‹ Éléments de chimie (volume 3)Chapitre 33 sur 106 · LXXXV · texte numérisé non relu

LXXXV

M. Dnlong et Petit ont évalué la chaleur spécifique des corps, en les chauffant y puis en les laissant refroidir dans le vide. M. Despretz a inu^iné de déterminer \<: cnlorique spécifique de plusieiu's métaux, en examinant leur refroidissement dans Tair atmosphérique. Il a consjp^é les résultats de ce travail, qui est plutôt du ressort d': Ja physique que delà chiiTiie, dans un treshcau rri^'uioire qu'il a présenté àFinstitut. ( A'^oy. .Jnn. de Chirri. td df; Phys.y tom. VI. ) On peut concliuro de ces expérif-iices que le calorique ^dfique du fer , de Tacier y du zinc , de l'étaiu et

9X PREBIÈRE PARTIE.

du plomb , trouvé par le moyen que nous venons d'indiquer, ne diffère guère de celui qui est donné par les méthodes ordinaires.

Après avoir indiqué d'une manière succincte les divers procédés à l'aide desquels on peut parvenir à déterminer les capacités des corps pour le calorique , nous croyons devoir &ire connaître les principaux résultats obtenuspar •les phyâciens : i" les capacités pour le calorique varient dans les différents corps ; a" elles varient encore dans le même corps , suivant qu'il est à l'état solide , liquide ou gazeux : ainsi la capacité de l'eau liquide n'est pas la même queccllede l'eau â l'état solide j 3" elle est à peu près là même , en général , pour un corps liquide qui ne change pas de forme ; par exemple , une livre d'eau à 20° + o" , et une autre à So" + 0° , mêlées , donneront deux livres d'eau à 35° + 0° ; 4° ^ capacité des corps solides pour le calorique croit avec les températures mesurées sur le thermomètre à air : en effet , M. Dulong et Petit ont prouvé que la capadte moyenne de plusieurs métaux entre 0° et 100° est moindre que la capacité des mêmes métaux entre 0° et 300° du thermomètre à air ; ainâ , la capacité du cuivre étant o,og49 entre 0° et too" elle sera

DU CALOtaQUE SPÉCIFIQUE. 9)

i"* la manière dont le calorique lancé par le foyer chaud se comporte dans Tair jusqu'.-i ce qu'il soit arrivé près de la surface de ces corps ; a*" les phénomènes qu'il présente par son action sur ces surfaces.

i"" Le calorUjue est lancé par le /qyer chaud^sons la. forme de rayons qui traversent l'air avec beaucoup de vitesse y sans se combiner avec lui. Si le foyer est incandescent^ rouge ^ les rayons calorifiques sont mêlés avec les rayons lumineux : dans le cas contraire ^ il n'y a que les premiers. Cependant les couches d^air qui entourent immédiatement le foyer échauffé s'échauffent elles-mêmes , sont dilatées^ s^élèvent et communiquent ainsi ^ de proche «Q proche ^ une portion de calorique à d'autres couches ; en sorte qu'au bout d'un certain temps toute la masse d^air qui se trouve entre le foyer et les corps que nous supposons placés à une certaine distance est échauffée; mais cet effet ne s^père que lentement ^ et Ton peut affirmer que l'élévation de température des corps éloignés du foyer doit être principalement attribuée aux rayons calorifiques lances par le foyer.

7l^ Phénomènes que le calorique rayonnant énumé du Jqyer, présente jparson action^ sur les surfaces des corps. A. Il existe des corps doués à un très haut degré de la far culte de réfléchir les rayons calorifiques ; ces corps ^ dès l'approche de ces rayons , les rejettent en quelque sorte , s'échauffent à peine y ou ne s^échauffent pas du tout : les métaux éminemment polis sont dans ce cas ; nous pouvons en donner une preuve en rappelant l'expérience faite avec les deux réflecteurs parfaitement polis, (^oj. p. 60.) Aucun de ces réflecteurs ne s'échauffe sensiblement, quoique leurs foyers soient occupés par des corps très chauds. On observe encore une très grande force réfléchissante parmi les corps blancs. Francklin étala sur la surface de la neige quatre morceaux de drap de dimensions égales , mais d'une couleur différente : Fun était blanc , les autres étaient bnin,bleu et noir : le premier^ doué d'une grande

^ PHEHIÈRE PÂRTIB.

forc« refléchissante , abeorba à peine des rayons calorifiques, ne fl'éehaiiffa que très peu , et resta à la surface de la neige, tandis qne les autres, principalement le morceau, noir, absorbèrent du calori<nie , fondirent de la neige, et s'enfoDcèrent beaucoup au-deesous de la sorface. H. Davy Taiù cette expérience en substituant aux morceaux de drap, six feuille» de cuivre différemment colorées, et il obtint des résultats dialogues. Si la réflexion des rayons calorifiques dans les corpsdonés de cette faculté suit, comme â «st probable , la même loi que celle de la Itmiière , elle sera à son maœimum kn^que le coips sera dans use position pM7>eQ«Ëculalre.

B. Lcscolps blancs, poUs, doués d'ime grwide force réfléchlssfuite, perdent cette foculté, «a totalité on en partie , si on les nc^rdt ou qu'on les rende rabotais par VM moyen quelconque. Expérience : i" Les réflecteurs enduks de mUe ncnre , et placés d'ailleurs dans les mêmes circoBStancee qu'at^ravant , absra'bent un très grand nomblK de rayons calorifiques, s'échauffent et jouissent à peine de la faculté réfléchissante : il en est de même à on les dépolit en les rayant avec du sable. 2° Si l'on couvre d'encre de la Chine la boule d'un thermomètre , et qu'on

DU REFROIDISSEKENT. çS

ykXLl à 86 r^roidir. Ces circonstances sont : i** la capacité de ce corps pour le calorique ; hl" sa faculté conductrice ; 3** rétat poli ou terne de sa surface ; 4"" ^^ couleur ; 5"* enfin^ rétat tranquille ou agité de Tair qui Tentoure.

Capaciié du corps pour le calorique et faculté conducince. Toutes choses ^ales d'ailleurs^ le corps se refroidint d'autant pins yite qu'il aura moins de capacité pour le calorique^ et qu'il sera meilleur conducteur.

ÈUU poU ou terne de sa surface. Les corps excessivement p<^9 émettent difficilement le calorique y et par ooiiséqiient tardent beaucoup à se refroidir. Expériences: i*Deux vaaes de même natiure et de même dimension ^ l'im lAca poli, l'autre raboteux y remplis d'eau bouillante, se reficmdiMent dans des temps inégaux ; celui qui est poli est eooore chaud lorsque Tautre est dgà refroidi, t!" Un Tase eaUque de fer-blanc dont une des faces reste brillaMectdont les trois autres sont recouvertes , l'une de pâqner, l'autre de noir de fumée , l'autre enfin d'une coi>cbe de ftemis , présente des phénomènes analogues : en effets lorsqu'on le remplit d^'eau bouillante , on observe que le rayonnement du calorique diffère dans chacune de ses faces ; il est tellement abondant du côté noir , qu'il est Boême senâble à la main , tandis que le thermomètre {4acé à côté de la face brillante monte à peine. La face recouverte d'une couche de vernis se refroidit plus vite que la face brillante , parce que le vernis la rend moins p(die. Il résulte des expériences faites par M. Despretz, qu^une petite sphère de fer , parfaitement polie, qui se refroidit en 9 minutes 36 " éprouve le même refroidissement en 5 minutes 44 ' ^ on la recouvre d'une couche de vernis : en appliquant une seconde couche de vernis sur la même sphère , le refroidissement est un peu plus rapide ; il a lieu en 5 minutes 4o " : ime troisième couche ne hâte point le refroidissement. 11 en est de même d'une sphère d'acier , de fonte , de zinc, d'étain et de plomb. Une sphère de laiton , au contraire , éprouve im refrcndissement pins

Ç)6 PltKBnÈKE PAATIE.

rapide par l'applicatioD d'une troisième couche de vernis: ain^, dans les expériences de M. Despretz , cette sphère polie fut refroidie en 8 minutes 4i "5 ; le même refroidissement eut lieu en 4n>inutes $7 "5 lorsqu'on appliqua une couche de vcmis ; au moyen d'une seconde couche on obtint ce refroidissement en 4 minutes 49 " » enfin , il t\A lieu au bout de 4 minutes 4^ " S lorsqu'on lui appliqua une troiâème couche. Si le nombre descouches de vernis s'élève jusqu'à huit, le refroidissement est plus prompt qu'il ne l'est par la Eace brillante ; mais il est plus lent que lorsqu'il n'y avait que trois couches , ce qui dépend de la nature des substances qui composent le vernis : en effet , ces substances sont résineuses , peu conductrices du calorique , et doivent finir , lorsqu'on les accumule , par s'opposer à l'émisàon de ce fluide. Ces faits nous portent à conclure que plus le pouvoir reclassant d'un corps augmente , plus son pouvoir émissif diminue , et vice versa.

Couieurs. Les corps blancs se refroidissent beaucoup plus lentement que les corps noirs : en effet , l'expérience prouve que leur pouvoir réfléchissant l'emporte de beaucoup sur leur pouvoir émissif.

nu rALORlQUF. g-

De t" Équilibre du calimifUi^

Xous avons établi qii'iin corps chaud placé, dans l'air lanee iin certain nombre de rayons de calorique : or nous pouvons considérer tous les corps de la nature comme étant chauds par rapport a d'autres plus froids : en effet y une livre d*eau bouillante est chaude si on la compare à uncHvre d'eau liquide à lo"*, mais cette dernière devni (*lre regardée conune chaude^ si on la compare à ime livre' de g[lace à o"* ; d^où nous devons conclure que tous les corps rayonnent ou émettent un ceitain nombre de rayons de calorique. Si le corps est très chaud , rémission «era conâdérable ^ tandis qu'elle sera faible si sa temfiérature est peu élevée ; et l'expérience prouve que ces deux corps inégalement chaufiés , mis en contact ou placés a une certaine distance y ne tardent pas â acquérir la même température: on dit alors qu'ils contiennent des qiiaiitités de calorique qui se font équilibre.

U équilibre au contact s'^opère par le passage immédiat du calorique dii corps plus chaud dans celiri qui Test moins : passage dont la rapidité varie suivant la capacité des corps pour le calorique et leur faculté conductrice : on ignore â , dans ce cas , il y a raj'onnement.

Il n*en est pas de même de Y équilibre ii distance. Imaginons deux corps inégalement ch.iiifies AtxB-y tous les deux émettent des rayons calorifiques. A ^ dont la température est plus élevée j absorbe le peu de rayons \ancé» par 2? ; mais il en émet un très grand nombre que B absorbe , en sorte qu'au bout d'un certain temps la temp**rature de ^ se trouve égale à ceUe de A : alorj? 1^ (pjisuxitéti émises et les quantités absorbées pai le même corps «sont égales, tlY équilibre e^t établi. 11 esi évident qu'un pareil ravonnement s'établirait danî un ap^iart^m^^nt ou il y aurait trente . cinquante corps inég<ilei«uiYït f h;? «iff^ . «-t i\\U', CCS corps finiraient par être a la mAmf; \tt{t\f^ré%xnr^. ^

gB PHEUIËRE PAJtTIE.

dans lequel cas le rayonnement continuerait encore.

Des priticipales Hypothèses sur la cause de la chaleur.

^risipte et lea Pérîpatéticiens définissaient la chaleur (calœîque) une qualité ou 1111 accident qui réunit cm rassemble des luatières homogènes , et qui dissode ou sépare des matières hétérogènes. Suivant les Épicuriens, la chaleur ( calcurique ) n'est que la subetance TOlatile du feu, émanée des corps ignés par un écoulement continuel , et réduite en atomâsj Démocrite , Boeihaave , Homberg , Lemeiyi 5'Graceifl«de, pensaient que le feu estime matière créée dès l'origine du monde, inaltérable dans sa nature , uuifonuémeat répandue dans toutes les parties de l'espace, et formée d'une multitude de petits ballons comprimés qui cherchent à s'étendre de toutes parts. D'autres pb;^ti)cienB, à la «ê^ desquels oh doit placer Bacon, Mac- <fuerf Biur^ord et Scherer, tient Yislstence du caloriqUé; ils pensent que la chaleur n'en autre chose qu'imê modi-' fication des corps j une de leurs manières d'être, uh shuple mouvement exàte dadsleiirs parties constbuantespârime impulsion (jiiçlconqUe , qiie Rumfbrd attribue à un éùiér

Dt; CALORIQUE. yj)

qiie Bqyle a écrit dans son article De pondembilifate JlammŒj est loin de pouvoir établir le poids de cet agent; il en est de même des expériences faites postérieurement avecTeau et rhiiile de vitriol {acide siUfutique). Schéele et Bef'gman ne se bornaient pas à regarder le caloriqne commie un fluide particulier ; ils le croyaient composé de pUogistique et d^oxygène. />eft/c pensait qu'il était formé de lumière et d'ime base particulière : mais ces opinions mms paraissent trop hasardées.

JÊppUcaUon des faits précédemment établis à plusieurs

phénomènes connus.

Lorsqu'on veut préserver de Faction du froid les fleiu*s et les fruits on les recouvre d'im corps mauvais conducteiur dn calorique^ tel que la paille ; il en est de même de la aeijge ou de la glace que Ton renferme dans des souterrains^ et qui doivent être àTabri de Faction du caloriqne fextafenr • La laine que nous mettons sur la ptAn, est également un mauvais conducteur ^ et s'oppose à rémission du calorique dans lés parties recouvertes.

Une personne qui sort du bain éprouvé du froîd, parce que l'eau qui est à la surface du corps ^ passe die l'état liquidé à rétat de vapeur ^ passage qui s'opère aux dépens d'une portion du calorique de notre corps : par la même raison^ on éprouve ime sensation aïialbgue lorsqu'on verse sur la main un liquide facilement vaporisable , tel que réther, l'esprit-de^vîn , etc. On conserve de l'eau fraîche en Espagne au moyen de vases très poreux , nommés alcàrazaSy dont la surface externe est mouillée; on place c6s vases à l'etobre, au milieu d'un courant d'air; l'eau appliquée à cettfe surface est vaporisée aux dépens du calorique de Fait ambiant et de l'eau côhtenne dans le vase.

L'art de faire de bonnes cheminées repose en entier siu: ce que nous avons établi: en effet, une cheminée remplira

lOO PREMIÈRR PARTIE.

d'autant mieux son but , toutes choses égales d'ailleurs , qu'elle enverra , dans un temps donné , une plus grande quantité de caloiique à la personne qui se chauffe : or, on peut disposer cette cheminée demanière à offrir une pi aque métallique parfaitement polie , d'ime couleur blanchâtre, iDdinée de manière à réfléchir la plus grande quantité de caloiiqDe possible ; alors la personne recevra non-seulemen( les rayons directement lancés par le foyer enflanuné, mais encore beaucoup d'autres qui auraient été perdus pour elle, et qui, au moyeu de cette disposition très favorable , seront réfléchis de son côté. Les bonnes cheminées doivent encore remplir deuï conditions : celle de ne pas fiuaer, et celle de chauffer aussi également que possible. ui. On les empêchera de fumer, i" en activant la combustion du bois au moym de l'air que l'on fera arriTer par deux tuyaux qui viendront aboutir auxpartieslatéralesde la cheminée ; car le bcùs oe fmne que parce qu'il est imparfaitement brûlé , comme nous le démontrerons plus tard ; a" en diminuant le diamètre du tuyau par lequel s'élève la fiunee produite. B. Un autre inconvénient des cheminées mal construites consiste dans la manière dont l'air parvient au foyer qu'il alimente ; en effet , à mesure

J)t CAlLOJvR^Li: loi

Souœes du calôl'Ufih'.

Le calorique^ comme nousic dirousîVl-ârticle ZamieAV, Istit toujours partie des rayons lumineux Tancés par le so- Idl , qui jouissent à im très haut degré de l^t'façaltc de dflater et d'échauffer les corps; mais^ Indépendaifuîti^xlu soleil y tous les corps placés dans des circonstances côn-rvenables^ peuvent dégager unepliisou moins grande quaft^ . tité de calorique : ce dégagement a heu tantôt par leur coDopression y tantôt par leur combinaison entre eux.

Compression. On sait qu'il suffit de frotter un corps contre un autre , de le percuter , pour élever sa températiii« y et quelquefois même pour l'enflammer ; si cette assertion avait besoin d'appui y nous pourrions citer un fait généralement connu ^ l'usage du briquet avec lequel on percâote le caillou pour alliuner l'amadou. Ce phénomène n'a pas encore été expliqué : on a dit qu'il y avait rapprocliement des molécules , par suite de la compression , et par conséquent dégagement de calorique ; mais on sait qu'un morceau de fer frappé jusqu'à ce qu'il soit devenu rouge y n'occupe pas un espace plus petit que celui qu'il remplit après s'être refroidi.

Combinmson. Dans une multitude de cfrconstances^ les molécules des corps qui se combinent intimement se rapprochent et dégagent une plus ou moins grande quantité de calorique^ et souvent même de la lumière. La combustion du bois et des autres corps inflanunables n'est autre chose qu^m phénomène de ce genre , dans lequel deux y trois^ ou un plus grand nombre de corps s'unissent entre eux et donnent naissance à divers composés.

action du calorique sur V économie animale.

Le calorique doit être rangé parmi les médicaments excitants 3 on peut en faire usage intérieurement ou exté-

lOa PREllI.ltIt*i PARTIK.

rieurement : dans le pçeèçi'^t- cas, on l'introduit à l'aide de certains corps liquidé^^cm 'solides, tels que les boissons et les aliments. Nons'ùp nous occuperons ici que de son emploi eitérieufx ■-;"•- '

Effets.pMcatôrique appliqué extérieurement. S'il agit sur touie ï&.8urface du corps , par exemple lorsque l'indiviâ^c5t placé dans une étuve sèche à 7 5" thermomètre ceiHj^âde , on cprouye mi sentiment de cuisson dans plu- ,•. ^àvecs parties, mais principalement aux mamelons , aux /.''\^aupières et aux narines ; la peau se tuméfie et rougît lé- *'■ gèrement; lachaleiu: c^tanée augmente ; le pouls s'accélère j il survient une ^iixiété générale ; la respiration est plus ou ûioins gênée ; la sur^ce de la peau se couvre de sueur; la chaleur générale devient plusintense j on éprouve de la soif jlaface est gonflée; les yeux sont saillants; lacéphEdalgîe, des étourdiasemenls et même la syncope, viennent quelquefois se joindre àcessymptâmes.SllecaloriquQ agit seplement sur une partie, il détermine la rubéfaction, lavésication et même l'eschariûcation.

application, du calorique non lumineux. 1" A l'aidq

de briques chaudes, de plaques métalliques et de linges

i.Pouteau, Fabrice de H ildeii, et quelques autres p

pu CALORIQUE. loii

i"" A Tâide des rayons du soleil. Ces rayons peuvent uxn^ ber directement siir les parties ^ ou bien on peut les eoiHcentrer au moyen d'une lentiUe : dans ce cas , il faut agir avec prudence^ car ractivité des rayons solaires conccttr trés est assez forte pour déterminer Teschare. Faure et M. LapeQrre rapportent des exemples de vieux ulcères gaéris par Tinsolation ; et M. Lecomte assura avoir em-r ployé avec succès les rayons solaires concentrés dans un ulcère cancéreux a la lèvre. On fait particulièreineni; usage de rinsolation dans les affections lentes du système lym-r phatique^ dans les maladies scrophuleuses ^ Tanasarque et les suppressions atoniques. a** A Taide d'un charbon ardent que l'on approche et quel'on éloigne alternativement de la partie que Ton veut exciter ; on l'emploie particulièrement dans les engeliures et dans certaines névralgie^ de \a face. Faure a guéri^ par ce moyen , plusieurs andens ulcères^ un engorgement glanduleux du sein^ une dartre fort ancienne, purement locale. Enfin, on peut s'en servir dans les contusions, les ecchymoses, etc. 3"" A Taide du fer rouge-blanc, ou du cautère objectif. Ce moyen est d'autant moins douloureux que le fer est plus chaud ; il a été employé avec succès par Hippocrate dans les caries humides des os spongieux , dans les tophns o^ seux , et pour arrêter le sang après l'excision des héinorroïdes. Faure en a retiré des avantages dans certaines tnmeurs cancéreuses, et dans quelques autres qui étaient molles, fongueuses et indolentes. Pe^// rapporte des observations d'exostoses vénériennes qui n'ont cédé qu'au fer rouge. On l'emploie pour arrêter Thémorrhagie des artères sous-linguales , et des petits vaisseaux qui avoisi-i nent les os cassés et déplacés. Il a ét^uelquefois utiler dans l'épilepsie, en convertissant en eschare le siège de' \aura epiïeptica. On s'en sert fréquemment pour cauté^" riser les plaies venimeuses, les anthrax, les charbons et les bubons pestilentiels. Fabrice de Hilden et plusieurs autres praticiens en ont retiré des avantages dans tiipaiir

Io4 I^REHIÈRE PARTIE.

^rène humide, etc. 4° A l'aide du moxa. Indépeiidaniment des diverses maladies où le cautère transcurrent est utile y le moxa est encore avantageux dans certaines cé- }^3alalgies chroniques, dans quelques cas de surdité et de mutitâ accidentelles , et principalement dans les sciatiques invétérées, dans la gibbosité vertébrale , vulgairement connue sous le nom de maladie de Poti ; dans les névralgies, les tumeurs blanches des articulations, etc. En général , le moxa doit être appliqué siu- les endroits les plus voisins du àége de la maladie.

Du Fmid.

D'après l'hypothèse que nous avons adoptée, le &oid est ime sensation produite par la soustraction du calorique de nos organes. Plusieurs physiciens ont pensé qu'il était le résultat de l'action d'un fluide particulier , qu'ils ont sppeUjHgorifiçue.

Voici l'expérieftce sur laquelle ils ont cherché à appuyer cette opinion, t^foj. pi. 5, fig. 43.) Si, au lieu d'un corps chaud , on place de la neige au foyer jp", un thermomètre à air, disposé à l'autre foyer./, descendra et

DE LA LtMIÈEK. lo5

De la Lurnièi'e.

I La lumière tend toujours à se mouvoir en ligne droite^ sous la forme de rayons, et avec une vitesse prodigieuse , puisqu'elle parcourt plus de quatre millions de lienes par minute. 2** Les rayons lumineux traversent certains corps que Ton appelle milieux : ceux qui tombent obliquement d'un milieu rare dans un milieu dense , par exemple de l'air dans le verre , changent de direct tion y et se rapprochent de la perpendiculaire élevée au point d^immersion : le contraire a lieu s'ils passent d'un milieu dense dans un milieu rare. Cette déviation de la lumière est connue sous le nom de réfraction , et c'est sm* elle <jue sont basées les théories des lentilles , des miroirs ardents, des microscopes, des lunettes, des télescopes , etc. Soit ^B le rayon lumineux qui tombe sur une lame de verre CD ( Foj. flg. 47 ) ^ ce rayon , loin de suivre la direction BE ^se réfractera en traversant la lame, et se rapprochera de la perpendiculaire PR. Les milieux ne se bornent pas A dévier le rayon lumineux ; ils le décomposent en sept rayons différents , comme on peut s'en assurer en le faisant tomber sur l'angle réfringent d'un prisme. Ce rayon ira toujours projeter sur un écran le spectre solaire composé des sept rayons suivants, rouge j orangé y jaune y ojert, bleu y indigo y violet. Il y a des corps qui font éprouver à la lumière une double réfraction, y Les rayons lumineux sont réfléchis par la surface de tous les corps, et, dans ce cas, l'angle d'incidence est égal à l'angle de réflexion. Nous aiurons occasion d'appliquer ces données par la suite.

La lumière , comme le calorique , détermine la dilatation et réchauffement des corps , phénomènes qui depuis long-temps ont conduit les physiciens à admettre qu'elle renfermait du calorique ; elle opère également la décomposition de certains corps; les rayons lumineux du

106 PREHIÈaE PARTIE.

soldl qui sont plus denses que les autres infiuent davan- '■ ta^ siir la composition des corps; en général, Us tendent à dégager l'oxygène de ceux qui en contiennent; ainsi l'acide azotique concentré est ramené à l'état d'acide azoteux; l'or etrargent&ontséparésàl'étatmétallîquedes dissolutions salines, etc. Lafaculté d'éclairer, d'échauffqr et d'agir chimiquement sur les corps , reconnue aux rayons lumineux, fait que l'on s'accorde aujourd'hui à les regarder comme formés , i' de plusieurs rayons lumineux colorés; 2" de rayons ca.lorifique3 obscurs , susceptibles d'échauffer et de dilater les corps; 3° d'autres rayons obscurs capables de produire des effets chimiques^ tels que la coloration en violet du chlorure d'argent.

Les rayons calorifiques obscurs qui font partie de la lumière sont susceptibles d'échauffer et de dilater }es corps ; ils çont réfractés par le prisme et produisent un spectre pljis alongé que celui que forment les rayons lumineux colorés, parce que ceux-ci sont moins refraijgibles que les autres : si l'on plonge un thermomètre daas les différentes parties dy spectre produit par les rayonq calorifiques obscurs , on voit qu'il ne s'échauffe p^ d^OA le rayon violet ni i côté de lui en dehors du spectre , et

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