DU GAZ HYDROGÈNE PHOSPHORE
cette brillante expérience , que Ton doit toujours faire avec de petites quantités ^ le gaz nitreux cède son oxygène au gaz hydrogène phosphore, et Tazote iest mis à nu.
Lorsqu'on introduit du gaz acide iodhjrdrique dans une éprouvette contenant ce gaz hydrogène phosphore , on remarque qu'il se foime sur-le-chàmp des cristaux blancs , que Ton croit être de forme cubique , et qnî sont composés de ces deux corps. Cette substance nouvelle , connue sous le nom A* iodhydrate d'hydrogène pei^^ phosphore y a été découverte par M. Dulong, et étudiée depuis par M. Houton-Labillardière. Pi'opriétt's essen-' iielles. i** Elle est décomposée, par Teau, qui dissout l'acide iodhydrique ; il se précipite du phosphore , et il y a dégagement de gaz hydrogène moins phosphore. 2" te gaz ammoniac la décompose également par la tendance qu'il a à se combiner avec l'acide iodhydrique : il se précipite du phosphore , et il se dégage un volume d'hydrogène peu phosphore égal à la moitié du volume du gaz irmmoniac absorbé.
On peut également obtenir im composé d'acide bromhydrique et d'hydrogène phosphore, en faisant arriver simultanément ces deux gaz dans un tube. Le bromhydrate d'hydrogène phosphore est sous forme de cristaux cubiques , déliquescents; mis dans l'eau, il est décomposé} l'hydrogène phosphore se dégage avec effervescence , êi l'acide bromhydrîque reste en dissolution. (Sérullas.)
Le gaz hydrogène phosphore dont nous parlons , est absorbé par le sulfate de cuivre , tandis que ce sel n'agit point sm' l'hydrogène avec lequel il est mêlé. {Y. Sulfate de cuivre pour la théorie. )
Ce gaz a été découvert par Gengembre, en 1783. Injecté dans les veines , il occasione la mort des animaux ; il agirait encore avec plus d'énergie sil était respiré : on ne lui connaît aucun usage.
Composition. D'après M. Dumas, 200 volumes de ce
3^ a PREMIÈRE PARTIE.
gaz , décomposés par le potassium , le fer ou le cuivre , qui s'empareat du phosphore , foiunissent 3oo volumes d'I^dn^^e j ce chimiste pense que les aoo yolumes sont composés de 3oo volumes d'hydrogène, et de iSo de vapeur de phosphore , ou de a atomes d'hydrogène (ia,479) et d'un atome de phosphore ( 196,15). Sa formoie serait dobc H Ph.
Préparation. On peut obtenir le gaz non inflammable spontanément , en chaufTant les' acides phosphoreux et hypo-phosphoreux. Le gaz inflammable spontanément , se prépare en décomposant la plupart des faypo-phosphites par le feu , ou en faisant agir les alcalis sur le phosphore etsur l'eau. Pour se le procurer d'après ce dernier procédé, on introduit dans ime petite fiole munie d'un tube recourbé , une bouillie faite avec 1 2 parties de chaos vire éteinte par l'eau , une partie de phosphore coupé en petits fragments, et un peu d'eau ; on chauETe graduellement ce mélange , et l'on ne tarde pas à obtenir du gaz hydrogène phosphore que l'on recueille sur le mercure lorsqu'il s'enflamme spontanément , et que l'air de l'appareil s'est dégagé j il reste dans la fiole du phosphate
DE L\V31M0MAQUC. 3*j3
. De l'ammoniaque {azoUde d'hjrdivgèfWt)
L*ammoniaqiie ( afcali volatil des auciens chimistes ) ne se trouve jamais pure dans la nature ; on la rencontre souTcnt combinée avec des acides , dans l'urine de rhonuue^ dans les excréments des chameaux^ dans. les produits de , la putréfaction d'un très grand nombre de substances animales ^ enfin dans quelques mines d*aluB. Séparée par Tart^des composés qui la renferment^ ramrmoniaque se présente à rétat gazeux ^.
Le gaz ammoniac est incolore^ doué d'une odepr forte ^ pénétrante^ qui le caractérise (propriété essenf tielle ) y et d'une saveur assez caustique ; il est beaucoup plus léger que l'air; son poids spécifique est de o^SgoS; il verdit le sirop de violettes avec beaucoup d'énergie {propriété essentielle ) -j il éteint les corps enflanunés après que le disque de la flanune a été agrandi. Le gaz ammoniac^ parfaitement sec ^ se condense en un liquide incolore par im simple refroidissement à 4oV-^-A.+ ïo*J n peut être également condensé A on le soumet à une pression équivalente à celle de six atmosphères et demie. Si y après l'avoir bien desséché au moyen de la potasse cassée en petits morceaux **^ on le fait passer dans on
* Bcrzélius pense, avec quelques autres chimistes^ que l'ammoniaque est formée d'oxygèneet d'un métal particulier 4Vr'il< ont appelé ammonium (53^4 d'ammonium et 46^6 d'oxygène)- Tammonium serait composé de3ii|56 d'hydrogène et de67,44 d'azote: cette opinion est loin d'être généralement reçue , parce qu'elle n'est appuyée que sur des expériences que l'oYi peut aussi bien expliquer en admettant que l'ammoniaque est composée d'hydrogène et d'azote. ( V ^potassium ; action de ce métal sur l'ammoiiiaquc. )
** Le chlorure de calcium dont on se sert avec tant d'avantage pour dessécher les gas^ ne saurait être employé ici| parce qu'il absorbe le gaz ammoniac.
3^4 P&EHIÈfiE PARTIE.
tube de porcelaine chauffé au-dessiis du rouge-cerise. Terni intérieurement, luté extérieurement, et qui ne renferme dans sa capacité aucun fragment de bouchon ; il ne se décompose pas. Si le tube de porcelaine contient dianS son intérieur des fils métallitpies de fer, de cuivre, ffàrgém, de platine ou d'or, le gaz ammoniac se décompàseen totalité ou en grande partie ^ la portion décom- Jrôsée est également transformée en hydrogène et en îttoteî dans le rapport de 3 à i en volume ; et l'expéliihfce prouve, t° qiie le poids des mctaux employés augmente d'une quantité notable; le fer, par exemple, peut prendre jusqu'à ii,5 pour loo d'augmentation de pot&j "a'' que leur poids spécifique diminue: la densité du fer est quelquefois réduite à 5 , et celle du cuivre à'5,5;'3"qiieïefCT et le cuivre jouissent de cette propriété !i un p\u8 haut degré que les autres, puisqu'il faut huit ftrifl pli](3 dé pTatiiie que de fer pour produire le même effètj'Vque plusieurs d'entre eux changent de propriétés physiques: le fer, par exemple, elle cuivre deviennent cassants ; 5' enfin , que leur action est d'autant plus "grande que la température est plus élevée. M. Despretz , "'iïiu nous devons ces éyaltiations , attribue les diverses
DK L^ AMMONIAQUE. 378
Lumière. Le pouvoir réfringent de ce gaz est de i^Soo (Dulong. ) En faisant passer y au moyen de la bouteille de Ley de y deux ou trois cents décharges électriques à travers une petite quantité de gaz ammoniac^ on le décompose en gaz hydrogène et en gaz azote.
A la température ordinaire, le gaz oxygène n'agit point siu: lui; mais si on chauffe le mélange au moyen d'une bougie allumée ou d'une étincelle électrique , il est décomposé ; l'oxygène s'empare c^e son hydrogènç pour former de l'eau; une pedte partie du gaz azote s'unit aussi avec l'oxygène et produit de Tacide azotique; mais la majeure partie du gaz azote est noise à nu. V hydrogène est sans action sur le gaz ammoniac. On ignore comment le bore agit sur lui. Une mesure de charbon de buis en absorbe 90 mesures à la température ordinaire; mais si le charbon est rouge, il le décompose et donne naissance à du gaz hydrogène carboné, à du gaz azote et A du gaz adde cyanhy driquc ou prussique ( acide formé d'hydrogène , de carbone et d'azote). Si l'on fait arriver dans un tube de porcelaine , chauffé jusqu'au rouge , du gaz ammoniac et du soufre en vapeur, celui-ci le décompose également, et il en résulte, i^ un mélangq ç^e gaz hyclrogène et de gaz azote; 2" un composé d'acide siilfhydrique (hydrogène + soufre) et d'anunoniaque non décomposée; 3" ce dernier composé contenant du soufre.
Si Ton met en contact de Y iode et du gaz ammoniac parfaitement secs, on obtient sur-le-champ un liquide visqueux , d'un aspect métallique , qui est de l'iodure d'anunoniaque ; cet iodure ne tarde pas à s'emparer d'une nouvelle quantité de gaz ammoniac , et donne naissance à un liquide moins visqueux , d'un rouge brun , qiii esj un iodure avec excès d'ammoniaque. Aucun des deux n'est détonant; inais si on les verse dans l'eau , on obtient de Vazotide d'iode sous la forme d'une poudre fùlminante, et de l'iodhydrate d'ammoniaque. (^. p. 191 •) Si Ton introduit quelques bulles de chlore gazeux dans
une cloche presque pleine de gaz ammoniac parfaitement sec , disposée sur la cuve à mercure , celui-ci est rapidement absorbé et décomposé en partie ; il y a dégagement de calorique et de lumière : l'hydrogène de la portion de gaz ammoniac décomposé, forme, arec le cftforvde l'acide dilorhydrlque , qui, se combinant dans le même instant avec l'ammoDiaque non décomposée, donne naissance à des vapeurs blanches épaisses de chlorhydrate d'ammoniaque : l'azote provenant du gaz ammoniac décomposé est mis à nu et reste dans la cloche. On obtient les mêmes produits â l'on met ensemble l'ammoniac et le chlore , l'un et l'autre à l'état liquide : seulement , dans ce cas , il n'y a aucun dégagement de lumière , et le chlorhydrate d'ammoniaque reste en dissolution dans l'eau. Enfin on peut déterminer cette décompoâUon , et la formation des mêmes produits, en faisant passer du chlore gazeux à traTers un flacon plein d'ammoniaque liquide ; et pour peu que le lieu soit obscur, on aperçoit un dégagement» de lumière assez marqué. L'azote est sans action sur le gaz ammoniac.
Exposé à Vair, ce gaz ne subit aucime altération à flroid et ne répand point de vapeurs , quoiqu'il soit excessive-
DE l'amaiomaqle. 377
concentrée, on peut la solidifier et l'obtenir cristallisée en aiguilles , en la soumettant lentement à un froid de 4o** > chauffée , elle laisse dégager presque tout le gaz , et s'affaibKt; son poids spécifique est de 0,9054 lorsqu'elle est formée de 23,87 ^^ S^^ ammoniac et de 74i63 parties d'eau ; elle est , au contraire, de 0,97 1 3 si le gaz ammoniac dissous n'est que 7, 1 7, et l'eau 92,83. Lorsqu'on fait passer du cyanogène siur l'ammoniaque liquide , on obtient du cyanhydrate d'ammoniaque, une grande quantité de matière charbonneuse , d'un brun foncé , de Toxalate d'ammoniaque et de Turée (qui n'est' que du cyanate d'ammoniaque hydraté diaprés Wohler ).
L'action de l'oxyde de carbone et de l'oxyde de phos^ phore sur ce gaz est inconnue. Le protoxyde et le Woxjrde d'azote le décomposeraient probablement à une température élevée.
hcs, acides précédemment étudiés peuvent se combiner tous avec l'ammoniaque , et donner naissance à des produits qui , par leur analogie avec ceux qui sont formés d'un adde et d'un oxyde métallique , portent le nom de sels. M. Gay-Lussac a prouvé que les combinaisons du gaz ammoniac avec les acides gazeux avaient lieu dans des rapports très simples , c'est-à-dire , avec la moitié de son Toliune , ou avec un volume égal au sien ou double de l'acide gazeux .
Les chlorures de phosphore , de silicium et plusieurs chlorm'es métalliques , se combinent avec l'anunoniaque, et donnent des composés analogues aux sels , dans lesquels l'ammoniaque joue le rôle de base , et les chlorures celui d'acide. (Persoz, uinn. de Chim. et de Phjs. y tome 44- )
Usages et mode d'action. On emploie l'amimoniaque comme réactif dans les laboratoires. Son action sur l'économie animale est des plus meurtrières; elle enflanmie fortement les tissus avec lesquels on la met en contact, et paraît agir comme un puissant stimulant du système ner-
378 PBEMIÈHE PARTIE.
Teux. Respiré à l'état de gaz, ou introduit dans l'estomac, ce corps ne tarde pas à développer des symptômes inflammatoires et nerveux qui sontbientôt suivis de lamort, s'il a été employé en assez grande quantité et à un certain d^ré de concentration. Son action est beaucoup moins vive lorsqu'on le prend affaibli : dans ce cas, il augmente la chaleur générale , la fréquence du pouls et la transpiration ; il provoque la sueur , et fait souvent reparaître des phifgmasîes qui étaient supprimées. Les médecins peuvent, par conséquent , s'en servir avec succès lorsqu'il est administré avec prudence. Tantôt on l'iatroduit dans l'estomac , tantôt on l'applique à l'extérieur , tantôt en^n on l'emploie àl'élatdegaz. On le fait prendre inferiewenierti dans certaines fièvrus dites putrides accompagnées d'affaissement, afin de déterminer la crise par les sueurs; dans certaines fièvres ataxiqiies lentes, dans les maladies éruptives rentrées ou dans celles dont l'éruption est difficile , dans les affections rhumatismales lentes, dans les piqûres des divers reptiles et insectes venimeux; on l'assode , suivant l'indication que l'on veut remplir , à des potions toniques ou sudorifiques , et on en met 20 ou 3o gouttes dans 5 ou 6 onces de potion que l'on Mt prendre par
DE l'ammoniaque. 879
chets remplis d'une poudre composée de 3 parties de chaux et d'une de sel ammoniac y mélange dont il se dégage de Tammoniaque. On fait usage de ce médicament liquide concentré pour brûler les morsures des reptiles venimeux et les piqûres dç certains insectes. A l'état de gaz ^ il a été employé dans Famaurose imparfaite ^ sous la forme de fumigations ; on le fait respirer dans la syncope , l'asphyxie j pour prévenir les attaques d'épilepsie , etc. Eu général, dans la plupart des cas, il suffit d'approcher du nez un flacon contenant de l'ammoniaque liquide, et il faut suspendre l'emploi de ce médicament aussitôt que le malade revient à lui-même , crainte d'enflammer , par l'action trop prolongée du caustique , la membrane muqueuse pulmonaire.
Composition. Lorsqu'on décompose loo parties en voliune de gaz ammoniac par l'étincelle électrique , on obtient i5o parties de gaz hydrogène iît 5o de gaz azote en volume : le gaz ammoniac est donc formé d'un volume et demi d'hydrogène , et d'un demi-voliune d'azote condensés de manière à ne former qu'un volume : en détermmant le poids de ces volumes d'après le poids spécifique des deux gaz , on trouve le gaz ammoniac formé de i oo parties d'azote et de 21,1 5 d'hydrogène en poids. Si on calcule sa composition en admettant qu'il est formé d'un atome et demi d'hydrogène qui pèse 9,3 58 , et d'un demiatome d'azote dont le poids est 44;^^, on le trouvera composé de 1 00 d'azote et de 2 1 , 1 4 d'hydrogène en poids. L'atome d'ammoniaque pèsera donc 53,6o8 , et sa formule sera H^ Az.
Préparation. On introduit dans une petite fiole munie d'un tube recourbé , deux parties de chaux vive et une de chlorhydrate d'ammoniaque , ou mieux encore de sulfate d'ammoniaque torréfié, réduits en poudre séparément^ et mêlés : le gaz se dégage de suite , et on le recueille sous des cloches remplies de mercure, après avoir laissé passer les premières portions , qui sont mêlées d'air. On doit ,
'iHo PIIEUIÈIIE PAUTIE.
' pour hâter le dégagement de l'ammoniaque , éleveruu peu la température du mélange ; il reste dans la fiole du chlorure de calcium on du suliate de chaux ; d'où il snit que la chaux s'empare de l'acide sulfurique de suUàte, on qu'elle décompose l'acide chlorhydriqiie en ae décomposant et en donnant naissance à de l'eau et ù du chlorurede calcium. Legazammoniacobtennn'estpur qu'autant qu'il est entièrement dissous par l'eau. On peut préparer l'ammoniaque ft^iude avec l'appareil décrit à l'article Chbœ (voiX- pi- 9, fig- 57 ), pourvu que l'on substitue au matras /> ime cornue de grès disposée sur la grille d'un foiuneau à réverbère contenant le mélange de partiee égales de sel ammoniacal et de chaux, et que de cette co^ une parte un tube de sûreté lai^e, qui plonge dans la petite quantité d'eau du flacon F. On chaufîe graduellement la cornue jusqu'au rouge, le gaz se dégage et se dissout dans l'eau distillée et refroidie des flacons F, A, B , etc. j cm flacons ne doivent tout au plus être remplis qu'à mt^tîé , parce quel' eau saturée d'ammoniaque a im volume double de celui de l'eau. Il importe aussi que ces flacons soient entourés d'eau très froide j onde glace, parce qu'il se produit beaucoup de chaleur pendant la dissolution du gaz ; l'ammoniaque obtenue dans le prenûer vase F est colorée par une nt.itim' hiiilnisft nui 9-c trouve dans le
DU ZIRCONÎUM. 3i&
ARTICLE ir
DES CORPS SIMPLES QUI DOIVENT ÊT&E RANGÉS ENTRE LES CORPS NON BCÊTALLIQUES ET LES METAUX.
Ibê Xirconium,.
Le zirconium a. été obtenu pour la première fois^ en 1824^ P^ Af . Berzélius^ en décomposant à chaud par le pptassium^ le phtorare de zirconium et de potassium, n est noir comme du charbon^ inodore^ insipide^ plus pesant que l'eau, non çonducteiur de rélectricité ; Une s'oirp^de pas dans Feau; les acides chlorhydrique , sulfU'* rique et F eau régale Tattaquent à peine ; il est soluble dans l'acide phtorhydrique ^ mais sur-tout dans un mélaBge de cet acide et d'acide azotique. Il brûle avec une extrême intensité à une température peu élevée , et forme de la zircone (oxyde de zirconium). Il fournit avec le soufre un sulfure brun clair, soluble dans l'eau régale et dans l'acide phtorhydrique. Son atome pèse 420,220.
Oxyde de zirconium (zircone). On n'a encore trouvé
cet oxyde que dans le zlrcon^ pierre de couleur variable ^
que l'on rencontre dans le sable de quelques rivières à
Ceylan et à Expailly. Il est blanc et insipide; son poids
spécifique est de 4^ 3. Exposé à Faction du chalumeau à
gaz, il fond en un émail blanc. Il est sans action sur lalu-
*iière, sur le fluide électrique et sur les corps simples
jrécédemment étudiés. Il peut se combiner avec plusieurs
acides lorsqu^il n^a pas été calciné; il est formé de 87,11
dezirconet de 12,89 d'eau. {F'oj. pour ses caractères
distinctifs la page 383. ) Il n'agit point sur Facide silicique.
L'hydrate de zircone noircit et devient incandescent quand
on le chauffe ; il est demi-vitrifié et d'un très beau blanc
s'il est exempt de fer (Chevreul). Il a été découvert en
Ï789 par Klaproth : il n'a point d'usages^ Il est formé,
382 PREHIÈAE PARTIE.
d'après M. Berzélius, de loo parties de zirconium et de 35,703 d'oxygène ou de 2 atomes de zirconium et de 3 atomes d'oxygèiie = Zr'0*. Son atome pèse ii4o,440' Préparation. On prend du zircon passé au tamis , et on le fait chauffer jusqu'au ronge , dans \m creuset de platine pendant environ «ne heure, ayec deux parties de potasse à l'alcool. On délaie ensuite la masse dans l'eau distillée ; on verse le tout sur un filtre et on lave parfaitement : le produit qui est sur le filtre est formé de zircone, d'acide siliciquc , de potasse et d'oxyde de fer. Les chimistes, qui regardent la zircone comme un acide, le désignent sous le nom de silicate el de zirconate de potasse et de fer*. On le dissout dans l'acide chlorhydrîque, puis on évapore à siccité pour séparer la silice; on traite la masse dcsEtchée par l'eau, qui dissout les chlorures de potassium et de fer, ainsi que le composé de zircone et d'acide chlorhydriqnc ; et pour enlever la petite portion de Hrcone qui aurait été entraînée par la silice, on lave de nouveau le résidu avec de l'acide chlorhydrique faible : on réunit les deux dissolutions ; on filtre et on précipite la zircone et le fer par l'ammoniaque pure. Ces deux oxydes hydratés, après avoir été lavés avec de ^ sont traités par l'acide oxalique bouillant, qui ioluble . et un composé d'acide e bien
DU THORIITM. 383
la calciner de nouveau avec la potasse et traiter le produit par l^acide chlorhydrique et par l'ammoniaque (iHiboîs et Silveira. )
Des composés dfun Acide et de Zircone.
On ne connaît qu'un très petit nombre de composés d'oxyde de zhconium et d'un acide. Ils sont insolubles ou peu solubles dans Veau, excepté celui que fournit l'acide chlorhydrique. Ils sont tous décomposés par la potasse 'y IsLÛTcone déposée est insoluble dans un excès de potasse. Le soIiUum de sesijui^carbonate d'ammoniaque les précipite en blanc , et redissput le précipité lorsqu'il est employé en assez grande quantité. Le sulfate de po^ taSjSe les précipite. Les sulfuws de potassium^ de sodium et d'ammoniaque les décomposent, et y font naître un précipité blanc de zircone , tandis que Tacide sulfhydrique se dégage. Aucun Jdes composés de zircone n'est précipité par Yoxalate d' ammonia>que *. Ils n'ont point d'usages.
Du Thorium.
Ce coq)s a été découvert en 1829 par M. Berzélius, dans le thorite , nouveau minéral qui existe en fort petite quantité h Brévîg, en Norwège. Wohler l'a trouvé depuis à rétat d'oxyde dans le pyrochlore de TOural. 11 est sous forme d'une poudre grise ^ qui prend un éclat métallique quand on le frotte avec une agate , qui ne décompose pas l'eau, mais qui, au-dessus de la température rouge, brûle avec un éclat qui égale presque celui du phosphore dans l'oxygène, et fournit del'oxyde de thorium. ChaufEé
* L'acide oxalique est un acide végétal dont nous ferons l'histoire plus tard 5 il forme, avec Tammoniaque , un sel soluble que nous emploierons souvent comme réactif*
arec la vapeitr de soufre on de phospho/v , il donne a sulfure jaune et un phosphure. Lee acides azotique el su.^ fiirique rattac[ueiit à peine ; il se dissout au contraue ave une vive effervescence dans l'acide chlorhydrique. O: fiAtient en décomposant le chlorure de thorium pari potasdum. 11 n'a point d'usages. Son poids atomique esi de 'j44)90<>-
Oocryàe de Thorium {Thoiine). Cet oxyde est Hanc, palvérolent, insipide^ inodore j sans action surleiiitf de violettes, d'un poids spécifique de 9,4 i indécomposable par le charbon et le potassiuûi. Lotsqil'il a élé fortement calciné , il n'est plus attaqué par les acides , même après avoir été traité pât les alcalis caustiques; il faut toutefois excepter l'acide Siilfiiriqiie concentré , qiû peut le dissoudre. Propriétés essentielles. 1° Il se dissout très bien dans le carbonate d'ammoniaque , comme la giucyne, l'yttria et la zircone, et se précipite en partie par l'action de la chaleur , mais le précipité disparaît à mesure que la liqueur se refroidit ; 2" 11 n'est pas soluWe dans les alcalis caustiques^ 3° il fournit un sulfat« qiUpeut «tre précipité par l'ébullitionj et qui se redîssout complètement dans l'eau froide j 4° 1*^ sulfate de thorine peut fournir avec celui de potasse, un sel double solnble dan*