‹ Éléments de chimie (volume 3)Chapitre 76 sur 106 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

4l8 PREMIÈRE PARTIE.

csl dû à M. Leblanc. Il arrive quelquefois que les dissolutions salines, même les phis concentrées, necnstamaeat qu'autant qu'on les agite ou qu'da les renferme dam lin TaM lorsqu'elles sont encore très chaudes. On adonné le nom A'eau-mèœ à la dissolution saline qui reste sur les 4^taux après leur formation : cette eau contient encore du sel; mais elle n'en est pas saturée.

Les cristaux salins renferment très souvent de l'eau : tffiitôt elle est combinée avec chacun des atomes intégranu du sel, et porte le nom d'eau de cristallisation ; die fait quelquefois la moitié du poids du cristal, et celui-ci lui doit sa transparence , puisqu'il suffit de la lui fejre perdre pour le rendre opaque ; tantôt elle est libre, placée entre les atomes iuiégranls^ et n'influe en aucune manière siu- la transparence : on peut l'absorber fadlement en pressant le ciislal pulvérisé entre deux feuilles de papier Joseph.

Les cristaux ainsi formés sont-ils composés des mêmes principes que la dissolution qui les a fournis? On peut f ^tondre par l'affirmative pour tous les sels, si on n'admet pat que les sulfures, le» séléniuresj les chlorures, les bromures, les iodures, les phtorures et les cyanures

mêle promptement^ et dans des proportions convenables^ de la glace pilée ou de la neige avec un sel soluble cm* talUsé ou peu desséché ^ le mélange devient liquide^ et il se produit un froid plus ou moins considérable; d'oùi]^ suit qu'il y a eu du calorique absorbé aux corps environ-n nants pour liquéfier les deux solides^ phénomène qui ne peut dépendre que de Taffinité qui existe entre ces detu; corps à rétat liquide. On peut^ en mêlant trois parues dQ chlorure de calcium et une partie de neige y faire dcs-^ cendre le thermomètre jusqu'à 5 8% 33 — o*; tandis quc^ deux parties de neige et ime partie de chlorure de sodium^ (sel commun ) ne produisent qu'un froid de ao^55. 11 es^ évident que le refroidissement sera d'autant plus consin dérable y toutes choses égalés d'ailleurs y que le sel emn ployé aura plus d'affinité pour l'eati*.

Action de Veau oxygénée sur les sels. Les sulfates dc\ potasse^ de soude ^ de chaux, de baryte, de strontiane, d'ammoniaque et d'alumine; le sous-sulfate de deun toxyde de mercure; les azotates de potasse^ de soude, de baryte , de strontiane , de plomb et de bismuth ; lei phosphate de soude et le chlorite de potasse, sont 8au4 action sur l'eau oxygénée. Les sulfates de manganèse, dç zinc , de cuivre et de ffir ; les azotates de manganèse , dci zinc, de cuivre, de protoxyde de mercure et d'argent; lé carbonate de soude , le carbonate de potasste , et le* chlorhydrates de manganèse et d'anaaïioniaqiie ^ dégagett^ lentement l'oxygène de l'eau oxygénée. L'iodhydrate d^ baryte cristallisé , le polysulfure de potassium, le sùlfhrft

1^ ^ HlMU^aiifcii*— >i»

* On peut obtenir un froid de i5« R. en dissolvant dans 4 parties d'eau froide on sel préparé en Aoglelene, et qain'aat qu'un mélange de 57 parties de chlorure de potassium, de 32 parties de cblorhydrate d'ammooiaqw, et de lO'd'aBolat^ de potasse. (\. Sulfate àe Soude, pow la fetmatedro» Mti« lAéhbge réfrigérant. )

^'iO t'IlEMlblRE l'AKTIF..

(!<: fer, et le kermès , décomposent l'eau oxygûucc et absorbent la totalité ou une partie de son oxygène.

action du gaz oxygène sur les sels. Les sels dont 1 acide et l'oxyde sont au summum d'oxydation, n'éprouvent aucune altératioQ de la part de cel agent : parmi ceux qui ne sont pas dans ce cas, il en est qui l'absorbent. ï/air atmosphérique agit de la même manière.

Jlction hj'groméirique de l'air à la température ordinaire. Indépendamment de l'action dont nous venons de parler, l'air en exerce une autre qu'il nous importe beaucoup de connaître. Les sels insolubles sont inaltérables à l'air. Parmi ceux qui sont solubles , il en est un certain nombre qui, étant placés dans l'air à l'état d'humidité ordinïûre, attirent cette humidité et dcTienoent Hquidës; on les appelle déliquescents: il en est d'autres qui n'éprouvent point d'altération. Tous les sels solubles non déliquescents dans un air humide tombent en deUquium si l'air est chargé d'humidité. Enfin, il existe un certain nombre de sels qiû, étant exposés à l'air, perdent leur transparence , la totalité ou une partie de leur eau de cristallisation, et se transforment en une poudre blanche ; ces sels , que l'on appelle improprement e

alors qu'ils éprouvent la fusion aqueuse ; uiaib , comme cette eau ne larde pas à être entièrement volatilisée , ils se dessèchent ; si on continue à les chauffer, «plusieurs d'entre eux sont de nouveau fondus par le feu : on désigne cette fusion sous le nom lignée. Les sels qui ne sont ni efQorescents ni déliquescents dans un air peu humide, et qui cependant contiennent un peu d^ean, déci^pitenty pétillent , ou font entendre un bruit que Ton attribue à la vaporisation de Teau et à la séparation des petites molécules salines ; il y a cependant quelques sels qui décrépitent et qui ne contiennent pas d'eau; tel est^ par exemple , le sulfate de protoxyde de potassium : dans ce cas, la décrépitation doit être attribuée à la séparation brusque des molécules, opérée par le calorique. Pludeurs de ces sels sont susceptibles d'éprouver en outre la fusion ignée. Il existe des sels qui peuvent être fortement chauffés sans se décomposer, et qui ne se volatilisent que très difficilement ; d'autres qui sont volatils et qui ne tardent pas à se sublimer j enfin , d'autres qui se décomposent avant ou après avoir éprouvé l'une ou l'autre des fusions dont nous avons parlé.

action dujluide électrique sur les sels. Tous les sels peuvent être décomposés par le courant du fluide électrique qui se produit dans la pile de Volta, pourvu qu'ils soient humides ou dissous ^ mais tous ne donnent pas les mêmes produits. Oxjsels. Quelquefois l'oxyde métallique est attiré par le pôle résineux eu négatif, et l'acide par le pôle vitré ou positif; mais le plus souvent le métal seul se porte sur le pôle résineux, et l'oxygène et l'acide sur le pôle vitré : dans ce cas , si le métal que l'on doit obtenir a de la tendance à s'amalgamer avec le mercure, on favorise singulièrement la décomposition du sel en le mettant en contact avec ce métal. Dans quelques circonstances, très rares à la vérité, les acides et les bases sont décomposés ; l'eau qui humectait les sels ou qui les tenait en dissolution^ est également décomposée ; l'bydro-

4x3 PnEUlÈRË PARTIE.

gène est attiré par le pôle ré«Deuz et l'oxygène par le pôle vitré.

La décomposition par \q fluide électrique peut s'opérei sans que les fils de û pile soient en contact avec le sel : ànà, que ron introduise une dissolution de suliatede potasse * dans un vase; que l'on fasse communiquer ce liquide, k l'aide de deux fils d'amiante^ avec de l'eau contenue dans deux tubes de verre placés aux parties latérales et à ime certaine distance du vase où se trouTe le sulfate de potasse ; que l'on soumette l'eau des deux tubes à l'action de la pile de Volta, de manière qu'dle BMt en contact, d'un côté avec le pôle vitré, et de l'antre avec le pôle réùneux, on observera au bout de quelque temps que cette dernière contient de la potasse, tandis que l'autre renferme de l'adde sulfurique. Four que cette e^qiérience réussisse, il faut que le niveau de l'eau dans les deiix tubes soit au-dessus du niveau de la dissolution de sulfate de potasse.

n n'est pas nécessaire, pour obtenir la décomposition des sels, d'employer des forces électriques énergiques; ai effet, M. Becquerel a trouvé qu'avec des farces peu in-

DES SELS. ^'à'i

prend un appareil semblable à celui qui sert à décom^ poser Feau par la pile (voy. p. aSo), si ce n'est que Tune des petites cloches renversées, celle qui est en communication avec le fil résineux ^ est à moitié remplie d'ime dissolution de sulfate de protoxyde de fer, tandis que la moitié inférieure contient de Targîle très pure, légère*ment humectée pour empêcher que la dissolution de sulfate de fer ne s'échappe : l^autre petite cloche renversée, celle qui communique avec le fll vitré ^ renferme dans sa moitié supérieure, une dissolution aqueuse de chlorhydrate de soude ( sel conmmn ), qui ne peut pas s^échapper non plus, parce que la moitié inférieure de la cloche est égaletnent occupée par de l'argile humectée. Aussitôt que la petite pile fonctionne, Teau est décomposée ainsi que le chlorhydrate de soude; l'hydrogène de l'eau et la soude du chlorhydrate, se portent au pôle résineux, c'est-àdire dan§ la cloche où se trouve le sulfate de protoxyde de fer ; une partie de ce sel est décomposée par la soude qui s'empare de l'acide sulfurique pour former du suliate double de soude et de fer : le protoxyde de fer séparé est décomposé par l'hydrogène qui s^unit à Toxygène , tandis que le fer métallique est mis à nu. On voit qu'ici la force électrique a été aidée par les affinités chimiques ,. sur-tout par celle de la soude pour l'acide sulfurique* Dans certaines circonstances , la décomposition est facilitée encore par Taddition d'un sel métallique, dont le métal, facilement réductible, a de l'affinité pour celui de l'oxyde que l'on veut réduire, (uirm. de Ch. etdePhjs., Dec. i83i.)

action de la lumière. La lumière n'agit que sur quelques sels de la cinquième et de la sixième section , dom elle change la couleur.

Actions des corps simples non métalliques. Plusieurs d'entre eux peuvent décomposer un très grand nombnî de seLs à Taide de la chaleur ; mais en général ils agissent peu siu: leurs dissolutions.

4*5 l'R^MltKt. l'AllIlK.

JclioH lies acides sur les sels. A . Ojcjsels. Ils peuvm i êlre découaposcs par certains acides, à des lempéraHins variables; tantôt l'acide s'empare eu totalité del'oxy^ I métallique et forme uu nouveau sel ; alors l'acide dn «1 décomposé ee dégage à l'état de gaz, ou reste dissous, on se précipite, suivant qu'il est gazeux, liquide ou solide, fl qu'il est plus ou moins soluble dans l'eau : tantôt l'addc décomposant ne s'empare que d'une portion d'oxyde; alors on obtient deux sels * : tantôt, enfin, il y a décompoeitioii de l'acide décomposant et de l'oxyde du sel ; c'est ce qui arrive lorsqu'on verse les acides suUhydrique, chlorhydnque, iodliydrique , brombydrique , etc. , dans c^t^BO dissolutions salines. ÉclairdssoQs ce dernier fait par on exemple : supposons que l'on verse de l'acide 8ul^

*MM. Henry fils et Soubeiran ohI lu, le 3o juillet iSaS, m Hémoirc à l'Acaddmîe royale de Médecine , dans lequel apitt ■voir étudie l'aciiou de l'acide sulFuriqiie sur le chlorhydrate cl le plioiphalc de soude , et sur l'azotate de potasse « celle des acides chlorliydrique el photphorique sur le suliale de

DLS SELS. 1:^5

drique dans une disi'Oliition d'azotate de protoxyde de plomb ; nous pouvons représenter ce sel par

Acide azotique 4* (oxygëue -t- plomb).

Et l'actde suif hydrique

par Hydrogène + soufre.

Eau -{- Sulfure de plomb.

L'hydrogène de Tacide sulfhydrique forme de l'eau avec l'oxygène du protoxyde de plomb, tandis que le soufre s'unit avec le plomb et donne naissance à un sulfure insoluble.

L^acide sulfurique^ lors même qu'il est employé en petite quantité , décompose en totalité ou en partie tous les oxysélSy excepté les sulfates.

B. Sels hcdoïdes. Les sulfures, les séléniures, les chlorures, les bromiures, les phtorures et les cyanures , sont également décomposés par plusieurs acides, et fournissent des produits trop différents pour pouvoir être décrits d'une manière générale.

Presque tous les sels insolubles dans l'eau peuvent se dissoudre dans les acides azotique, chlorhy drique, etc. ; cependant dans beaucoup de cas, la dissolution ne s'opère que parce qu'il y a décomposition du sel. Nous citerons deux exemples pour éclairdr ce fait : le carbonate de chaux ne se dissout dans l'acide azotique qu'après avoir été décomposé et transformé en azotate de chaux soluble ; le phosphate de chaux se dissout dans Tacide azotique sans avoir été décomposé.

Action des métaux sur les sels desséchés. Cette action est trop variée pour pouvoir être détaillée dans les généralités. Si le métal et le sel appartiennent à l'une des quatre dernières classes , et que le sel soit en dissolution , il arrive souvent qu'il est décomposé^ par exemple, lorsque le métal dont on se sert n'a pas beaucoup de cohé-

^i6 PAEtUÊRE PARTIE.

âon , et qu'il a plus d'affinité pour l'oxygène et pour l'acide que n'en a celui qui entre dans la compodtion dn set : alors le métal de la dissolution est précipité , et le métal précipitant forme avec l'oxygène et avec l'adde un nouveau sel métallique. Tantôt le métal précipité se dépose seul ?0Lis la forme d'une poudre terne ou de cri»taux brillants; tantôt il s'unit au métal précipitant, et produit quelquefois des cristallisations métalliques pins ou moine belles ; tantôt , enfin , U se combine avec l'hydrogène de l'eau de la dissolution ou avec l'oxygène de l'acide. Nous reviendrons sur ces divers phénomènes en faisant l'histoire particulière des sels.

action des oxjdes méttUliques ou des bases. Oyrfsels. Ces sels peuvent être décomposés par certains oxydes à des températures variables ; tantôt l'oxyde d^omposant s'empare en totalité de l'acide , et il en résulte un nouveau ael : alors l'oxyde du sel décomposé se précipite ou reste en dissolution , ou se volatilise ; tantôt il ne s'en empare qu'en partie, et il se forme un sel double ou à double oxyde*. 11 n'existe pas un seul oxyde qui décontpose tous les sels; mais les protoaydes de potassium et

avec lequel elle forme un sel soluble^ tandis que l'oxyde métallique est précipité j souvent cet oxyde est redissous par un excès d'ammoniaque, et il se produit alors, le plus ordinairement , un sel double soluble ; quelquefois aussi on obtient un sel double insoluble. La plupart des sels haloïdes sont également décomposés par Tanmioniaque.

Action des sels solubles les uns sur les autres. Toutes les fois qu^on met ensemble deux sels dissous , et que ces sels renferment les éléments capables de donner naissance à un sel soluble et à un sel insoluble ou bien deux sels insolubles, leur décomposition a nécessairement lieu, â moins qu'il ne puisse se former un sel double. Ce fait, dont nous devons la découverte à Berthol'et , est de la ptus haute importance ; l'art de formuler peut en tirer de grands avantages : ainsi l'on se gardera bien de prescrire ensemble du chlorure de baryum et un sulfate soluble , par exemple celui de soude^ car les deux sels seraient décomposés et transformés en sulfate de baryte insoluble , et en chlomre de sodium soluble; la même décomposition aurait lieu si l'on prescrivait à la fois V acétate de plomb ( sel de Saturne ) et un sulfate soluble , car il se formerait du sulfate de plomb insoluble et un acétate soluble de la base du sulfate , ou bien l'azotate ^argent et mi chlorure soluble ^ par exemple celui de potassium : on obtiendrait , dans ce dernier cas , du chlorure d'argent insoluble, et de Tazotate de potasse soluble; évidemment, Toxygène de l'oxyde d'argent se serait porté sur potassiiun du chlorure de ce métal.

Si les deux sels solubles que l'on a mêlés ne sont pas de nature à pouvoir donner un sel soluble et im sel insoluble, la dissolution n'est pas troublée ; il peut même arriver qu'il n'y ait aucune décomposition. Si l'on évapore la liqueur , il se forme des cristaux , ou il se dépose un précipité; et si on continue û évaporer, on obtient encore

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