‹ Éléments de chimie (volume 3)Chapitre 47 sur 106 · I)U CHLORE. T · texte numérisé non relu

I)U CHLORE. T

verre , après Tavoir desséché sur l'acide sulfnriqne , et en appliquant en même temps Taclion du froid.

Le chlore gazeux parfaitement sec n'éprouve aucune altération de la pan dé la lumière -, s'il contient de l'eau , celle-ci est décomposée^ le chlore s'unit à l'hydrogène pour former de Tacide chlorhydrique y et l'autre principe conâtituant de l'eau ^ l'oxygène^ se dégage en partie , tandis qu'iUie autre portion forme ^ avec le chlore ^ de Tacide chlorcux (M. Gay-Lussac). Sa puissance réfractive est de 2^623, celle de l'air étant prise pour unité (Dulong). La pfle électrique la plus forte n'altère point le chlore parfaltemeiit sec : si on le soumet à Faction de cet agent lorsqu'il est dissous dans l'eau , celle-ci est décomposée , et le chlore se rend avec l'oxygène de l'eau décomposée au pôle vitré. Il est électro^résineux par rapport à l'iode, et électro-vitré par rapport à l'oxygène. ( V. page 1 14-)

Le gaz oxygène n'exerce aucime action sur lui; il existe cependant au moins trois composés d'oxygène et de chlore dont noua parlerons plus bas ; savoir : Foxyde de chlore ( I voL de chlore et 2 d'oxygène )^ Facide chloreux ( 2 vol. de chlore et 5 d^oxygène), et Facide chlorique ( 2 vol. de chlore et 7 d'olygène). Tout porte à croire qu'il y a encore un autre composé de 2 vol. de chlore et de 3 d'oxygène j que Fon devrait désigner sous le nom d'acide hjpo^ chloreux , et qui n''a pas encore été isolé.

Le gaz hydrogène peut se combiner avec le chlore , et donner naissance à un acide, qui porte le nom d'acide chlorhydrique {m\ina.Xiqjae). L'expérience doit se faire à là lumière diffuse , ou à une température élevée , car elle ne réussit pas à la température ordinaire et dans un lieu obscur. ^ la lumière diffusé. Que Fon fasse arriver un s^olume de chlore gazeux desséché au moyen du chlorure de calcium , dans un flacon tiibulé rempli d'air, bientôt le chlore, à raison de son poids, se précipitera dans le flacon, chassera tout Fair ; qu'on le bouche après en avoir retiré peu à peu le tube, qu'on remplisse de gaz hydrogène

1 8o PREMIÈRE PARTIE.

desséché par le même moyen un ballon tubnlé plein de mercure, et dont la capacité est égale à celle du flacon , (ilyaurapar conséquent un volume d'hydrogène ) j si , après avoir débouché celui-ci , on introdmt dans son goulot le col du ballon usé de manière qu'il s'adapte parfaitemeDt à sa tubulure , et que l'on entoure de mastic fondu les parties qui établissent la conununication de ces deux instruments^ on remarquera qu'au moyen de la lumière difl'use, le mélange des deux gaz ne tardera pas à s'effectuer ; au bout de quelques jours le chlore sera décoloré , et l'appareil ne contiendra plus qu'un volume de gaz acide chlorhydiique égal à celui des deux gaz employés ; il sera transparent , incolore, fumant à l'air , et rougira la teinture de tournesol ; la décoloration du chlore ne saurait être complète si, vers le deuxième ou le troiâème jour, l'appareil n'était exposé pendant 20 ou a5 minutes à l'action directe des rayons solaires. A une température élevée. Si on remplît un flacon contenant det'eauavecua mélange de parties égales de chlore et d'hydrogène gazeux , et qu'on l'enflamme à l'aide d'une bougie allumée, il y a sur-le-champ détonation et formation d'une fumée blanche qui indique l'existence du f;;iz acide chlorhydritjue

DU CHLORE. 18 l

éteint les corps en combustion ; sa densité est au moins de 3^94^. Il répand des vapeurs à l'air et se dissout très bien dans l'eau, qui se décompose probablement en donnant naissance à de l'acide borique et à de l'acide chlorhydrique. Il est formé pour un volume ou atome d'un demi-atome de bore ( 33,99), ^^ ^'^° atome et demi de chlore (33 1,98). Poids atomique , = 365,97 . Formule BCh^. M. Despretz qui l'a découvert^ l'obtient en chaufEuit dans un tube de verre du borure de fer avec du chlore ; on sépare Texcès de chlore au moyen du mercure.

Le carbone n'exerce aucune action sur le chlore gazeux sec. Si on substitue le charbon ordinaire au carbone pur, et qu'on agisse à une chaleur rouge j le chlore s'empare de l'hydrogène qu'il contient , et il se forme du gaz adde chlorhydrique jusqu'à ce que le charbon ne renferme plus dTiydrogène ; le même phénomène a lieu à la température ordinaire, si l'on introduit dans un flacon plein de chlore des fragments de charbon ordinaire.* Mais dans aucun cas le chlore sec et le charbon privé d'hydrogène ne se combinent directement. Si le chlore est humide et le charbon rouge , l'eau est décomposée tl il y a formation d'acide chlorhydrique et d'acide carbonique. Il est cependant possible d'obtenir quatre chlorides de carbone , lorsque le chlore et le carbone , sont placés dans des circonstances particulières.

Le perchloride , est solide, incolore, transparent, d'une odeur aromatique comme camphrée , à peine sapide ; sa densité est à peu près 2 ; il fond à lôo"* et se décompose à une chaleur rouge en chlore et en bi-chloride de carhone ; il est à peine soluble dans l'eau ; l'alcool le dissout iacilement ; la plupart des métavix le décomposent à une chaleur rouge , et il se forme des chlorures métalliques, le charbon est mis à nu. Il est composé, d'après M. Faraday, à qui nous en devons la découverte, de 3 atomes de chlore et de 2 de vapeur de carbone. C'Ch^, ou de 8,67 de carbone et de loo de chlore. On le prépare en exçoç^wx.

iK:». Piu'.MiÈiiE l'ARTii;.

au soleil uii composé d'acide chlorbydriqiie et d'h/divbi'çaiini-e de chlore. {F". Hydrogène deuto-carboné), et en y faisant arriver un petit courant de chlore. Le irichloride est formé de i3 de carbone et de loo de chlore. On l'obtient en dialillaot un mélange de cMoral^Voyez ■ tome 3', Alcool ) , avec du lait de chaux ^ de la potasse ou de l'eau de baryte ; ou plus facilement encore en distillant de l'alcool très étendu d'eau avec du chlorure de chaux. II est liquide, limpide et transparent comme l'eau j sa densité à i8° c. est de 1,480. Il bout .à 60°, t c. Il n'est pas inflammable; l'alcool et l'éther le dissolvent , mais l'eau le précipite de ces dissolutious ; il dissout le phosphore, le soufre et l'iode. ( f. le mémoire de Lieb%, dans les j^nn. de Chim.. àef&>rier i832.) Le bichlonde de carbone est liquide, lin^de, incolore ; sa densité est de i,55a6; le chlore le transforme en perchloride , si le mélange est exposé au soleil ; il est formé d'un atome de chlore et d'un atome de carbone.= CCh. ou de 17,3 de carbone et de 100 de chlore. Qa l'obtient en décomposant le perchloride à une chaleur rouge. Le proto-chloride est composé de 33,69 de carbone et de

DL CULOKË. l8i

que et la lumière qui le tenaient à Tétat de gaz doivent donc se dégager. Propriétés du perchloride de phosphoi'e. Ce corps y appelé aussi par quelques chinûstes acide chlojx>^phosphorique y est solide ^ d'un blanc de neige ^ excessivement volatil ; il rougit Iç papier de tournesol parfaitement desséché ; il décompose Teau avec la plus grande rapidité ; en effet , le chlore s'empare de l'hydrchgène pour former de Tacide chlorhydrique , tandis que le phosphore s'unit a Toxygène et passe à l'état d'acide phosphoiique. On l'obtient en faisant arriver un excès |le chlore gazeux sec dans une cornue contenant 4u phosphore également sec. Propriétés du bi - chloride de phosphore. Il est liquide, incolore , transparent, fimaant^ nullement acide lorsqu'il est pm:, récenunent préparé, et qu'il p'a pas absorbé l'hmnidité de l'air ; le fer le décomrpose à une température élevée , s'empare 4 la f(^ du cUore et du phosphore ^ et il se produit du phosphurç et du chlorure de fer. Un morces^u de papier Joseph in)bi))é de c^txe liqueur , brûle commç le phosphore , au#&ito|; qu-'on l^expose à l'air. Si on le mêle av(^ de Teau, celle-ci est subitement décomposée ; son hydrogène s'empare du chlore pour former de l'acide chlorhydrique , tandis que Toxygène se porte sur le phosphore et Iç &it passer à l'état d'a(4de phosphoreux ; on observe les mêmes ph&* nomènes , s'il est exposé à Tair hunûde et qu'il en attire rhumidité : dans ce cas , il rougit le papier de tournesol; mai)9 il ne le rougit pas s^il est parf^tement privé d'eau et que le papier ait été bien desséché. On l^obtient comme le précédent , excepté que Ton emploie moins de chlore. Leperchloride est formé de 5 atomes de chlore et 4'un de phosphore, ou de 84,96 de chlore et de i5,i4 de phos« phore. Le bichloride contient trois atomes de chlore et un de phosphore^ ou 72,2 de chlore et 28,8 de phosphore. Protochloride de phosphore. Il existe un troisième composé de chlore et de phosphore , que l'on obtient en faisant dissoudre la plus grande quantité possible de phos-

l84 PIlEMièltE PARTIE.

phore dans le H-chloride, auquel il ressemble sous le rapport des qualités exiérietires.

Lorsqu'on fait arriver sur du sottfre divisé et sec, du cblore gazeiix parfaitement desséché, il se fonne constamment , et à toutes les températures , un sulfide Uquide connu sous le nom de liqueur de Thomson , qui \'à. découvert : il est d'un ronge-brun , très volatil , doué d'une odeiur piquante , excessivement désagréable ; il ne rougit pas le papier de tournesol parfaitement desséche ; mais à on l'agite avec de l'eau, il la décompose, passe à l'état d'acide chlorhydrique et d'acide hypo-suJfureux ; celui]-ci ne tarde pas à se décomposer en acide sulforeux et en soufre qui se précipite : son poids spécifique est de i,6a8. Il est formé de 68,75 de chlore et de 3i,a5 de soufre, ce qui correspond à deux atomes de chlore et à un de soufre gazeux =:Ch' S. 11 existe encore, d'après Diunas, un autre sulfide de cft/ore jaune , un peu visqueux, à la manière des huiles grasses, formé d'un atome de soufre et d'un atome de chlore. On l'obtient en traitant à froid le soufre sublimé par un courant de chlore sec et arrêtant l'opération avant que tout le soufre ait disparu ; on distille la masse à une douce chaleur, et la

D13 CHLORE. l8S

contenant du chlore gazeux et de V iode y on obtient pluâeurs composes de chlore et d*iode différant les uns des autres par leurs propriétés et par leur composition : on connaît sur-tout un perchloride et un proto-chloride. Le perchlonde d'iode est solide^ blanc jaunâtre^ d'une odeur irritante^ très volatil^ déliquescent^ et promptement décomposable par Teau qui se décompose de son côté^ et l'on obtient de Facide iodeux et de Facide chlorhydriqne; la dissolution détruit par degrés les couleiu^ bleues vitales; elle décolore même la dissolution sulfuriquc d'iodigo^ et peut être précipitée de sa dissolution aqueuse^ 80U8 forme d'une matière blanchâtre caillebottée^ par ime assez grande quantité d'acide sulfurique (Serullas). Il est formé d'un atome d'iode et de cinq atomes de chlore = I Ch». Le proto-chloride d'iode est liquide^ d'un rougebnm, ayant l'aspect du brome ^ d'une odeur suffocante^ solùble dans l'eau sans la décomposer. Sa composition est inconnue.

Le brome s'unit au chlore à la température ordinaire , et fournit un chloride liquide , jaune rougeâtre, très odorant, très volatil, d'une saveur désagréable, soluble dans l'eau.

La découverte du chlore est due à Schéele , qui l'appela acide muricUique déphlogistiqué.

Poids de l'atome du chlore. Il est de 221, 3^5 .

Usages. On s'en sert principalement pour blanchir, et pour désinfecter l'air corrompu par des miasmes. Nous renvoyons à la chimie végétale et animale poiu les détails relatifs à son emploi dans ces circonstances. La médecine légale peut en retirer des avantages pour décolorer certains liquides qui recèlent des poisons. (Voy. notre traité de Médecine légale. ) Respiré pur, le chlore gazeux est excessivement irritant, et ne tarde pas à occasioner la mort. Mêlé avec de l'air, il provoque la toux , et détermine une affection catarrhale, suivie quelquefois d'hémoptysie; d'où il résulte qu'on ne l'emploie jamais dans cet état.

j86 première partie.

Dissous dans l'eau , il agit encore comme irritant , si la dissolution est concentrée : aussi les animaux qui en ont pris ime ceriâjne quantité ne tardent-ils pas à périr, et l'on trouve après la mort une TÏve inflammation des tissus du canal digestif avec lesquels il a été en contact . Il peut cependant être utile dans certaines circonstances, s'il est coQTenablemeot administré. Le meiUeur moyen de combattre l'empoisonnement par l'acide cyanhydrique, est sans contredit de faire respirer du chlore liquide étendu de qua^'e paities d'eau. M. Braithwate dit l'avoir employé avec succès dans la scarlatine et dans d'autres pldegmasies cutanées aiguës : il faiçaît prendre ^ans la journée deux gros de chlore liquide étendu de huit onces d'eau; mais il préférait encore l'employer eo. firictions sur la gorge- Estribaud 1'^ administré avec avantage, à la dose d? six à huit gros, à des prisonniers equ^ols atteints de la fièvre dite putride. JVysten l'a donné avec succès à l'état hquide dans des diarrhées et dps dysenteries dironiques , qui paraissaient entretenues par l'étal d'atonie de la piembrane muqueuse intestiiiale. M. Thénard et Cluzel ont reconnu que les immersions des mains dans ce liquide suffisaient pour guérir la gale la plus invé-

DV CHLOKE. 187

gazeux^ de l'eau et du chlorure dé manganèse. On peut faire arriTer ce chlore gazeux , à Taide d'un tube droit , dans un flacon rempli d'air ; bientôt celui-d , beaucoup plus léger que le chlore , sera chassé : 011 bien on peut le recevoir sous des cloches pleines d'eau; nuds dans ce cas, l'eau dissout une partie du gaz. Théorie. L'acide chlorhydrique et le bioxyde peuvent être représentés par

Acîde ehlorhydrique = Hydrogène 4- Chlore + Chlore Bioxyde demang. — Oxygène 4~ Manganèse

fkia Chlorure de Mang.

L'hydrogène de l'acide chlorhydrique s'empare de Toxygène du bioxyde pour former de Teau; une portion de chlore esi mise à nu ; une autre portion s'unit au manganèse et produit du chlorure de manganèse. Les chiffires qui suivent donneront une idée plus exacte de cette opération.

Proportions réagissanles. Proportions produites.

I de bîoiiydc de mang. ^ 545,9 » ^f <ïWorc 44a,65o

a d'acide rccl. . . > , - 900,1 ^^^° ***'95«

idechLdeman.-'^^^- ^1^^^*^

i456,o idema 545,900

Pour préparer le chlore en grand, on place sur un bain de sable un matras /). (Fqy. pi. 9, flg. 57.) muni d'un bouchon percé de deux trous , on introduit dans ce matras du bioxyde de manganèse cristallisé en aiguilles y et ne contenant pas de phtorure de calcium ; de ce matras sort un tube recourbé Ty qui plonge dans la petite quantité d'eau que renferme le flacon F; deux autres tubes recourbés tt établissent la communication des vases ^^ B avec le flacon F; un dernier tube recourbé S est destiné à porter le gaz dans des cloches pleines d'eau; enliu les tubes droits 0:0:0; sont des tid)es

l88 PREMIÈRE PARTIE.

de sûreté ; Iès vases À B renfennent de l'eau , et le pre^ mier est entouré de glace. Les choses étant ainsi disposées, et les bouchons percés des trous nécessaires pour donner passage aux tubes, on lute toutes les jointuresj et on tetroduit peu à peu , au moyen d'un tube en iS recourbé VE, de l'acide chlorhydrique; on chauffe doucement : le chlore se dégage à l'état de gaz, traverse l'eau du premier flacon , passe dans le deuxième , se dissout dans l'eau ^ et lorsque celle-ci en est saturée se porte sur le troisième, etc.

Du Phtore ou Fluor.

La pliqtart des chimistes s'accordent aujourd'hui à regarder l'acide fluorique, d'après les expériences de H. Davy, comme formé d'hydrogène et d'un radical particulier auquel on a donné le nom dejiuor, M. Ampère , qui a indiqué le premier la composition de l'acide fluorique , a proposé d'appeler son radical phtore, de l'adjectif grec tpBaptoç, délétère, qui a la force de ruiner, de détruirey de corrompre : en effet , ce corps que l'on suppose râmple, jouit exchisivement de la propriété de détruire

DE L^ AZOTE « tSg

que Ton a long-temps désigné sous le nom diacide yZ^iobojique'y il forme avec le phosphore un liquide blanc très fumant ( Dumas ) ; il produit avec le silicium y un autre acide appelé phtoro-silicique ( acide fluorique silice). Ces acides ne contiennent ni oxygène ni hydrogène* Lephtore parait avoir moins d'affinité pour plusieurs mé-' taux que le chlore ^ cependant il s'y unit avec énergie^ et forme des composés binaires neutres. Il est électro-rédneux, par rapport au phosphore, et électro-vitré, par rapport à Tazote. ( Foj. page 1 14- ) H est inaltérable à Tair. M. Ampère croit devoir le ranger entre le chlore et

riode.

De V Azote *.

L'azote est un corps simple , très répandu dans la nature : à rétat solide , il fait partie de presque toutes les substances animales , de tontes les graines et de beaucoup de substances végétales, de tous les azotates et de tous les sels ammoniacaux ; il se trouve à Tétat de gaz dans l'atmosphère, dont il fait à peu près les quatre cinquièmes , et dans le gaz ammoniac : lorsqu'il est pur, il est toujours gazeux.

Du Gaz azote.

Le gaz azote est incolore, inodore, transparent ,»;et plus léger que Tair atmosphérique; son poids spécifique est de 0,97 5 «7 . La lumière est réfractée par ce gaz ; sa puissance réfractive est de 1,020 (Dulong). Il est électro^itré par rapport au soufre , et électro-résineux par rapport au phosphore. Le gaz oxygène ne peut se combiner directement avec le gaz azote que lorsqu'on fait passer à travers le mélange une grande quan-

* Azote, mot grec dérivé de « privatif et de ç»>3 , vie , qui prive de la vie.

lité d'étincelles électriques, et il se fonne de l'acide azoteux, désigne improprement sous le nom d'acide nitreita:; il se produit au contraire de l'acide azotique, si on a ajouté de l'eau où du protoxyde de potassium , substances avec lesqueTles l'acide azotique a beaucoup d'affinité. On peut encore obtenir trois autres composés d'' oxygène et d'azote : savoir, le protoxyde et le bioxyde d'azote, et l'acide hypo - azoteux ; mais ils ne résultent jamais de l'action directe des deux gaz qui les constituent. Le gaz hydrogène ne peut pas se combiner directement avec le gaz azote ; cependant, il est des circonstances particulières où ces deux corps s'unissent intimement et forment lé gaz ammoniac. Ou croit que le bore a la faculté d'absorber le gaz azote.

Le carbone pur n'a point d'action sur lui; le charbon ordinaire, au contraire, l'absorbe avec dégagement de calorique. Selon M. Théodore de Saussure , une mesm'e de charbon de-buis absorbe 7,5 mesures de gaz azote. M. Gay-Lussac a fait connaître, en i8i5,un gaz composé de carbone et d'azote , auquel il a donné le nom de cyanogène ( générateur du bleu ) ; il existe encore un autre composé de carbone et d'azote signalé par M. Liébis

DE L* AZOTE. ipi

très léger ^ blanc, insoluble dansTeau etdisms presque tous les acides et dans les alcalis dîÉ&cms, Inattaquable par le chlore et par le soufre, décomposàble à Une haute température par le gaz hydrogène sec, en phosphore et en ammoniaque. Si on le fait fondre avec de l'hydrate dfe potasse, Veau de cet hydrate et Fazotîde sont décomposés, et il y a production d'ammoniaque et de phosphate de potaMe, l'oxygène de l'eau s'étant porté sur le phosphore et l'hydrogène sur l'azote. Il paraît composé de 5^,56 de phosphore (i atome), et de 47,44 d'azote (2 atomes). On l'obtient en faisant passer du gaz acide carbonique bien sec, sur du chloro-phosphure d^ammoniaque, chauffé sur un bon feu de charbon à rabri du contact de Fair. Le chloro-phosphure se prépare , en saturant par le gaz ammoniac sec, du bi-chloride de phosphore liquide privé de l'excès de phosphore qirtl pourrait contenir.

Le soufre ne se combine pas avec l'azote j il en est de mcme de Vïode et du chlore : cependant il existe des combinaisons d'iode et d'azote, de chlore et d'azote, connues soiis les iioms S!azotides S!iode et de chlore.

Uazotide S! iode (iodure d'azote. ) Il est sous forme de poudre nôh âtre ; desséché , il fulmine très fortement et spontanénàent. S'il est humide , il ne détone que par une légère pression ; dans tous les cas il y a dégagement de lumière sensible dans l'obscurité, et décomposition de l'azotide en azote et en iode qui se séparent à l'état de gaz. 11 est décomposé par l'eau froide , mais sur-tout par Teàu chaude , et il se produit de Tiodite et de l'iodhydrate d'ammoniaque , un peu d'azote qui se dégage et une petite quantité d'iode (jui colore la liqueur : on voit que l'oxygène de l'eau a transformé l'iode en acide iodeux et que l'hydrogène a formé avec l'iode de l'acide iodhydrique , et avec Tazole de l'ammoniaque. Lorsqu'on verse sur de l'azotide d'iode , de l'acide chlorhydrique liquide , ou des dissolutions alcalines^ telles que la potasse, la soude , etc. ; l'eau contenue dans ces corps est également

décomposée. Préparation. On obtient cet azotide en versant dans l'eau de l'iodure d'ammoniaque j ilseprédpite aussitôt de l'azotide d'iode ; et il reste en dissolution de l'iodliydrate d'ammoniaque : au bout d'un quart d'heure , l'azotide est lavé sur un filtre , mais avec ménagement, pour éviter sa décomposition et la détonation qui l'accompagnerait.

Théorie. On peut représenter les éléments de l'iodure d'ammoniaque par

Ammoniaque + Hydrogène. + Aiote*.

Iode. + Iode.

Acide îodbydrique. Azotide d'iode.

L'eau détermine la décompo^tion d'une portion d'ammoniaque; l'hydrogène provenant de cette décompoâtion s'unit à ime partie de l'iode , et donne naissance à de l'acide iodhydiique qui s'empare de l'ammoniaque non décomposée pour former l'iodhydrate , tandis que l'autre portion d'iode se combine avec l'azote qui résulte de la décomposition de l'ammoniaque et produit l'azotide

DE L'AZOTIDE de CHLORE. 1^3

Azotide de Chlore. Si Ton fait arriver du chlore gazeux dans une solution de sel anunoniac^ préparée avec une partie de sel et 20 parties d'eau, le chlore est d''abord absorbé ; quelque temps après, la dissolution se trouble ; il se dégage une multitude de petites bulles de gaz, et il se forme des gouttes d'un liquidé oléagineux, d'une couleur fauve, d^une odeur piquante, insupportable, dont le poids spécifique est de i^653. Ce liquide. t été découvert par M. Dulong ; il est composé de chloré itt it azote ; il est très volatil et détone avec la plus grande violence et avec dégagement de calorique et de lumière , lorsqu'on l'expose à la température de 3o** , ou qu'on le met en contact avec le phosphore. Mis sous Veau pw^e^ il disparaît en a4 heures ; une partie se sépare en chlore et azote ;' l'autre déconopose l'eau et il se forme de Tacide chlorhydrique et de l'acide azotique. ( T^oy. pour les autres propriétés , le Mémoire de SéruUas, Aim. de Chim. , octobre 1829.)

Théorie de saformation. Une portion de l'anunoniaque du sel employé est décomposée parle chlore ^ qui s'empare de son hydrogène ; Tazote mis à nu s'unit à une certaine quantité de chlore et produit ce liquide détonant, ilfo^te de préparation. On prend un entonnoir de verre, dont l'extrémité tirée à la lampe, n'offre qu'une petite ouverture , et plonge dans du mercure ; on verse dans l'entonnoir assez de dissolution de sel ammoniac pour en remplir presque toute sa capacité; et, àl'aide.d'un tube de verre que l'on fait plonger dans le liquide , et qui de»^ cend jusqu'au fond de l'entonnoir, on introduit une dis-^ solution concentrée de sel commun , qui ^ étant plus pesante que la dissolution de sel ammoniac, occupe la partie inférieure de Tentonnoir. L'appareil étant ainsi disposé , on fait arriver du chlore au moyen d'un tube recoOThe qui plonge dans la couche supérieure formée par le sel ammoniac , et qui ne touche pas la couche inférieure de sel commun : à mesure que l'azotide se prodoît, il se précipite, traveBse la couche inférieure de sel commun, et

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