SIMPLES PRÉC£DEMMK>T ÉTUDIÉS
Oii donne le nom d'acide dîme substance solide, liquide ou gazeuse^ douée en général d'une saveur aigre ^ de la propriété de faire dispaïaître en tout ou en partie les caractères de certains oxydes appelés alcalis ^ de la faculté de rougir Vinfusum bleu de tournesol et la teinture de violettes^ ainsi que de jaunir ou de rougir rhématine ^. Il y a des substances rangées parmi les acides y qui pourtant ne jouissent pas de tous ces caractères ; cependant il n'en est aucune qid ne puisse se combiner avec les alcaUs. En général^ les chimistes regardent le tournesol comme le réactif des acides : cette teinture est ^ en effet y composée d'une couleur rouge , et de carbonate de potasse ^ que Von peut considérer comme un alcali; or^ l'acide s'empare de râlcali et met la couleur rouge à nu.
Tous les acides ont la plus grande tendance à se porter vers les surfaces électrisées vitreusement : ceux qid sont formés par Toxygène et par un corps simple sont décomposés par la pile voltaïque , l'oxygène se porte au pôle vitré y et le corps simple au pôle résineux. Us sont presque tous solubles dans l'eau ; en effet ^ on ne doit guère conâdérer comme insolubles ^ parmi les acides minéraux y
* M. Bon«ford a proposé ^ dans ces derniers temps, comme UQ moyen très sûr de distinguer plusieurs acides les uds des autres y le papier de Fernambouc, auquel ces acides communiquent une couleur tantôt rose, tantôt orange, jaune, noire ou hlanche {Ann, de Chim, et de Phys, t. xix.)
Il est des acides anhydres ou ne contenant que la quantité
d'eau nécessaire à leur existence^ qui ne rougissent point le
papier de tournesol bien sec; tandis que la couleur ronge se
nianifeste dès qu'on ajoute de l'eau. ( PehiizcAnn. de Ckim,
Juillet ci Joui i832.)
■A&A PHEHIÈRE PARTIE.
que les acides antimonique , antimouieux , silicique , tungstlque et titanique.
Tous les adides forts rendent t'eau oxygénée phis stable; ainsi : i° de l'eau contenant six fois son volume d'oxygène perd une grande quantité de ce gaz lorsqu'on la chauffe convenablement , tandis qu'il suffit d'ajouter une petite quantité d'un adde fort pour que le gaz reste dans l'eau : %' les métaux qui jouissent de lapropriété de dégager l'oxygène de l'eau oxygénée cessent d'agir sur elle lorsqu'on l'acidulé suCSsanunent ; 3* l'eau oxygénée ne peut être concentrée au moyen du vide sec que jusqu'à ce qu'elle contienne aSo fois son voliune d'oxygène , tandis qu'elle peut se concentrer sans altération, si on y ajoute assez d'acide pour qu'elle rende poiu^re le papier de toiunesol. On avait cru d'abord que dans ces expériences les addes s'oxygénaient, et on avait admis des addes suiyurique , phosphoricfue , azotique , chJoi^jdrique oj^génés ; mais il est reconnu aujourd'hui que ces acides n'existent pas , et que dans ces mélanges l'eau seule est oxygénée.
Les acides peuvent se combiner avec un plus ou moins grand nombre d'oxydes métalliques, et donner naissance
ACTION DES ACIDES SUR L'ÉCONOMIE AMMALK. a63
cipes acidifiants l'oxygène , l'hydrogène et \ephtom , les deux premiers parce qnlls entrent dans la composition d'un très grand nombre d'acides^ et le dernier parce qu'il en forme deux? Nous croyons que la dénomination de principe acidifiant est inutile y et doit être rejetée ^ parce qu'elle peut induire en erreur. Il suffit de la plus légère attention pour voir que y lorsque deux ^ trois ou quatre corps simples se réunissent pour former un acide^ celui-ci ne doit pas ses propriétés à un de ces éléments exclusiY6ment^ elles résultent de la réunion de tous ^ et de la marnière dont les molécules sont arrangées.
Les acides dont nous devons nous occuper dans cet article sont au nombre de vingt-deux y savoir : les addies borique y croconique , oxalique y carbonique y hypophosphorcux, phosphoreux^ phosphorique, hypo-sulfureux y sulfureux , hypo-sulfurique y sulfurique y sélénieux^ sélémque y iodeux y iodique , bromique ^ chloreux y chloriqne> hypo-azoteux^ azoteux^ azotique et sUidque.
Action des Acides sur Véconomie animale.
Les addes affaiblis^ introduits dans l'estomac^ donnent lieu à un sentiment de fraîcheur générale. Administrés convenablement y ils ralentissent la circtdation^ étanchent la soif ^ augmentent la sécrétion de l'uline et le ton de l'estomac : cependant les individus qui en abusent éprouvent des symptômes fâcheux y tels que la destruction de rémail des dents y un sentiment de constriction et d''âcreté dans la gorge y la cardialgie y la toux y l'amaigrissement y qui est la suite de l'altération des digestions y et le racornissement du canal digestif^ des glandes lymphatiques .«t de quelques autres organes.
On les emploie avec le plus grand succès dans les fièvres dites biUeuses^ principalement dans celles qui sont continues ou rémittentes^ dans les fièvres dites adynamiques et putrides^ dans le scorbut avec ou sans dévoiement y dans
264 PREHIËRE PARTIE.
les diarrhées bilieuses très considérables , daus celles qui sont ancicimes, dans les hémorrhagies passives du poumon , de l'utérus , de la vessie urinaire , du conduit slimentaire ; dans Les catarrhes chroniques de ces divers oi^anes, dans les hydropisies atouiques. Sydenham et quelques autres auteurs en ont obtenu de très bons effets dans la petite vérole , lorsque la suppuration languit , qu'elle est d'un mauvais caractère , et qu'il se développe des pétéchies dans l'intervalle des boutons. Ils sont contreîndiqnés au début de la phthiMe pulmonaire et dans les phl^Qiaâes aiguës du poumon. Pour les administrer, on les mêle avec de l'eau jusqu'à ce que celle-ci ait ua degré d'acidité agréable au goût, et on fait prendre plnraeurs verres de ce liquide dans la joiumée.
Les acides affaiblis sont employés à l'extéiieur comme astringents , dans les hémorrhagies des petits vaisseaux, et dans les écoulements passifs ou par relâchement ; on s'en sert aussi quelquefois comme répercussifs dans certaines éruptions cutanées; mais la répercussion qu'ils déterminent peut souvent être dangereuse.
Les acides concentrés agissent tous rommede puissants escharrotiqiies; ils irritent, enflamment, ulcèrent les ti
DE L* ACIDE BORIQUE. a65
de Cherchiajo en Toscane; il se trouve aussi dans pluMeurs lacs des^Indes ^ mais alors il est uni à la soude.
L'adde borique pur et solide ^ peut être obtenu sous deux états : i'' fondu et privé d'eau ; 2'' combiné avec ce Bqnide à l'état d'hydrate. Acide borique privé d'eau. Il est sous la forme d'un verre transparent , incolore^ ino-* dore y et doué d'une légère saveur acide ; son poids spécifique est de i^8o3. Il est fusible et n'éprouve aucune autre altération de la part du calorique. Exposé à Taction d'une forte pile électrique ^ U est décomposé en petite quantité ; l'oxygène se rend au pôle vitré , et le bore au pâle résineux. Aucun des corps simples précédemment étudiés n*a d'action sur lui y tant l'affinité qui réunit ses éléments est considérable. 0 attire assez fortement l'Af^mtdité de l'air , se recouvre d'écaillés opaques , pulvérulentes, composées d'acide borique et d'eau , et se délite dans des vaisseaux ouverts. Il se dissout moins dans Teau froide que dans l'eau bouillante ; le soluUim dép ose , par le refroidissement ^ une grande partie de l'acide hydraté sous la forme d'écaillés blanches ; si on le fait évaporer j il cristallise en lames hexagonales ; il rougit Vinfusum de tournesol ^ et n'a aucime action sur la teinture de violette.
Composition. L'acide borique anhydre est composé^ d'après M. Dumas , de deux atomes de bore , = 1 35^98 et de 3 atomes d'oxygène = 3oo. Davy , Berzélius et Soubeiran , estiment qu'il contient moins de bore ; ce dernier chimiste n'admet que 26,386 de bore dans 100 p. d'acide borique. Le poids atomique de cet acide serait^ d'après les résultats de M. Dumas, de 435,98, et la formule atomique
Acide borique combiné ai^ec Veau. Il existe sous deux états; i"* acide hydraté ^ formé de 72,1 d'acide et de 27,9 d'eau. ( I at. d'acide et 3 at. d'eau. ) ; on l'obtient en desséchant l'acide bihydraté à 100" c; 2** acide bihydralé composé de 56,38 d'acide et de 43,62 d'eau ( i al.
s66 PREMIÈRE PARTIE.
d'adde et 6 at. d'eau ) : c'est cehii qui se dépose des dissolutions aqueuses concentrées ; il est sous la forme de petites paillettes ou d'écaillés blanches douces au toucher; son poids spécifique est de 1,479; lorsqu'on le chauffe, 11 entre en Vision et perd l'eau, qui , en se vaporisant , entraîne tme portion d'acide; la volatilisation de l'acide bbrique au moyen de l'eau peut être encore plus facilement démontrée , en mettant dans une cornue tme pâte fkite avec de l'acide bihydraté et tin peu d'eau ; à mesure que l'on chauffe le vase , l'acide vient cristalliser dans le récipient. Il est soluble dans 2,97 parties d'eau à 100° , tandis qu'il en exige 25,66 à 4- 30°. 11 ne se combine avec aucuin des ooirydes dont nous avons parlé jusqu'à présent.
Propriétés essentielles. Il se dissout dans l'alcOol , et communique à celui-ci la propriété de brûler avec tme jBamme verte. Il se dissout dans la potasse et la soude liquide; ces dissolutions laissent précipiter l'acide bous forme de petites paillettes lorsqu'on sature la potasse ou la soude par les acides sulfuriqueouchïorhydrique. Il fournit du bore lorsqu'on le chauffe avec du potas-
DE L^ÀCIDE BORIQXTE. 367
borate de soude pulvérisé ( composé d'adde borique et de soude ) dans trois parties d'eau bouillante ; on décompose la dissolution en y versant peu à peu un excès d'acide sulfnrique concentré , qui s'empare de la soude ; Tadde borique se dépose , ne trouvant pas assez d'eau poiu: se dissoudre ; on laisse refroidir le mélange et on filtre la liqueur^ qui contient du sulfate acide de [soude ; alors on égoutte l'acide borique ; on le lave avec un peu d'eau froide ; on le fait sécher sur du papier Joseph dans une étuve, et on le chauffe en le projetant par parties dans un creuset de Hesse que l'on a fait rougir ; par ce moyen on lé débarrasse de l'acide sulfurique avec lequel il était combiné ( f^. acide sujfurique ) ; lorsqu'il est fondu on le coule ^ et on peut, si on veut l'avoir très pur, le dissoudre dans Feau bouillante, et le faire cristalliser de nouveau. En substituant l'acide chlorhydriqiic îi l'acide sulfurique , on obtient de suite de l'acide borique , qu'il suffit de bien laver pour l'avoir pur. 11 est inutile de dire que les eaux-mèies de ces diverses opérations fournissent un peu d'acide borique lorsqu'on les fait évaporer.
Suivant M. Robiquet , Tacide borique du commerce ne doit pas sa forme en larges paillettes et son aspect nacré, à sa combinaison avec l'acide sulfurique, comme on l'a dit, mais bien à une substance grasse, qui accompagne toujours le tfnckal dont on se sert pour le préparer*, nvésulte également des travaux du même chimiste , que Ton peut obtenir l'acide borique avec beaucoup d'avantages, en brassant le tinckal du conunerce avec la huitième partie de l'acide sulfurique concentré , qui doit être employé 'pour la décomposition complète du tinckal. Après vingt-quatre heures de contact, on fait la dissolution du tinckal, et on la décolore au moyen du charbon animal , dont on sépare les sels calcaires : pour cela on
* Borate de soude impur.
2(>8 PKEHIÈRb: rARTJK.
le fait digérer avec de l'acide clilorhydiique , ou le lave bien CDSiiite et on le faiteécher. Sans celte précaution, tonte la matière grasse du linckal serait précipitée par les sek calcaires, et raci(^ borique obtenu aérait sous forme de plaques plus ou moins épaisses et assez dures, et n'aurait rien de ce feuilleté léger et argentin qu'on y recherche .
De V Acide croconique.
L'acide croconique tire son nom du mot grec jjpoxov, safran , qui rappelle sa couleur jaime. Il est le produit de l'art ; il est sons forme de cristaux grenus ou de prismes déliés, transparents, d'un jaune orangé, inodores, d'une saveur acide , fortement astringente , rougissant le tournesol. Chauffé au-delà de 100°, l'acide croconique se décompose et laisse du charbon qui peut être complètement brûlé par l'air sans donner de résidu. Il se dissout dans l'eau et dans l'alcool anhydre. Il forme, avec les basesj des cmconates d'un jaune rougeâtre ou d'un jaune citron. n est composé de dix atomes de carbone et de quatre