DE L^ ACIDE PHOSPHORIQUE
D précipite Tazotatc d'argent en roux qui passe bientôt au noir. Il forme, avec les oxydes métalliques, desphosphites, sels particuliers distincts des phosphates, et des hypo-phosphites, et qui ne sont pas tous solubles : ainsi lorsqu'on le verse dans l'eau de baryte, il produit un précipité blanc de phosphite de baryte, ce qui le distingue de Tadde hypo-phosphoreux pur. Il est sans usages.
Composition de V acide phosphoreux. Il est formé, d'après M. Berzélius, de loo parties de phosphore et de 76,460 d'oxygène , ou de 2 atomes de phosphore et de 3 d'oxygène ; sa formule est doncPh* 0^. Le poids atomique deVadde phosphoreux est de 4^2,920.
Préparation. On prend du proto-chloride de phosphore ( uqyez p. 1 83 ) ; on le met dans de l'eau, et Pon obtient de l'acide chlorhydrique et de l'acide phosphoreux ; d'où il suit que l'eau est décomposée ; l'oxygène se porte sur le phosphore, et l'hydrogène s'unit au chlore : on faâl évaporer le mélange; tout l'acide chlorhydrique se dégage , et l'acide phosphoreux reste pur. M. Droguet a proposé de faire arriver un courant de chlore gazeux dans un long tube rempli d'eau distillée, dont le cinquième inférieur est occupé par du phosphore. (Voy. Joum. de Chimie médicale , mai 1828. ) *
De V Acide phosphorique .
L'acide phosphorique n'a jamais été trouvé pur dans
♦ L'acide désigné jusqu'à présent sous les noms de phoS" phati'gue et d^hypO'phosphonque n'est qu'une combinaison d'acide phosphorique et d'acide phosphoreux. On le prépare en introduisant dans un certain nombre de petits tubes de verre, de petits cyUn^re* de phosphore qui ont le contact de l*air* daoft '^C " ne se forme que de l'acide
phosphoreux ''~ ^e Urde pas à en faire
la nature. Il y existe souvent combiné avec des oxydes métalliques, par exemple, dans les phosphates de chaux, de plomb., etc.
L'acide phosphoriqne est solide, susceptible de cristalliser en prismes rhomboïdaux , incolore , inodore , très sapide, et plus pesant queTeau. Soimiis à l'action du câlorigue dans un creuset de platine , 11 fond , se vitrifie , et se volatilise si la température est assez élevée : ce dernier phénomène a même lieu dans des cornues de grès, d'après les expériences de M, Javal. Ainsi vitrifié, l'adde phosphorique contient une quantité d'eau qui est de ao pour loo d'après Didong , et de 9,44 seulement d'après Rose. Par l'action de la chaleiu' rouge , et même, suivant M. Bousmigaidt , par la simple concentration jusqu'en conâstance àrupeuse, l'acide phosphorique acquiert des propriétés remarquables , eans éprouver d'altération dans sa compoMtion ^ ni sans qu'on puisse encore l'attribuer à autre chose qu'à un arrangement particulier de ses molécules. On le désigne dans cet état sous le nom d'acide pjm ou para-pTiosphorigue.
L'acide phosphorique est parfaitement tran^areni, et
DE l'acide PHOSPHORIQUE. SJ^
phospboriqae se Yolatiiise^ d'après M. Javal, et l'on n'obtient qae peu de phosphore. Dans cette expérience^ l'acide etl^eau qu'il renferme sont décomposés; Toxygène forme avec le charbon du gaz oxyde de carbone y ou du gaz acide carbonique^ tandis que l'hydrogène donne naissance à du gaz hydrogène carboné et à du gaz hydrogène phosphore.
"Le phosphore y \t soufre, V iode y le brome , le chlore et Vazote n^ont point d'action sur l'acide phosphorique« Exposé à Voir atmosphérique y l'adde phosphorique flo*^ connenx et celui qui a été yitrifié , attirent rapidement rhoiniifité et deviennent liquides s'ils sont purs ; il n'en est pas de même lorsque l'acide vitrifié renferme de la chaux ; dans ce cas ^ il l'absorbe lentement.
Une partie d'eau peut dissoudre 4^5 parties d'adde phosphorique qui porte alors le nom diacide liquide ; cette dissohition y si elle est concentrée et soumise à Tinflnence du froid^ peut cristalliser en prismes rhomboïdaux. Il est également soluble dans l'alcool. Les oa^des et les acides étudiés précédemment n'exercent sur lui aucune action chimique.
Propriétés essentielles, i*" Si on verse dans Feau de cliaux une goutte diacide phosphorique liquide^ il se produit du phosphate de chaux blanc y insoluble dans l'eau y soluble dans une petite quantité du même acide.* a^ Uni à la soude ou à la potasse y il précipite l'azotate d^argent en jaune ? le précipité y qui est du phosphate d'argent serait blanc y si l'acide avait été récemment fondu.
On emploie quelquefois l'acide phosphorique dans l'anar lyse des pierres gemmes. Il a été administré dans la carie vénérienne y dans la pbthisie pulmonaire y et dans les cas d'épuisement par l'abus des plaisirs vénériens; mais il£aut de nouvelles et nombreuses observations pour adopter l'opinion de Lcnlin y qui le regarde comme un excellent médicament dans ces maladies. On en donne de 20 à 28 gouttes par jour y dans un verre d'eau sucrée.
28u PREUIÊHE PARTIE.
Composition. Suivant Berzclius, il est formé de loo parties dephoq>hore et de 1 3^,45 d'oxygène, ce qui correspond à 3 atomes de phosphore gazeux^ et à 5 d'oxygène, ■= Ph* O'. Son poids atomique est donc de 892,30. Cette analyse est loin de s'accorder avec celles de Rose et de Lavoisier , qui avaient porté les proportions d'oxygène , savoir le premier à ii4ett'autreà i54.
1° Préparation. On transforme le phosphore en aj^de phosphorique au moyen de l'acide azotique étendu de son volume d'eau; pour cela, on introduit dans une cornue de verre, ù laquelle on adapte un récipient bitubulé, une partie de phosphore coupé en petits fragments, et 6 parties d'acide; l'une de ces tubulures estfermé avec un bouchon percéd'untroudanslequelpasaenntubedeTerredrtdtqui donne issue au gaz ; l'autre reçoit le col de la cornue j on met quelques charbons rouges sous la cornue j et l'on ne tarde pas à observer que l'acide azotique est décomposé; son oxygène se porte sur le phosphore , et U se dégage du gaz bioxyde d'azote ou du gaz azote ; on ajoute des chai^ bons incandescents si l'opération se ralentit ; on en retire, au contrairCj si elle marche avec trop de rapidité. Aussitôt que le phosphore a disparu , et que la liqueur a acquis la
DE l'acide PYRO-PHOSPHORIQUE. 381
De V Acide py-fo ou paror-phosphorique.
II suffît de calciner jusqu'au rouge Tacidephosphorique libre ou combine avec la potasse ou la soude^ pour obtenir cet acide ^ qui est isomère avec le précédent, c'est-à-dire, qui avec une composition absolument identique , offre des propriétés différentes. D'après M. Boussingault , il suffit même, pour opérer ce changement, de concentrer l'acide phosphorique jusqu'en consistance de sirop . ( Ann . de Chim.^ fév. i834. ) L'acide pyro-phosphorique ne précipite plus l'azotate d'argent en jaune, mais en blanc, il précipite l'albumine que l'acide phosphorique ne trouble pas ; il suffît de le faire bouillir dans l'eau , et même de l'exposer long-temps à l'air j pour le changer en acide phosphorique ; enfin , il a une capacité de saturation bien moins grande que celle de l'acide phosphorique. Si on met dans l'eau l'acide para-phosphorique qu'on obtient à Pétai floconneux , en brûlant dans l'air ou Toxygène sec , du phosphore également sec , on voit que ces flocons se dissolvent rapidement avet dégagement de calorique ^ et produisent un bruit analogue à celui que fait naître un fer plongé dans le même liquide. Préparation» i"* On fait brûler dans du gaz oxygène sec , placé sur la cuve à mercure^ du phosphore sec que l'on a préalablement mis dans une coupelle ; 2'' on vitrifie l'acide phosphorique.
De V Acide hypo-sulfureux ,
Suivant M. Gay-Lussac , lorsqu'on fait bouillir du soufre avec un certain nombre de sulfites ( composés d'acide sulfureux et d'un oxyde métallique) , le soufre se combine avec une partie de l'oxygène de Tacide sulfureux, qu'il ramène à l'état d'acîde hypo-sulfureux, en y passant lui-même : cet acide s'unit à l'oxyde du sel , et forme un hypo-sulfite qui a été designé pendant long-temps sous le nom de sulfite sulfuré.
382 phemière partie.
L'acide hypo-sulfiirenx n'a point encore été obtenu séparément, n parait formé de i atome de soufré 301,16, et de I atome d'oxygène 100 , ou de ioo,58 de soufre et de 5o d'oxygène en poids.
De l'Acide sulfureux.
L'acide sulfureux se trouve rarement dans la nature : on ne le rencontre guère qu'aux envfrons des volcans, là où le soufre brûle. Obtenu par l'art , il est gazeux on liquide } ce dernier est tantôt le résultat de la ffissolution du gaz sulfureux dans l'eau , tantôt c'est le gaz paifeilement sec réduit à l'état d'un liquide anhydre.
Gaz acide sulfureux. Il estincolore, élastique, transparent, doué d'une saveur forte , désagréable, et d'niie odeur suffocante qui le caractérise : en effet, die est la même que celle du soufre enflammé : son poids spécî- Aque estde 3,234.; il fait passer d'abord au rouge, ptiis au jaune paille, la couleur du tournesol ; toutefois d'après Berzélius , il ne rougirait le tournesol qu'autant qu'il con-
DE l'acide sulfureux. 283
Aucune des substances simples non métalliques n^agit sur lui à froid ; cependant il en est un certain nombre qui le décomposent complètement à une température rouge. Le gaz hydrogène lui enlève son oxygène, forme de l'eau, et le soufre est mis à nu ; lorsque ce gaz est en excès et que la température n'est pas très élevée j on obtient du gaz acide sulfhydrîque (hydrogène et soufre). Le Aore n'a pas été mis en contact avec le gaz acide sulfureux; il est probable qu'il peut s'emparer ausri de son oxygène. Le charbon le décompose à une température rouge , se combine avec Toxygène , passe à l'étal de gaz acide carbonique ou de gaz oxyde de carbone , et met le soufre à nu. Une mesure de charbon de buis absorbe 65 mesures de gaz acide sulfureux à froid. On ne connaît pas l'action qu'exerce sur lui le phosphore.
S'il est parfaitement sec, il n'éprouve aucune altération de la part du soufre , de Y iode , du brome , du chlore gazeux ni de Vazote-j Viode et le chlore agissent, au contraire, sur lui, s'il est humide ou dissous dans l'eau, comme nous le dirons en parlant de l'acide sulfureux liquide. Il n'est pas altéré par Y air parfaitement sec , et il n'y répand pas de vapeiurs.
Propriété essentielle. Ueaii a la température de îio**, et à la pression de 28 pouces , peut (Kssoudre 43 3/4 fois son volume de gaz acide sulfureux ; un fragment de glace introduit dans une cloche remplie de ce gaz , et disposé Sur la cuve à mercure , ne tarde pas à se liquéfier.
Le gaz acide sulfureux n'éprouve aucune altération dé la part du protoxjde et du bioxjde d'azote ; mais il présente des phénomènes remarquables lorsqu'on le met en contact avec du gaz bioxyde d'azote , de Y oxygène et une petite quantité i^eau, ( F", préparation de l'acide sulfuriqne, )
On ignore quelle est raclion du gaz acide sulfureux sur le jiçaz oxyde de carbone et ^\\x Y oxyde de phosphore. Les acides borique ^ carbonique ^ phosphorique clphos •
204 rHEMIERE rAKTIE.
phofeux ne paraissent pas agir sur lui. Stahl considéra le premier ce gaz comme un corps particulier.
Acide sulfureux Uqidde (Dissolution du gaz acide sulfureux dans l'eau). Lorsqu'il est concentré, il a la même sareur et la même odeur que le gaz ; il s'affaiblit par l'action de la chaleur, qui en dégage presque tout l'acide. L'iode le transforme en acide sulfurique, et passe à l'état d'acide iodhydrique ; d'où l'on voit que l'eau de l'acide sulfureux est décomposée par le concours de deux forces, savoir, l'affinité de l'iode pour l'hydrogène , et celle de l'acide sulfureux pour l'oxygène. Il en est à peu près de même du chlore : en effet, en vertu des mêmes forces, il se forme de l'acide sulfurique d'une part, et de l'acide chlorhydrique de l'autre. Mis en contact avec Iç gaz oa:^gèriej il l'absorbe et passe à l'état d'acide sulfiurique ; il a^t de mcme sur Vair atmosphérique.
Usages de l'acide sulfweux. On emploie le gaz acide sulfuieux pour désinfecter les vêtements et l'air des espaces circonscrits non habités ; quelques expériences tendent à prouver qu'il doit être préféré au chlore et au vinaigre pour parfumer les lettres qui viennent des endroits pestiférés ; il sert à blanchir la soie et la
DE l'acide sulfureux. a85
l'emploi devient si général dans les maladies cutanése chroniques : les gales les plus invétérées cèdent à ce traitement y qui n'exige du reste aucune sorte de régime ; certaines affections pédiculaires^ des dartres^ même héréditaires^ des pustules syphilitiques^ le prurigo ^ la teigne ^ invétérés et regardés comme incurables y ont souvent été guéris par ces fumigations ; des douleurs sciatiques y arthritiques et rhumatismales chroniques ^ des paralysies locales ^ des engorgements scrophuleux y ont été conibattus avec le plus grand succès par ce médicament. On peut l'employer dans les amauroses conunençantes^ dans les défaillances y les syncopes et les asphyxies.
Composition. -Si l'on admet que loo parties de gaz acide sulfureux en volume renferment lOO parties d'oxygène en volume y il ne s'agira^ pour connaître le poids du soufre qui entre dans sa composition y que de retrancher la densité de l'oxygène = 1^1026^ de la densité de l'acide sulfureux 2^^340; or^ le nombre que Ton obtiendra est i^i3i4; donc l'acide sulfureux est formé de i3i4 parties de soufre et de 1,1026 d'oxygène en poids, ou de 100 de soufre et de 97, 4^ d'oxygène. M. Berzélius, après avoir déterminé la quantité d'oxygène qu'absorbent 100 parties de soufre en brûlant, estime qu'il contient 100 de soufre et 99,44 d'oxygène. Si on le regarde conune composé d'un atome de soufre (dont le poids est 201,16 ), et de deux atomes d'oxygène qui pèsent 200 , on le trouvera formé de parties égales de soufre et d'oxygène. Sa formule atomique serait SO*, et son poids atomique=4oi,i6.
Préparation. On met dans une petite fiole à laquelle on adapte un tube recourbé , 4 parties d'acide suKurique concentré , et une partie de cuivic ; on fait chauffer le mélange, et aussitôt que l'acide entre en ébullition , on obtient le gaz , que l'on doit recueillir dans des cloches remplies de mercure , piirce qu'il est très soluble dans l'eau : il reste dans la fiole un sel bleu composé d'acide svdfurique et d'oxyde de cuivre j d'où il suit qu'une por-
a8(> paEMiÈHK PARTIE.
tion de l'adde a été décomposée et transforaiée en oxygène et en gaz acide Sulfureux. IL se produit aussi du sulfure de cuivre. (^. Cuivre, action de l'acide sulfuriqiie.) On peut égalejnentseprociu-erracidesulfureux en chaufTant le soufre avec le contact de l'air ; c'est ainsi qu'on opère dans les hôpitaux lorsqu'on veut faire des fumigations sulfureuses^ qui nécessairement sont mêlées d'air. On peut obtenir \ acide sulfureux liquide avec le même appareil que celui dont on se sert pour préparer le chlore ( F. pi. 9, fig. 37). On met dans le ballon S parties d'acide sulfurique concentré et une partie de paille , de sciure de bois , ou de charbon pulvérisé ; on élève un peu la température, et l'acide ne tarde pas à charbonner les deux premières substances : or nous verrons bientôt que le charbon transforme l'acide sulfurique concentré en gaz acide carbonique et en gaz acide sulfureux : ces deux gaz se dégagent çnaemble ; mais l'acide sulfureux, doué d'une plus grande affînité pour l'eau, chasse l'acide carbonique du flacon F, dans le matras ^, et de celui-ci dans le vase £, etc. L'acide du premier flacon i^est impur, car il contient im peu d'acide sulfurique qui s'est volatilisé. Si l'on chauffe très fortement le ballon, une partie de l'acide est
DE L^ ACIDE SULFUBfiUX. 2(^7
lise en partie, doime lieu à une espèce d^eServesceuce, et la surface de Teau se couvre d'une croûte assez épaisse de glace ; il est évident que dans cette expérience la portion d'adde volatilisé a enlevé assez de calongue à Teau pour la faire passer à Tétat solide. Lorsqu'on met une petite quantité de mercure dans un verre de montre^ avec de Tacîde sulfureux anhydre^ que l'on fait évaporer sous le récipient de la machine pneumatique où Ton fait le vide , on voit le mercure se solidifier au bout de quatre ou <;inq minutes , phénomène qui tient encore à la rapidité avec laquelle l'acide sulfureux anhydre se volatilise dans le vide , et à ce qu^il absorbe une grande quantité de calorique au mercure. L'alcool à i'i degrés peut être congelé en le plaçant dans une petite boule entourée de coton ^ que l'on plonge dans l'acide sulfureux anhydre^ et que l'on met ensuite sous le récipient.de la machine pneumatique où l'on l'ait le vide. L'alcool absolu et Féther n'ont pas encore pu être congelés.
Usages. Jusqu'à présent on n'a employé l'acide sulfureux anhydre^ que pour liquéfier plusieurs fluides élastiques^ tels que le chlore^ le cyanogène, le gaz anunoniac : fl suffit pom' cela de faire passer l'im ou l'autre de ces gaz bien secs^ dans un tube portant à sa branche horizontale une boule de verre mince , et dont la branche verticale plonge dans ime éprouvette contenant du mercure ; la boule est entourée de coton sur lequel ou verse quelques gouttes d'acide sulfureux : le froid produit par la volatilisation de cet acide est tellement intense , que le gaz contenu dans la boule ne tarde pas à se liquéfier ; le cyanogène a pu même être solidifié.
Préparation de Vacide sulfiireux anhydre. On met dans un matras ou dans une cornue A ( vqy. fig. 69, pi. I o) le cuivre et Tacide sulfurique nécessaires pour dégager du gaz acide sulfureux ( voj. pag. 285 ) ; on fait passer ce gaz dans une éprouvette B entourée de glace fondante^ pour condenser la majeure partie de l'eau qu'il
-488 FREMIÈRE PARTIE.
pourrait entraîner ; ensuite il passe dans im long tiibe C trempli de fir^ments de chlorure de calcium fondu ; enfin il se rend dws un matras D entouré d'un mélange ré&igérant, composa de deux parties de glace, et d'une partie de sel marin ; là, le gaz sulfureux se condense en liqcdde à la smple preaàon de l'atmosphère.
De V Acide hyposu^rique .
L'acide hyposûyurique, découvert en 1819 par MM. "Welter et Gay-Lussac, est liquide, inodore, d'une sayeur franchement acàde ; placé dans le vide de la machine pneumatique, à la température de io°4-o°,ilseconcentre, sans se volatiliser sensiblement : parvenu à la densité de 1,347, '' commence à se décomposer et se transforme en , acide sulfureux qui se dégage , et en acide siUfurique qui .reste: pour que cette expérience ait un plein succès, il faut également introduire sous le vide et dans une autre ■capsule, de l'acide sulfurique concenué, qui absorbe la ■vapeur aqueuse à mesure qu'elle se forme. Il se change ■ également en acide sulfureux et en acide sulfurique, -lorsqu'on l'expose à l'action de la chaleur du bain-màrie. Le
DE l'acide SULFURIQUE. «189
Préparation. On fait passer du gaz acide sulfureux dans de l'eau tenant en suspension du bioxyde de manganèse, et l'on obtient une dissolution neutre du sulfate et d'hyposnlfate de manganèse ; on y verse un excès de sulfure de baryum, qui forme du sulfate insoluble et de Fhyposulfate soluble ; ce sulfure est préférable à la baryte, dont s'étaient servis MM. Gay-Lussac etWelter, parce que celle-ci ne peut séparer complètement l'oxyde de manganèse ; on filtre, et on fait passer un courant de gaz acide carbonique pour saturer l'excès de baryte qui se précipite à rétat de carbonate ; on filtre de nouveau ^ et on fait évaporer pour chasser l'excès d'acide carbonique^ et pour obtenir l'hypo-sulfate de baryte cristallisé. Il suffit de décomposer ce sel par l'acide sulfurique pour avoir Tadde hypo-sulfurique liquide.
De V Acide suyitiique.
L'adde sulfurique existe sous deux états : i^ combiné avec le quart de son poids d'eau environ , et al(H*8 il est liquide ; 2* anhydre ou privé d'eau.
Acide sulfurique liquide hydraté. ÎI a été trouvé dan» plusieurs grottes, dans les environs de certains volcann , et dans quelques eaux minérales; mais le plus ordinairement on le rencontre uni à la chaux , à la potasse , à la soude ^ etc. Il est incolore, inodore, d'ime consistance oléagineuse et d'une saveur acide très forte; son poids spécifique est plus grand que celui de Feau : le plus concentré pèse environ 1,8 5 , et marque 66 degrés A l'aréomètre de Baume. 11 noircit et réduit en bouillie la majeure partie des substances végétales et animales.
Soumis à l'action du calorique dans des vaisseaux fermés , il bout à 326"* c. , et peut être distillé. {Fqyez page agS , pour la manière de le distiller. ) Si on le fait passer à travers un tube de verre incandescent, il se décompose, et se transforme en deux volumes de gaz acide sulfureux