons dit ^ occiq>e un espace 1698 fois plus considérable que celai qu'elle o(fErait à Vétat liquide : Ton concevra donc sns peine qu^il faut une quantité prodigieuse de calorique poor opérer une pareille dilatation . Voici unfait quiprouve éndemment que la vapeur formée a absorbé beaucoup de cdorique : que Ton mêle ensemble 2 livres d^eau à 100'' et 16 fivres de limaille de fer à i So""; la température du mêlant sera de i oo"", et il se formera une très grande quan* tilé de vapeur : or, ces 1 6 livres de limaille ont p«:du beaucoop de calorique , puisque de 1 5o" , elles ont baissé à loo"* , et Ton voit qu'il ne peut y avoir que la vapeur qui ait absorbé ce calorique.
il" L'ébullition des liquides a lieu d'autant plus facilemeat que la pression à laquelle ils sont soumis est moindre : ainsi Teau ne bout qu'à la température de loo**, lorsqu'elle supporte tout le poids de l'atmosphère 5 dans le ?»fc, die peut bouillir à toutes les températures au dessus de iéro^ pourvu qu'on ait soin d'entretenir la couche in- Mneore de quelques degrés plus chaude que la surface; et Ton sait parfaitement qu'elle exige beaucoup moins de i oo** poui|bouillir^ lorsqu^on fait Texpérience sur la cime d'une montagne ^ où la pression de l'atmosphère est moindre qu'à la surface de la terre. Un effet inverse a lieu si on floomet le liquide à une pression très forte : que l'on introduise de l'eau dans un cylindre de fer ou de laiton^ dont kcouvercle est assujetti par une forte vis; le liquide pourra sqiporter une chaleur rouge sans entrer en ébuUition ; iBiîs si on supprime la pression^ tout-a-coup il se réduit eu vapeur; ce cylindre porte le nom de maimite de Papiiu IVnn autre côté , la hauteur du liquide qui bout^ doit né cessaitement influer sur l'ébuUition ; plus cette hauteur est considérable , plus la pression est forte , et plus le liquide tarde à entrer en ébullition y tout étant égal d'ailleurs.
84 ^REUlÈRE PARTIE.
3° La nature des Tases influe ausâ sur le degré de chaleur nécessaire pour faire bouillir les liquides , comme l'a prouvé Achard. M. Gay-Lussac a remarqué que l'eau, qui n'exige que loo" pour entrer en ébuUition dans un vase métallique j ne bout qu'à ioi%5 dans un vase de verre, à moins qu'on ne mette dans celui-ci des métaux pulvérisés.
4° Enfin rébidlition des liquides est presque constamment retardée par les substances salines, sucrées ou autres qu'ils tiennent en dissolution. Les corps étrangers , suspendus dans ces liquides, jouissent au contraire de la propriété d'abaisser plus ou moins le degré de l'ébulUtion , comme l'a observé Bo8tock,pour l'ëther , pour l'alcool et pour l'eau, en employant des copeaux de cèdre, deltmaiUe de cuivre, des petits Ëragnientâ de verre, etc. (^Journal de Pharmacie, tom.'ST, an iSaS.)
sa.
^IJBLS SONT LES EFFETS DU CALORIQUE SUR LES CORPS QUI SONT IMMÉDIATEMEHT EN CONTACT AVEC LE FOTE& d'où il ÉBLAHE.
DES CORPS COKDUCTEUK5. 85
De la Faculté conductrice des corps pour le calorique.
Il existe des corps qui laissent passer facilement le calorique^ d'autres qui ne le propagent qu'avec la ploi grande difficulté : les premiers portent le nom de conduc^ leurs ; les autres sont appelés mauvais conducteurs. Nous allons examiner cette faculté dans les corps solides^ ^ quideset gazeux^
Faculté conductrice des corps solides. La plupart des mâaox sont d'excellents conducteurs du calorique. Sui* vant M. Despretz^ la conductibilité du cuivre est plus grande que celle du fer^ dans le rapport de i a à 5; eUe est â peu près la même pour le fer^ le zinc et Tétain y tandis qae pour le plomb elle est moindre que la moitié de celle du fer. Ces expériences ne s'accordent guère avec les aciDr tnnents des physiciens^ qui pensaient que ^ plus les métaux sont pesants^ et plus^ à quelques exceptions près^ Us sont bons conducteurs du calorique. Le marbre^ dont la Êumlté conductrice n'est que la seizième partie de celle da fer^ est deux fois meilleur conducteur que la porcelaine et que la terre de brique^ qui occupent à peu près le même rang. Le verre, le bois, le charbon , la résine, etc., sont mam^ais conducteurs du calorique : si l'on prend deux tiges d'égale longueur et d'égale épaisseur, l'une de verre, Fautre de fer; si l'on recouvre de cire une de leurs extrémités^ on observe, en chauffant les extrémités non couvertes y que la cire- portée par la tige de verre ne commence pas encore à entrer en fusion lorsque l'autre est entièrement fondue; ce qui prouve combien la faculté conductrice du fer est supérieure à celle du verre : d'ailleurs, personne n'ignore que Tartiste qui souffle le verre tient impunément ce corps entre les doigts, près de la partie qui est rouge , tandis qu'il serait brûlé s'il touchait une barre de fer près du point rougi.
Les corps solides conducteurs du calorique le transmet*