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DES CARBURES d'HYDROGÈNE. 35 S
cristalline qui contient quelques impuretés , dont on la débarrasse en la distillant dans un tube faisant fonction de cornue ; puis on la liquéfie de nouveau pour la couler en lames minces sur un disque de verre. Là, on la soumet à la pression , pendant plusieurs jours , entre du papier Joseph y qu'on renouvelle jusqu'à ce qu'il ne soit plus taché : le papier absorbe l'huile liquide dont la matière solide est imprégnée. Pour avoir la plus grande quantité possible d'huile douce liquide, on lave dans Talcool mêlé d'éther^ les filtres qui ont servi à séparer la matière cristalline ainsi que le papier Joseph qui est impré^ gné de cette huile liquide ; on filtre la liqueiu: et on éva-« pore dans une étuve : l^huile douce fluide reste (SéruUas^ Ann. de Chim,, 1828).
Des Carbures d'hydrogène pwduits par la condensa^ tion des gaz qui se dégagent pendant la décomposition des huiles grasses par le feu.
Lorsqu'on décompose les huiles grasses à une température rouge , on obtient de l'eau , une huile empyreumatique, du charbon et un gaz (gaz de l'éclairage), qui étant soumis à une pression de 3o atmosphères , donne mi liquide que nous désignerons ici sous le nom de liqueur condensée y et dont ou peiit séparer trois composés de carbone et d'hydrogène , ou trois carbures , le carbure hjrdriqucj le carbure sesqui^-hydrique^ elle carbure dff^'^ drique.
I** Carbure hydrique. On l'obtient en distillant la liqueur condensée à + 85* cl en refroidissanl le produit de la distillation à — i é" ; ce produit figé est ensuite comprimé avec une tige de verre, ce qui fournit une liqueur et une masse. Celte masse^ séparée de la liqueur par la décantation , si elle est fondue de nouveau , refroidie , et encore comprimée d'abord dans un vase de verre, puis à l'aide d'une presse de Bramah également refroidie, se partage en doux parties, l'une , solide, constitue le car--
r-i ■ v*î.hr. I *l.Ti"
hure hylrùfw , l'-i Mi.,-. tiq:,ï<le. *-: "r :.-:•}■■ t «w;:-/kjdrique.
Propriétés du carbui's A> drujUà l.i;.irbiire a hydrogèoe de Damas,. Il «tt liquide ao-dtâfiu de o'. d'une odeur qui rapptrlle celle des amandes ameres, d'un poids spécifique de o,)Si> à i5\ Il est so&de à o', blanc ou transparent , à peu près aussi dur que du sacre, cassant et pulvcniknt; il n'entre en fusion qu'à ô'^S-i-o*. Il est vulatîi, et bout à t$j'',5; il ^'e^t point conducteur de ]'él«cirir:ité : peu soluble dans l'eau . il se dissout facilement dans l'alcool^ l'étber, Ie$ huiles grascs et volatiles. Il brûle avec une flamme luisante . répand une forte fumée et se vaporise en quanlité suffisante dans le gaz oxyg<':ne , pour lui communiquer la propriété de détoner par l'approclie d'uu corps eu combusiioD. 11^ sont une petite quantité d'iode et devient rot^, auii s'altérer. L'acide azotique l'attaque et acquiert une couleur rouge. L'acide sulfurique forme avec lui , sans se décomposer, une combinaison incolore qui nage à la snrforc du liquide et qui se prend en une masse cristalline, blanche, dendritlquc. Lr. potassium, les alcalis et les ctfbonates alciilinsKont sans action sur lui. Il a été déçoit-
DKS CAUUCnKS D'flYDRÔGKNii:. 837
composé de 88,02 de carbone cl de 11,08 d'hydrogèue ( Dumas ) ^ comme le naphle avec lequel il parait identique ; ou de 6 atomes de carbone et de 5 d*hydrogène. On Tobtient en préparant le précédent , conmie nous Tavons dit plus haut : c'est lui qui constitue le liquide qui reste après qu'on a comprimé avec la presse de Bramah.
3* Caiiure dihydrique ( carbure d'hydrogène de Dumas). On le prépare en distillant A la chaleur de la main, la liqueur condensée indiquée au comumencement de cet article, à la page 355 et en refroidissant le produit de cette distillation jusqu'à — 18". Le liquide obtenu par ce moyen, ouïe carbure dihydrique, est tellement volatil, qu'il entre en ébullition au-dessous de o** , et qu'il affecte la forme de gaz à cette température et à toutes les températures plus élevées. La densité de cette vapeur varie de i,858 à 1,926 , et est à peu près double de celle du gaz oléfiant. Elle est absorbée en petite quantité par l'eau, et eii quantité assez grande par l'alcool. L'huile d'olives peut en dissoudre 6 fois son volume, et Tadde sulfurique xoo fois; ce composé d'acide et de carbure dihjdnque forme des ;3els particuliers avec les bases. Le chlore gazeux se com- Zbine avec cette vapeiu: à volumes égaux , et donne un liquide éthéré plus pesant que l'eau , différent de celui que fournit le même chlore avec le gaz hydrogène deutocarboné ( /^. p. 347 )•
Le carbure dihydrique est composé de 4 at. de car- Jbone et de 4 d'hydrogène condensés en un seul , ou 'de 85,8o de carbone et de i4,îiO d'hydrogène : c'est prédjsément la même composition que celle du gaz hydrogène 4ieuto-carboné ( dont les propriétés sont si différentes ) , si ce n'est que dans ce gaz 4 vol. de carbone et 4 d'hydrogène sont condensés en deux volumes au lieu d'un; il y a donc dans le carbure dihydrique, sur un même volume , un nombre double d'atomes.
Les trois carbures dont nous venons de parler, contribuent principalement à la force éclairante du gaz de Vhuile non comprime;^ en forte que lorsqu'ils se âifeç^
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f'nif/rii'ti'n. l,:t Urimnn t'M limpide, incolore, d'niip (Hl'-iir |i.'int':ii]j('rii fl d'itim d'ïiisitc de o.i>i. Elle bout ;i au" >-i M- Kolldirii-. l<jfM|ti'oii IViitotin: de glace; la masse cr'ir I:il1îii4! ttUU-itui: («ir t-r. irioyirii s<; liquéfie â + 7' L'ai-
DU N APHTE. 35g
de carbone (6 atomes) et de 7,54 d'hydrogène ( 3 atomes). = H' C^; elle est donc identique avec le carbure hydrique. {Fojr. p. 356). Elle est sans usages. {Foj^ Arui. de Chim.yjsLUY. i834).
Nous ne terminerons pas Thistoire de la Benzine sans faire remarquer que déjà MM. Wohler et Liébig avaient entrevu Texistence d'une matière particulière dans Tacide benzoïque; en effets ils avaient annoncé que cet acide anhydre était formé d^in atome d'oxygène et d'un atome d'un radical qu'ils avaient désigné sous le nom de beTizoïle, sans cependant l'avoir isolé. ( F oyez Benzoïle , -tome 3").
Du Naphte.
Le naphte existe à Amiano près de Parme , où il est très abondant, en Calabre, en Sicile, en Perse, etc. On présume qu'il est le résultat de la destruction de certains corps organiques; quelquefois il parait se produire en même temps que la houille. Il est liquide , incolore, d'une odeur légèrement bitumineuse, presque insipide, d'un poids spécifique de 0,753 à la température de i6* c. h entre en ébullition à 85"* c. Il est décomposé à une chaleur rouge en charbon et hydrogène carboné et en huile bftumineuse tenant en dissolution une quantité notable de carbure d'hydrogène solide. Il brûle à l'air avec une flamme très blanche, et fuligineuse, si on l'approche d'un corps en combustion. Il est insoluble dans l'eau et soinble dans l'alcool pur, l'éther sulfurique , les huiles. Les acides et les alcalis ont à peine de l'action sur lui. Il peut dissoudre à chaud le soufre , le phosphore , l'iode et smv tout le camphre et la poix résine. Il est formé de 88,01^ de carbone et de 11,98 d'hydrogène, ce qui répond A peu près à i o volumes de carbone et 8 d'hydrogène condensés en un volume. Ou l'emploie pour con^^erver le
'i'w l'I.LMJLIii: ! U.T1L.
jwta&ûuin et dts méUiu^ irès oivdablef . nuuE sur-tou». pour l't;dairage ; ou s'en sert ça Médedne comme calnua'' ttcoiann; aiitbf^irmDlbJque.
Oh obtieijt 1»; riaphtï le j>lu£ pur en crensant âe sources^ juHju'â 'lopicds de profondeur dan? nne marne aipkn^K qui *;ii «Kt Imtiibce et que l'on trouve en grande quannt* à Bakri Bur la côte nord-est de la mer Ca^enner ; l'buJI'T lin napbte se rassemble peu à peu tsa assŒ f(Ht-« propoiljon.
IJu Pétrole.
ht: pétrole ewste dans le pays des Birmans , à Cod. — hnjokdaic en Angleterre, près des iles du Cap- Vert, près* (l'Amiaiio, prés de Modène, en Suède, et dans les ea — droitH où des volcans en activité sont placés près de^ (touches Ai: houille. Le pétrole le plus pur de VEorop^^ eut eclui de Montc-Ciaro, non loin de Plaisance. Son on — ' gine paraît être la même que celle du naphte. I^ pétnde* d'Amtano, étudié par de Saussure, est d'un j'anne clair, transparent, très fluide et d'une densité de o,836. Si on le distille sans eau et de manière à ne recudllir
DU CAMPHOGÈNE. 36l
Du Camphogèfie.
Le camphogène^ découvert en i83i par M. Opperman^ Cfidl la base du camphre y de Tacide camphorique et des camphres artificiels de térébenthine et de citron. M. Duxnas a proposé de désigner particulièrement sous le nom de camphène celui qui entre dans la composition do camphre artificiel de térébenthine^ et d'appeler c/^nè/ze celui qui fait partie du camphre artificiel de citron.
Le camphogène est sous forme d'une huile claire , transparente ^ assez liquide y qui se prend en masse solide blanche à + 1 o"" ou + 1 2° ; la chaleur de la main suffit pour le liquéfier ; son odeur est très faible et très difféxente de celle du camphre ; sa saveur est très aromatique. Xe potassium ne subit aucune altération dans le campho-^ gène ; mais en le chauffant il s'entoure d'une masse résineuse tout comme le pétrole, s'il yaaccèsde l'air. L'acide sulfurique le change en une substance brune et résineuse. Xes acides azotique fumant et acétique ne le dissolvent et ne le décomposent point : l'éther, l'alcool et le carbure de soufre ^ au contraire y le dissolvent ; s'il y a excès de eoufre dans le carbure y il en est précipité par cette huile sous forme de petits cristaux. Le gaz acide chlorhydrique le transforme en camphre artificiel. Composition. Il est Ibrmé de 88,44 de carbure et de 1 1,56 d'hydrogène (10 ^t. de carbone et 8 at. d'hydrogène). Suivant M. Dumas Thuile essentielle de térébenthine pure serait du camphène ; le camphre artificiel de térébenthine résulterait d'un volume de camphène et d'un volume d'acide chlorhydrique ; celui qui donne l'essence de citron serait composé d^im volume de citrène et d'un volume d'acide chlorhydrique ; le camphre ordinaire y d'un volume de camphogène et d'un demi-volume d'oxygène, et Tacide camphorique, de 2 volumes de camphogène et de 5 vol. d'oxygène. Préparation. On obtient le camphogène en faisant passer jusqu'à dix fois sur la chaux calcinée du camphre artificiel de térébenthine ( camphciie chloi'hv-
35s PREMIÈKE PARTIE.
dans l'eau ; l'alcool eu dissout 3 parties à 1 8 'c . ; mais par le refrt^dùsemcnt une grande quantité d'eupione se dépose. L'éther acéUque en dissout aussi environ le tiers d£ son poids. ' Les acides concentrés , sulfurique , azotique ^ chlorhydrique , acétique, etc . ; le potassium et les alcalis minéraux , sont sans action siu- elle. Elle dissout à froid le chlore, le brome, l'iode, la naphtaline, le camphre , la stéarine , la cétine , la cholestérine , la paraffine et le baume de copahu. Le souire^ le séléuiimi et le phosphore ne s'y dissolvent qu'à chaud. On peut l'employer à la conseiTalion du potassium et probablement aussi pour séparer la stéarine de l'oléine j elle est d'autant plus utile à l'éclairage, qu'elle brûle sans donner de suie. Préparation. On traite par un demi-kilogramme d'acide sulfurique trois litres de liquide, provenant de la distillation de huit litres de goudron, auquel on a encore fait subir une seconde distillation. Il se forme un produit subtil qi\e l'on sépare et que l'on distille aux 3/4 avec un poids égal d'acide sulfurique ; on lave le produit incolore , distillé avec une dissolution de potasse ; on sépare encore le produit huileux qui surnage , et on le distille de nouveauavec la moitié de sou poids d'acide sulfiuîqae ; le produit dis-
DK l'iiuilh douce df m.v. 353
romposanl le roi*ps Iiiiiloux qui se fornic pendant la préparation de réllier , et auquel on avait donné jusque dans ces derniers temps ^ le nom d'huile douce de vin. Elle est liquide , légèrement jaune comme Thiule d^olivcs , d^une odeur particulière aromatique , qui se développe quand on la chauffe ou qu'on la frotte entre les doigts ^ d*une densité de 0^921. Elle hout et distille a 28"* c. ; elle tache le papier à la 'manière des huiles^ et s'ppalssit par le refroidissement sans perdre sa transparence : à 25''^-o die a la consistance d^iuie forte térébenthine: à SS"" — o elle est solide ; quand elle est privée d'eau ^ elle ne conduit point rélectridté ^ et c'est un de ses caractères remarquables y tellement qu^elle peut être prise poiu: type des liquides huileux non conducteurs. Elle est formée de carbone 85^71 et d'hydrogène 14^29^ exactement comme le gaz hydrogène deuto-carboné. Fi^paraiion, ( V, rarlicle suivant. )
De V Huile douce de vin solide.
L'huile dont nous venons de parler , peut être obtenue solide. Elle est alors très brillante^ bien cristallisée en longs prismes transparents^ insipides^ friables^ craqtiant sous la dent y d'une odeur aromatique particulière , bien manifeste si on chauffe un peu , et tout-à-fait analogue à celle de l'huile douce fluide , d'une densité de 0,980. Elle fond à y o" à la manière des corps gras ; alors elle est transparente^ et volatile à 260° sans résidu et sans altération^ insoluble dans l'eau , soluble dans l'alcool et mieux dans l'éther , et décomposable par une chaleur rouge en charbon et en hydrogène proto-carboné. Composition. La même que la précédente.
Pt^paration de Vhuile douce liquide et solide. On prend l'huile douce de vin qui se produit pendant la préparation deréther sulfurique (r.éther); onl'agite avec une certaine quantité d'eau, pour lui enlever l'excès d'acide sulfuiique,une partie d'alcool, d'éther et d'acide sulfureux