DE L^ ACIDE OXALIQUE
rouge non soluble et un liquide dans lequel se trouve du croconate dépotasse ; en effet, si on évapore le liquide au soleil ou à une température de 3o°, on obtient une foule de cristaux d'un jaune rougeâtre formés par ce croconate. Pour séparer l'acide croconique de ce sel, on traite celuici par de l'alcool anhj^dre mélangé d'une partie d'acide sulfurique d'une densité de 1,78, contenant par consé- (juent un peu plus d'eau que l'acide du commerce , et l'on a soin de n'employer qu'une proportion d'acide insuffisante pour la décomposition totale du croconate. On fait digérer le mélange à une douce chaleur pendant plusieurs heures , en l'agitant souvent ; l'acide sulfurique s'empare de la potasse du croconate et forme du sulfote de potasse insoluble dans l'alcool anhydre , tandis que Tadde croconique restie dissous dans ce liquide; on filtre et on abandonne la liqueur à l'évaporation spontanée; l'alcool se dégage et l'acide croconique reste sous forme d'une poudre jaune : on fait dissoudre celle-ci dans une petite quantité d'eau, et on soumet de nouveau la dissolution à une évaporation spontanée pour avoir l'acide croconique cristallisé.
De V Acide oxalique.
Cet acide sec est formé de dix volumes de carbone et de sept et demi d'oxygène. Nous le décrirons en parlant des acides végétaux. {V. tom. 2^ )
De V Acide carbonique.
L'acide carbonique existe très abondamment dans la nature ; à l'état de gaz , il entre pour une très petite partie dans la composition de l'air atmosphérique : on le rencontie aussi sous cet état dans certaines grottes des pays volcaniques, comme, par exemple, dans la grotte tlu Chien, près de Pouzzole, dans le royaume de Naples ;
ajo PREMIÈRE PARTIE.
à rétat liquide , il se trouve dajis lui très grand nombre d'eaux minérales; enfin il fait partie d'mie multitndc de substances solides, principalement des carbonates, des enveloppes de mollusques, de crustacés, etc. Lorsqu'il est dégagé des corps avec lesquels on se le procure , il est gazeujc : nous allons donc l'étudier sous cet étal.
Du Gaz acide carbonitfue.
Le gaz acide carbonique est incolore , élastique, trans* parent, doué d'une saveur légèrement aigrelette et d'ime odeur piquante ; son poids spécifique est de i,5245-
Propriétés essentielles. i° Il éteint les corps enflammés. Que l'on prenne deux éprouvettes , l'une pleine de gaz acide carbonique, et dont l'ouverture soit en bas, l'autre remplie d'air atmosphérique j et dans une poâtion imposée ; que l'on adapte l'une à l'autre les deux ouvertures, quelques instants après on remarquera que le gaz acide caibonique s'est précipité , en vertu de son poids , dans la cloche inférieure , tandis que la cloche supérieure conlâendra de l'air atmosphérique : aussi une boi^e allumée contïnuera-t-elle à brûler dans celle-ci, et elle
ou GAZ ACIDE CARBONIQUE. 2^1
(le Teau et du gaz oxyde de carbone. L^actioii du boi'e sur ce gaz est înconuue.
Le charbon que ron a éteint dan^ le mercure après ravoir fait rougir^ absorbe trentp-cînq fois son volume de gaz acide carbonique. Si Von fajlt passer à plusieurs reprises ce gaz à travers du charbon rouge placé dans un tube de porcelaine^ il perd une partie ^e son oxygène^ qui se porte sur le charbon^ et Ton n'obtient que du gaz oxyde de carbone. Expérience. On prend une vessie que Ton remplit de gaz acide carbonique^ on l'adapte à Tune des extrémités d'un tuyau de porcelaine disposé dans un fourneau à réverbère et contenant du charbon j lorsque celui-ci est rouge , on presse doucement la vessie afin de fauc passer le gaz à travers le charbon , et le faire rendre dans une vessie vide qui se trouve à l'autre extrémité du tuyau ; aussitôt que cîellc-ci est remplie par le gaz, on la presse pour le faire repasseï* dans la première, et ainsi de suite , jusqu'à ce que l'on ait obtenu du gaz oxyde de carbone.
"Lesouftv y le sélénium , Y iode, le brome ^ le chlore , Y azote ^ et peut-être le phosphoi'e , n'exercent sur lui aucune action chimique. L'air atmosphérique ipcat se mêler avec lui.
Propriétés essentielles, i" L'eau dissout son volume de gaz acide carbonique à la température et à la pression ordinaires ; elle en dissout cinq à six fois autant lorsqu'on augmente convenablement la pression, pourvu que la température reste la même : dans tous les cas , le produit est de l'acide carbonique Uquidc , inodore , incolore , et doué d'une saveur aigrelette ; chauffé, il bout promptement et perd le gaz , qui peut être recueilli dans des cloches pleines d'eau ou de mercure 3 le même phénomène a lieu lorsqu'on le place dans le vide. 2° L'acide carbonique, gazeux ou liquide , trouble l'eau de chaux , et donne naissance à un précipité blanc floconneux , composé d'acide carbonique et de chaux, soluble dans un excès d'acide carbonique.
3^3 PBEMIÈRE PARTIE.
liCS oceydes précédemment étudiés , et l'acide borique, n'exercent aucune action sur le gaz acide carbonique.
L'acide carbonique n'est guère employé qu'en médecine. Les animaux qui le respirent sont asphyxiés au bout de quelques minutes; aussi voit-on les accidents les plus graves se manifester quelquefois chez les brasseurs, dans les celliers tu-dessus des cuves en fermentation , dans les fours à chaux, etpaitoutoùilestmisànu. Onaproposé de le faire inspirer dans certains cas d'irritation pulmo- , naire où il serait utile de ralentir la conversion du sang Tcineux en sang artériel ; mais on s'en sert rarement. Les teaux minérales acidulés , naturelles et factices , sont for- .mées par cet acide liquide , que l'on doit regarder comme im excellent diurétique; il est aussi rafraîchissant et antispasmodique, n peut être employé avec le plus grand succès pom" prévenir la formation du gi-avier, et pour favoriser la dissolution de celui qui est déjà formé. Nous avons vu souvent certaines douleiu^ néphrétiques calculeuses très aiguës diminuer singulièrement d'intensité par l'usage de ce médicament. Il convient encore dans tous les cas où les acides affaiblis sont indiqués. (F'.p. 263.) La dose est d'un ou de deux \
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(lu marbre concassé ; ri^rbonalt* de chaux ) ; Tappareil est le même que pour le gaz uilreux (pag. aSg) ; le gaz acide carbonique se dégage aussilol;^ et Ton obtient dans le flacon du chlorure de calcium très soluble ; d'où il suit que le carbonate est décomposé. On peut encore se procturer ce gaz en substituant au marbre de la craie en bouillie ( carbonate de chaux ) ^ et à Tacide chlohydrique de Tacide sulfurique délayé dans dix à douze fois son poids d^eau y il se forme dans ce cas du sulfite de chaux^ qui^ étant peu soluble^ se dépose^ recouvre le carbonate^ et empêche le gaz de se dégager : en sorte qu'il est préférable de suivre le premier procédé, sur- tout lorsqu'on ne vise pas à faire l'opération avec beaucoup d'économie.
Eau acido-caiionique. Coaune Teau, à la température et à la pression ordinaires de l'atmosphère ^ ne peut dissoudre que son volume de gaz acide carbonique y et que déjà, dans cet état, elle peut être considérée comme un puissant diurétique, il importe de dire comment on doit la préparer. On fera arriver le gaz sous un flacon rempli d'eau filtrée , au lieu d'employer ime cloche ; lorsque la moitié de l'eau du flacon sera chassée , on le bouchera , on agitera le liquide qu'il contient , et on le gardera dans un endroit frais^ en le tenant parfaitement bouché. Si l'on veut faire absorber à l'eau cinq ou six fois son volume de gaz acide carbonique , on doit comprimer celui-ci fortement au moyen d'un piston que l'on met en jeu dans un corps de pompe qui communique avec l'eau que Ton veut saturer.
De V Acide cationique liquide anhydre.
Dans une lettre adressée à l'Académie des sciences le i6 juin i834;, M. Thiloricr annonce qu'a l'aide d'un appareil particulier , il ol)tiont en peu d'instants un litre d'acide carbonique liquéfié anhydre : Voici les piiiuûpaux détails de cette lettre. « I/acidc carbonique liquide est de