‹ Éléments de chimie (volume 3)Chapitre 60 sur 106 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

ago PHEKIEHE PARTIE.

et en un volume d'oxygène. Si, au lieu de le chauffer, on le refroidit, il se congèle et cristallise à —34°, propriéti: qu'il doit à l'eau qui entre dans sa composition ; ce phénomène a même lieu au-dessus de zéro lorsque l'acide CBt étendu d'un peu d'eau ; ainsi l'acide, qui^ au lieu de marquer 66 degrés à l'aréomètre, en marque seulement Qa, cristallise à zéro, et reste solide pendant deux ou trois mois à quelques d^rés au-dessus de zéro ( BaiTuel ). La bfmière ne lui fait éprouver aucune altération. Il est décomposé par la pile élecirùfue ; le soufre se rend au pôle résineux, et l'oxygène se combine avec un peu d'acide sulfurique et avec le fil de platine qui représente le pâle Titré. Le gaï oxygène est sans action sur L'acide sulfurique-

Le gaz hydrogène ne le décompose qu'à une température élevée, par exemple, dans un tube de porcelaine chauffé au rouge ., ti il .K forme alors de l'eau et du gai^ acide sulfureux ; quelquefois aussi il y a du soufre mis .i nu : lorsque le gaz hydrogène est en excès , et que la température n'est pafl très élevée, il se produit^ an outre, du gaz acide sulfhydiique. Le bore décompose Iprobablement l'acide sulfurique ; mais l'expérience n'a pas encore

DE l'acide SULFURIQUE. 39 C

LephoBphoj'Cy a la température de 100" à i5o% enlève également à Tacicle sulfuriqiie une partie de son oxygène, le fait passer à l'état de gaz acide sulfureux , et se transforme en acide phosphoreux ou phosphorique. Le soitfœ n'exerce aucune action sur l'acide sulfurique à froid ; mais si on élève le température jusqu'à 200", il lui enlève assez d'oxygène pour le faire passer et pour passer lui-même ù l^état de gaz acide suKureux. Le sélénium est dissous par l'acide sulfurique ; la dissolution est d'un très beau vert, et laisse précipiter du sélénium rouge par l'addidon de quelques gouttes d'eau. L^iode j le chlore et V azote lie décomposent point cet acide.

L'acide sulfurique, concentré et pur , exposé à Voir , en attire l'humidité et s'affaiblit ; il change en outre de couleur^ brunit, et finit par noircir : ce phénomène dépend de ce qu'il absorbe les molécules végétales et animales suspendues dans l'atmosphère, et qu'il les charbonne en lesi décomposant : du reste , nous donnerons plus de détails sur cette décomposition en faisant l'histoire des substances végétales.

Propriété essentielle. Si l'on mêle parties égales d'eau et d'acide sulfurique concentré , la température s'élève à 84* ; 4 parties du même acide et une partie d'eau font monter le même thermomètre a loS""; dans l'un et dans l'autre cas , le volume du mélange diminue très sensiblement , comme on peut s^en convaincre par l'expérience suivante. On introduit dans un tube de verre, long de trente pouces et bouché par l'une de ses extrémités , assez d'acide sulfurique concentré pour le remplir jusqu'à la moitié ; le tube étant tenu perpendiculairement , on y verse de l'eau jusqu'à ce qu'il soit plein ; on le bouche, et on le renverse de manière que le bouchon se trouve en bas j Teau , plus légère que Tacide , ne tarde pas à s'élever j les deux liquides se mêlent et s^échauffent au point que le tube ne peut plus être tenu entre les mains : au bout de quelq[ues minutes , on remarque , à la partie supérieure

ign PREMIÈRE PARTIE.

du Uibe , un espace vide qiù prouve la dimuiulion de volume des deux liquides , puisqu'il ne s'en est pas écoulé une seule goutte pendant l'erpérience. Le thermomètre monte encore de plusieurs degrés lorsqu'on mêle 4 parties d'acide concentré et une partie de glace pilée j il descend, au contraire, à ao'—o* en mêlant 4 parties de glace et une partie d'acide : ce dernier phénomène dépend de ce que la glace absorbe beaucoup de calorique aux corps qui l'environnent, pour passer de l'état solide à l'état liquide. A la fin de ces expériences, l'acide sulfurique se trouve plus ou moias affaibli , et on peut le ramener à son degré primitif de concentration , qui est de 66 d^és de l'aréomètre de Baume, au moyen de l'ébullîtion.

Le gaz oxyde de carbone peut enlever à l'acide sulfurique une portion de son oxygène , pourvu que la température soit assez élevée ; il en est probablement de m^ne de VoaiQrde de phosphore. Le gaz proloarjrde d'asote n'exerce aucune action sur cet acide. Il peut dissoudre une grande quantité de gaz bioaryde d'azote.

L'acide borique peut se combiner avec l'adde sulfiirique, et donner naissance à un produit que M. Thénard a proposé d'appeler acide suyuro-borique : ce composé ,

DE l'acide sulfurique. agS

ont été exposées en parlant des âcides en général : mais nous devons ajouter quil est le plus astringent de tous , qu'il fait partie de l'eau de Rabel(voy. ^fcooZ), qu'il entre pour un dixième dans une pommade résolutive dont on se sert avec succès dans les cas d'ecchymoses et dans les gales chroniques ^ enfin , qu'il suffit de l'étendre de beaucoup d'eau pour avoir la limonade minérale, qui est une boisson fort agréable y et dont on peut tirer parti dans beaucoup de phlegmasies.

Composition. L'acide sulfurique concentré est formé de deux atomes d'eau, = 1 1 2,4^5 et d'un atome d'acide réel r=Soi^i6; son poids atomique est donc 6 1 3^689 et sa formule aH'O^ SO^. V acide réel ou anhydre, contient 100 parties de soufre et 1 5o d'oxygène, ou bien un atome de soufre dont le poids est 201,16 et 3 atomes d'oxygène qui pèsent 3oo ; son poids atomique est donc Soi, 16 et sa formule SO^. On prouve que telle est la composition de l'adde anhydre, en le décomposant à une chaleur rouge , car on obtient 1 00 volumes de gaz oxygène et 200 de gaz adde sulfureux , qui sont eux-mêmes formés de 200 volumes de gaz oxygène et de 1 00 volumes de soufre : il y a donc dans l'acide sulfurique décomposé, 100 volumes de soufre ou I atome, et 3oo volumes d'oxygène ou 3 atomes. Préparation. (PI. 10 , fig. 61 . ) Pour préparer l'acide sulfurique dans les laboratoires, on prend un grand ballon B rempli d^air j et fermé par un bouchon percé de trois trous qui donnent passage à deux tubes recourbés et à un tobe droit; celui-ci sert à établir à volonté la communication de Tappareil avec l'air ; les deux autres communiquent avec deux fioles F y F, de l'une desquelles il se dégage du gaz bioxyde d'azote ( gaz nitreux ) ; tandis que l'autre fournit du gaz acide sulfureux : ( F^oj. la préparation de ces deux gaz, pag. 269 et 282. ) Aussitôt que ces deux gaz humides arrivent dans le ballon , et se trouvent en contact avec Tair , celui-ci cède son oxygène au gaz Uoxyde d'azote , et le fait passer à l'état de gaz acide azo-

^94 PHEMIÈIl£ PAKTlt.

teux orangé *, l'intérieur de l'appareil est donc coloré ; bientôt après, les parois du ballon se recouvrent d'une multitude de cristaux blancs qui sont formés , d'après M- Gaultier de Claubry, de 65,59 d'acide sulfurique, de a3,83d'acidehypo-azoteus et de io,45 d'eau, ou de 5 atomes dupremier, 2 d'acide hypo-azoteuxet4d'eau. À cette époque^l'intérieurduballon n'est plus jaune orangé, Uest incolore, ITiéotie.'Le gaz acide sulfureux décomposeune partie du gaz acide azoteux formé, s'empare de l'oxygène pour passer à l'état d'acide sulfïirique , et il se dégage du gaz azote ; une autre portioa d'acide azoteux se déoompose en oxygène , qui fait également passer l'acide sulfureux à l'état d'acide sulfurique , et en acide hypo-azoteiix j qui se combine avec l'acide sulfurique et avec Veau pour former les cristaux blancs. En versant un peu d'eau sar ces cristaux, il sont décomposés; ce liquide se combine avecl'acide sulfurique, etl'acidehypo-azoteux ne pouvant exister seul, se transforme en bioxyde d'azote qui roiigit au contact de l'oxygène , et en acide azoteux dont la couleur est également rouge : aussi l'intérieur du bfdlon devient-il de nouveau jaune orangé (voy. jicid^ laoteux

DE L^ ACIDE SULFUIUQUE. igS

tasse ( nitre ) , ou mieux encore d*azotate de soude qui est plus (économique ; la majeure partie du soufre se transforme , aux dépens de l^oxygène de Pair ^ en gaz acide sulfureux ; l'autre portion décompose Tacide azotique de Fazotate ^ absorbe une partie de son oxygène, le change en gaz nitreux {bioxjde éC azote) y et passe à l^état d -acide sulfurique , qui forme du sulfate avec la base de Pazotate. Les deux gaz bi oxyde d'azote et sulfureux , se rendent dans la chambre, et réagissent surTaîr et sur Teau, conmienoué Tavons dit. On continue Topération jusqu'à ce que l'adde marque 4o degrés à Taréomètre de Baume ; alors on le retire de la chambre au moyen de robinets , et on le fait évaporer dans des chaudières en plomb , pour volatiliser la majeure partie de l'eau, de l'acide sulfureux et de Tacide azoteux qu'il renferme. Lorsqu'il est à 55 degrés de l'aréomètre de Baume , on l'introduit dans des cornues ' de verre lutées , ou dans des chaudières de platine , et on continue à le concentrer par l'action de la chaleur jusqtfà ce qu'il marque 6G degrés à l'aréomètre : dans cet état , il est propre aux diverses opérations du commerce ; mais il renferme : i** un peu de sulfate de potasse ; 2* du sulfate de plomb provenant d'une portion d'oxyde formé aux dépens du plomb de la chambre et de l'oxygène du gaz acide azoteux ; 3" du sesquisulfate de fer anhydre, d'après MM. Bussy et Lecanu , parce que le soufre employé pour la fabrication de Tacide , le plus ordinairement n*a pas été distillé , et qu'il contient une certaine quantité de sulfure de fer, que la combustion dans les chambres de plomb fait passer a Tétat de sulfate. On ne peut le débarrasser de ces sels qu'en le distillant, puisqu'ils sont fixes : pour cela^ on l'introduit dans une cornue de verre dont le col se rend dans un récipient bitubulé, dépourvu de bouchbns (car l'acide les chavbonnerait ) ; on chauffe graduellement la cornue , placée dans un fourneau à réverbère , jusqu'à ce que l'acide entre en ébullition j à cette époque , il se volatilise et vient se condenser dans le récipient. Berzélius

coDcdlle, pour érilcr k» fonbresuits de la liqiieiir,et les dat^en qui accomp^noU cette opénlkm, de ne pas duaflier le fond de b aMnae cl de n'ai^qncr la clialeiir que par les côtés et â b partie snpénenre ; l'additkMi dans cette cornue du fil de pUiîne roulé en spirale y proposé par Gay-Lussac , oc nutdère l'êballition que dans les prendets tenqts de l'opératioo ; ansâtôt que k suUate de plomb s'est prét^ité , on T(»t reparaître l'âiullition saccadée. Il est encore utile, pour éviter la rupture de l'appardl> de maintenir le récipient dans lequel la vapeur se rend , à la tein|>érature de 60* à 70* , afin qa'il n'y aitpas une si grande difEérence de température entre hii et la vapeur de Tacide sulfuxique. Malgré la recdficatioD dont nous venons de parler, Ù peut arriver que l'adde snlAiriqne distillé , contienne on peu d'adde arsénieox , parce qu'il aura été préparé avec Aa soufre arsénifire.

Acide sulfitrùjue anhydre. Il est toujours le produit de l'art. Il peut être à l'état Uquide ou solide snivant la tnnpérature. décide anhydre solide. Il est blanc , opa^ que, et répand des vapeurs très abondantes par son contact avec l'air ; il absorbe rapidement l'humidité et se liquéfie; il peut dissoudre le soufre, et former des com-

DE l'acide SÉLÉNIEUX. 397

^appareil se compose d*une cornue de verre tubulée et bouchée à Fémeri^ et dont le bec^ après avoir été tiré très looguement à la lampe et effilé par le bout^ s'engage dans nn tube long et étroit , bouché à Tune de«i extrémités et servant de récipient : ce tube doit être entouré de glace : on ne saurait employer ni bouchons y ni aucune espèce de lut poiu* fermer les vases^ parce que Fadde les corroderait; il se dégage d'abord de Facide sulfureux^ puis des vapeurs très épaisses d'acide anhydre y qui viennent se condenser dans le récipient en une masse solide ; Fadde solfnrique hydraté y moins volatil^ reste dans la cornue (Bussy, J**. de Pharmacie^ t. lo). M. Gmelîn prépare Fadde sulfurique anhydre en distillant de Facide sulfurique ordinaire^ en changeant le récipient au moment où il se remplit de vapeurs opaques y et en couvrant le nouveau de glace ; il parait que Fadde se partage en 2 parties^ dont Fune cède son eau à Fautre.

De V Acide séîémeux.

L'adde sélénieux ne se trouve pas dans la nature. II

comme de Facide sulfurique plus de Facide sulfureux , regardé par les autres comme de l'acide sulfurique rendu plus adde par un agent impondérable, n'est autre chose , d'après M. Bussy y que de Facide sulfurique ordinaire , tenant eu dissolution une certaine quantité d'acide anhydre y auquel il doit ses proprié'és particulières* Uodeur sulfureuse qu'il exhale et la couleur brune qu'il affecte ordinairement ne lui sont point essentielles; la première tient à une petite quantité d'acide sulfureux, et la seconde résulte des substances végétales ou animales que l'acide décompose et dissout en partie. On obtient Facide de Nordhausen en décomposant par le I feu le proto-sulfate de fer^ ou tout autre sulfate décompotablepar la chaleur (Voy. sulfates en général^ et proto-sulfate ^fer. )

i^ PKEHIËiU: PAATIE.

peut être obtenu sous la forme d'aiguilles tétraèdres très longues, rougissant la teinture de tournesol, douées d'une saveiur acide brûlante. Il est Tolatil, mais beaucoup moins que l'eau; il est indécomposable par le feu; U attire fortement l'humidité de l'air ; il se dissout très bien dans Veau et dans l'alcool : la dissolution aquense , évaporée lentement, fournit des prismes striés. P. E. L'acide sulfureui lui enlève ^on oxygène pour passer à l'état d'acide sulfurlque , et le sélénium est mis à nu. Il est fonné de lOO parties de séléninm et de 4o>33 d'oxygène, ou d'im atome de sélénium (494>58i) et de 2 atomes d'oxygène C 200 ) j sa formule sera donc Se O' et son poids atomique 694,581. On l'obtient en traitant le sélénium par l'acide azotique ( i/Éy. acide azotique. ).

De l'Acide sc'k'nlque.

Cet acide, découvert en 18:17 parM^vI. Mitscberlich et Nîtzch, est le résultat de l'action de l'azc ate de potasse on de soi;de sur le sélénium , l'acide sélc '.eux ou un séléniiire comnie celui de plomb que l'on i '; fondre avec ces aÎQurs de

DE l'acide iODEUX. 999

De F Acide iodeux *.

L'adde iodeux^ désigné jusqu^à ce jour sous le nom d'acide îodique, est constamment le produit de Tait. Il est sous forme de lames hexagonales blanches brillantes ^ il esc plus pesant que Tacide sulfurique^ et doué d'une odeur particulière à travers laquelle on ne peut méconnaître celle de l'iode j à la vérité , cette odeur n'est bien manifeste que lorsque Ton ouvre les flacons où il est resté enfermé ; sa saveur est fort aigre et astrmgente ; il rougit d'abord les couleurs bleues végétales et les détruit ensuite. Propriété essentielle. Si on élève sa température jusqu'à 200" environ ^ il se décompose entièrement et se transforme en iode et en gaz oxjgène. Chauffé avec du charbon ou du soufre y il esl décomposé , cède son oxygène à des corps simples ^ et il se produit une détonation. Il est inaltérable dans un air sec y à peine déliquescent dans un air humide, très solublc dans l'eau, et fort peu dans l'alcool : sa dissoiuiion évaporée devient pâteuse , et donne de l'acide iodeux solide privé d'eau. L^acide borique se dissout , a Faide de la chaleur ^ dans la dissolution de cet acide. UdsAàtphosphoreuxlt décompose en partie et passe à Tétat d''acide phosphoriqiie , pourvu qu'on élève un peu la température j il se sépare de l'iode, si l'on verse de l'acide sulfurique y phosphorique ou azotique dans une dissolution concentrée et chaude d'acide iodeux; on obtient des précipités que H. Davy avait con-

"** M. Mi tscherli cil a. fait des expériences qui rendent probable l'çxistonce d'un hypo-iodite de soude (V. Ann. de Ph{^s, et de Chim, Janvier 1828)7 ^^ P^'^ conséquent celle de Tacide l^ypo'iodeux, annoncé en i8'24 P^^ ^- Senientioi ; toutefois plusieurs chimistes considèrent l'acide dont il s'agit^ comme un composé de chlore et à^iodc.

^OO PREHIÈRE FAUTIF..

ridérés comme des acides iodo~sulfiirique , iodo-phosphorique et iodo - azotique j mais SeruUas a prouvé qu'il n'existe pas de pardls composés ; en effet , si on lave légèrement ces précipités avec de l'eau , et qu'on les place ensuite -sur du papier à filtre dans un lieu sec , ils abandonnent entièrement les acides sulfuriqiie , phospborique ou azotique , qu'ils auraient pu retenir^ et il ne reste pins que de l'acide iodeux pur.

Propriété essentielle. L'acide sulfureux , versé dans la dissolution de cet acide , le décompose , lui enlève son oxygène et en sépare instantanément de l'iode.

L'acide iodeux est sans usages . II a été découvert en 1 8 1 4 par M. Gay-Lussac, mais ce savant ne l'avait obtenu qu'à l'état liquide et combiné avec un peu d'acide sulfarique. H. Davy a décrit le premier les propriétés de l'acide iodeux privé d'eau.

Composition. Lorsqu'on décompose cent parties d^odite de potasse par le feu, on obtient a2,59 d'oxygène *, et 77,4' d'un composé d'iode et de potassium : ce dernier composé est formé de ^8,937 d'iode et de 18,473 de potasâum, mais cette quantité de potassium s'est combinée avec 3,773 d'oxygène pour se

DE l'acide iodique. 3oi

100 diode et de 31,927 d'oxygène, ou d'un atome de vapeur d'iode et de a atomes l d'oxygène , ou ce qui revient au même , de a atomes d'iode et de 5 atomes d'oxygène. Sa formule est donc 1* O^ et son poids atomique 2079,50 d'oxygène.

Préparation. On prépare cet acide en soumettant à une douce chaleur dans un matras à long col , surmonté d'un long tube, une partie d'iode nouvellement précipité avec la moitié d'un mélange de huit parties d'acide azotique et d'une et demie à deux d'acide azoteux ; une partie de l'iode se volatilisant , on agite pour le ramener de nouveau vers le fond du matras ; il se dégage beaucoup de gaz adde azoteux et l'acide iodeux ne tarde pas à apparaître au fond du matras affectant déjà une forme cristalline ; lorsque tout l'iode a disparu j on ajoute peu à peu le restant du mélange acide et on évapore dans une capsule de porcelaine, quand U ne se dégage plus de vapeurs nitreuses; on dissout l'acide iodeux solidifié dans de l'eau distillée et on évapore la dissolution qui est un peu colorée j lorsqu'elle est très concentrée , on y ajoute une ou deux fois son volume d'acide azotique pur et fumant : ausâtôt l'acide iodeux est précipité ; on le lave avec de l'eau acidulée par l'acide azotique , on le redissout dans l'eau distillée; le solutum est mélangé avec deux tiers de son volume d'acide azotique pur; on fait évaporer et cristîdiiser. (Boutin. Joum. de Pharm. y flm/'i833.)

De V Acide iodique.

L'acide iodique découvert en i833 par MM. Ammermuller et Magnus a été décrit par eux sous le nom d'adde hypériodique . Il est le produit de l'art. Propriétés. Il est sous forme de cristaux ayant une réaction acide , soluble dans l'eau et n'attirant pas l'humidité de l'air ; on peut phauffer^a dissolution aqueuse jusqu'à l'ébuUitiou sans

3oa PREMIÈRE PARTIE.

la décomposer. Propriétés essentielles, i" Si après l'avtHT dessédié ou cristallisé on élève sa température , il fournil de l'oxygène gazeux et de l'acide iodeux , lequel se décompoie à son tour en oxygène et en iode si la température est encore plus élevée. 2° L'acide chlorhydrique le transforme en acide iodeux ; il se dégage du chlore et il y a formation d''eau, d'où il suit ([u'une partiede l'oxygène de l'acide iodique s'est uni à l'hydrogène de l'acide chloihydrique. Composition. Il est formé de deux atomes d'iode et de sept atomes d'oxygène (J'O^); par conséquent son poids atomique sera de 2279,50. — Il n'a point d'usages. Préparation. On traite Viodate orangé d'argent neiiire et anhydre par de l'eau à la températiu'e ordinaire, qui décompose le sel en acide iodique 1^ reste dissous, et en sous-iodale d'argent jaime paille insokible^ M fiUre et ou lait évaporer la liqueur.

De V Acide bromique.

ïi'acîde bromique j découvert par M. Balard, n'exkte point dans Icf natiure. Il est sous forme d'un liquide à

DE L'ACJDE GHIiOAEUX. 3o3

brome et de 5oo d'oxygone ou de 2 atomes de brome et de 5 atomes d'oxygcne. Son poids atomique est donc =:i47S,3o6, et sa formule Br'0^

Préparation. On traite le chlorure de brome par l^eau de baryte ; l'eau est décomposée , et l^on obtient du bromate de baryte peu solublc et du chlorure de baryum beaucoup plus soluble; il est évident que Foxygène de Teau s'est combiné avec le brome , tandis que Thydrogène s'£st uni au chlore. On décante pour obtenir le bromate de baryte y que Ton décompose par Tacide sulfuri* qae affaibli ; il se forme du sulfate de baryte insoluble et de Tacide bromique qui reste en dissolution. Sérullas l'obtient en dé'^omposant le bromatc de potasse par Vacide hydroph. >rique siUcé {^Voye:;, Acide chlotiqiùs p. 3q6); i'acidi résultant est rougeûtrc et doué d'une odeur particulièi 1. Cet acide n'a point d'usages.

De V Acide chloreux.

L*acide chloreax^ décrit jusqu'à présent sous le nom ^acidechloriqiiey a été découvert par M. Gay-^Lussac eq i8i4 $ il ne se trouve jamais dans la nature^ jnsàs il faitpartie constituante deschlorites^ sels prépar espar Tart^ et connus jusqu'alors sous le nom de muriales sut^oo^ gênés.

L'acide chloreux obtenu en i83£ par Sérullas est liquide > jaunâtre , d'une odeur particulière , et n'a pas Fajqpect huileux ; il diffère par conséquent de celui qu'avait décrit- M. Gay-Lussac^ et qui est incolore ^ inodore et oléagineux. Il rougit d^abord le tournesol et le décolore très promptement. Par ime douce chaleur , on peut le concentrer sans qu'il se décompose sensiblement et sans qull se volatilise ; chauffé plus fortement il se décompose «n chlore et en oxygène qui se dégagent, et en adde trAibriqucj qui distUle sous forme d'un liquide incolore, dense adhérent aux parois de la cornue,, tant qu^on ne le chaufie pas assez pour le faire couler dans le récipient;

3o4 PRUlfeRE PARTIE.

il est évident que dans cette expérieDce , une partie de l'oxygène de l'acide chloreux décomposé , s'est portée sur la portion d'acide non décomposé qu'il a transformé en acide chloreux. La lumière n'altère pas l'acide chloreux. Il ne paraît pas éprouver de changement à l'air.

Propiiété esseiUieUe. i' L'acide suf/ureux le décompose , même à froid , lui enlève son oxygène , et le chlore «8t tods à nu. -j.' n ne précipite pas les sels d'ai^ent ; 3° Un papier brouillard sec , plié en plusieurs doublefi ^ qu'on plonge dans cet acide et qu'on retire , s'enflamme vlyement , et il s'exhale une odeur forte , analogue à celle de l'adde azotique; 4* s'il est concentré, et qu'on le verse sur de l'alcool à 4o degrés contenu dans un verre à pied, il y a ébuUition, dégagement de chlore et formation d'acide acétique. S'il y a très peu d'alcool et beaucoup d'acide , l'action est très violente ; il y a inflammation.

Composition. Lorsqu'on décompose par le feu i oo parties de chlorïte de potasse desséché, on obtient 38,88 d'oxygène *, et 61,12 d'un composé de chlore et de potasàum-, ce dernier composé est formé de 33^196 de potasdom et de 28,924 de chlore : mais cette qoantitéde potasâum s'est combinée avec 6,5'j6 d'oxygène pour se

DE L*ÀCIDE CHLOlUQtJE. 3o5

meme^ de loo de chlore et de 1 1 1^68 d*oxygèiie ; on^ en atomes ou yolumes de a de chlore et de 5 d*ox3rgène (M. Gay-Lussac) ; et par conséquent de /^i^^GSo de chlore et de 5oo d*oxygène. Le poids atomique de Facide chloreux sera donc 94^^650 et sa formule Gh' 0\

Préparation. Sérullas obtient l'acide chloreux en décomposant une dissolution chaude de chlorite de potasse^ par l'acide hydro-phtorique silice , qui précipite la base et laisse l'acide chloreux ; il suffit de chauffer doucement la liqueur pour volatiliser l'excès d'acide hydro-phtorique silice. (J. de Chim. méd. i83i.) Gay-Lussac préparait l'adde chloreux en décomposant le chlorite de baryte par l'acide sulfuriqiie étendu d'eau.

De V Acide chlorique oxychlorique ou perchlorîque

( chlorique oayygéné).

Cetacide décrit par le comte Stadion en 1818^ n'a été réellement bien connu que par les travaux de Sénillas en 1 83i . Il est hydraté y liquide et incolore à la température ordinaire de l'atmosphère ; il est inodore et rougit le tournesol sans détruire la couleur : on peut le concentre^ parla chaleur^ jusqu'à ce qu'il ait acquis la densité de 1,65 y celle de Teau étant i . Il entre en ébuUition à 200". S'il bout dans un tube et qu'on présente à sa vapeur , près de l'orifice , du papier sec , celui-ci s'enflamme vivement ; mais il ne s'enflamme pas lorsqu'il est liquide et froid, comme le fait l'acide chloreux ; cependant le papier ainsi trempé, mis en cœitact avec un charbon incandescent , lance de vives étincelles avec un violent pétillement et souvent avec détonation. Quand il est concentré, il répand quelques vapeurs à l'air et en attire promptement l'humidité.

Les acides suljureux y chlorhjrdrique et sul/hydri-' que n'exercent aucune action sur lui , ce qui le distingue encore de l'acide chloreux. Il forme avec les oxydes

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