TOME I. ^o
3o6 nraatWE mstië.
méuUiqiie des c^ilorates qui jouÎBsait de propiiétés qiù se pennettent pas de les confondre avec les chlorites. (Voy. Chlorates) U suffît pour (^tenir l'adde chlorique liqiûde^ de décomposer par la chaleur, dans tm appareil distillatoire , l'acide chloreuz ; l'acide chlorique sera recueilli dans le récipient.
L'acide chlorique peut être obtenu cristallisé : pour cela cm introduit succesàvement , au moym d'un long :6ibe j 1^.00.^ parties d'âdde sulfiuique concentré , et une d'adde chlorique dans une petite comae non tabulée , dont le col s'engage , sans bouchon , dans un tube courbé et effilé par uae extrémité ; on chautfe ; lorsque le liquide est porté à l'ébullition qu'on entretient avec peu de feu, on ne tarde pas à en voir couler lentement et se solidifier le long du tidie, qu'il suffît de refroidir avec de T-eau ; des Tapeurs blanches épaisses, s'édiappent par le bout effilé. Dans cette expérience, la majeure partie de Tadde ■<chlorique se décompose en chlore et en oxygène qui se d^agent;îl ne s'en TOlatiliBe et ne s'en soUdifie qu'une jietite quantité.
L'ïcïâe chlorique solide est an masse ou en prismes quadrangiUaires longs, termjnt's par un sommet dièdre ;
DE l'acide hypo-azoteux. Spj
De V Acide 1\ypo-azoieux ( azoteux des chimistes mo'-
dernes^ )
M. Gay-Liissac a été conduit à admettre rexistencjB d'un nouvel acide , composé d*oxygène et d'azote , qui porte le nom d'acide hjpo-azoteux : il n'a jain^lâ été obtenu seul. Voici les faits à l'aide desquels M. Gay-Lussac a établi son existence : que Ton introduise dans une éprouyette remplie de mercure lïh peu d^eau alcaline y i^o partjies de gaz bioxyde d'azote et loo parties de gaz oxygène en volume : ce dernier gaz se combine avec tout le gaz bioxyde y et forme de l'acide hypo-azoteux qui est absorbé sur-le-champ par Teau alcaline y en sorte qu'il ne reste plus de gaz dans la cloche» Or^ 4oo parties de gaz bioxyde contiennent 200 d'azote et aoo d^oxygène en volume : donc le nouvel acide est formé de 200 d^azote et de 3oo d'oxygène ; ou bien de 100 d'azote et de i5o d^oxygèpe eu volume. Si l'on réfléchit maintenant que l'adde azoteux^ qui était regardé couune le moins oxygéné des acides formés par Tazote y contient 1 00 d^azote et 200 d'jpygène en volume y on sera forcé d'admettre l'existence de l'acide hjporazoteux , ou d'un acide contenant i^oins d'oxygène que l'adde azoteux.
M. Gay-Lussac pense que c^est encore l'acide hypoazoteux qui se produit lorsqu'on laisse pendant longtemps une dissolution de potasse avec le gaz bioxyde d'azote : c^est qu'alors ce gaz est décomposé et transformé enprotoxyde d'azote et en acide hypo-azoteux : celuirci s'unit à la potasse^ et l'on obtient des cristaux d'hjpo^ azotite de potasse.
n semblerait au premier abord que Ton pourrait dégager Tacide hypo-azoteux en versant de Tacide sulfurique sur un hypo-azolite : Texpérience prouve cependant que cela n'a pas lieu. En effet y l'acide sulfurique s^empare de la potasse ; mais l'acide hjrpo^azoteux est décomposé
.3o8 PREMIÈRE PAkTIE.
snr-Ie-champ et transformé en bioxyde d'azote qui se dégage ;, et en adde azoteux qui reste en dissolution.
Composition. II estforméde 2 atomesd'azote (177,036) et de 3 atomes d'oxygène ( 3oo ) : son poids atomique est donc 47^)036 et sa formule Âz' 0^
De V^cide azoteux anhydre ( acide hypo-azotique).
Cet acide est constamment le produit de l'art ; il a été remarqué pour la première fois par M. Berzélius , étudié ensuite par M. Gay-Lussac; enfin, M. Dulong ena£ait l'objet d'un travail très intéressant.
A la pression et à la températiue ordinaires, il se présente constamment boub la formç d'un liquide dont la couleur varie suivant la température : il est jatine orangé entre les limites de i5* à aS'H-o ; il est jaune fauve à o" ; il est presque incolore à — 1 0° ; il est sans couleur à — -iù* ; au-dessus de aS'+o U devient rouge, et cette couleur est encore plus foncée si on élève davantage sa température; son poids spécifique est de 1,4^1, il est doué d'une saveur caustique très forte et d'une odeur désagréa-
OE l'acide azoteux anhydre. 309
En le faisant passer à travers des fils de fer ou de cuivre très fins^ chauffes jusqu'au rouge ^ il se décompose , cède son oxygène à Tun ou à l'autre de ces métaux^ et il se dé« gage du gaz azote ; on obtient à peine du gaz hydrogène^ ce qui prouve que cet acide ne renferme pas d'eau.
Il n*agit point sur le gaz oa^gène sec j il se borne à le colorer ; mais si on ajoute de Feau au mélange^ il absorbe Toxygène et se transforme en acide azotique.
Il agit sur les différents corps simples et composés avides d'oxygène, comme l'adde azotique ( /^. p. 3x3 ) j mais l'action qu'il exerce est encore plus vive.
Lorsqu'on l'agite avec une grande quantité d'eou^ il se décompose , perd une grande quantité de gaz bioxyde d'azote qui se volatilise , et passe à l'état d'acide azotique blanc. Si, au contraire, on verse un peu de cet acide goutte à goutte dans une masse d'eau, le mélange acquiert une couleur verte foncée , sans qu'il se dégage de gaz bioxyde d'azote. Voici ce qui se passe dans ce cas : une partie d'acide azoteux sec se décompose en acide azotique qpii se dissout dans l'eau , et en gaz bioxyde d'azote qui se combine avec l'autre portion d'acide sec non décomposé } çn sorte que le mélange vert doit être consiâéré coDajBfi formé , i,^ d'acide azotique incolore ; 2'' d'acide azoteux sec combiné avec du gaz bioxyde d'azote. Enfin^ si^Fo^versç sur une quantité déterminée d'eai^ diverses portions d'acide azoteux sec, on remarque d'abord que le mélange se colorq en bleu verdâtre, et il se dégage beaucoup de gaz bioxyde d^azote j puis il passe au vert, qui devient de plus en plus foncé , et le dégagement dp gaz diminue j enfin , il devient jaune orangé , et alors il ne se dégage plus de gaz bioxyde. Vice versa : si on prend de Tacidç azoteux liquide sec , jaune orangé , et qu'on y verse de l'eau, il passera successivement au vert foncé, au vert clair, au bleu, au bleu verdâtre, et enfin au blanc, d on a mis assez d'eau : dans cette expérience , le dégagemept du gaz bioxyde d'azote ira toujours en dimi-
niiant ii^ iiii= ;a -J.!is. -î -rit ie tont ce qni Tient d'être •rfahti Tn'in n« -irJt i.-znfidiir^ comme de Tacide azotexii pnr f^ne cMni qcï ««t -anne jrangé . et qui ne contient pas -f -an : I(W Tarifés bïenes . Tfrt» oa jaunes orangées, qui ont été. jKvpaxéea en ajoutant île l'eaa à. Tacide anhydre, mnt fiiTTnée!! par ime pins oa moins grande quantité ^ifitte aTOtfqiK, d'eau, d'acide azctenx et de gaz Uoxyde d'azolfî.
I^onqn'on mêle l'acide azotenx lîqmâe sans ean avec Padde ml/urùjrw! concoitré oa laème im pen délayé à nttf. tnripératnre p<ni derée . on obtient des prismes quaffrilatÀres alongéa, qm sont assez volunûnenx ; ces cristaux , formés par les deux acides . donnent lorsqo'on les met dans de l'eaa, du gaz adde azotens.
L'acide iodaix ne pent pas se combiner avec l'acide ntmWax, comme Parait annoncé Berzélins; dTcn ajoute de Tean an mélange, le premier de ces addes cède tout nrm oxjg^e à fantre, qui passe à l'état d'adde azotique C Oaiiltier de Clanbry). Cet adde est sans usage ; rc^rfré pnr, il irrite fortement la poitrine, détermine un sentiment pén(l>ledccon8triction,sniTitrèspromptementdelamort.
DE L'ACiDE AZOTIQUE. ill
col de la cornue se rend dans un ballon vide ^ hiUilMilé^ dont Tune des tubulures^ naiinied'im bouchon percé > donne passage à un tube de sûreté recourbé qui ya se rendre au fond d'aune éprouyette yide^ entourée d'un mélange réfrigérant fait avec) du sel et de la glace ; on lute les jointures , et on chauffe graduellement la coniiio disposée sur un fourneau à réverbère ; on ne tarde pas a observer des vapeurs rougeâtres ; une portion de l'acide azoteux se condense dans le récipient en un liquide jaune; une autre portion ^ d*une couleur blanchâtre, se solidifie dans réprouyette , et il se dégage du gaz oxygène ; enfin j il reste dans la cornue du protoxyde de plomb jaune. On voit évidenunent que Tacide azotique de Tazotote desséché a été décomposé en oxygène et en acide azoteux anhydre.
De V Acide azotique ( eaufortey adde nitrique).
L'acide azotique n'a jamais été trouvé pur dans^Ianarture ; on le rencontre combiné avec la chaux, la potasse, la soude et la magnésie* Il est composé d'azote et d'oxy«gène ; cependant il nous sera conunode , dans plusieurs drconstances , de le regarder comme formé de protoxyde d'azote et d'oxygène, ou bien de bioxyde d'azote et d'une moindre quantité d'oxygène , ou bien encore de gaz acide azoteux et d'une plus petite quantité d'oxygène. On n'a jamais pu l'obtenir privé d'eau : dans son plus grand état de concentration , il est formé de 79, t6 d'acide sec, et de 20,84 d'eau en poids (Berzélius).
Il est liquide , incolore ^ transparent , doué d'ime odeur particulière désagréable et d'une saveur exçessl-
azotique ; ci celui-ci peut êlre considéré comme un compoié d'acide azoteux et d'oxygène. <
3ia PREKUÈnE PARTIE.
Tement adde ; il rougit Vir^fitsum de tonrnesol avec la pliis grande énerve ^ et tacite la peau en jaune avant de . la d^rganiserj son poids spédAque^ lorsqu'il est très concentre, est de i,554-
L'acide azotique concentré entre en ébullition à 86* c, et donne des vapeurs qui, étant condensées dans un rédpient, constituent l'acide azotique distillé \ s'il est étendu d'eau de manière à ne peser que 1,4^^ il ne bout qu'à + iao'' (Berzélius). Si, à l'aide d'un apparàl convenable, on fait passer ces vapeurs à travers un tube de porcelaine ou de verre luté et incandescent, on les décompose, et l'on obtient du gaz bioxyde d'azote et du gaz oxygène : ces deux gaz se combinent de nouveau pour fonner du gaz acide azoteux lorsque la température est sensiblement diminuée. Exposé à un froid de 4o° — 0° } l'acide azotique le plus concentré peut être gelé j û l'on y ajoute un peu d'eau, la congélation a lieu dès ao" ; alors il jaunit , acquiert la conâstance du beiu-re,. et laisse dégî^er quelques vapeurs orangées. La lumière solaire décompose en partie l'acide azotique ; la portion décomposée se transforme en gaz oxygène qui se
DE L'AaOE AZOTIQUE. 3l3
bore et d6 Tâdde azotique ^ il se fonue de Tacide borique et Tadde azotique se trouve réduit à de Fazote ^ ou à du gaz protoxyde ou bioxyde d'azote.
Propriétés essentielles, i** En substituant le charbon au bore^ on obtient du gaz acide carbonique et du gaz bioxyde d'azote incolore ; nuds celui-ci ne tarde pas à absorber Toxygène de Fair ^ passe à l'état de gaz acide azoteux orangé ; en sorte que la fiole se trouve remplie par des vapeurs de cette couleur. Parmi les acides incoilores ^ Tacide azotique seid donne des vapeurs oranges lorsqu'il est chauffé avec le charbon pulvérisé j 2"* l'action iu phosphore sur Tacide azotique est analogue à celle du bore et du charbon; seulement elle est plus vive^ parce que le phosphore fond avec la plus grande facilité et présente phis de surface ; il en résulte de Tacide phosphorique et du gaz azote ou bioxyde d'azote ; 3"" le soufre y chauBé avec cet acide ^ passe à l'état d'acide sulfurique y et il se dégage du gaz bioxyde d'azote ; ce corps simple agit avec moins d'énergie sur l'acide azotique que ceux dont nous venons de parler.
L'acide azotique agit à peine sur le sélénium à firoid ; mais à une température élevée il le dissout avec rapidité^ ou lé décompose, lui cède de l'oxygène , et le transforme en acide sélénieux y qui peut être obtenu sous la forme de] cristaux prismatiques , en laissant refroidir lentement la liqueur.
Viode n'exerce aucime action à froid sur l'acide azotique; si on élève la température, il se volatilise sous la forme de vapeurs violettes, et l'acide finit par être décomposé si on fait retomber dans la cornue l'iode volatilisé et qu'on agite le mélange ; il se produit de Tacide iodeux. Le chlore et Yazote n'agissent point sur cet acide. Exposé à Vair humide y il répand des vapeurs blanches.
Lorsqu'on mêle une partie d'eau et deux parties d'acide azotique concentré , la température s'élève de 4o* à
3l4 PREUIËRB PARTIE.
46' th. cent. ; en ajoutant une plus grande quantité d'ean, la température baisée : dans tous les câs, l'acîde^e trouve alïaLbIi , et peut être ramené à son degré piimnif de concentration par la chaleur. Le gaz oxjde de carboTie et Voa^de de phosphoi-e enlèvent une certaine quantité d'oxygène à l'acide azotique. Lowitz a mis cette propriété à profit pour priver le phosphore d'une certaine quantité d'oxyde: en effet, si l'on traite ce phosphore en partie oxydé par l'acide azotique , les molécules oxydées se trouvant très divisées, sont plutôt attaquées par l'acide et transformées en acide phosphorique que celles du phosphore pur.
Le gaz biocçfde d'azote exerce sur lui une action remarquable. Si l'on fait arriver pendant plusieurs jours co gaz bulle À bulle dans de l'acide azotique pur, très concentré et à la température ordinaire , on remarque que celui-ci est en partie décomposé ; la liqueur devteat bleue, pa3!e ensuite au vert, et, si l'opération est continuée, finit par devenir jaune orangée. Ces liquides, diversement colorés , sont formés par une plus on moins grande qviantité d'acide azotique, d'eau, d'adde uotenx, et de gaz bioxvde d'azote. '
DE l'acide azotique. 3i5
degrés , s'empare de son eau , et l'acide azotique ne pouvant pas rester seul, se transforme en gaz acide azoteux et en gaz oxygène : Texpérience peut être faite en mêlant dans une cornue 4 parties d'acide sulfurique et une d'acide azotique. Les acides phosphoœux et sulfureux ^ chauffés avec l'acide azotique, se combinent avec une portion de son oxygène , et passent à l'état d'acide phosphorique et sulfurique. L'acide azotique , versé dans un6 dissolution concentrée d'acide iodeux , forme des cristaux rhomboïdaux aplatis. ( Vcyy. Acide iodeux. ) Raymond Lulle découvrit l'acide azotique en i aa5.
Usages. Il est employé pour dissoudre les métaux^ pour laver les boiseries, pour teindre la soie en jaune, pour faire des dessins jaunes sur la soie teinte en bleu ou en rouge y comme réactif, etc. Il a été regardé pendant quel* que temps coihme un puissant antivénérien , et administré comme tel à la dose de i à 4 gros par jour dans une pinte d^eau j mais l'expérience n'a pas tardé à prouver qu'A était inférieur à un très grand nombre d'autres préparations antivénériennés. 11 entre dans la composition de la pommade oxygénée, que l'on a égalétnent préconisée comme antivénérienne (voy. Graisse). Uni à Talcool , il constitue l'esprit de nitre dulcifié : du reste , il peut être utile dans tous les cas où nous avons conseillé les acides. ( /^. p. a63. )
C'est, parmi les acides , celui qui donne le plus souvent lieu à l'empoisonnement; les symptômes qu'il détermine sont les mêmes que ceux qui sont développés par les autres substances corrosives et acres j mais il colore souvent en jaune la peau des lèvres et quelques parties du canal digestif ; cependant ce caractère manque quelquefois , sur-tout dans Testomac , dont les fnembrancs fortement enflammées offrent une couleur rougè de sang. Parmi les remèdes proposés pour neutraliser l'acide et combattre l'empoisonnement, le plus efficace et le moins dangereux est ki magnésie calcinée et délayée dans une
3l6 PREMIÈRE PAUTIE.
grande quantité d'eau; en effet, elle forme avec l'adde un azotate qui exerce à peine de l'action sur l'économie animale. On peut , au défaut de magnésie , employer avec succès l'eau de savon, le carbonate de chaux, les yeux d'écreviases , etc. ( F^, notre Toxicologie générale^ 1. 1", 3* édition. )
Composition. Il est parfaitement prouvé que 1 33 parties de gaz bioxyde d'azote, en volume, sont transformées en acide azotique lorsqu'on les met en contact avec 1 5o volumes de gaz oxygène , et il y a un résidu de 5o Toliunes d'oxygène ; donc i oo volumes de ce gaz seulement ont été absorbés. Or , 1 33 volumes de gaz bioxyde d'azote se composent de 66,66 volumes d'azoté et de 66,66 volumes d'oxygène : donc , l'acide awrtique est formé de 66,66 volumes d'azote et de i66,66 d'oxygène ; m représentant le volume d'azote par a, il contiendra 3 volumes d'azote et 5 volumes d'oxygène j ce qui donne en poids 177 p. d'azote et 5op d'oxygène. En calculant la composition de cet acide d'après la théorie des atomes, et en admettant qu'il est formé de deux atomes d'azote (dont le poids est 177,036) 5 atomes d'oxygène ( qui pèsent 5
DE L* ACIDE AZOTIQUE. 'if)
peurs blanches composées d'adde azotique et d'eau ^ qui se condensent dans le ballon ; quelque temps après il se produit de l'adde azoteux ^ qui parait sous forme de vapeurs d*nn rouge foncé , et il se dégage du gaz oxygène : il reste dans la cornue du sulfate de potasse. — Théorie^ Si l'on suppose que l'azotate de potasse soit pur y l'acide suUtilique s'empare de la potasse et met à nu l'adde azo-* tique ^ qui se volatilise avec une certaine quantité d'eau; le liquide aqueux diminue donc de plus en plus ^ et fl arrive un moment où Tacide sulfurique s'empare de l'eau de Tadde azotique (p. 3 1 4) ; et comme cet adde ne peut pas exister seul^ il est décomposé en gaz adde azoteux et en gaz oxygène. C'est pour, éviter la décomposition d'une partie de l'acide azotique^ que Berzélius conseille d'employer pour loo parties d'azotate de potasse 97 parties d'acide sulfurique du commerce ; alors , dit-il ^ l'adde sulfurique contient plus d'eau qu'il n'en faut à l'adde azotique^ pour exister à l'état d'hydrate. Les pro* portions que nous avons indiquées, doivent être préférées comme étant plus économiques. Si, au lieu d'azotate de potasse pur , on emploie celui du commerce, qui contient tm peu de chlorure de sodium , composé de sodium et «hlore , Pacide sulfurique s'empare de la potasse et 3uet l'acide azotique à nu; celui-ci ne tarde pas à se décomposer en partie en oxygène qui se porte sur le sodium, pour former de la soude, et en acide azoteux qui se dégage avecle chlore duchlorurej uneautreportion d'acide suUurique se combine avec la soude qui s'est formée.
Il résulte de ce qui vient d'être établi , que le produit liquide jaunâtre condensé dans le récipient à la fin de l'opération , est formé d'acide azotique , d'acide azoteux , d'eau , et quelquefois de chlore ; nous supposerons qu'il contient ce dernier corps. On le purifie en le chauffant lentement dans un appareil semblable au précédent, pour en séparer le chlore et le g^az acide azoteux ; l'appareil ne lardd pas à se remplir de vapeurs rougeâtres , et l'af^ide
3l8 MlEHlàRE PABTIE.
coDtaHi dans la coxnue ee décolore ; aion il ett tonxé d'adde azotùps et 4'uii peu de cblore. On aiupeudropération : on introduit dans la cornue de l'azotate d'ai^ent crifltalli»é, qiii s'empare du clilore^ et alors l'aàdedé- })ârra88é de toute matière étrangère , se volatilise et vient se condenser dans le récq)ient. Il est inutile de distiller l'aàde azotique sur de Tazotate de baryte , parce qu'il ae contieQt pas d''acide sulfurique, à moins toutefeHS qu'en introduisant cet acide dans la cornue , on ait eu la maUtdresse d'en laisser dans le col.
On prépare l'acide azotique en grand, en chauffant l'azotate de potasse et l'acide sulfurique dans des tayaux de fonte que VAa fait communiquer , à l'aide d'alonges , avec des fontaines de grès où l'acide est recualli. On emploie 4^ Uvres d'acide sulfurique et 9S livres d'azotate, et l'on obtient du sulfate de potasse qui est à peine adde. Aiurefras on le préparait avec le nitre et l'ar^.
De V Acide silicitjue (silice).
Le fflUdum forme avec l'oxygène un composé très andiennemeut connu sous le nom de silice, et que l'on con-
DE l'acide siLiaquE. 3 19
L^eau en dissout une très petite quantité ^ d'après les expérience^ de Kirwan et de M. Banuel y à iQimifi qu'il n'^^ été rougi au feu. Aucun des acides précédemment étudiés^ ne peut se conobiner avec cet acide à la température ordinaire. Les acides borique et phosphorique solides s'y unissent à Tâide de la chaleur. On l'emploie dans la fabrication du verre j de la poterie et des mortiers; le sable sert à filtrer ks eaux , et le cristal de roche à faire de très beaux lustres.
Composition. D'après M. Berzélius^ l'adde silicique est formé de 100 parties de silicium et de 107^98 d'oxygène^ ou ce qui revient au même de 2 atomes desÛidium (277^312) et de 3 d'oxygène = 3oo. Son poids atomique est donc $77,312 et sa formule Si* 0^.
Préparation. On introduit dans un creuset une partie de sable ou de cailloux bien pulvérisés , et trois parties de potasse y on chauffe graduellement le mélange jusqu'au rouge; la potasse fond, perd son eau, se bom^soufiBe , et se combine avec la silice. Lorsque la fusion est opérée, ou du moins que la masse est en pâte molle, on la coule et on la laisse refroidir dans un vase de cuivre ou d'argent. On la traite dans une capsule par quatre ou cinq fois son poids d'eau dont on élève la température ; on filtre la dissolution , à laquelle on donnait autrefois le nom de liqueur de cailloux {silicate de potasse) : on y verse assez d'acide sulfurique , chlorhydrique ou azotique , pour saturer la potasse , et l'on obtient un précipité gélatineux d'acide silicique; on décante la dissolution saline formée, et on lave le dépôt, que l'on fait dessécher et rougir. Si la dissolution était trop étendue , et que la âlice ne fût pas précipitée par l'acide, il faudrait la concentrer par révaporation.
r- Des composés ^ acide silicique et d'un coure acide.
Ces composeB ont été fort peu étudiés ; U n'y en a qu'un très petit nombre de connus, et, par conséquent, on ne peut pas établir leurs caractères d'uoe manière générale. Nous dirons cependant que l'acide silicique fondu avec deux fois son poids de potasse ( hydrate de protoxyde de potassium) donne une masse qui, étant dissoute dans ime très grande quantité d'eau, peut être combinée avec divers acides, et former des composés de potasse et de deux acides solubles dans beaucoup d'eau; ces produits ont pour caractères de se décomposer, et de laisser précipiter l'acide silicique sous forme de gelée lorsqu'on les concentre par l'évaporation.
Les composés d'acide silicique et d'acide borique ou phosphorique sont le produit de l'art; ils sont vitrifiés, transparents, insipides, inaltérables à l'air, insolubles dans l'eau , indécomposables par les acides et par les oxydes des métaux de la première classe. On les prépare en faisant fondre dans un creuset l'un ou l'autre de ces acides avec de l'acide silicique pulvérisé.
DE l'acide phtorhydrique. Sat
coips simples non mikalUques n'exercent sur lui âucone action. Exposé à Yairj il répand des vapeurs blaoches très épaisses. Veau se combine avec lui en toutes proportions : chaque goutte d'acide que l'on fait tomber dans ce liquide développe une chaleur telle , que l'on entend un bruit -semblable à celui qui se produirait si Ton y plongeait un fer rouge ^ en sorte qu'il y aurait du danger à ve^pser dans de Teau une certaine quantité d'acide phtor*hydrique à la fois. Il n'agit point sur les oxydes de can* bone , de phosphore et d^ azote , ni sur les acides précé^' demment étudiés. Si l'on soumet à l'action de la pile TOltaïque l'adde phtoihydrique liquide privé d'eaiT, il répand des vapeurs épaisses et se décompose; le gaz hydrogène se porte vers le pôle résineux ^ tandis que le phtore ^ attiré par le fluide vitré ^ se combine avec le fiï de platine qui est à l'extrémité de ce pôlç ^ le corrode , et forme une poudre couleur de chocolat ^ composée san» doute de phtore et de platine. P. E, Il corrode fortement le verre.
Schéele est le premier chimiste qcd ait parlé de l'acide fluorique ; mais il n'avait pas été obtenu concentré avant les recherches de MM. Gay-Lussac et Thénard. M. Ampère a indiqué qu'il était formé d'hydrogène et d'un autre corps ^ et M. Davy a fait un très grand nombre d'expériences à l'appui de cette assertion. Il est employé pour graver sur le verre. ( Voy . Verre. )
Composition. Tout porte a croire que Tacide fluorique est formé d'hydrogène et de phtore. Berzélius le regarde conuue un composé de 94^93 de phtore et de 5^07 d'hydrogène. Quelques chimistes pensent cependant qu'Ô est formé par ce corps et par l'oxygène. En raisonnant d'après l'analogie qui existe entre cet acide etlèsaddès chlorhydrique , bromhydrique et iodhydrique , on devra supposer a volumes de ce gaz formés d'un volume de phtore ou fluor ^ et d'un volume d'hydrogène = H F. PrépanUion. (PL 10^ fig. 63. ) On prend' une cornue